Sciences de la réadaptation - La qualité de vie par l'autonomie

Le but ultime des sciences de la réadaptation est d'aider les gens à devenir ou à rester aussi autonomes que possible pendant aussi longtemps que possible et à participer aux activités qui sont importantes pour eux. Il n'est pas surprenant donc que la réadaptation joue un rôle actif dans le traitement de diverses maladies et affections.

Les thérapeutes et les médecins qui fournissent des services de réadaptation sont peut-être mieux connus pour rétablir la mobilité et préserver la fonction articulaire chez les survivants de traumatismes ou les patients aux prises avec des troubles chroniques de l'appareil locomoteur, mais ils aident également à équiper les gens d'aides fonctionnelles (déambulateur, respirateur portable, etc.), viennent en aide aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et d'autres troubles cognitifs, assistent les personnes qui présentent des difficultés d'élocution, en plus de concevoir des solutions ergonomiques pour améliorer ou préserver la qualité de vie au foyer, au travail ou au jeu.

Une profession diversifiée et stimulante

La recherche fondamentale et clinique en réadaptation englobe de nombreuses disciplines différentes. Une meilleure connaissance de la biologie de base de la peau, des muscles et des os, par exemple, permet de mieux comprendre les complexités de la guérison, ce qui découche sur des exercices ciblés, des pratiques thérapeutiques améliorées, des mesures de prévention, et même la conception de produits. En réalité, un des plus grands défis auxquels font face les spécialistes de la réadaptation est d'intégrer l'étendue du savoir nécessaire dans les cursus universitaires afin que les étudiants soient bien préparés à répondre aux exigences et aux défis variés de leur profession.

Les traumatismes thermiques, comme les brûlures au troisième degré, illustrent le besoin d'un traitement agressif et holistique : les physiothérapeutes aideront avec des exercices destinés à rétablir l'amplitude de mouvement afin de préserver le tonus musculaire et la mobilité des articulations, tandis que les ergothérapeutes adapteront des vêtements à pression contrôlée aux grands brûlés pour réaligner et aplatir les fibres de collagène de telle manière à mouler les accumulations massives de tissu cicatriciel qui se forment par suite de traumatismes thermiques graves. Des soins constants sont requis pendant la longue et souvent atrocement douloureuse période de rétablissement, au cours de laquelle l'enlèvement chirurgical de peau brûlée et de multiples greffes de peau peuvent être nécessaires. Comme les brûlures peuvent être très défigurantes, l'équipe de réadaptation des traumatismes thermiques doit aussi aider les patients à composer avec les aspects mentaux et psychologiques de leur traumatisme.

Des exercices gradués expressément conçus pour augmenter la souplesse, la force et l'endurance de différents groupes musculaires sont une des clés de la réadaptation musculosquelettique. Bien que l'exercice se soit révélé efficace en clinique pour préserver la mobilité et l'autonomie, il reste beaucoup à apprendre au sujet de la biologie fondamentale du tissu musculaire - particulièrement dans le contexte des maladies qui entraînent l'atrophie des muscles, ou des syndromes de douleur chronique comme la fibromyalgie et les dysfonctions temporo-mandibulaires. De nouvelles connaissances sur la vie intérieure des cellules musculaires peuvent être transposées dans des exercices de physiothérapie qui auront un effet marqué sur la qualité de vie d'une personne.

Il existe de nombreuses preuves que l'exercice quotidien et l'activité physique peuvent prévenir l'ostéoporose, ou du moins ralentir le processus d'amincissement des os, même si personne ne sait trop comment. Les questions abondent. Un exercice régulier au cours de l'enfance et de l'adolescence, lorsque le squelette se développe, préviendrait-il l'ostéoporose? Dans l'affirmative, quelle sorte d'exercice faudrait-il, et quel degré? Quand faudrait-il faire de l'exercice pour en tirer le plus de bénéfices? Comme les experts s'attendent à ce que l'ostéoporose apparaisse beaucoup plus tôt dans la vie, résultat d'un régime alimentaire laissant à désirer et d'un mode de vie sédentaire, la recherche en réadaptation jouera un important rôle dans la réduction des conséquences de la maladie pour la société.

Et pour les nombreux Canadiens âgés qui sont déjà atteints d'ostéoporose, il est impérieux d'améliorer les stratégies pour réduire les risques de chute accidentelle et de fracture - circonstance qui a pour effet de rendre chancelante une santé auparavant robuste. À l'heure actuelle, les fractures de la hanche chez les personnes âgées mettent souvent la vie en danger; de nombreux patients ne quittent jamais l'hôpital. Les chutes sont souvent le résultat de la diminution naturelle du sens de l'équilibre d'une personne. Les scientifiques dans le domaine de la réadaptation musculosquelettique cherchent actuellement des moyens plus justes de mesurer l'équilibre et d'évaluer les risques.

La prévention des blessures est aussi importante dans la prise en charge de l'arthrite que le sont la préservation de l'amplitude de mouvement d'une articulation et le contrôle de la douleur. Les ergothérapeutes sont des experts de l'adaptation des milieux de vie et de travail pour empêcher qu'une articulation ne continue à se détériorer et maximiser l'autonomie. Il s'agit parfois de soulever un fauteuil de quelques centimètres avec des blocs de bois pour réduire le stress mécanique sur les mains, les hanches et les genoux quand la personne se lève. D'autres fois, il peut falloir repenser une cuisine ou un bureau, ou des objets courants, par exemple des ustensiles à gros manche pour les personnes dont la force de préhension est réduite. La physiothérapie permet de garder les articulations mobiles et de réduire la douleur et la raideur causées par l'arthrite. Et la double stratégie de l'ergonomie et de la réadaptation physique peut grandement aider les gens à regagner un certain sentiment de maîtrise de leur état, diminuer la douleur et la dépression, et retarder l'invalidité. Les spécialistes de la réadaptation et les utilisateurs potentiels comptent aussi grandement sur l'avancement, le développement et l'évaluation continus de technologies d'assistance comme les membres artificiels, les attelles spécialisées et les systèmes de mobilité, qui peuvent faciliter dans une importante mesure la vie autonome et augmenter la fonctionnalité.

La recherche - la clé pour établir les meilleures pratiques

Les professionnels de la réadaptation continueront de travailler à l'instauration d'un système de meilleures pratiques dans tout le spectre des interventions possibles, peu importe qu'un état soit d'origine congénitale ou résulte d'une maladie ou d'un traumatisme. Une recherche continue, toutefois, demeure la clé pour mettre au point les sortes d'outils d'évaluation et d'indicateurs nécessaires pour aider les professionnels de la réadaptation à obtenir des résultats thérapeutiques intéressants, compte tenu particulièrement de l'introduction de dispositifs d'assistance nouveaux et améliorés comme des membres artificiels, des attelles spécialisées et des systèmes de mobilité. Parce qu'il peut réunir des professionnels de diverses disciplines dans un cadre coopératif et collégial, l'IALA est idéalement placé pour aider les spécialistes de la réadaptation à prendre la tête d'applications et d'essais cliniques qui déboucheront sur des modalités thérapeutiques nouvelles et innovatrices dont bénéficieront tous les Canadiens.

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