| Pour diffusion immédiate - | 7 juillet 2003 |
OTTAWA (7 juillet 2003) - Une équipe de recherche canadienne, financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), a découvert des données qui portent à croire que le modèle de cycle menstruel humain généralement accepté est erroné.
La découverte, réalisée par des chercheurs de l'Université de la Saskatchewan, pourrait permettre de mettre au point de nouveaux moyens de contraception sûrs et efficaces et d'améliorer le taux de succès des techniques de reproduction assistée pour les femmes ayant des problèmes à concevoir.
« Cette découverte conjointe représente un important pas en avant dans la compréhension du cycle menstruel humain », a déclaré le Dr Michael Kramer, directeur scientifique de l'Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents des Instituts de recherche en santé du Canada. « Elle fournit un nouveau modèle de la fonction ovarienne au cours du cycle menstruel qui pourrait avoir de profondes répercussions pour ce qui est du diagnostic et du traitement de l'infertilité chez la femme. »
Les découvertes de l'équipe ont été publiées dans l'édition du 6 juillet du Fertility and Sterility, prestigieuse revue scientifique. Un article complémentaire est également accessible en ligne dans Biology of Reproduction.
Une recherche précédente a démontré qu'un groupe de 15 à 20 follicules se développent au cours du cycle menstruel et qu'un follicule du groupe est expulsé lors de l'ovulation, alors que les autres meurent.
Des chercheurs de l'Université de la Saskatchewan ont découvert que ce processus se déroule sous forme de « vagues ». En réponse aux poussées hormonales, les femmes vivent chaque mois de deux à trois périodes de développement folliculaire, même si un seul oeuf est expulsé lors de l'ovulation.
« Ce travail nous intéresse particulièrement en raison des répercussions qu'il aura pour les femmes qui prennent des contraceptifs oraux et celles qui suivent des traitements contre l'infertilité, a déclaré le Dr Roger Pierson, directeur de l'Unité de recherche en biologie de la reproduction de l'Université de la Saskatchewan. Il démontre également que nous n'avons pas entièrement compris les processus biologiques fondamentaux qui surviennent dans le cycle menstruel. Nous devrons littéralement réécrire les manuels de médecine. »
Par exemple, selon lui, il est possible que jusqu'à 40 p. 100 des femmes ne puissent employer les méthodes naturelles de planification des naissances : pour les femmes qui vivent de deux à trois vagues de croissance folliculaire dominante par mois, il n'existe aucun moment « sécuritaire » dans le cycle pour avoir une relation sexuelle, puisqu'il est toujours possible qu'un follicule soit ovulé.
Au cours de cette étude, 63 femmes ayant un cycle menstruel normal ont subi une échographie journalière pendant un mois. « Cette étude constitue véritablement un hommage à l'altruisme des femmes de la Saskatchewan, a affirmé le Dr Pierson. Je me suis rendu dans de nombreux endroits au pays pour parler de ce travail, et les gens ne peuvent tout simplement pas croire au dévouement de nos volontaires. »
Selon le Dr Pierson, une étude plus poussée est nécessaire pour savoir si le même nombre de vagues surviennent de façon constante tous les mois et pour déterminer pourquoi un oeuf en particulier est expulsé lors de l'ovulation.
Les autres membres de l'équipe sont Angela Baerwald, qui est l'auteure principale de l'article et qui vient tout juste de recevoir son doctorat en biologie clinique de la reproduction de l'Université de la Saskatchewan, ainsi que le Dr Gregg Adams, vétérinaire et professeur au Western College of Veterinary Medicine, à l'Université de la Saskatchewan.
L'étude a été réalisée grâce à une collaboration inhabituelle. Lors des études cliniques, le Dr Pierson a remarqué un développement folliculaire à un moment où, selon les manuels, il n'aurait pas dû se produire. Il a alors consulté le Dr Adams, avec qui il a élaboré le modèle de vagues folliculaires chez les vaches à l'Université du Wisconsin dans les années 80.
« Ce que Roger observait chez les femmes ressemblait beaucoup à ce qui se produit chez les juments et les vaches, dont les follicules se développent en vague, a affirmé le Dr Adams. Et c'est exactement ce que nous avons découvert - les êtres humains ne sont pas tellement différents des autres espèces. »
- 30 -
Pour plus de renseignements, communiquez avec :
Janet Weichel McKenzie
Communications des IRSC, (613) 941-4563
jweichel@cihr-irsc.gc.ca
Kathryn Warden
Communications - Recherche, Université de la Saskatchewan, (306) 966-2506
kathryn.warden@usask.ca
Dr Roger Pierson
Départements d'obstétrique et de gynécologie et sciences de la reproduction du Collège de médecine, (306) 966-4458
INSTITUTS DE RECHERCHE EN SANTÉ DU CANADA (IRSC)
Les Instituts de recherche en santé du Canada sont le principal organisme de financement de la recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est d'exceller, selon les normes internationales reconnues de l'excellence scientifique, dans la création de nouvelles connaissances et leur application en vue d'améliorer la santé de la population canadienne, d'offrir de meilleurs produits et services de santé, et de renforcer le système de santé au Canada. http://www.cihr-irsc.gc.ca/