Recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires

Partenariat pour la salubrité des aliments et de l'eau

La protection antimicrobienne des aliments et de l'eau au Canada est l'une des principales priorités de recherche de l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires. Afin de faire progresser la recherche dans le domaine, l'Institut lance une coalition nationale qui se consacrera à la coordination d'un programme de recherche sur la salubrité des aliments et de l'eau au Canada. Cette initiative découle de l'atelier des IRSC, tenu en juin 2000, sur les possibilités de financement en matière de salubrité des aliments, auquel des chercheurs de disciplines et de secteurs différents se sont rencontrés pour la première fois afin de discuter des priorités de recherche dans ce domaine.

Par pur hasard, l'atelier sur les possibilités de financement a eu lieu quelques jours après la tragédie de l'eau contaminée à Walkerton, en Ontario, qui a tué sept personnes et a rendu plus de 2 000 personnes malades. « À cause de cela, déclare Brett Finlay, l'un des organisateurs de l'atelier, les gens étaient plus sensibilisés et plus conscients de l'importance de prévenir des éclosions futures. » Il a étudié en profondeur les agents pathogènes d'origine alimentaire et hydrique. « J'étais préoccupé par le manque de coordination à tous les échelons de recherche sur la salubrité des aliments et de l'eau » dit-il. Alors que les États-Unis possèdent depuis 1996 des systèmes de surveillance nationaux pour recueillir des données sur des questions liées à la salubrité des aliments et de l'eau, le Canada ne possède aucun organisme parallèle. Brett Finlay affirme également qu'il était outré par le manque de communication et de coordination entre les spécialistes en recherche fondamentale et les bureaux du gouvernement et de la santé publique, ainsi que du manque d'application des résultats de recherche. Plus de 30 scientifiques et décideurs d'universités canadiennes, d'organismes gouvernementaux et de l'industrie se sont rencontrés à l'atelier pour participer à des discussions qui se sont révélées très franches, selon lui.

Judith Bray, directrice adjointe des projets spéciaux de l'Institut, a suivi les recommandations établies lors de l'atelier, des étapes préliminaires à la situation actuelle. Ces recommandations comprenaient l'élaboration d'un réseau de recherche national. La première étape consistait d'une rencontre tenue le 31 octobre 2001, qui a réuni 17 représentants des secteurs fédéraux de l'agriculture, de la santé et de l'environnement, de l'industrie des aliments et de l'eau et d'organismes subventionnaires fédéraux. À la suite de cette réunion, 15 des 17 membres sont sur le point de signer un protocole d'entente (PE) qui définit un engagement de coordonner un programme de recherche national en matière de salubrité des aliments et de l'eau.

Les signataires du PE rédigent actuellement un appel de demandes pour la recherche dans deux domaines connexes - la protection antimicrobienne des aliments et de l'eau et la résistance aux antimicrobiens dans la chaîne alimentaire. L'appel de demandes établira un cadre pour la coordination de recherches canadiennes en réunissant les forces, les ressources et l'expertise des chercheurs de secteurs multiples. L'appel de demandes s'applique aux équipes de recherche composées de chercheurs de ministères fédéraux, d'universités et peut-être de l'industrie, qui travailleront en collaboration. Selon Judith Bray, cela représente une façon intéressante d'aborder les questions de santé publique qui réduira la duplication des recherches et aidera à établir une coopération et un partenariat entre ces secteurs.

L'appel de demandes précité prolongera les initiatives stratégiques sur la salubrité des aliments et de l'eau que l'Institut a lancé en mai 2002, en collaboration avec ses partenaires des IRSC et des deux centres d'excellence le Réseau canadien de recherche sur les bactérioses ainsi que le Réseau canadien de l'eau et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie.