Recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires

Mise au point des vaccins au XXIe siècle

Dr Rafick-Pierre Sékaly

Le Réseau canadien pour l'élaboration de vaccins et d'immunothérapies (CANVAC), l'un des réseaux fédéraux de centres d'excellence, travaille à l'élaboration de vaccins prophylactiques et thérapeutiques contre le cancer et les infections virales mortelles. Les maladies ciblées incluent l'hépatite C et le VIH/sida, et plus de 15 vaccins viraux ont déjà été homologués en Amérique du Nord. Le CANVAC appuie la demande de propositions de l'IMII « Réponse de l'hôte au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) », en soutenant les projets retenus et en donnant accès à ses installations de base ultramodernes.

Le Dr Rafick-Pierre Sékaly, président du CANVAC et professeur et chercheur au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CR-CHUM), a obtenu plusieurs subventions et bourses des IRSC. Son travail porte sur les aspects mystérieux du système immunitaire des personnes capables de résister aux virus qui attaqueraient facilement l'immunité d'autres personnes. Ces personnes peuvent fournir des pistes aux chercheurs, qui espèrent utiliser des stratégies immunitaires similaires dans le développement des vaccins. « Mon but ultime est de définir précisément les caractéristiques d'une réponse immunitaire qui confèrede la protection », explique le Dr Sékaly.

Il donne l'exemple des personnes infectées à l'hépatite C qui, dans 20 % des cas, peuvent éliminer le virus spontanément. À Nairobi, une population de prostituées ayant fait l'objet de nombreuses études a également échappé à l'infection au VIH malgré une exposition répétée au virus.

« Nous aimerions connaître comment le système immunitaire peut à lui seul contrôler la virémie ou un agent pathogène afin d'élaborer un vaccin qui agirait de la même façon », explique le Dr Sékaly.

L'objectif des recherches effectuées dans son laboratoire et à CANVAC est de mettre au point des épreuves afin de déterminer les éléments intervenant dans la protection. Les nouvelles technologies, y compris les percées de la génomique et la capacité d'effectuer des épreuves multiparamétriques (capacité d'étudier plusieurs paramètres d'une seule cellule), permettent de surveiller des composantes discrètes de la réponse immunitaire aux agents infectieux, ce qui a entraîné l'accroissement des capacités pour le développement des vaccin.