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Prix Cerveau en tête - 1er décembre 2003 Lauréat : Vincent Paquette - Données biographiques Article : Paquette, V., Lévesque, J., Mensour, B., Leroux, J-M., Beaudoin, G., Bourgouin, P., & Beauregard, M. (2003). « Change the mind and you change the brain » : effects of cognitive-behavioral therapy on the neural correlates of spider phobia. Neuroimage 18: 401-409. |
Importance de la recherche :
Bien que la psychothérapie soit née dans le champ de la neurologie, les différences de perspectives et de langage utilisées par ces deux disciplines ont provoqué une séparation dans la conceptualisation des méthodes d'évaluation et d'intervention des troubles mentaux qui dure encore jusqu'à aujourd'hui. D'un côté, les neurosciences ont développé de nombreuses théories expliquant la relation entre le cerveau et le comportement; tandis que la psychologie a développé tout un vocabulaire, parfois métaphorique, pour décrire le fonctionnement mental. L'appartenance à un de ces groupes détermine l'étiologie des troubles mentaux (cause neurochimique vs psychique) et le traitement prescrit (traitement neurochimique vs traitement psychologique). Mais est-ce possible d'affecter le fonctionnement cérébral à partir d'une intervention psychologique? À notre connaissance, la présente étude est non seulement la première à démontrer la neuroanatomie fonctionnelle de la phobie spécifique utilisant l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), mais aussi à démontrer l'effet neurobiologique d'une thérapie cognitive-comportementale en utilisant un paradigme d'activation émotionnelle en IRMf.
L'efficacité connue du traitement cognitif-comportemental pour la phobie spécifique a permis d'établir un point de départ pour étudier l'effet des interventions psychologiques sur le cerveau. Dans la présente étude, les résultats ont démontré qu'avant la thérapie, la peur induite par le visionnement d'extraits de films d'araignées en mouvement a été corrélée avec une activation significative dans le cortex préfrontal latéral droit, le gyrus parahippocampique droit ainsi que les aires visuelles associatives de façon bilatérale. Après avoir complété avec succès la thérapie cognitive-comportementale (d'une durée de quatre semaines, à raison d'une session de groupe de trois heures par semaine), le visionnement des même extraits de films d'araignées n'a pas provoqué d'activation au niveau du cortex préfrontal latéral ou du gyrus parahippocampique. Ces résultats démontrent qu'une approche thérapeutique, comme la thérapie cognitive-comportementale, a le potentiel de modifier la circuiterie neuronale associée à un trouble anxieux. Ces données suggèrent aussi que les changements effectués au niveau mental peuvent reconfigurer les patrons d'activations cérébrales. Le type de conclusion engendrée par ces résultats devrait être de grand intérêt tant pour les cliniciens que pour les chercheurs ayant une approche soit psychologique ou neurochimique.