ARCHIVÉE - Recherche en santé - Investir dans l'avenir du Canada 2003-2004
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L'arthrite
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont le principal organisme fédéral de la recherche en santé au Canada.
Par l’intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi plus de 43 millions de dollars dans la recherche sur l’arthrite et l’appareil locomoteur au Canada.
Les faits
- Le vocable « arthrite » désigne plus de cent maladies différentes, dont le lupus, la fibromyalgie, la goutte et la sclérodermie.
- Le type d’arthrite le plus fréquent au Canada est l’arthrose, qui touche une personne sur dix dans l’ensemble de la population, c’est-à-dire environ trois millions de Canadiens. L’incapacité à long terme représentait environ 80 % des coûts économiques de l’arthrite en 1998, s’élevant à près de 3,5 milliards de dollars, dont 70 % pour les personnes de 35 à 64 ans.
- La polyarthrite rhumatoïde est le deuxième type le plus fréquent d’arthrite et touche un Canadien sur cent, soit 300 000 personnes. Il s’agit d’un trouble auto-immun, par lequel le système immunitaire s’attaque à des articulations saines et cause des dommages au cartilage, aux os, aux tendons et aux ligaments. La polyarthrite rhumatoïde touche les femmes plus souvent que les hommes, dans une proportion de deux pour un, et se manifeste le plus souvent entre l’âge de 25 et 50 ans.
- Les deux tiers des personnes atteintes d’arthrite sont des femmes et près de 60 % sont âgées de moins de 65 ans.
- À long terme, la douleur chronique et la diminution de la mobilité et de la capacité de fonctionnement sont les conséquences les plus fréquentes de l’arthrite.
- Dans tous les groupes d’âge, l’arthrite est deux à trois fois plus susceptible d’entraîner l’invalidité des travailleurs que toutes les autres maladies chroniques.
- Les épidémiologistes prédisent qu’il y aura environ 100 000 nouveaux cas d’arthrite chaque année durant les 30 prochaines années. On estime qu’en 2026, plus de six millions de Canadiens âgés de 15 ans et plus souffriront d’arthrite.
- Les troubles de l’appareil locomoteur (arthrite et ostéoporose) coûtent aux Canadiens plus de 16,4 milliards de dollars chaque année, le coût le plus élevé après les maladies cardiovasculaires. De ce chiffre, 2,6 milliards de dollars représentent des coûts directs (médecins, soins hospitaliers, médicaments) et 13,7 milliards de dollars correspondent à des coûts indirects, entre autre l’invalidité et le décès prématuré.
- Le fardeau économique de toutes les affections musculosquelettiques au Canada comptait pour 10,3 % du fardeau économique total de toutes les maladies, mais représentait seulement 1,3 % de la recherche en sciences de la santé.
La recherche
Améliore la santé
- Les médecins peuvent maintenant diagnostiquer l’arthrose du genou à un stade plus précoce, grâce à un outil clinique mis au point par la Dre Jolanda Cibere avec l’aide d’une subvention des IRSC. La Dre Cibere était Britannique lorsqu’elle a mis au point cet outil, qui utilise l’IRM, la radiographie, des biomarqueurs, une évaluation clinique et un questionnaire pour assurer une évaluation exhaustive des douleurs aux genoux chez le patient. L’outil est maintenant utilisé par les National Institutes of Health des États-Unis dans le cadre de leur initiative nationale visant à assurer la fiabilité et la normalisation des données sur l’arthrose.
- John Wallace, chercheur des IRSC, et son équipe de recherche de l'Université de Calgary ont découvert un récepteur de la douleur qu’ils croient être lié à des maladies inflammatoires comme l’arthrite. Leurs travaux pourraient entraîner la découverte de nouveaux médicaments pouvant aider les patients à composer avec la douleur en bloquant le récepteur.
- Les femmes sont moins susceptibles que les hommes d’avoir à subir une chirurgie de remplacement du genou ou de la hanche, selon une étude menée avec l’aide financière des IRSC par la Dre Gillian Hawker de l’Université de Toronto. La chercheure a constaté que deux fois plus de femmes que d’hommes (45 femmes sur mille comparativement à 21 hommes sur mille) dans deux régions du sud de l’Ontario auraient besoin d’une telle chirurgie, mais que seulement 1,6 femme sur mille la subissait, comparativement à 5,6 hommes sur mille. La chercheure conclut que la différence résulte d’un manque de confiance entre les patientes et les médecins, mais aussi de l’intimidation à laquelle font face les femmes âgées souffrant d’arthrite.
Lancée officiellement par l’Organisation mondiale de la Santé et approuvée par les Nations Unies en 2000, l’initiative porte sur la période 2000-2010, qui a officiellement été désignée comme la Décennie des os et des articulations. À la fin de 2002, le gouvernement du Canada a officiellement endossé le mouvement. L’IALA est un membre actif du Réseau d’action national canadien représentant plus de 25 organisations partenaires nationales qui travaillent avec ardeur à la santé des os et des articulations.
Site Web canadien: www.bjdcanada.org
Site Web: www.boneandjointdecade.org
L'Institut
L'Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite (IALA) des IRSC, dirigé par le Dr. Cyril Frank, appuie la recherche visant à améliorer la vie active, la mobilité et le mouvement, et à étudier les causes, la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les systèmes de soutien et les soins palliatifs relativement à un large évantail de conditions, dont l'arthrite, qui est le principal sous-ensemble des troubles locomoteurs. Ses trois priorités de recherche sont l'activité physique, la mobilité et la santé; les lésions, la réparation et le remplacement des tissus; la douleur, l'incapacité et les maladies chroniques.
Les partenaires
Les IRSC reconnaissent le rôle unique de tous les partenaires dans le processus de la recherche et travaillent en collaboration étroite avec eux. L'Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite, en collaboration avec la Société d'Arthrite et le Réseau canadien de l'arthrite (RCA), a organisé la première Conférence consensuelle sur le recensement de pistes propres à la recherche sur l'arthrose.
Dans la foulée de la Conférence consensuelle sur l'arthrose, les trois partenaires se sont joints au Centre de collaboration Cochrane et à l'Alliance canadienne des arthritiques pour créer l'ACAP, une alliance stratégique vouée à la création d'un plan national de l'arthrite. Le même groupe a aussi travaillé en collaboration en 2002 en vue de soutenir le premier atelier des IRSC sur l'application des connaissances.
À titre de partenaire à part entière, le Réseau canadien de l'arthrite (RCA) est un membre des Réseaux de centres d'excellence qui s'engage à créer un monde sans arthrite grâce à la recherche et au développement transdisciplinaires. Il réunit 120 chercheurs et cliniciens canadiens de pointe dans le domaine de l'arthrite, 40 établissements universitaires canadiens, la Société d'arthrite, les sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques et le gouvernement. Chaque année, la Société d'arthrite consacre un demi million de dollars au RCA pour appuyer la formation des jeunes et de personnel hautement qualifié - l'assise de toute la recherche affectuée au pays.
Site Web: www.arthritisnetwork.ca
Les gens
Lorsque Anne Dooley a reçu pour la première fois un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde en 1996, elle a bien réagi.
« Ce pourrait être pire, a-t-elle dit à son médecin. Que pouvons-nous faire maintenant? »
Les choses ont empiré. Elle a dû se soumettre à des interventions de chirurgie reconstructrice aux deux mains. Il fut un temps où la douleur était si intense qu'il lui était impossible de prendre une feuille de papier.
Les choses se sont également améliorées. Les médicaments -six comprimés par jour, plus une injection toutes les six semaines- lui ont permis de reprendre sa vie active. Malgré quelques effets secondaires et une poussée active occasionnelle, Mme Dooley remercie la recherche qui lui a permis d'aller aussi loin.
« Mon grand-père a reçu un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde il y a de nombreuses années. À cette époque, les seuls médicaments étaient l'asprine et un liniment pour chevaux. Nous avons fait beaucoup de chemin depuis, dit-elle. La recherche nous a permis de démontrer qu'une intervention énergique était nécessaire dès le début, mais nous avons besoin de plus de recherches sur les conséquences de la polyarthrite rhumatoïde sur la personne touchée. Nous avons également besoin de connaître les répercussions de la maladie sur la famille, la communauté et le milieu de travail. »
Il a fallu longtemps à Mme Dooley pour obtenir un diagnostic. Amateure de plein air, elle a d'abord cru que la douleur de ses articulations et l'enflure de ses poignets étaient causées par des tendinites. Son médecin de famille lui a dit qu'il s'agissait tout simplement des effets de l'âge. Comme ses symptômes persistaient, Mme Dooley a demandé l'avis d'un autre médecin - et ainsi donné un nouveau sens à sa vie.
Aujourd'hui, Mme Dooley est vice-présidente de l'Alliance canadienne des arthritiques, vice-présidente de la recherche et présidente des communications. Son travail consiste à sensibiliser le public à la douleur, à l'incapacité et aux coûts résultant de l'arthrite - et au rôle important que joue la recherche.
« Les résultats de la recherche ne s'arrêtent pas au flacon de médicaments, dit-elle. Les recherches se poursuivent et les résultats s'additionnent. »
Mme Dooley croit que la recherche donne de meilleurs résultats lorsqu'elle fait appel à un large éventail de personnes. Elle dit de la Conférence nationale des IRSC sur l'utilisation appropriée des placebos dans les essais cliniques qu'elle est la meilleure à laquelle elle ait jamais assisté, justement parce qu'elle réunissait un large éventail de participants de tous les horizons, notamment des chercheurs, de cliniciens, des décideurs et des patients. Elle affirme que l'interaction entre les chercheurs et les patients mènera à une amélioration des essais cliniques et, en bout de ligne, des résultats de la recherche.
« À mon avis, la recherche et la communication vont de pair », dit-elle en conclusion.
À propos des Instituts de recherche en santé du Canada
Les Instituts de recherche en santé du Canada sont le principal organisme du gouvernment du Canada en matière de recherche en santé. Leur objectif est d'exceller, selon les normes internationales reconnues d'excellence scientifique, dans la création de nouvelles connaissances et leur application, en vue d'améliorer la santé de la population canadienne, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada.
Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez le site Web : www.cihr-irsc.gc.ca.