ARCHIVÉE - Recherche en santé - Investir dans l'avenir du Canada 2003-2004
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La maladie cardiovasculaire
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont le principal organisme fédéral de la recherche en santé au Canada.
Par l’intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada investit plus de 110 millions de dollars dans la recherche sur les maladies du coeur au Canada.
Les faits
- Les maladies cardiovasculaires constituent la principale cause de mortalité au Canada, correspondant à au moins 36 % de tous les décès (37 % pour les femmes, 35 % pour les hommes), soit environ 80 000 personnes chaque année.
- Les hommes ont davantage tendance à développer une maladie cardiaque tôt dans la vie. Les femmes tendent à les rattraper autour de la ménopause. Les femmes présentant une maladie cardiaque ou un AVC sont souvent sous-diagnostiquées ou traitées différemment des hommes. hospitalisés
- Plus de 450 000 Canadiens ont été hospitalisés pour une maladie cardiovasculaire en l’an 2000.
- Les problèmes cardiaques les plus courants sont la maladie des artères coronaires, les arythmies, les troubles des valvules et la maladie du muscle cardiaque, y compris l’insuffisance cardiaque. Il est estimé qu’un Canadien sur quatre, soit 8 millions, présente une forme ou une autre de maladie cardiaque, de maladie des vaisseaux sanguins ou court un risque d’AVC.
- Les maladies cardiovasculaires sont les maladies les plus coûteuses affectant les Canadiens. En 1998, elles ont causé 18,8 milliards de dollars en dépenses, soit 11,8 % du coût total de toutes les maladies pour le Canada en 1998. Sur ce chiffre, 7 milliards de dollars correspondaient à des coûts directs, particulièrement les soins hospitaliers, et 11,8 milliards de dollars correspondaient à des coûts indirects, la plupart dus à une mort prématurée.
La recherche
Renforce le système de santé
Les recherches sur la maladie cardiaque fournissent les preuves qui permettront de sauver notre système de santé tout en donnant de meilleurs résultats pour les patients :
- Introduire le coût établi en fonction du produit de référence, un système exigeant aux médecins de prescrire des médicaments moins coûteux quand ceux-ci sont disponibles, a permis à la province de la Colombie-Britannique d’économiser presque 15 millions de dollars en médicaments pour traiter l’angine de poitrine, c’est-à-dire la douleur ressentie par un coeur privé d’oxygène.
- Les stimulateurs cardiaques à deux cavités coûtent 2 500 $ de plus que les appareils à cavité unique, mais ne sont pas plus efficaces, selon les recherches effectuées par le Dr Stuart Connolly de l’Université McMaster. Plus de 40 % des 10 000 stimulateurs cardiaques implantés chaque année au Canada sont à cavité double. Passer aux dispositifs à cavité unique pourrait permettre au système de soins de santé d’économiser jusqu’à 10 millions de dollars chaque année.
La recherche
Améliore la santé
- Le Dr Luis Melo de l’Université de la Saskatchewan a utilisé le soutien accordé par les IRSC pour découvrir une protéine participant à la régulation des crises cardiaques. En comprenant mieux le fonctionnement de cette protéine, il espère formuler une stratégie de thérapie génique sécuritaire et efficace pour protéger le coeur des lésions causées par les crises cardiaques.
- Les patients présentant une insuffisance cardiaque traités par un cardiologue ont obtenu de meilleurs résultats que ceux traités par d’autres médecins, selon la recherche effectuée par le Dr Philip Jong de l’Université de Toronto, avec le soutien des IRSC. Il a découvert que les cardiologues avaient davantage tendance à prescrire des médicaments pour l’insuffisance cardiaque quand les patients recevaient leur congé de l’hôpital, ce qui résulte en un taux de mortalité plus bas pendant un an pour leurs patients (28 %) par rapport aux patients traités par d’autres médecins (36 %). Les recherches du Dr Jong indiquent que les médecins peuvent améliorer les résultats pour les patients ayant une insuffisance cardiaque en utilisant les thérapies fondées sur les preuves les plus modernes.
- Il pourrait bientôt y avoir une meilleure façon de déceler les crises cardiaques imminentes que la méthode actuelle consistant à mesurer les niveaux de cholestérol sanguin. Une équipe de chercheurs du Québec financée par les IRSC, dirigée par Benoît Lamarche de l’Université Laval, a découvert que les patients ayant des niveaux sanguins élevés de protéines réactives C (PRC) courent un risque accru de présenter une maladie cardiaque. Vérifier de manière routinière les niveaux de PRC sera bientôt une mesure standard pour les patients d’âge moyen, particulièrement ceux qui courent déjà un risque de maladie cardiaque.
- Mélanger la médecine douce avec des médicaments pour le coeur sur ordonnance peut avoir des conséquences mortelles pour les malades cardiaques. La chercheure Dre Jafna Cox de l’Université Dalhousie, subventionnée par les IRSC, a découvert qu’environ les deux tiers des résidents de la Nouvelle-Écosse ayant une maladie cardiaque utilisent au moins une forme de thérapie de médecine douce, ce qui aboutit à des interactions potentiellement mortelles avec les médicaments sur ordonnance. Par exemple, le fluidifiant sanguin Warfarine ne devrait pas être utilisé en conjonction avec de fortes doses de vitamines K, d’éphédra, de ginseng, d’herbe de Saint-Jean ou d’échinacée.
- Les taux de facteurs de risque et de mortalité les plus élevés pour ce qui est des maladies cardiaques se retrouvent chez les résidents de la région de l’Atlantique, selon un projet qui vise à élaborer un atlas des maladies cardiovasculaires au Canada. Cet atlas est préparé par un groupe de chercheurs remarquables du Canada travaillant sous la direction du Dr Jack Tu, du Institute for Clinical Evaluative Sciences de Toronto et subventionné par les IRSC. En définissant quelles sont les régions au pays où les risques sont élevés, ils espèrent inciter les décideurs à mettre sur pied des programmes qui permettront aux résidents de prévenir les maladies cardiaques, par exemple grâce à des campagnes anti-tabac dynamiques.
L’Institut
L’Institut de la santé circulatoire et respiratoire (ISCR) des IRSC, sous la direction de son directeur scientifique, le Dr Bruce McManus, soutient les recherches sur la cause, la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les systèmes de soutien et les soins palliatifs en matière de maladie cardiaque, et d’une gamme variée d’autres problèmes associés avec les poumons, le cerveau, le sang et les vaisseaux sanguins. Les priorités de recherche de l’Institut comprennent : l’influence du sexe biologique et du genre sur le risque de maladie cardiovasculaire et pulmonaire, l’interaction des gènes et de l’environnement pour déterminer la susceptibilité à la maladie circulatoire et respiratoire, la gestion de la maladie chronique, les soins palliatifs et de fin de vie, la médecine régénérative, le tabac en relation avec les maladies cardiaques et pulmonaires, l’inflammation et la thrombose, l’imagerie cellulaire et moléculaire, la réanimation en cas de mort soudaine dans la communauté, l’utilisation des sciences informatiques et des mathématiques pour améliorer notre compréhension des maladies circulatoires et respiratoires ainsi que les causes infectieuses des problèmes circulatoires et respiratoires.
Les partenaires
Les IRSC reconnaissent le rôle unique de tous les partenaires dans le processus de la recherche et travaillent en collaboration étroite avec eux. L’ISCR des IRSC a établi un important partenariat stratégique avec la Fondation des maladies du coeur afin de se pencher sur les domaines prioritaires en matière de santé cardiaque et d’AVC. Cette première entente de partenariat signée entre les IRSC et un organisme bénévole est un catalyseur en vue de nouvelles initiatives innovatrices dans le domaine de la recherche cardiovasculaire, y compris le domaine de la formation et de l’application des connaissances. L’ISCR collabore étroitement avec le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires. Un partenariat international qui a été signé avec le National Heart, Lung and Blood Institute des National Institutes of Health des États-Unis est d’une grande valeur pour la science canadienne et pour les personnes affectées par la maladie cardiovasculaire.
Les gens
Maxine Yukic a vu quelque chose que peu d’entre nous verrons, son propre coeur.
En août 2001, alors qu’elle était encore dans la vingtaine, Mme Yukic a subi une transplantation cardiaque. Et, pendant que son nouveau coeur battait dans sa poitrine, son vieux coeur était analysé par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique.
La transplantation était la dernière étape d’un long cheminement qui avait commencé au début de 1996, quand on a diagnostiqué qu’elle souffrait d’un virus cardiaque inconnu. On lui a implanté un stimulateur cardiaque en janvier 1997, et elle est retournée chez elle en pensant que tout allait bien. Mais, en 1999, elle a commencé de nouveau à se sentir malade et, en janvier 2001, a fait un arrêt cardiaque. Heureusement, un coeur de donneur a été rapidement trouvé et, en août 2002, Mme Yukic a subi une transplantation cardiaque.
« Ce fut une expérience vraiment longue et douloureuse à traverser », déclare-t-elle. Maintenant, les chercheurs du Centre iCAPTURE4E de l’Université de la Colombie-Britannique, qui est codirigé par le directeur scientifique des IRSC, le Dr Bruce McManus, analysent son coeur pour découvrir ce qui s’est passé. Après son intervention chirurgicale, Mme Yukic a fait la visite du centre et elle s’est trouvée face à face avec son propre coeur.
« J’étais devant mon coeur malade, a-t-elle déclaré, avec mon nouveau coeur battant dans ma poitrine. C’était vraiment bizarre de faire le lien entre les deux. »
Mme Yukic a déclaré que son vieux coeur avait l’air vraiment malade, mais elle est heureuse de savoir qu’il peut contribuer à aider d’autres personnes.
« Si les chercheurs peuvent comprendre ce qui s’est passé dans mon coeur et l’empêcher de se produire de nouveau, déclare-t-elle, cela en vaut vraiment la peine. Leur travail évitera à d'autres personnes de traverser les mêmes épreuves que moi. »
À propos des Instituts de recherche en santé du Canada
Les Instituts de recherche en santé du Canada sont le principal organisme du gouvernement du Canada en matière de recherche en santé. Leur objectif est d’exceller, selon les normes internationales reconnues d’excellence scientifique, dans la création de nouvelles connaissances et leur application, en vue d’améliorer la santé de la population canadienne, d’offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada.
Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez le site Web : www.cihr-irsc.gc.ca.