ARCHIVÉE - Recherche en santé - Investir dans l'avenir du Canada 2003-2004
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Santé mentale
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont le principal organisme fédéral de la recherche en santé au Canada.
Par l’intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada investit chaque année une somme de 25 à 30 millions de dollars dans la recherche sur la maladie mentale, dans l’ensemble du Canada.
Les faits
- La maladie mentale désigne une vaste catégorie de troubles parmi lesquels figurent l’anxiété, la dépression, la schizophrénie, les troubles de la personnalité et les troubles alimentaires.
- Un Canadien sur cinq présentera un problème de santé mentale à un moment donné dans sa vie.
- La plupart des maladies mentales se déclarent pendant l’enfance, l’adolescence et le début de l’âge adulte.
- Un Canadien sur cent souffre de schizophrénie. Le trouble bipolaire, ou manie-dépression, touche aussi un Canadien sur cent. Huit pour cent (8 %) des adultes seront atteints d’une dépression grave à un moment donné de leur vie; 12 % de la population présente des troubles anxieux.
- Ensemble, la schizophrénie, la dépression et le trouble bipolaire représentent plus de 20 % des années vécues avec une incapacité dans les économies de marché établies.
- Environ 3 % des femmes présenteront un trouble alimentaire au cours de leur vie.
- En tant que groupe, les sujets atteints d’une maladie mentale risquent davantage d’être des agressés que des agresseurs.
- Le coût total des troubles mentaux, y compris du stress et de la détresse, s’est élevé à 14,4 milliards de dollars en 1998.
La recherche
Améliore la santé
- La découverte d’une anomalie génétique dans une famille touchée par la schizophrénie pourrait contribuer à expliquer le processus biochimique qui est à l’origine de l’apparition de cette maladie. La découverte a été faite par Deepak Kamnasaran, étudiant au niveau du doctorat et bénéficiaire d’une subvention des IRSC, qui travaillait sous la supervision de Diane Cox, à l’Université de l’Alberta.
- Plus du quart des adolescentes interrogées dans lere cadre d’une enquête réalisée par la D Jennifer M. Jones, chercheure subventionnée par les IRSC au Princess Margaret Hospital de Toronto, présentaient des attitudes et des comportements pathologiques liés à l’alimentation. Quinze pour cent ont fait état d’épisodes de frénésie alimentaire, alors que 8,2 % ont déclaré recourir aux vomissements provoqués. L’enquête a aussi montré que les régimes alimentaires restrictifs étaient associés à un risque accru de frénésie alimentaire et de purgation.
- Le Dr Michel Maziade, chercheur à l’Université Laval et bénéficiaire d’une subvention des IRSC, a trouvé plusieurs gènes qui pourraient jouer un rôle tant dans la schizophrénie que dans le trouble bipolaire, notamment des gènes associés à cinqr sous-types de schizophrénie. Le D Maziade dirige une équipe qui se penche sur la génétique de troubles mentaux complexes, dont l’alcoolisme et l’autisme, ainsi que la schizophrénie et le trouble bipolaire.
- Des concentrations élevées d’une hormone appelée cortisol, produite par l’organisme en réponse à un stress, pourraient être responsables de la perte de la mémoire chez les personnes âgées, selon Sonia Lupien, chercheure au Centre de recherche de l’Hôpital Douglas, et récipiendaireme d’une subvention des IRSC. M Lupien a découvert que les médicaments peuvent aider à inverser ce processus d’amnésie qui est souvent associé à la démence. Elle a aussi observé, toutefois, que des concentrations élevées de cortisol sont liées à l’isolement social et à l’absence de soutien social, ce qui laisse entendre que le soutien offert aux personnes âgées isolées pourrait s’avérer un moyen d’améliorer leur mémoire sans me le recours aux médicaments. M Lupien s’intéresse maintenant aux traits de personnalité qui prédisposent les gens au stress.
- Une équipe internationale de chercheurs spécialisés dansr l’étude du cerveau et dirigée par le D Zul Merali de l’Université d’Ottawa, chercheur subventionné par les IRSC, a observé un dysfonctionnement simultané de deux neurotransmetteurs, ou signaux chimiques importants chez les personnes qui ont recours au suicide. Selon r les recherches du D Merali, il faudrait peut-être mettre au point des médicaments qui agissent sur des systèmes différents de ceux qu’ils visent actuellement. Ses constats aideront aussi les médecins à distinguer les patients déprimés des patients suicidaires.
- Les personnes souffrant d’un trouble bipolaire réagissent mieux au lithium lorsqu’elles sont atteintes de la forme héréditaire et plus homogène de la maladie, selon les recherches menées par Martin Alda de l’Université Dalhousie, dont les travaux sont subventionnés par les IRSC. Autre constat de M. Alda, la prévalence du diabète est trois fois plus élevée chez les sujets atteints d’un trouble bipolaire que dans l’ensemble de la population, et les chances de réussite d’un traitement au lithium sont plus faibles et les risques de suicide sont plus élevés chez les patients bipolaires atteints du diabète.
- La thérapie d’exposition, selon laquelle les patients sont exposés de manière prolongée et répétée à des images du traumatisme redouté jusqu’à ce que celles-ci ne provoquent plus d’anxiété, pourrait s’avérer plus efficace que d’autres méthodes pour le traitement de l’état de stress post-traumatique (ESPT), selon les recherches réalisées par Gordon Asmundson de l’Université de Regina, récipiendaire d’une subvention des IRSC. Gordon Asmundson, qui dirige un projet multidisciplinaire visant à mieux faire la lumière sur les mécanismes en cause dans l’ESPT pour mieux traiter la maladie, s’est penché sur les femmes battues souffrant d’un ESPT. Son équipe et lui ont découvert que les femmes réagissaient mieux à la thérapie d’exposition qu’à deux autres traitements.
La recherche
Renforcement du système de santé
- Les personnes atteintes d’une maladie mentale bénéficient de meilleurs soins lorsque le médecin de famille collabore avec le professionnel de la santé mentale au lieu de travailler seul et de se contenter de référer le patient à un psychiatre. C’est rce qui ressort des travaux menés par le D James Irvine, du Saskatchewan Health Quality Council, un chercheur qui reçoit une subvention des IRSC. Les patients qui bénéficient de ce type de collaboration éprouvent moins de symptômes et ont plus de chances de se rétablir ou d’être en rémission, lors du suivi. De plus, les patients indiquent une préférence pour ce type de traitement. collectivité
- Le maintien des malades mentaux dans la peut donner des résultats concluants, mais uniquement si les services sont bien intégrés, notamment les services de santé et les services destinés à répondre aux besoins fondamentaux, comme le logement, l’alimentation et les activités du quotidien, selon une comparaison de différents réseaux mis à la disposition des clients. L’étude, réalisée au Québec, a été menée par une équipe dont faisait partie Alain Lesage, chercheur subventionné par les IRSC et travaillant à l’Université de Montréal. Cette étude a montré que l’intégration des services comptait pour beaucoup dans la capacité de répondre aux besoins des usagers, dans la gravité de leurs symptômes et dans leur qualité de vie, au cours d’une période de 12 mois.
L’Institut
L’Institut des neurosciences, de la santé mentale et des r toxicomanies (INSMT), dirigé par le D Rémi Quirion, directeur scientifique, est le chef de file des IRSC dans le secteur de la santé mentale et de la maladie mentale. Il appuie la recherche qui vise à réduire le fardeau de la maladie mentale par des stratégies de prévention, la promotion de la santé mentale et la mise au point de nouvelles méthodes de diagnostic et de traitement et la prestation de services de soutien. Les premiers épisodes d’une maladie mentale et la discrimination et la stigmatisation associées à la maladie mentale figurent au nombre des domaines de recherche privilégiés par l’Institut.
Les partenaires
Les IRSC reconnaissent le rôle unique joué par tous leurs partenaires dans le secteur de la recherche et travaillent en étroite collaboration avec eux. L’INSMT est soucieux d’établir des liens de partenariat qui l’aideront à bien accomplir son mandat. C’est ainsi qu’il s’est adjoint la collaboration de la Fondation neuroscience Canada dans plusieurs domaines clés, notamment en médecine régénérative, ainsi que de la Fondation canadienne de la recherche en psychiatrie, dans le cadre d’un programme commun de financement de la recherche en neurobiologie des troubles psychiatriques et des toxicomanies. Il compte un autre partenaire, la National Alliance for Autism Research aux États-Unis, première organisation non gouvernementale (ONG) étrangère à devenir un partenaire officiel. De concert avec la Fondation EJLB et la Société royale du Canada, l’INSMT a créé la Chaire Michael Smith EJLB-IRSC en neurosciences et en santé mentale. Il s’est aussi associé au Fogarty International Centre et aux National Institutes of Health des États-Unis dans le cadre d’un programme sur la stigmatisation et la santé à l’échelle mondiale.
Les gens
Phil Upshall a tout perdu, sa famille, son emploi, et presque sa vie, en raison d’un trouble bipolaire.
En 1989, M. Upshall était un éminent conseiller juridique d’entreprise et avocat spécialisé en droit commercial.
Deux ans plus tard, sa vie s’était transformée en chaos. Après une tentative de suicide, M. Upshall a été hospitalisé et a appris qu’il souffrait d’un trouble bipolaire. Il a aussi été accusé de fraude pour avoir fait de mauvais placements pour le compte de ses clients, a purgé une peine de huit mois en prison et a été radié du barreau. Son mariage n’a pas survécu à l’épreuve.
Aujourd’hui, il est président de la Canadian Alliance for Mental Illness and Mental Health (CAMIMH) et de la Société pour les troubles de l’humeur du Canada et membre du conseil consultatif de l’Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies des IRSC. Il ne prend plus de médicaments et se mariera au cours de l’automne 2004.
Il considère que c’est la recherche en santé qui l’a aidé à récupérer la majeure partie de ce qu’il avait perdu.
« Grâce à la recherche, déclare-t-il, des personnes comme moi peuvent maintenant mener une vie normale et productive. La poursuite de la recherche accroît le niveau de sensibilisation. Elle permet un dialogue sur la façon de combattre efficacement la maladie mentale et d’atténuer le fardeau associé à la maladie mentale. »
À propos des Instituts de recherche en santé du Canada
Les Instituts de recherche en santé du Canada sont le principal organisme fédéral de recherche en santé au Canada. Ils ont pour objectif d’exceller, selon les normes internationales reconnues de l’excellence scientifique, dans la création de nou-velles connaissances et leur application en vue d’améliorer la santé de la population canadienne, d’offrir de meilleurs pro-duits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada.
Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez le site Web : www.cihr-irsc.gc.ca.