Gordon Boyd - Données biographiques
Boursier postdoctoral/MD
Université Queen's
Boyd, JG., Lee, J., Skihar, V., Doucette, R., et Kawaja, M. D. (2004). « LacZ-expressing olfactory ensheathing cells do not associate with myelinated axons after implantation into the compressed spinal cord ». PNAS 101: 2162-2166.
Les axones olfactifs transmettent la perception des odeurs du nez au cerveau. Ces axones sont les seuls axones dans le SNC qui ne cessent de se régénérer pendant toute la vie des mammifères adultes. Cette capacité est attribuée à leurs cellules de soutien, les cellules olfactives engainantes (COE). La capacité de favoriser la régénération des axones dans le système nerveux a suscité beaucoup d'enthousiasme dans le domaine de la recherche sur les lésions médullaires, et depuis plus d'une décennie, de nombreux rapports ont fait état d'effets salutaires d'une transplantation de COE chez des modèles animaux de lésions de la moelle épinière. De plus, plusieurs études ont fourni des résultats qui donnent à penser que les COE se transforment une fois transplantées dans la moelle épinière. Plus précisément, elles entrent en contact avec les axones et synthétisent la myéline à la manière des cellules de Schwann, les principales cellules de soutien du SNP. Nous avons utilisé dans notre étude des COE génétiquement modifiées afin qu'il soit possible de suivre et de reconnaître les cellules au niveau ultrastructural. Nous avons mis en évidence une augmentation spectaculaire de la croissance axonale après l'implantation intramédullaire de COE. Fait important, l'examen au microscope électronique n'a PAS permis d'observer les COE entrant en contact direct avec les axones ou synthétisant la myéline. Toutefois, elles formaient de singuliers « tunnels » dans la moelle épinière lésée. Dans ces tunnels, des cellules de Schwann non marquées (de l'animal hôte) ont été observées en train de s'unir aux axones et de synthétiser la myéline. Nos résultats prouvent de façon non équivoque que les COE NE se transforment PAS après l'implantation, et que de nombreuses propriétés attribuées aux COE (p. ex. myélinisation, union aux axones) sont en réalité le résultat de la migration de cellules de Schwann dans la moelle épinière lésée. Ces observations donnent à penser qu'une bonne partie des données ultrastructurales décrivant le comportement des COE dans la moelle épinière lésée sont mal interprétées depuis une décennie. Cette compréhension erronée de la biologie fondamentale des cellules olfactives engainantes est d'autant plus troublante que dans plusieurs essais cliniques internationaux entrepris récemment en dehors de l'Amérique du Nord, les COE ont commencé à être utilisées chez des humains présentant une lésion de la moelle épinière.