ARCHIVÉE - Recherche en santé - Investir dans l'avenir du Canada 2004-2005
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Le genre et la santé
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2004-2005, environ 23,7 millions de dollars dans la recherche sur le genre et la santé dans tout le pays.
Les faits
- Les femmes sont atteintes d'un plus grand nombre de maladies, sont en invalidité pendant un plus grand nombre d'années et vivent plus de stress que les hommes, mais elles vivent également plus longtemps. Même avec un diagnostic de maladie mortelle, les femmes survivent plus longtemps que les hommes.
- L'espérance de vie pour les femmes nées en 1997 était de 81,4 ans par comparaison à 75,8 ans pour les hommes.
- Les femmes sont plus portées que les hommes à tenir compte de leur santé et de leur poids lorsqu'elles choisissent des aliments, tandis que les hommes sont plus enclins à s'adonner à des activités intenses pendant leurs loisirs. Quarante-deux pour cent des hommes ont un surplus de poids, par comparaison à 24 % des femmes, en fonction de l'indice de masse corporelle.
- Le 14 avril 2002, au Canada, 3 274 femmes et 2 835 enfants habitaient dans des refuges pour les victimes de mauvais traitements. Environ un tiers de ces personnes avaient déjà séjourné dans ces refuges. Le nombre total est 7 % plus bas qu'en 2000 et 11 % en-dessous du nombre signalé dans le cadre d'une enquête effectuée en 1997-1998.
- Les hommes sont le plus souvent les auteurs de violence contre les femmes, les enfants et d'autres hommes. Ce comportement est attribuable, en partie ou totalement, à l'hypermasculinité et à l'insertion sociale des genres.
- Les effets sur la santé de la violence exercée en fonction du genre pendant la durée de vie incluent les lésions médullaires, la dépression, l'état de stress post-traumatique et d'autres problèmes de santé mentale, l'usage de drogues, le suicide, le VIH/SIDA, les maladies transmises sexuellement, les complications de la grossesse et la mort.
- Les garçons, à partir d'environ 2 ans et tout au long de leur vie subissent des blessures non intentionnelles plus fréquentes et plus graves que les filles. Cependant, en matière de blessures intentionnelles, les adolescentes tentent de se suicider plus souvent que les adolescents, alors que les hommes réussissent leurs tentatives de suicide plus souvent que les femmes.
La recherche : trouver des solutions pour faire face aux problèmes de santé des hommes et des femmes
- Trois fois plus de femmes que d'hommes ne peuvent subir l'intervention chirurgicale de remplacement du genou ou de la hanche dont elles ont besoin, malgré le fait que les médecins affirment que le genre n'a aucune influence sur leurs recommandations, selon un chercheur financé par les IRSC, le Dr James Wright de l'hôpital pour enfants de Toronto. Le Dr Wright a reçu le prix de recherche sur la qualité de vie, prix décerné par l'Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite des IRSC.
- Certains des médicaments les plus courants, dont les analgésiques, les antibiotiques et les antihistaminiques, peuvent agir différemment chez les hommes et chez les femmes, selon un chercheur financé par les IRSC, le Dr Gideon Koren de l'hôpital pour enfants de Toronto. Certaines différences sont attribuables à de simples variations dans la taille et le poids, étant donné que la plupart des produits pharmaceutiques sont conçus pour des hommes pesant 165 livres. Certains médicaments sont métabolisés de façon différente par les femmes, selon l'étape de leur cycle menstruel, par exemple.
- Une équipe de recherche financée par les IRSC a mis au jour des preuves qui suggèrent que le modèle traditionnel du cycle menstruel est erroné. Plutôt qu'un groupe de follicules croissant durant le cycle, dont un est sélectionné pour l'ovulation, les follicules se développent par vagues, et les femmes connaissent de deux à trois périodes de développement folliculaire chaque mois--quoiqu'un seul oeuf est sélectionné pour l'ovulation. La découverte, effectuée par une équipe dirigée par le Dr Roger Pierson de l'Université de la Saskatchewan, pourrait mener au développement d'un nouveau contraceptif plus sécuritaire et efficace et pourrait aussi aider les femmes qui ont de la difficulté à concevoir.
- Voici d'autres bonnes nouvelles pour les femmes qui désirent devenir enceintes : deux chercheurs de l'Université McGill financés par les IRSC ont réussi à utiliser des ovules congelés non fertilisés afin d'aider sept femmes à concevoir, dont une a déjà donné naissance. Le taux de réussite d'environ 40 % était comparable à celui atteint lors de l'utilisation d'ovules frais. La technique pourrait s'avérer une bénédiction pour les femmes qui doivent subir des traitements anticancéreux qui détruisent leur fertilité--ainsi qu'un terrain miné du point de vue éthique pour les femmes qui désirent devenir enceinte plus tard.
- L'hypertension, l'hypercholestérolémie, l'obésité et le diabète ne sont pas plus répandus chez les hommes sans abri que dans la population en général--mais ils sont moins bien contrôlés, selon le Dr Stephen Hwang et ses collègues de l'Université de Toronto. Leur étude--appuyée par l'initiative Réduire les disparités sur le plan de la santé des IRSC menée par l'Institut de la santé des femmes et des hommes--a également révélé que les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès chez les hommes sans abri plus âgés, ce qui amène les chercheurs à conclure que les facteurs de risque cardiovasculaires sont traités de façon sous-optimale chez les adultes sans abri de Toronto. Parmi les services de santé les plus requis par les adultes sans abri, mentionnons les soins de santé primaires, l'accès à des médicaments sur ordonnance, les programmes pour cesser de fumer et les traitements contre l'alcoolisme et la cocaïnomanie.
- Le fonctionnement des tissus conjonctifs est différent chez les hommes et chez les femmes, selon le Dr David Hart, chercheur appuyé par les IRSC, et son équipe de l'Université de Calgary. Ils utilisent des modèles animaux et humains afin d'en apprendre plus au sujet de ces différences. Leur travail pourrait mener à la découverte de moyens pour évaluer le risque de développer l'arthrose, non seulement selon le sexe biologique, mais aussi en tenant compte des facteurs génétiques et environnementaux différents.
En cours de réalisation... maladies du coeur selon le sexe biologique et le genre
Les maladies du coeur se manifestent différemment chez les femmes et chez les hommes--à cause de facteurs biologiques et génétiques (sexe biologique) et de facteurs sociaux et comportementaux (genre). La plupart de ces différences sont encore mal connues--leurs causes, leurs manifestations et leurs conséquences.
L'Institut de la santé des femmes et des hommes, avec ses partenaires, y compris l'Institut de la santé circulatoire et respiratoire des IRSC, la Fondation des maladies du coeur et l'Association pulmonaire, investit plus de 7 millions de dollars afin d'appuyer quatre équipes qui étudient la santé cardiovasculaire chez les hommes et les femmes. Parmi les chercheurs qui reçoivent des fonds, mentionnons la Dre Louise Pilote (Université McGill), qui rassemble plus de 30 experts dans des domaines aussi variés que la génétique moléculaire, la biostatistique, la sociologie et la cardiologie, afin d'en apprendre plus au sujet du rôle que jouent le sexe biologique et le genre dans l'apparition, le diagnostic, les soins et l'évolution des maladies cardiovasculaires.
Les chercheurs
Dre Lorraine Greaves : recherches sur la toxicomanie axées sur les femmes
Une vie consacrée à la recherche a convaincu la Dre Lorraine Greaves que nous vivons dans une société qui blâme les femmes, une société qui ne tient pas compte des femmes--une situation qui, d'après elle, doit changer.
En tant que chef de file dans le domaine de la recherche sur la santé des femmes, directrice exécutive du Centre d'excellence de la Colombie-Britannique pour la santé des femmes, et co-fondatrice du Centre de recherche sur la violence faite aux femmes et aux enfants, la Dre Greaves est bien connue pour ses recherches sur le tabagisme et la toxicomanie, sur la violence et l'influence du genre sur la santé des femmes.
La Dre Greaves soutient que selon certaines démarches sociales, psychologiques et médicales, on a souvent eu tendance à blâmer les femmes pour des comportements malsains. Afin de remédier à cette situation, elle adopte une démarche de recherche axée sur les femmes qui inclut des décideurs, des collectivités et des universitaires, travaillant ensemble afin d'améliorer la santé et le bien-être des femmes.
Cette démarche se reflète dans sa recherche sur les femmes et le tabagisme. Son premier ouvrage, Smoke Screen: Women's Smoking and Social Control, publié en 1996, examinait les influences historiques et culturelles du tabagisme chez les femmes.
De plus, la Dre Greaves invoque la façon dont les campagnes de promotion de la santé et les médecins blâment souvent les femmes qui fument et consomment de l'alcool durant une grossesse. Elle estime qu'une démarche qui se préoccupe également de la santé des femmes et des enfants aurait pour effet d'amener les femmes toxicomanes à profiter des programmes de traitement plutôt qu'à éviter le traitement et la réduction des préjudices, à cause du caractère honteux rattaché à l'usage de drogues durant une grossesse.
En 2003, la Dre Greaves a mis sur pied le programme Integrated Mentor Program in Addictions Research Training (IMPART), financé par les IRSC, au Centre d'excellence de la Colombie-Britannique pour la santé des femmes. Il s'agissait du premier programme de formation de mentors pour les chercheurs s'intéressant aux questions concernant le genre, les femmes et la toxicomanie au Canada. IMPART rassemble des chercheurs d'une multitude de disciplines (neurobiologie, sociologie et soins infirmiers) qui cherchent à comprendre la toxicomanie dans le contexte du sexe biologique et du genre, afin d'être mieux en mesure de concevoir un traitement, des services et une politique de santé.
« Collectivement, nous effectuons de la recherche et de la formation et notre champ d'intérêt s'étend des cellules à la société », déclare la Dre Greaves.
Dans le cadre de son travail bénévole en tant que vice-présidente et co-fondatrice du International Network of Women against Tobacco, la Dre Greaves examine également les effets de la dépendance au tabac sur les pays en développement. C'est une arène plus vaste, mais le centre d'intérêt de la Dre Greaves demeure le même--éliminer le blâme et se concentrer sur l'amélioration de la santé des filles et des femmes.
L'Institut des IRSC
L'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC, dont la directrice scientifique est la Dre Miriam Stewart, appuie la recherche visant à déterminer comment le sexe biologique et le genre interagissent avec d'autres facteurs pour créer des maladies et des problèmes qui sont uniques, plus prévalents, plus graves ou différents pour ce qui est des facteurs de risque ou des interventions efficaces chez les femmes et les hommes ou chez les filles et les garçons.
Le premier institut national de recherche dans son genre au monde, l'Institut de la santé des femmes et des hommes se concentre sur cinq priorités stratégiques : l'accès et l'équité pour les populations marginalisées, le genre et les maladies chroniques, le genre et la santé au cours de la durée de vie, la promotion de comportements favorisant la santé ainsi que le genre et l'environnement. L'Institut appuie la recherche dans une vaste gamme de domaines qui touchent à ces priorités, y compris la santé au niveau mondial, la santé dans les régions rurales et nordiques, la santé mentale, le cancer du sein, le cancer de la prostate, la santé cardiovasculaire, la maladie d'Alzheimer, l'immunité, le développement de la première enfance, les soins palliatifs, l'obésité, la génomique et le tabagisme.
L'Institut de la santé des femmes et des hommes a mené l'initiative Réduire les disparités sur le plan de la santé qui met l'accent sur les populations vulnérables telles que les femmes, les familles monoparentales ainsi que les enfants et les jeunes qui se trouvent dans des situations désavantageuses. Cette initiative a attiré de nombreux partenaires canadiens et étrangers.
Au sujet des Instituts de recherche en santé du Canada
Les Instituts de recherche en santé du Canada sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Leur objectif est d'exceller, selon les normes internationales reconnues de l'excellence scientifique, dans la création de nouvelles connaissances et leur application en vue d'améliorer la santé de la population canadienne, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à près de 10 000 chercheurs et stagiaires dans toutes les provinces du Canada.