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Les IRSC dévoilent des résultats de recherches qui guideront l'établissement de points de repère pour les temps d'attente

Fiche d'information pour le temps d'attente pour des traitements contre le cancer

[ Communiqué 2005-50 ]

Ce résumé a été préparé par les IRSC et il est fondé sur quatre synthèses de recherche distinctes. Suivre les liens ci-dessous pour accéder aux rapports complets :

Contexte

En février 2005, les ministères de la Santé des provinces et des territoires, en partenariat avec l'Institut des services et des politiques de la santé, l'Institut du cancer et l'Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite des IRSC, ont convenu de financer de la recherche destinée à guider l'établissement de points de repères fondés sur des faits en ce qui concerne les temps d'attentes acceptables du point de vue médical dans des secteurs cliniques déterminés.

Huit équipes de recherche canadiennes travaillant en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse ont mené des recherches sur les temps d'attente dans trois secteurs de traitement prioritaires : restauration de la vue, remplacement articulaire et cancer. Bien que des recherches similaires concernant le traitement des maladies cardiaques et l'imagerie diagnostique aient aussi été demandées en février, aucun projet de recherche portant sur ces domaines n'a été financé à ce moment.

Cette recherche avait pour but de guider le travail des ministères de la Santé des provinces et des territoires pour établir des points de repère fondés sur des faits pour les temps d'attente avant de recevoir des types particuliers de traitement contre le cancer au Canada. Deux questions principales ont été posées :

  1. Que nous dit la recherche actuelle au sujet de la relation entre l'état clinique, les temps d'attente et les résultats en matière de santé ou la qualité de vie pour les personnes en attente de traitement?
  2. Quels sont les points de repère (proposés ou utilisés) au niveau national ou international pour les temps d'attente avant de recevoir des traitements contre le cancer, et sur quelles données de recherche (le cas échéant) reposent-ils?

Les chercheurs ont examiné les données provenant des études disponibles qui portaient sur la relation entre les temps d'attente et la santé des personnes en attente de traitement pour le cancer, ou après le traitement. Ils se sont également penchés sur les points de repère nationaux et internationaux en fait de temps d'attente pour recevoir des traitements contre le cancer.

L'étude n'a pas porté sur tous les types de cancer ni sur tous les stades du traitement où un patient pourrait attendre. Une personne pourrait attendre pour voir un spécialiste après avoir vu un généraliste pour des symptômes qui pourraient faire penser à un cancer, pour obtenir des services diagnostiques comme des analyses de sang, des radiographies ou d'autres genres d'examens par imagerie après avoir vu un spécialiste, ou pour recevoir des traitements appropriés après un diagnostic de cancer. La plus grande partie de la recherche passée en revue ici portait sur l'attente entre le moment où un cancer est diagnostiqué et la date de traitement.

Le cancer colorectal, le cancer du poumon, le cancer d'un organe solide et le cancer gastro-intestinal ont été étudiés. Pour la plupart de ces cancers, le traitement chirurgical, souvent combiné à la chimiothérapie et à la radiothérapie, représente la principale option thérapeutique. Les temps d'attente pour un traitement du cancer particulier, la radiothérapie, ont également été examinés. La radiothérapie est un traitement administré à près de la moitié des personnes atteintes de cancer, et elle s'ajoute souvent au traitement chirurgical.

Difficultés de la recherche sur l'effet de l'attente avant de recevoir des traitements contre le cancer

Des conclusions limitées ont pu être tirées concernant l'effet des temps d'attente sur la qualité et la durée de vie des personnes qui ont un cancer, mais les généralisations sont impossibles pour différents types de cancers ou de traitements. Les conclusions actuelles sont préliminaires, et elles pourraient changer à la suite de recherches futures.

Des facteurs propres au cancer entrent en jeu dans l'établissement de temps d'attente fondés sur des faits pour recevoir des traitements. Le plus important est que le cancer n'est pas une maladie unique. Le cancer, c'est un grand nombre de maladies : cancer du sein, cancer du poumon, cancer colorectal, cancer de la prostate, etc. Des types particuliers de cancer progressent différemment chez différentes personnes, de façon pas toujours prévisible. Les tumeurs peuvent également croître rapidement ou lentement, mais il n'existe pas encore de façons fiables de le savoir avant le traitement. C'est dire que les temps d'attente peuvent poser des risques plus ou moins grands, selon le type de cancer, et même le type particulier ou le stade d'évolution de la tumeur.

La recherche sur l'effet des temps d'attente est aussi particulièrement difficile pour le traitement du cancer parce que le plus important prédicteur de survie après le type de cancer est l'étendue de la maladie au moment du diagnostic. Des personnes qui présentent un cancer du poumon à un stade avancé risquent fort d'être moins bien portantes après le traitement qu'un groupe de personnes dont le cancer du sein est peu avancé, indépendamment du temps d'attente. Cela ne signifie pas que les temps d'attente ne comptent pas, mais seulement qu'en raison des autres facteurs en jeu, il est actuellement très difficile de déterminer dans quelle mesure ils comptent.

Ce que dit la recherche au sujet des conséquences pour la santé de l'attente avant de recevoir des traitements contre le cancer

  • Lorsque l'on tarde à entreprendre la radiothérapie après un traitement chirurgical, il y a un risque accru de récidive au siège initial de la tumeur. Bien que des données probantes n'aient été trouvées que pour le cancer du sein et les tumeurs malignes à la tête et au cou, il n'existe aucune raison théorique, ni de données, laissant croire que la situation serait différente pour d'autres types of cancer. Ce risque augmente à mesure que se prolonge le temps d'attente.
  • Toutefois, les données actuelles ne nous autorisent pas à conclure qu'un retard à entreprendre la radiothérapie dans le cas du cancer du sein ou de tumeurs malignes à la tête et au cou fait nécessairement augmenter le risque de propagation du cancer à d'autres organes, ou le risque de décès.
  • Le traitement chirurgical ou la chimiothérapie sont souvent utilisés dans le cas du cancer du poumon pour réduire la taille de la tumeur, après quoi on fait appel à la radiothérapie. Toutefois, la tumeur croît souvent plus rapidement après un traitement partiel. Une fois le traitement initial entrepris, les temps d'attente pour les traitements suivants doivent donc être réduits au minimum.
  • Pour le cancer gastro-intestinal, l'attente entre la consultation d'un omnipraticien et la rencontre d'un spécialiste a été examinée. Des symptômes courants comme la difficulté à avaler et la perte de poids ne sont pas des prédicteurs suffisamment sûrs d'un cancer sous-jacent pour servir à l'établissement de points de repère fondés sur des faits pour le temps d'attente avant de voir un spécialiste ou de subir d'autres examens diagnostiques.
  • Toutefois, dans le cas du cancer gastro-intestinal, rien dans les données disponibles ne permet de croire qu'il y aurait un lien entre les retards courants dans l'établissement du diagnostic et des issues moins favorables.
  • Pour les cancers d'organes solides, rien ne permet de conclure à l'heure actuelle qu'il existerait un lien entre le temps d'attente avant d'être opéré et une issue moins favorable.

Points de repère nationaux ou internationaux

  • Selon les points de repère nationaux et internationaux pour les temps d'attente pour la radiothérapie, il est recommandé d'éviter tout retard inutile avant d'entreprendre le traitement. Ces points de repère reposent en grande partie sur l'avis clinique des experts.
  • Des points de repère proposés pour la radiothérapie, établis par l'Association canadienne des radio-oncologues (ACRO) et adoptés par l'Alliance canadienne pour les temps d'attente, sont conformes aux points de repère internationaux.
  • D'autres points de repère nationaux et internationaux pour le traitement du cancer vont de 1 à 4 semaines après le diagnostic de cancer. Ces points de repère sont fondés sur l'avis clinique des experts.

Messages à retenir

  • Les preuves scientifiques disponibles donnent à penser que les temps d'attente avant d'entreprendre la radiothérapie pour le traitement de tous les types de cancer devraient être réduits au minimum. Cette conclusion est conforme aux points de repère internationaux et canadiens proposés.
  • Dans le cas du cancer du poumon, une fois le traitement entrepris, tout autre retard dans la suite du traitement (p. ex. radiothérapie après la chirurgie ou la chimiothérapie) devrait être réduit au minimum.
  • À part ces deux indications, il ne semble pas exister à l'heure actuelle suffisamment de preuves scientifiques pour guider de façon raisonnable l'établissement de points de repère pour les temps d'attente avant le début du traitement de cancers particuliers, à n'importe quel stade du processus de soins. D'autres recherches seront nécessaires.