Agir et réagir face aux données probantes

Institut des services et des politiques de la santé des IRSC
Recueil de cas d'application des connaissances relatives à la recherche sur les services et les politiques de la santé

Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage
Indice de l'adresse 4809A
Ottawa (Ontario) K1A 0W9 Canada

© Sa Majesté la Reine du Chef du Canada (2006)
No de cat. : Mr21-71/2006
ISBN : 0-662-69591-7

Table des matières

Remerciements

L'Institut des services et des politiques de la santé (ISPS) des IRSC aimerait remercier les personnes suivantes qui ont généreusement consacré temps et connaissances à la création de son premier Recueil de cas d'application des connaissances.

  • L'équipe principale chargée de la mise en oeuvre du projet, notamment Michelle Gagnon pour la supervision et la direction du projet; Heidi Matkovich pour son étroite collaboration avec les auteurs des témoignages, les membres du conseil consultatif de l'Institut (CCI) et le personnel de rédaction du recueil; Leanne Moussa pour ses conseils en matière de communications stratégiques; Lori Greco et Liz Stirling pour leur expertise et soutien en application des connaissances; ainsi que Kim Gaudreau pour sa collaboration à la révision des résumés des témoignages.
  • Le comité de révision du recueil, notamment Irving Gold, Suzanne Lawson, Anne McFarlane et Laurence Thompson (président du comité) du Groupe de travail du CCI sur l'application des connaissances de l'ISPS, de même que Michèle O'Rouke et Heidi Matkovich, le personnel de l'ISPS, ainsi que Liz Stirling de la Direction de l'application des connaissances des IRSC qui ont révisé les résumés de cas.
  • Morris Barer, directeur scientifique, attaché à l'ISPS, Diane Watson, directrice associée de l'ISPS et Laurence Thompson, membre du Conseil consultatif de l'ISPS, pour leurs conseils et leur soutien.

Les points de vue exprimés dans ce rapport ne représentent pas nécessairement les opinions des Instituts de recherche en santé du Canada.

Mandat des IRSC

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé canadien. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à près de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé partout au Canada.

Mandat de l'ISPS

L'Institut des services et des politiques de la santé (ISPS) des IRSC s'engage à appuyer des initiatives en matière de recherche innovatrice, de renforcement des capacités et d'application des connaissances conçues pour améliorer l'organisation, la réglementation, la gestion, le financement, le paiement, l'utilisation et la prestation des services de soins de santé, dans le but d'améliorer la santé et la qualité de vie de toute la population canadienne.

Avant-propos

L'application des connaissances (AC) est un vaste concept, qui englobe toutes les étapes depuis la création de nouvelles connaissances et leur application jusqu'à la production de résultats avantageux pour la société. De bonnes stratégies d'AC peuvent inclure des initiatives de liaison et d'échange, de communication et d'éducation, de changement de politiques et d'amélioration de programmes et de pratiques.

Pour les IRSC, une AC réussie se définit comme l'échange, la synthèse et l'application éthique des connaissances - dans un ensemble complexe d'interactions entre chercheurs et utilisateurs - pour accélérer la concrétisation des avantages de la recherche pour les Canadiens, à savoir une meilleure santé, de meilleurs produits et services et un système de santé renforcé. La stratégie d'AC des IRSC repose essentiellement sur l'appui et la reconnaissance de l'excellence en matière d'AC et sur la présence des IRSC comme ressource pour l'AC au Canada.

Au début de 2005, l'Institut des services et des politiques de la santé des IRSC a lancé un appel visant à solliciter des résumés de cas d'AC qui présentaient des exemples réussis ou non de création en collaboration et d'utilisation pratique de données de recherche sur les services et politiques de la santé. Nous souhaitions favoriser et reconnaître les activités d'application des connaissances, ainsi que créer un moyen de diffuser et de partager des expériences d'AC.

Nous avons également voulu souligner l'incidence que pourraient avoir les résultats de recherche relatifs aux services et aux politiques de la santé sur la façon dont les changements sont apportés aux politiques et à la pratique. Les organismes de santé, les chercheurs et les décideurs s'intéressent de plus en plus aux expériences d'AC qui aident à mieux comprendre l'AC et ses pratiques exemplaires.

Nous avons invité des personnes, des équipes et des organismes du milieu des services et des politiques de la santé - plus précisément dans les domaines prioritaires nationaux de recherche et d'AC relevés dans le document À l'écoute IIFootnote 1 - afin qu'ils contribuent au présent recueilFootnote 2. Les cas ont été sélectionnés après l'examen des résumés soumis.

Ce recueil représente un vaste échantillon d'expériences, allant de la création préliminaire de partenariats en vue de l'application future des connaissances dans des collectivités autochtones jusqu'à l'utilisation de réseaux d'AC établis pour répondre rapidement à une collectivité en crise. On y retrouve des modèles d'AC largement acclamés, comme SEARCH Canada, PRISMA et l'équipe manitobaine Need to Know, mais le recueil souligne également les efforts déployés en vue d'établir de nouveaux types de partenariats : entre les chercheurs et les organismes communautaires, entre les chercheurs et les groupes de défense et entre de multiples partenaires et des courtiers et champions du savoir affectés à l'AC.

Les cas présentés dans ce recueil reposent sur l'expérience personnelle. Nous avons demandé aux auteurs d'admettre, en toute franchise, leurs réussites et leurs échecs et de raconter, à partir de leurs propres expériences, ce qui a fonctionné et ce qui a échoué, ainsi que les leçons qu'ils en ont tirées. Ce recueil ne se veut pas un substitut aux connaissances tirées de l'examen systématique des ouvrages de plus en plus nombreux portant sur l'AC. Cependant, bon nombre de ces cas véhiculent des thèmes communs, quant aux travaux sur l'AC dans le contexte canadien.

Enseignements tirés

  • L'application efficace des connaissances exige des relations durables à long terme. De telles relations sont rarement appuyées par les modèles et les mécanismes actuels de financement. Parmi certains des exemples les plus réussis d'AC, il y a la transformation de relations existantes en programmes subventionnés intégrant des objectifs d'AC. Toutefois, dans les premières étapes d'une initiative d'AC, les cycles de financement concurrentiels peuvent créer des délais irréalistes pour établir un climat de confiance et de compréhension, ainsi que des objectifs communs. C'est particulièrement le cas des activités dont les partenaires proviennent d'un milieu communautaire, qui peuvent exiger au début un important investissement en temps pour que chacun comprenne les nouveaux contextes, besoins et attentes.
  • Les activités d'AC sont nourries par des relations directes. Dans presque tous les cas présentés dans ce document, la réussite repose sur une certaine forme d'interactions directes entre les partenaires. Le contact personnel avec les praticiens est la forme d'AC la plus précieuse, surtout lorsqu'il s'agit d'initiatives de formation et d'éducation. Par contre, c'est là un des éléments d'une stratégie d'AC qui exige le plus de temps et d'argent et pour lequel les modèles de financement en place offrent peu de soutien.
  • On accorde souvent très peu d'importance à l'AC. Fréquemment, le soutien accordé à l'AC n'est guère plus qu'un engagement personnel à l'égard de la recherche, du changement des pratiques ou d'une communauté, et l'on sait très bien que ces activités ne seront probablement pas reconnues par les comités responsables des promotions et des mandats. Sans minimiser le besoin de changement dans ce domaine, il faut tout de même souligner que la synergie qui découle du travail en partenariat est un avantage qui peut combler les lacunes en ressources et offrir une « satisfaction professionnelle » moins tangible.
  • Employées seules, les activités d'AC ne sont souvent pas suffisantes pour induire un changement. L'AC doit se produire dans un climat organisationnel positif. Les partenaires décideurs doivent avoir un intérêt dans la recherche et être en mesure d'en absorber les résultats. Ils doivent comprendre l'incidence de ces données dans un environnement propre à la prise de décisions et être prêts à orchestrer un changement fondé sur des données probantes. La direction doit essentiellement se rallier au projet d'AC qui a été élaboré pour que les changements aux programmes et aux politiques prennent effet. Le renforcement des capacités individuelles en vue d'élaborer et d'utiliser des données de recherche est beaucoup plus rentable au sein d'une organisation qui favorise l'utilisation de ces données pour améliorer les pratiques et les programmes.
  • Le changement amorcé par les pairs joue un rôle majeur. Un élément organisationnel important dont il faut tenir compte, surtout pour les initiatives de formation et d'éducation, est le rôle que joue le changement amorcé par les pairs. Au moins trois des cas présentés dans ce recueil portent sur des activités qui font appel à des pairs respectés pour promouvoir l'adhésion aux données de recherche et leur utilisation pour influencer le changement des pratiques. À l'externe, les praticiens de première ligne peuvent également faire un essai indépendant des nouvelles pratiques fondées sur l'expérience clinique et en faciliter l'acceptation par le biais d'associations et de réseaux professionnels.
  • Les activités d'AC peuvent susciter trop d'enthousiasme. Dans un sens, il est encourageant de constater que les auteurs de deux cas présentés dans ce recueil ont dû conclure que les activités d'AC peuvent susciter trop d'enthousiasme. Les organismes partenaires peuvent donner suite aux conclusions d'une recherche de façon prématurée ou corriger d'emblée les problèmes identifiés avant la fin de la recherche nécessaire. Ces importantes leçons font ressortir que le niveau actuel d'AC au pays n'a pas encore atteint sa pleine maturité.

Nous espérons que ce recueil deviendra une ressource précieuse pour les diverses communautés de recherche sur les services et les politiques de santé au Canada. Bien que nous ayons l'intention de le faire suivre de nombreux autres efforts similaires pour illustrer l'application des données de recherche sur les services et les politiques de santé au Canada, ce recueil est un projet pilote qui sera évalué en fonction de son utilité comme source d'information sur l'application des connaissances. Vos commentaires sur son contenu, sa présentation, sa diffusion ou tout autre aspect de ce projet sont donc les bienvenus.

Morris Barer
Directeur scientifique
Institut des services et des politiques de la santé des IRSC

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