Sommaire
Introduction
Allocution de bienvenue et d'ouverture
Séances en plénière
Séances de travail en groupe
Séance d'intégration et de conclusions finales
Évaluation de l'atelier et prochaines étapes
Annexe 1 : Comité de planification
Annexe 2 : Participants à l'atelier
Annexe 3 : Ordre du jour de l'atelier
Annexe 4 : Notices biographieques des conférenciers des séances en plénière
Annexe 5 : Sommaire des séances de travail en groupe
Annexe 6 : Évaluation abrégée de l'atelier
Annexe 7 : Prochaines étapes
Des experts et des chercheurs canadiens et internationaux dans le domaine des vaccins se sont réunis à Ottawa le 31 août et le 1er septembre 2005 en vue d'étudier l'état actuel de la recherche et de faire des recommandations sur les priorités de recherche nationales qui permettront de renforcer les stratégies de prévention et de lutte contre l'influenza pandémique et interpandémique au Canada. L'événement a été parrainé et organisé par l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) et l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires, membre des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), en partenariat avec l'Association canadienne pour la recherche et l'évaluation en immunisation (CAIRE).
Des séances en plénière au cours desquelles des experts ont donné un aperçu des connaissances actuelles sur l'influenza étaient au programme de la rencontre. Le Dr Mark Loeb de la McMaster University a livré un exposé introductif sur l'influenza, qui a été suivi d'un résumé des stratégies actuelles de préparation à l'influenza pandémique et interpandémique (annuelle) et de lutte antigrippale donné par la Dre Theresa Tam de l'Agence de santé publique du Canada. Le Dr Fred Aoki, de l'Université du Manitoba, a traité des antiviraux dans la lutte contre l'iinfluenza et la Dre Susan Tamblyn a passé en revue les vaccins contre l'influenza. Le Dr David Scheifele, de l'Association canadienne pour la recherche et l'évaluation en immunisation (CAIRE), a résumé les activités de recherche sur l'influenza menées actuellement au Canada. Le Dr Ben Schwartz, des Centers for Disease Control and Prevention, a présenté l'optique des États-Unis au sujet de la recherche sur l'influenza et le Dr Klaus Stöhr, de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a examiné les stratégies et les activités internationales de recherche sur l'influenza.
Les participants se sont ensuite réunis en petits groupes pour déceler les principales lacunes sur le plan des connaissances et les recherches qu'il faudrait mener pour améliorer les stratégies de prévention et de lutte contre l'influenza. Les besoins en recherche ont été classés par ordre prioritaire et les trois à cinq priorités de chaque groupe de travail ont été combinées en dix secteurs de recherche prioritaires au cours de la séance d'intégration et de conclusions finales. Les secteurs prioritaires de recherche énoncés ci-après sont expliqués plus longuement dans le rapport final.
Secteurs de recherche prioritaires pour la prévention et la lutte contre l'influenza pandémique et annuelle
Caractérisation et écologie du virus de l'influenza
Il faut effectuer des recherches fondamentales (virologie, immunologie, biologie) sur les virus de l'influenza et les relations écologiques entre les virus animaux et les virus humains. Il faut recueillir plus d'information sur les sous-types d'influenza pour déterminer la nature et l'importance des réservoirs animaux et les facteurs qui interviennent dans la modification des virus et le développement de la virulence.
Transmission du virus de l'influenza
Il faut mieux comprendre les profils d'excrétion du virus grippal des personnes infectées et les moyens de transmission du virus aux contacts réceptifs.
Mesures préventives de santé publique
Il faut faire de la recherche en santé publique afin de déterminer si les interventions actuelles en santé publique visant à prévenir l'infection dans la collectivité et les établissements sont sûres et efficaces et à connaître la réaction des populations face à l'influenza et à la lutte contre cette maladie.
Amélioration des tests de diagnostic rapides
Étant donné qu'il y a peu de tests de diagnostic de l'influenza qui soient très exacts et rapides, il faut faire de la recherche dans ce domaine.
Prise en charge clinique des patients souffrant de l'influenza
Il faut mieux comprendre les meilleurs moyens d'assurer la prise en charge clinique et le traitement des patients souffrant de l'influenza, en particulier les plus atteints, et notamment trouver de nouvelles méthodes permettant de diagnostiquer l'influenza rapidement.
Mise au point et usage optimal des antiviraux
Il faut faire de la recherche sur la mise au point et l'usage des antiviraux dans le traitement des personnes souffrant de l'influenza et la prévention de l'infection. Il faut notamment étudier des approches nouvelles à l'égard des antiviraux existants et mener des recherches axées sur la mise au point et l'évaluation de nouveaux agents antiviraux.
Capacité de réaction du système de soins de santé
Il faut étudier la capacité de répondre rapidement et efficacement à une demande accrue de ressources au cours des épidémies d'influenza annuelles et de la prochaine pandémie.
Vaccins contre l'influenza plus efficaces et plus acceptables
Il faut mettre au point des vaccins plus efficaces utilisant des technologies nouvelles qui déclenchent une meilleure réaction immunitaire, assurent une protection plus durable et croisée et font appel à des méthodes d'administration autres que l'injection.
Programmes d'immunisation
Les différences entre les programmes de vaccination en vigueur dans l'ensemble du Canada permettent d'évaluer les diverses stratégies employées pour lutter contre l'influenza. Il faut recueillir des données en population en ce qui concerne la participation à la vaccination ainsi que l'efficacité et l'innocuité des vaccins contre l'influenza .
Préparation à la mise au point d'un vaccin contre l'influenza pandémique
Il est à prévoir que la préparation, l'analyse et l'évaluation d'un vaccin en cas de pandémie d'influenza soulèvera de nombreux écueils. Le Canada devra évaluer le vaccin contre l'influenza pandémique produit par son fabricant national.
Les participants ont évalué l'atelier à la fin des deux jours. Ils ont convenu, dans l'ensemble, qu'il était bon de chercher à établir un consensus sur les priorités de recherche et que les objectifs de l'atelier avaient été atteints, mais ils ont jugé que le travail d'élaboration des dix priorités venant en tête de liste n'était pas terminé. Le Comité de planification et les participants à l'atelier ont poursuivi le travail pour transformer les priorités en dix thèmes de recherche présentés dans ce rapport. Les conclusions seront communiquées aux organismes de financement et aux décideurs du Canada et des instances internationales. Des approches stratégiques à l'égard du financement des priorités de recherche sur l'influenza seront mises au point en 2006.
L'Atelier sur les priorités de la recherche sur l'influenza s'est tenu le 31 août et le 1er septembre 2005 à l'Hôtel Delta et suites à Ottawa (Ontario). L'événement a été parrainé et organisé par l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) et l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires, membre des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), en partenariat avec l'Association canadienne pour la recherche et l'évaluation en immunisation (CAIRE) et en collaboration avec un Comité de planification formé d'experts (annexe 1 : Comité de planification). Plus de 70 experts et chercheurs canadiens et internationaux dans le domaine des vaccins et de l'influenza se sont réunis (annexe 2 : Participants à l'atelier) en vue de faire des recommandations sur les priorités de recherche nationales qui permettront de renforcer les stratégies de prévention et de lutte contre l'influenza pandémique et interpandémique. L'atelier comprenait des séances en plénière au cours desquelles des experts ont donné un aperçu des connaissances actuelles sur l'influenza. Les séances en plénière étaient suivies de séances de travail en groupe portant sur des aspects particuliers de la recherche sur l'iinfluenza. Au cours des séances en groupe, les participants ont discuté des lacunes sur le plan des connaissances, des recherches qui permettraient de les combler ainsi que des infrastructures et des ressources qui font actuellement défaut. Ils ont établi par consensus un ordre de priorités et les trois à cinq priorités classées en tête de liste par chacun des groupes de travail ont été présentées en séance en plénière puis regroupées au cours de la séance d'intégration et de conclusions finales (annexe 3 : Ordre du jour de l'atelier). Ces débats ont permis de définir les dix priorités de la recherche qu'il faut mener pour renforcer la prévention et la lutte contre l'influenza pandémique et interpandémique.
M Alan Bernstein, président, Instituts de recherche en santé du Canada
M Bernstein a prononcé l'allocution de bienvenue et a remercié tous les participants, notamment les collègues des National Institutes of Health, des Centers for Disease Control and Prevention et de l'Organisation mondiale de la Santé, de leur présence. Il a indiqué qu'il était assez urgent de définir un programme de recherche échelonné dans le temps afin que l'on puisse définir le rôle que le Canada peut et doit jouer en matière de recherche sur l'influenza et faire des recommandations à l'Agence de santé publique du Canada, aux Instituts de recherche en santé du Canada et au gouvernement fédéral. Il a mentionné qu'il avait assisté récemment à une réunion des responsables des organismes de recherche internationaux (HIRO), portant notamment sur l'influenza.
Les participants se sont ensuite réunis en petits groupes pour déceler les principales lacunes sur le plan des connaissances et les recherches qu'il faudrait mener pour améliorer les stratégies de prévention et de lutte contre l'influenza. Les besoins en recherche ont été classés par ordre prioritaire et les trois à cinq priorités de chaque groupe de travail ont été combinées en dix secteurs de recherche prioritaires au cours de la séance d'intégration et de conclusions finales. Les secteurs prioritaires de recherche énoncés ci-après sont expliqués plus longuement dans le rapport final.
Caractérisation et écologie du virus de l'influenza
Il faut effectuer des recherches fondamentales (virologie, immunologie, biologie) sur les virus de l'influenza et les relations écologiques entre les virus animaux et les virus humains. Il faut recueillir plus d'information sur les sous-types d'influenza pour déterminer la nature et l'importance des réservoirs animaux et les facteurs qui interviennent dans la modification des virus et le développement de la virulence.
Transmission du virus de l'influenza
Il faut mieux comprendre les profils d'excrétion du virus grippal des personnes infectées et les moyens de transmission du virus aux contacts réceptifs.
Mesures préventives de santé publique
Il faut faire de la recherche en santé publique afin de déterminer si les interventions actuelles en santé publique visant à prévenir l'infection dans la collectivité et les établissements sont sûres et efficaces et à connaître la réaction des populations face à l'influenza et à la lutte contre cette maladie.
Amélioration des tests de diagnostic rapides
Étant donné qu'il y a peu de tests de diagnostic de l'influenza qui soient très exacts et rapides, il faut faire de la recherche dans ce domaine.
Prise en charge clinique des patients souffrant de l'influenza
Il faut mieux comprendre les meilleurs moyens d'assurer la prise en charge clinique et le traitement des patients souffrant de l'influenza, en particulier les plus atteints, et notamment trouver de nouvelles méthodes permettant de diagnostiquer l'influenza rapidement.
Mise au point et usage optimal des antiviraux
Il faut faire de la recherche sur la mise au point et l'usage des antiviraux dans le traitement des personnes souffrant de l'influenza et la prévention de l'infection. Il faut notamment étudier des approches nouvelles à l'égard des antiviraux existants et mener des recherches axées sur la mise au point et l'évaluation de nouveaux agents antiviraux.
Capacité de réaction du système de soins de santé
Il faut étudier la capacité de répondre rapidement et efficacement à une demande accrue de ressources au cours des épidémies d'influenza annuelles et de la prochaine pandémie.
Vaccins contre l'influenza plus efficaces et plus acceptables
Il faut mettre au point des vaccins plus efficaces utilisant des technologies nouvelles qui déclenchent une meilleure réaction immunitaire, assurent une protection plus durable et croisée et font appel à des méthodes d'administration autres que l'injection.
Programmes d'immunisation
Les différences entre les programmes de vaccination en vigueur dans l'ensemble du Canada permettent d'évaluer les diverses stratégies employées pour lutter contre l'influenza. Il faut recueillir des données en population en ce qui concerne la participation à la vaccination ainsi que l'efficacité et l'innocuité des vaccins contre l'influenza .
Préparation à la mise au point d'un vaccin contre l'influenza pandémique
Il est à prévoir que la préparation, l'analyse et l'évaluation d'un vaccin en cas de pandémie d'influenza soulèvera de nombreux écueils. Le Canada devra évaluer le vaccin contre l'influenza pandémique produit par son fabricant national.
Les participants ont évalué l'atelier à la fin des deux jours. Ils ont convenu, dans l'ensemble, qu'il était bon de chercher à établir un consensus sur les priorités de recherche et que les objectifs de l'atelier avaient été atteints, mais ils ont jugé que le travail d'élaboration des dix priorités venant en tête de liste n'était pas terminé. Le Comité de planification et les participants à l'atelier ont poursuivi le travail pour transformer les priorités en dix thèmes de recherche présentés dans ce rapport. Les conclusions seront communiquées aux organismes de financement et aux décideurs du Canada et des instances internationales. Des approches stratégiques à l'égard du financement des priorités de recherche sur l'influenza seront mises au point en 2006.
L'Atelier sur les priorités de la recherche sur l'influenza s'est tenu le 31 août et le 1er septembre 2005 à l'Hôtel Delta et suites à Ottawa (Ontario). L'événement a été parrainé et organisé par l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) et l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires, membre des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), en partenariat avec l'Association canadienne pour la recherche et l'évaluation en immunisation (CAIRE) et en collaboration avec un Comité de planification formé d'experts (annexe 1 : Comité de planification). Plus de 70 experts et chercheurs canadiens et internationaux dans le domaine des vaccins et de l'influenza se sont réunis (annexe 2 : Participants à l'atelier) en vue de faire des recommandations sur les priorités de recherche nationales qui permettront de renforcer les stratégies de prévention et de lutte contre l'influenza pandémique et interpandémique. L'atelier comprenait des séances en plénière au cours desquelles des experts ont donné un aperçu des connaissances actuelles sur l'influenza. Les séances en plénière étaient suivies de séances de travail en groupe portant sur des aspects particuliers de la recherche sur l'iinfluenza. Au cours des séances en groupe, les participants ont discuté des lacunes sur le plan des connaissances, des recherches qui permettraient de les combler ainsi que des infrastructures et des ressources qui font actuellement défaut. Ils ont établi par consensus un ordre de priorités et les trois à cinq priorités classées en tête de liste par chacun des groupes de travail ont été présentées en séance en plénière puis regroupées au cours de la séance d'intégration et de conclusions finales (annexe 3 : Ordre du jour de l'atelier). Ces débats ont permis de définir les dix priorités de la recherche qu'il faut mener pour renforcer la prévention et la lutte contre l'influenza pandémique et interpandémique.
M Alan Bernstein, président, Instituts de recherche en santé du Canada
M Bernstein a prononcé l'allocution de bienvenue et a remercié tous les participants, notamment les collègues des National Institutes of Health, des Centers for Disease Control and Prevention et de l'Organisation mondiale de la Santé, de leur présence. Il a indiqué qu'il était assez urgent de définir un programme de recherche échelonné dans le temps afin que l'on puisse définir le rôle que le Canada peut et doit jouer en matière de recherche sur l'influenza et faire des recommandations à l'Agence de santé publique du Canada, aux Instituts de recherche en santé du Canada et au gouvernement fédéral. Il a mentionné qu'il avait assisté récemment à une réunion des responsables des organismes de recherche internationaux (HIRO), portant notamment sur l'influenza.
Il a dit espérer que les participants établissent, au cours de l'atelier, un programme national de recherche sur l'influenza afin de lui permettre, au moment de sa prochaine rencontre avec ce groupe, de parler davantage du rôle du Canada et des collaborations qui pourraient s'établir entre les organismes de santé internationaux face à cette menace imminente.
Dre Arlene King, directrice, Division de l'immunisation et des infections respiratoires, Agence de santé publique du Canada
La Dre King a mentionné que cette rencontre avait été prévue à l'origine par le Comité sur la pandémie de l'influenza (CPI) en 2002, mais qu'elle avait été reportée à cause des épidémies de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2002-2003. Ironiquement, c'est la crise du SRAS qui a souligné la nécessité d'adopter une approche stratégique et coordonnée à l'égard de la recherche et de déceler les infrastructures qui doivent être examinées d'urgence avant la survenue d'une crise. Le Comité canadien d'immunisation (CCI) a affirmé que cet atelier allait de pair avec la composante globale de la recherche de la Stratégie nationale d'immunisation. Le Comité canadien d'immunisation et le Comité sur la pandémie de l'influenza examineront de près les priorités établies au cours de la réunion, qui permettront d'éclairer les chercheurs et les promoteurs de la recherche. En terminant, la Dre King a remercié le Comité de planification et le Secrétariat de la Division de l'immunisation et des infections respiratoires des nombreuses heures qu'ils avaient consacrées à la planification et à la préparation de l'atelier.
Coprésidents de l'atelier : Dre Theresa Tam, directrice associée, Division de l'immunisation et des infections respiratoires, Agence de santé publique du Canada et Dr David Scheifele, directeur, Alliance canadienne de recherche en immunisation et en épidémiologie
Les Drs Tam et Scheifele ont souligné l'importance de la recherche sur la prévention et la lutte contre l'influenza et ont rappelé que cette question clé de santé publique revêtait une importance cruciale à l'heure actuelle au Canada et dans le monde entier. Ils ont donné un aperçu des objectifs de l'atelier et ils ont invité les participants à y jouer un rôle actif, réitérant que la rencontre visait à établir un programme de recherche ciblé et à déceler les principales lacunes sur le plan de l'infrastructure au Canada.
Les conférenciers des séances en plénière (annexe 4 : Notices biographiques des conférenciers des séances en plénière) ont donné aux participants un aperçu des connaissances actuelles sur l'influenza tant au Canada qu'à l'échelle internationale, notamment en ce qui concerne les stratégies de prévention et de lutte contre l'influenza annuelle et pandémique. Les points saillants des exposés figurent ci-dessous.
Influenza 101Dr Mark Loeb, professeur agrégé, McMaster University
Le Dr Loeb a décrit le virus de l'influenza et son évolution au cours du siècle dernier. Le virus est fait d'ARN entouré d'une couche de phospholipides et de protéines. Deux protéines de surface, l'hémagglutinine (HA) et la neuraminidase (NA), doivent être présentes pour que les cellules hôtes soient infectées et sont utilisées cliniquement pour définir certains sous-types spécifiques d'influenza. Ainsi, dans le sous-type H5N1de l'influenza de type A, celui qui nous préoccupe actuellement parce que, selon certains experts, il pourrait déclencher la prochaine pandémie, H5 désigne la forme spécifique de HA et N1, la forme de NA. Les sous-types de H et de N découlent d'une dérive antigénique (mutations de l'ARN viral d'un sous-type) et/ou d'un saut antigénique (échange d'ARN viral entre des sous-types dans un hôte secondaire) et on croit qu'ils permettent à des virus qui infectent généralement des oiseaux d'infecter des humains, des porcs et d'autres animaux.
Le Dr Loeb a également effectué un survol de la communicabilité, de la pathogenèse et de l'épidémiologie de l'infection grippale chez les humains ainsi que de la réaction immunitaire à cette infection. Le virus de l'influenza semble se transmettre chez les humains principalement par des gouttelettes de salive projetées par la toux et les éternuements; il importe cependant de recueillir plus d'information sur les modes de transmission et l'efficacité de la lutte contre l'infection. Plusieurs populations à risque élevé ont été identifiées, notamment les personnes âgées, les personnes qui vivent dans des établissements de soins prolongés et celles qui souffrent de maladies cardiaques et pulmonaires; le Dr Loeb croit toutefois que cette liste devrait être réexaminée. La réponse immunitaire humaine est essentiellement propre à un sous-type, HA et NA étant les principaux antigènes reconnus. La réponse immunitaire à une autre protéine de surface, M2, n'est pas spécifique d'un sous-type, ce qui indique qu'une réponse vigoureuse à M2 assurerait une protection croisée contre différents sous-types. Malheureusement, la réponse immunitaire naturelle à M2 est faible.
En terminant, le Dr Loeb a mentionné qu'il fallait poursuivre la recherche afin de comprendre la génétique du virus et de l'hôte humain qui sous-tend la transmission et la pathogenèse de l'influenza, la transmission de l'influenza humaine et la propagation dans la collectivité, en particulier chez les enfants et les personnes vivant dans des établissements de soins de santé.
Dre Theresa Tam, directrice associée, Division de l'immunisation et des infections respiratoires, Agence de santé publique du Canada
La Dre Tam a traité des programmes et des stratégies de santé publique mis en oeuvre au Canada en vue de la prévention et de la lutte contre l'influenza annuelle. Les programmes de surveillance consistent à déceler la présence de virus dans des échantillons envoyés à certains laboratoires et à veiller à ce que les médecins et les établissements de soins prolongés déclarent régulièrement les symptômes grippaux. Des programmes d'immunisation ont également été établis et le Canada distribue plus de vaccins contre l'influenza par habitant que tout autre pays. Des programmes de surveillance de l'innocuité des vaccins et des programmes visant à guider et à informer les professionnels de la santé et la population ont été créés. La Dre Tam a mentionné que si l'on voulait mieux concevoir les programmes d'immunisation, il fallait faire de la recherche appliquée en santé publique portant sur la surveillance, l'innocuité et l'efficacité des vaccins, les attitudes de la population envers la vaccination, l'impact économique, la modélisation et la recherche fondamentale dans les domaines de la génomique, de l'immunologie et des nouveaux vaccins.
La Dre Tam a fait le point sur la pandémie appréhendée. Elle a indiqué que même si les pandémies d'influenza étaient difficiles à prévoir, la prochaine ne saurait tarder, selon la plupart des experts. La situation en Asie du Sud-Est montre qu'un virus grippal de type A (de souche H5N1 ou autre) pourrait déclencher une pandémie à brève échéance. Un aperçu du Plan canadien de lutte contre la pandémie d'influenza a été présenté. Le plan a été publié en 2004, et des mises à jour sont prévues en décembre 2005. La Dre Tam a mentionné que les connaissances sur la pandémie d'influenza n'étaient pas complètes. On ignore notamment s'il serait possible de contenir à la source un nouveau virus susceptible de donner lieu à une pandémie et on ne connaît pas non plus l'impact potentiel des fermetures d'écoles et de l'usage de masques sur la transmission de la maladie ni la nature de la logistique et des stratégies optimales en santé publique permettant de répondre à une pandémie.
Difficultés et avenues possibles de la lutte antigrippale - antivirauxDr Fred Aoki, professeur, Medicine Medical Microbiology and Pharmacology and Therapeutics, University of Manitoba
Le Dr Aoki a donné une vue d'ensemble des médicaments antigrippaux actuels et nouveaux et a fait état des lacunes dans les connaissances actuelles. Il existe deux classes d'antiviraux: les inhibiteurs de M2 (p. ex. l'amantadine) et les inhibiteurs de NA (p. ex. le zanamivir et l'oseltamivir). Les deux types de médicaments sont efficaces contre la plupart des sous-types d'influenza sauf le sous-type H5N1, qui est résistant à l'amantadine. Les inhibiteurs de NA diminuent de beaucoup les taux d'infection grippale, diminuent modérément la durée des symptômes grippaux, réduisent les taux d'hospitalisation et de mortalité et sont bien tolérés. Ils doivent être administrés dans les deux jours suivant l'apparition des symptômes grippaux, ce qui peut en restreindre l'usage. Les nouveaux antiviraux en cours de mise au point comprennent le resveratol, T-705 et des versions polymériques du zanamivir. Le Dr Aoki a cerné certaines lacunes sur le plan des connaissances: on ignore si les médecins et les autres professionnels de la santé ont les connaissances nécessaires pour administrer des antiviraux et si eux-mêmes et leurs patients respecteront les calendriers de traitement; on ne connaît pas non plus la biodisponibilité des médicaments chez les patients au stade critique de la maladie et chez les nourrissons de moins de un an, l'efficacité des médicaments chez les groupes à risque élevé et les personnes atteintes depuis plus de 48 heures, l'innocuité des antiviraux et leur capacité d'atténuer la gravité des maladies non respiratoires et le développement de la résistance aux antiviraux utilisés sur le terrain.
Difficultés et avenues possibles de la lutte antigrippale - vaccinsDre Susan Tamblyn, consultante en santé publique
La Dre Tamblyn a résumé les points forts du programme canadien de vaccination contre l'influenza. Quelques points saillants : le Canada a le taux de vaccination par habitant le plus élevé, notre programme est financé par le secteur public et administré dans le contexte de la santé publique, nous avons un stock sûr de vaccins annuels et nous veillons actuellement à ce que le Canada soit en mesure de produire des vaccins contre la pandémie. Malheureusement, les hôpitaux débordent toujours; des éclosions surviennent dans des écoles et des établissements de soins de santé; les vaccins sont souvent mal appariés et nous manquons d'information sur les répercussions et le rapport coût-efficacité de nos programmes de vaccination. La Dre Tamblyn a dit que nous devons améliorer à la fois le vaccin et les programmes de vaccination. Il faut trouver de nouveaux types de vaccins, de modes d'administration (voie orale ou intranasale plutôt que par injection) et de méthodes de fabrication (culture cellulaire plutôt que production dans des oeufs). Dans le cas des vaccins antipandémiques, il faudra mettre au point des stratégies permettant une utilisation parcimonieuse des doses, des essais cliniques rapides et des procédés de fabrication rapides et à grande échelle de vaccins. Différentes stratégies de vaccination sont en usage actuellement au Canada, soit l'approche traditionnelle fondée sur les groupes à risque élevé, les programmes fondés sur l'âge et la vaccination universelle. La vaccination des enfants d'âge scolaire en vue d'obtenir un avantage direct et indirect (immunité collective) représente une autre stratégie prometteuse envisagée aux États-Unis. La Dre Tamblyn a souligné la nécessité d'adopter une approche plus uniformisée et plus structurée à l'égard de l'évaluation de l'efficacité et des répercussions de nos programmes de vaccination et de la collecte des preuves nécessaires à la planification des programmes. Elle s'est dite d'avis que deux nouvelles initiatives, soit le Conseil consultatif de recherches du Comité canadien d'immunisation et l'Initiative canadienne sur les vaccins (réseau virtuel canadien proposé d'expertise scientifique issue d'organisations publiques et non gouvernementales et du secteur privé), permettront de mieux coordonner et de renforcer la recherche sur les vaccins au Canada.
Recherche nationale sur l'influenza : activités et lacunes actuellesDr David Scheifele, directeur, Vaccine Evaluation Centre, British Columbia Children's Hospital
Le Dr Scheifele a donné un aperçu de la recherche récente et actuelle sur l'influenza au Canada. La recherche en virologie, en immunologie et en mise au point de vaccins a été financée pour une bonne part par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Le financement accordé par les IRSC dans ces domaines a quintuplé entre 2000 et 2005, passant de 329 000 $ à 1,5 million $. La recherche financée porte notamment sur la modélisation de la lutte contre la maladie et l'étude du rôle des mutations virales dans la virulence. L'Agence de santé publique du Canada (ASPC) et les IRSC ont également demandé qu'on leur soumette des propositions de recherche visant à évaluer et à comparer le programme de vaccination universelle contre l'influenza de l'Ontario avec des programmes ciblés. La surveillance et l'analyse du virus de l'influenza par le Laboratoire national de microbiologie de l'ASPC, l'administration des réseaux de surveillance par la Division de l'immunisation et des infections respiratoires (ASPC) et la surveillance de l'influenza aviaire par l'Agence canadienne d'inspection des aliments sont également au nombre des initiatives financées par le gouvernement fédéral. La Colombie-Britannique et le Québec ont de solides programmes de recherche sur l'influenza, mais d'autres établissements disséminés dans l'ensemble du Canada font de la recherche dans le domaine. Certains membres de réseaux, comme le Réseau canadien pour l'élaboration de vaccins et d'immunothérapies contre le cancer et les infections virales chroniques (CANVAC) et l'Association canadienne pour la recherche et l'évaluation en immunisation (CAIRE), ont des centres d'essais, qui font de la recherche en vue de mettre au point et d'évaluer des vaccins antigrippaux. Il y a, dans l'ensemble, beaucoup d'expertise scientifique qui s'exerce dans une vaste gamme de contextes et de disciplines, mais un faible pourcentage de cette expertise est pleinement consacré à l'influenza. Selon le Dr Scheifele, il n'y a pas lieu de faire des changements draconiens, mais il faut néanmoins investir pour stabiliser les secteurs qui ont une importance stratégique et trouver des méthodes permettant de coordonner la recherche (p. ex. les demandes de propositions) et de donner une vue d'ensemble de la recherche actuelle sur l'influenza.
Stratégies et activités de recherche sur l'influenza dans le mondeDr Klaus Stöhr, coordinateur d'équipe, Département des maladies transmissibles, Surveillance et action, Programme mondial de lutte contre l'influenza, OMS
Le Dr Stöhr a souligné l'urgence de planifier, de préparer et de mener de la recherche afin de mieux répondre à la prochaine pandémie d'influenza. Ses commentaires portaient essentiellement sur le H5N1, mais ils s'appliquent à d'autres souches pandémiques susceptibles d'émerger. Il a indiqué que nous devons savoir si un réassortiment entre le H5N1 et les virus de l'influenza chez l'humain et le porc est possible et quel en serait le résultat, si la source et les voies de transmission de l'animal à l'humain peuvent être contrôlées et si les antiviraux et les vaccins contre le H5N1 peuvent être utilisés pour ralentir ou prévenir une pandémie. Il a ajouté que nous devons mieux connaître les effets cliniques de l'infection par le H5N1. Le Dr Stöhr a dit que, selon les estimations, les réserves actuelles d'antiviraux ne permettent de traiter que 2% de la population mondiale. La production d'un vaccin spécifique d'une souche exigerait, pour sa part, au moins un an selon les méthodes de production actuelles, et seulement 5% de la population mondiale aurait accès au vaccin. Il est donc essentiel de trouver les mesures non pharmaceutiques les plus efficaces pour ralentir la propagation de l'infection. Il est également essentiel de trouver des moyens d'utiliser les antigènes avec parcimonie et d'améliorer les méthodes de production des vaccins afin de renforcer la capacité de réaction pendant les éclosions annuelles et une éventuelle pandémie d'inflluenza. Un objectif de recherche à plus long terme mais très valable consisterait à mettre au point un vaccin antigrippal s'appliquant à plusieurs sous-types : bon nombre des problèmes liés à la capacité de réaction en seraient atténués. En terminant, le Dr Stöhr a affirmé que même si la recherche représente des coûts, celle qui sera faite maintenant sur l'influenza permettra de sauver un grand nombre de vies et d'économiser des sommes bien plus importantes plus tard.
Stratégies et travaux de recherche sur l'influenza aux États-UnisDr Ben Schwartz, National Vaccine Program Office, Centers for Disease Control and Prevention
Le Dr Schwartz a résumé certaines recherches sur l'influenza menées actuellement aux États-Unis. Le Department of Health and Human Services Agencies englobe plusieurs centres de recherche dont les National Institutes of Health Research (NIH), la Food and Drug Administration (FDA), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et l'Office of Public Health Emergency Preparedness. Les fonds accordés par les NIH pour la recherche fondamentale sur l'influenza et la mise au point de diagnostics, de vaccins et d'antiviraux a quintuplé au cours des quatre dernières années et elle devrait atteindre 119 millions $ US en 2005. L'infrastructure essentielle de la recherche comprend les unités actuelles de traitement vaccinal et d'évaluation des vaccins des NIH, par exemple les essais cliniques sur le vaccin contre la souche H5N1; le Thailand Emerging Infections Program des CDC, qui fait des études épidémiologiques et finance des études sur les épidémies en Tha#nde; le projet du génome de l'influenza du National Institute of Allergy and Infectious Diseases des NIH, qui a rendu publique la séquence de 300 isolats humains d'influenza et l'étude sur les modèles d'agents infectieux menée par le National Institute of General Medical Sciences des NIH dans le but d'aider les concepteurs de politiques en modélisant des épidémies réelles ou prévues. Cette étude a publié récemment des modèles de stratégies visant à contenir une épidémie d'une nouvelle souche grippale en Asie du Sud-Est.
Le Dr Schwartz a présenté aussi les grandes lignes de la recherche actuelle sur les vaccins qui vise à réduire la durée de production d'un vaccin antipandémique, à trouver des stratégies pour augmenter le nombre de doses produites grâce à des méthodes améliorées sans oeufs et avec adjuvants et à mettre au point des vaccins contenant des antigènes conservés qui pourraient être mis en réserve. La recherche sur les antiviraux visant à trouver des régimes de traitement pour les nourrissons et les personnes gravement malades et à mettre au point de nouveaux antiviraux se poursuit. En terminant, le Dr Schwartz a mentionné que la préparation à une pandémie d'influenza était une priorité pour le Department of Health and Human Services Agency et le gouvernement américain et que, à son avis, le budget alloué à ce secteur connaîtrait une hausse substantielle au cours de la prochaine année.
Dr Paul Gully, sous-administrateur en chef de la santé publique, Agence de santé publique du Canada
Le Dr Gully a indiqué que l'Agence de santé publique du Canada est heureuse d'avoir organisé et financé cet important atelier, en collaboration avec les IRSC et CAIRE. Il a remercié les conférenciers des séances en plénière d'avoir fait d'excellents sommaires de la recherche sur l'influenza et d'avoir souligné bon nombre des lacunes actuelles sur le plan des connaissances. Il a rappelé que le Canada était l'un des pionniers de la préparation en cas de pandémie et qu'aujourd'hui encore, malgré une plus grande sensibilisation de la population à la menace d'une pandémie d'influenza, peu de pays s'attardent aux mesures à prendre pour alléger ou éliminer le fardeau que représente l'influenza pour la santé humaine, la société et l'économie. Le Dr Gully a dit aux participants que leurs recommandations auraient un retentissement à la fois national et international. En terminant, il a dit espérer que les participants appliquent les connaissances acquises au cours de la rencontre à leur propre secteur de compétence.
Six séances de travail en groupe se sont tenues au cours de l'atelier. Trois séances se sont tenues simultanément la première journée et les trois autres, la deuxième journée. Les six séances de travail en groupe visaient à amener les experts à se concentrer sur certains aspects particuliers de la prévention et de la lutte contre l'influenza pandémique et interpandémique afin de dégager des priorités de recherche et des lacunes sur le plan de l'infrastructure et de la capacité d'intervention. Les six séances de travail en groupe ont porté sur les thèmes suivants :
Le Comité de planification a réparti les participants avec soin entre les divers groupes de travail. Chacun des groupes était formé d'experts dans le domaine étudié et de chercheurs ayant une expertise et des connaissances différentes. Les séances étaient dirigées par des modérateurs et bénéficiaient d'un rapporteur et d'un preneur de notes.
Au cours des séances de travail en groupe, les modérateurs ont fait un bref survol de haut niveau des lacunes sur le plan des connaissances, au Canada et à l'échelle internationale, dans un secteur particulier de la prévention et de la lutte contre la maladie en s'inspirant de l'interrogation « quelles sont les questions importantes sur le plan de la recherche qui demeurent sans réponse et sur lesquelles la recherche canadienne devrait se pencher dans ce domaine? » . Les participants ont pris part à une séance de rémue-méninges sur les priorités clés de la recherche en vue de réduire le fardeau de la maladie au Canada. Guidés par les modérateurs, ils ont choisi parmi cette liste, par consensus, les trois à cinq priorités de la recherche qui leur semblaient les plus importantes. Ils ont étudié plus à fond chacune des priorités en donnant des exemples d'activités de recherche et de lacunes sur le plan de l'infrastructure et de la capacité d'intervention qui existent à l'heure actuelle. Le groupe a assigné des critères et une justification à chaque priorité de recherche à l'aide d'une échelle de Likert en cinq points. Les critères et la justification étaient les suivants :
Les trois à cinq priorités clés de la recherche, les lacunes sur le plan de l'infrastructure et de la capacité d'intervention et les critères et justifications retenus par chacun des groupes de travail ont été présentés à l'ensemble des participants à l'atelier au cours des séances en plénière qui ont suivi (annexe 5: Sommaire des séances de travail en groupe).
Les défis que pose l'influenza dans la collectivitéModérateurs : Dr Ian Gemmill et Mme Karen Grimsrud
Ce groupe de travail a examiné la recherche sur le risque de maladie et l'évaluation des impacts ainsi que sur les stratégies de prévention et de lutte contre l'influenza dans la collectivité. Les sujets proposés pour la discussion comprenaient l'évaluation des facteurs épidémiologiques et des facteurs de risque, les répercussions économiques, la transmission de l'animal à l'humain, les interventions du système de soins de santé et les interventions en santé publique et en vaccination pour lutter contre l'influenza ou en restreindre la propagation.
Les défis que pose l'influenza dans le milieu des soins de santéModérateurs : M. Gary Garber et Dr Mark Loeb
Ce groupe de travail a discuté de la recherche en contexte clinique portant notamment sur le diagnostic, le traitement et la prise en charge des patients (autrement que par les antiviraux), la lutte contre l'infection, les soins ambulatoires, les interventions du système de soins de santé, les essais cliniques et d'autres aspects de la recherche clinique.
Les défis que pose l'influenza en recherche fondamentale ou appliquéeModérateurs : M. Guy Boivin et Dr Earl Brown
Le groupe a étudié la recherche fondamentale et appliquée sur l'influenza, notamment le diagnostic rapide, les modèles animaux, les facteurs de virulence, les corrélats de protection et la transmissibilité des virus grippaux animaux.
Optimiser les vaccins antigrippauxModérateurs : Dre Joanne Langley et M. Brian Ward
Ce groupe de travail a discuté des possibilités de recherche sur le vaccin antigrippal, notamment de la mise au point de nouveaux vaccins, de l'augmentation de l'immunogénicité et de l'efficacité des vaccins, des adjuvants et d'autres stratégies permettant une utilisation parcimonieuse des doses, de la prévision des souches vaccinales et de la vaccination des populations avant une pandémie (preuve de protection croisée).
Optimiser les programmes de vaccinationModérateurs : Drs Gaston De Serres et Susan Tamblyn
Ce groupe de travail a discuté de la recherche sur certains aspects du programme d'immunisation comme l'évaluation de l'efficacité du programme, les répercussions des programmes de vaccination sur la maladie, l'impact économique, l'innocuité des vaccins, l'éthique, les communications et l'opinion publique.
Optimiser l'utilisation d'antivirauxModérateur : Dr Todd Hatchette
Ce groupe de travail a discuté de la recherche sur les antiviraux et d'autres médicaments contre l'influenza, notamment sur les thérapies nouvelles, l'efficacité des antiviraux dans le traitement et la prophylaxie, l'innocuité des médicaments, la résistance aux médicaments, l'impact économique, l'éthique, les communications et l'opinion publique.
Animateurs : M. Lorne Babiuk et Dr Scott Halperin
Au cours de la séance d'intégration et de conclusions finales de la deuxième journée, la liste complète des priorités clés de la recherche fixées par l'ensemble des groupes de travail a été remise à tous les participants. La séance avait pour objet de raffiner le classement de ces priorités et de dresser la liste de celles qui avaient le plus d'importance à l'échelle nationale.
Au cours de la séance d'intégration et de conclusions finales, les participants à l'atelier ont, avec l'aide des animateurs, combiné les priorités clés définies dans les séances de travail en groupe en dix priorités de recherche et ils ont cerné les ressources ou l'infrastructure nouvelles nécessaires. Les intervenants, les clients et les bailleurs de fonds clés de cette recherche restent à déterminer.
À la fin de l'atelier, le Comité de planification et les participants à l'atelier ont parcouru ce rapport afin de compléter l'information et de situer les priorités dans leur contexte en se fondant sur les débats en groupe.
Les dix priorités de la recherche ne sont pas énoncées dans l'ordre.
Caractérisation et écologie du virus de l'influenzaContexte/justification
Beaucoup de travail reste encore à accomplir dans le domaine de la connaissance fondamentale des virus grippaux et des relations écologiques entre les virus animaux et humains. Des progrès rapides surviennent dans de nombreux domaines et pourraient être appliqués en ce qui concerne la prévention et la lutte contre la maladie.
Besoins clés en recherche
Pertinence
La recherche fondamentale fournit de l'information sur les situations pandémiques et interpandémiques et peut améliorer de façon générale la prévention et la lutte contre la maladie à l'échelle nationale et internationale. La recherche fondamentale sur l'influenza est un projet mondial auquel des chercheurs canadiens ont contribué grâce à des subventions. Elle est essentielle pour que la contribution aux efforts internationaux de préparation à la pandémie se poursuive.
Faisabilité/infrastructure requise
Peu de scientifiques canadiens sont actifs dans ce domaine de recherche, en partie parce que les chercheurs doivent avoir accès à des installations de confinement biologique de niveau 3 pour travailler avec des souches dangereuses comme le virus aviaire H5N1. Il n'existe que quelques installations de ce genre au Canada à cause des coûts élevés qu'elles entraînent et seules une ou deux peuvent accueillir des animaux infectés à des fins d'étude. Une autre installation majeure pouvant accueillir des animaux est en construction grâce à des fonds de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI).
D'autres défis attendent les chercheurs : accéder aux nouvelles souches virales et aux nouveaux réactifs de sources internationales et canadiennes, obtenir du soutien en bioinformatique et en statistique pour des études génomiques et établir des collaborations entre les disciplines (p. ex. virologie, immunologie, sciences vétérinaires, santé publique et collaborations entre les chercheurs cliniciens pour l'étude de la transmission des virus de l'animal à l'humain).
Il est essentiel de développer des capacités en recherche fondamentale et de former de nouveaux scientifiques. Il faut non seulement développer des ressources humaines, mais aussi partager des services de soutien essentiels, offrir des installations de laboratoire adéquates et collaborer à l'échelle internationale.
Transmission du virus de l'influenzaContexte/justification
Les profils d'excrétion du virus des personnes infectées et les voies de transmission aux contacts réceptifs sont mal compris à l'heure actuelle. Ces données sont essentielles pour prévenir la maladie et lutter contre l'infection.
Besoins clés en recherche
Pertinence
Ce domaine de recherche a été jugé urgent, car il s'applique aux périodes interpandémique et pandémique et à l'échelle mondiale. Il peut renforcer les efforts annuels de lutte, éclairer la planification de la pandémie et s'appliquer à d'autres infections respiratoires virales. Il s'agit d'un domaine essentiel, car la principale ligne de défense au cours d'une pandémie est la prévention de la transmission - nous devons en savoir davantage sur les modes de transmission afin de pouvoir adopter des mesures protectrices adéquates pour la population. Des chercheurs de l'étranger peuvent mener ce genre de recherches puisqu'il ne s'agit pas de problèmes particuliers au Canada.
Faisabilité/infrastructure requise
Ce genre de recherches a rarement été fait au Canada. Aucune étude financée par les IRSC n'a examiné l'excrétion et la transmission du virus de l'influenza, mais un projet majeur financé par l'organisme porte actuellement sur l'épidémiologie des infections respiratoires (y compris l'influenza) chez les personnes âgées. Des chercheurs canadiens peuvent, en collaboration avec des spécialistes des maladies infectieuses, de la santé publique et de la virologie, utiliser les méthodes de recherche permettant de décrire l'excrétion et la transmission du virus.
Contexte/justification
Il importe de mieux connaître les interventions « non pharmaceutiques » visant à réduire l'exposition à l'influenza et à éviter l'infection. En cas de pandémie, la majeure partie de la population ne pourra que s'efforcer d'éviter la maladie pour diminuer son risque d'infection puisque les stocks d'antiviraux seront limités et qu'un vaccin contre l'influenza pandémique tardera probablement à faire son arrivée. Il est particulièrement important d'instaurer des mesures permettant d'éviter la maladie dans les établissements de soins de santé, comme l'a montré l'expérience du SRAS.
Besoins clés en recherche
Pertinence
Ces recherches s'appliquent aux périodes interpandémique et pandémique et à l'échelle mondiale, mais les questions abordées ne sont pas particulières au Canada. Elles peuvent éclairer la planification de la pandémie et influer sur les efforts de lutte annuels. Les résultats pourraient déboucher rapidement sur la mise en oeuvre de mesures pour réduire le fardeau de la maladie et s'appliquer aussi à d'autre virus respiratoires. Il est urgent de les avoir en main, car ils portent sur la première ligne de défense contre l'influenza.
Faisabilité/infrastructure requise
Ce genre de recherches a rarement été fait au Canada. Aucune étude financée par les IRSC n'a examiné cet aspect de l'influenza. Les méthodes de recherche requises sont exigeantes et coûteuses. Il faut, en général, que des réseaux intégrés de chercheurs interdisciplinaires mènent, sur plusieurs saisons grippales, des études de cohorte importantes et prospectives, assorties d'interventions contrôlées et d'effets vérifiés en laboratoire. La modélisation mathématique offre une nouvelle avenue pour estimer les effets des interventions et le Canada a une certaine expertise en la matière (les IRSC ont financé une étude), mais il faut des données d'observation exactes pour construire des modèles. Les études d'intervention en milieu hospitalier sont plus faciles à réaliser que les études en population parce qu'elles peuvent tirer parti du personnel qui s'occupe déjà de la lutte contre l'infection.
Contexte/justification
Jusqu'à récemment, le diagnostic de l'influenza se faisait essentiellement au moyen d'une évaluation clinique et seul un faible pourcentage de cas étaient confirmés par culture virale ou analyses sérologiques. L'imprécision du diagnostic clinique a nui à la prise en charge de la maladie (p. ex. l'usage de médicaments antigrippaux) et a faussé les études épidémiologiques. L'accessibilité accrue des tests de diagnostic rapides permet de croire que la détection des virus, l'évaluation épidémiologique, la prise en charge des maladies, la mesure de l'efficacité des vaccins et l'épidémiologie de la maladie pourront s'améliorer, d'où l'importance à plusieurs points de vue d'en poursuivre l'élaboration et l'évaluation.
Besoins clés en recherche
Pertinence
Ces recherches s'appliquent aux périodes interpandémique et pandémique et à l'échelle nationale, mais les questions abordées ne sont pas particulières au Canada. Elles peuvent éclairer la planification en cas de pandémie et influer sur les stratégies et les évaluations annuelles. Les résultats pourraient être mis en oeuvre rapidement pour orienter la prise en charge des cas. Les participants à l'atelier estimaient que cette recherche était urgente et importante à plusieurs points de vue, car la technologie avancée permettrait de diagnostiquer à temps et avec plus d'exactitude l'influenza ou d'autres infections des voies respiratoires inférieures.
Faisabilité/infrastructure requise
Ce genre de recherches est facile à réaliser au Canada étant donné que l'infrastructure nécessaire à la recherche diagnostique appliquée, aux méthodes d'identification des virus en milieu hospitalier et à la gestion des études cliniques existe déjà. L'évaluation des tests exige une collaboration entre les chercheurs cliniciens (par exemple, un réseau de spécialistes des maladies infectieuses), les virologistes cliniciens et les chercheurs en services de santé. Les IRSC ont financé une étude sur le diagnostic de l'influenza faisant appel à la PCR.
Prise en charge clinique des patients souffrant de l'influenza
Contexte/justification
Dans une saison type, l'influenza frappe environ 20 % de la population canadienne et ne dure, dans la plupart des collectivités, que six à huit semaines. Par conséquent, un grand nombre de personnes tombent malades sur une courte période, ce qui pèse lourdement sur le système de soins de santé à tous les niveaux. Des milliers de personnes infectées meurent de complications liées à l'influenza. Une pandémie touchera une proportion bien plus grande de la population, entraînant à sa suite un grand nombre de maladies graves ou de décès.
Il existe certes des mesures de prévention (antiviraux, vaccins), mais elles s'adressent généralement aux plus vulnérables et elles offrent une protection incomplète. Une bonne prise en charge clinique des personnes souffrant de l'influenza, surtout les plus atteintes, est au coeur de la stratégie de lutte contre l'influenza.
Besoins clés en recherche
(Voir aussi : Mise au point et usage optimal des antiviraux et Capacité de réaction du système de soins de santé)
Pertinence
Ces recherches s'appliquent aux périodes interpandémique et pandémique et à l'échelle mondiale. Elles éclaireront la planification de la pandémie et influeront sur les efforts de lutte annuels. Les résultats pourraient être mis en oeuvre rapidement pour sauver des vies et alléger le fardeau imposé au système de soins de santé en abrégeant ou en évitant les hospitalisations. Les participants à l'atelier jugeaient ces recherches urgentes.
Faisabilité/infrastructure requise
Ce genre de recherches est facile à réaliser au Canada. Il faudrait, pour ce faire, officialiser et soutenir des réseaux émergents de chercheurs en soins primaires et en maladies infectieuses et les intégrer à des groupes d'experts en maladies respiratoires déjà financés par les IRSC. Aucune étude financée par les IRSC n'a porté directement sur cet aspect de l'influenza. L'accessibilité accrue, depuis peu, des tests de diagnostic rapides dans de nombreux centres de soins tertiaires a ouvert la voie à des études d'intervention bien conçues.
Contexte/justification
Plusieurs médicaments permettent de lutter contre les virus de l'influenza et d'éviter (prophylaxie) et de traiter l'infection. Le Canada se constitue actuellement une réserve importante d'antiviraux permettant d'atténuer les effets d'une infection pandémique jusqu'à l'arrivée d'un vaccin et même après. On craint que l'usage répandu de ces médicaments réduise son efficacité contre les souches aviaires et donne naissance à une souche résistante. Le traitement des cas graves ou complexes soulève bien des doutes.
Besoins clés en recherche
Pertinence
Ces recherches s'appliquent aux périodes interpandémique et pandémique et à l'échelle mondiale. Les résultats pourraient être mis en oeuvre rapidement pour améliorer l'état de santé des patients et freiner la propagation de la maladie. Ces recherches à caractère urgent contribueraient à l'utilisation optimale de l'investissement fédéral important dans le domaine des antiviraux.
Faisabilité/infrastructure requise
Ces recherches pourraient se faire au Canada si l'infrastructure était améliorée. Un nombre limité de chercheurs de plusieurs centres a mené des études sur des médicaments antigrippaux parrainées par l'industrie, créant ainsi un noyau d'expertise. Il faudrait créer et soutenir un réseau plus important de chercheurs en tirant profit de l'expertise de chercheurs en soins primaires, en maladies infectieuses et en santé publique et de virologistes cliniciens. Jusqu'ici, les IRSC n'ont pas financé d'essais de médicaments antigrippaux, mais ils ont financé la mise au point de tests sur la résistance aux médicaments. L'accroissement de la capacité d'évaluation des médicaments antigrippaux aurait pour effet d'intensifier la recherche sur de nouveaux agents parrainée par l'industrie au Canada. Le réseau d'évaluation des médicaments pourrait également examiner les préparations à base d'immunoglobuline ou les agents anti-inflammatoires, par exemple.
Contexte/justification
L'augmentation annuelle de l'utilisation des soins de santé pendant les éclosions d'influenza impose un lourd fardeau aux salles d'urgence et aux hôpitaux. Les programmes de prévention de la maladie réduisent la morbidité et les soins nécessaires, mais ils ne sont que partiellement efficaces, car la morbidité demeure importante. Au cours d'une pandémie, les exigences imposées aux établissements de soins de santé atteignent un niveau sans précédent. Il est donc essentiel, pour s'adapter à la situation, d'apprendre à augmenter la « capacité de réaction » du système de soins de santé.
Besoins clés en recherche
Pertinence
Ces recherches s'appliquent aux périodes interpandémique et pandémique et à l'échelle nationale. Elles peuvent influer sur les initiatives de lutte annuelles et éclairer la planification de la pandémie. Les résultats pourraient être mis en oeuvre rapidement pour mieux faire face au fardeau annuel de la maladie et s'appliqueraient également aux épidémies causées par d'autres maladies infectieuses. Les participants à l'atelier estimaient que cette recherche était urgente.
Faisabilité/infrastructure requise
Plusieurs groupes de chercheurs canadiens, dont aucun n'avait reçu de fonds spécifiques pour l'étude de l'influenza, ont fait de la recherche à petite échelle sur l'utilisation des soins de santé liés à l'influenza. Un meilleur accès à des bases de données administratives du système de soins de santé en vue de suivre l'utilisation des services assurés en consultation externe et à l'hôpital s'impose. L'utilisation croissante des tests de diagnostic rapides permettra de mieux reconnaître les cas d'influenza et leurs besoins spécifiques en soins de santé.
Contexte/justification
Les participants à l'atelier étaient conscients de l'efficacité limitée des vaccins antigrippaux trivalents « standard » , inactivés et produits dans des oeufs. Bien que les taux de protection soient de 70 à 90% chez les adultes en bonne santé lorsque les vaccins en circulation correspondent étroitement aux souches vaccinales, ceux des personnes les plus susceptibles de présenter des complications de la maladie (p. ex. les jeunes enfants, les personnes âgées) sont beaucoup plus bas. Les vaccins antigrippaux sont les moins efficaces parmi tous ceux qu'offrent actuellement les programmes publics. Le type de vaccin standard offrira une protection limitée contre une souche pandémique, notamment d'influenza aviaire, parce qu'il est difficile d'obtenir des réponses immunitaires (primaires) à un virus inconnu jusque-là. Pour répondre aux attentes croissantes de la population, il faut mettre au point des vaccins plus efficaces à l'aide de nouvelles technologies qui sont plus à même de déclencher une réaction immunitaire. Il serait donc souhaitable de trouver des solutions de rechange aux injections annuelles. Le virus est une cible mouvante et la souche vaccinale doit souvent être modifiée annuellement.
Besoins clés en recherche
Pertinence
Ces recherches s'appliquent aux périodes interpandémique et pandémique et à l'échelle mondiale. Elles sont particulièrement pertinentes pour le vaccin antigrippal produit au Canada et auquel le pays aurait recours en cas de pandémie. Les résultats pourraient être appliqués rapidement aux programmes annuels, ce qui aurait pour effet d'en améliorer l'efficacité et d'inciter la population à y participer davantage.
Faisabilité/infrastructure requise
Ce type de recherches est facile à faire au Canada, car ce pays est un des seuls à compter un fabricant national de vaccin antigrippal (ID Biomedical). Le gouvernement fédéral a établi une relation de travail avec cette entreprise dans le cadre des préparatifs en cas de pandémie. L'entreprise développe actuellement de nouvelles technologies prometteuses en matière de vaccin antigrippal et elle pourrait être incitée à évaluer, de concert avec d'autres entreprises innovatrices canadiennes, d'autres options permettant d'améliorer l'efficacité des vaccins, notamment des stratégies adjuvantes. Les IRSC ont financé une étude sur des vaccins sans aiguilles contre des virus respiratoires, notamment celui de l'influenza. Le Canada est en mesure de développer et de tester de nouveaux vaccins chez des modèles animaux de l'infection. Il possède également un certain nombre de centres spécialisés d'évaluation des vaccins qui devront être mis à contribution pour l'analyse de nouveaux vaccins candidats chez l'humain. Ces centres collaborent actuellement à un réseau en expansion, mais nous devrons soutenir l'infrastructure si nous voulons disposer d'un réseau pleinement fonctionnel au moment voulu. Le Canada compte un certain nombre de spécialistes en immunologie de l'influenza et il faudra faire appel à leur expertise pour évaluer les réactions à de nouveaux produits et mettre au point des tests standardisés. Bref, le Canada possède tous les éléments requis pour poursuivre la recherche dans ce domaine important, mais il faudra investir dans l'infrastructure.
Contexte/justification
On a rappelé aux participants que le Canada est un leader mondial pour ce qui est de l'utilisation annuelle du vaccin antigrippal par habitant. De plus, l'Ontario est un leader mondial pour ce qui est d'offrir le vaccin antigrippal à tous ses résidents (programme universel), tandis que d'autres provinces ciblent les groupes qui présentent le plus de risques de complications et ont des stratégies d'administration différentes. Le Canada devrait donc logiquement être un leader mondial de l'évaluation de l'efficacité des programmes annuels de lutte contre l'influenza, mais il n'en est rien, car l'évaluation des programmes laisse à désirer. Deux demandes de propositions ont invité récemment les chercheurs à comparer l'efficacité du programme d'immunisation universel de l'Ontario aux programmes ciblés instaurés dans d'autres provinces ou dans des pays comparables.
Besoins clés en recherche
Pertinence
Ces recherches s'appliquent aux périodes interpandémique et pandémique et à l'échelle mondiale. Les résultats pourraient être mis en oeuvre rapidement pour rendre le programme plus efficace et alléger le fardeau de la maladie. Les participants à l'atelier jugeaient ces recherches urgentes.
Faisabilité/infrastructure requise
Le Canada est en très bonne posture pour mesurer l'efficacité de ses programmes de vaccination antigrippale ciblés et universels, qui sont très populaires. L'infrastructure nécessaire doit cependant être grandement développée.
La capacité de constituer et de relier des bases de données administratives ou des registres au niveau individuel constitue le principal défi de l'évaluation des programmes d'immunisation contre l'influenza (ou de tout autre programme d'immunisation). Aucune méthode fiable ou uniforme ne permet actuellement de recueillir des données cliniques ou de l'information sur l'état vaccinal individuel, comme les résultats cliniques. Les registres électroniques d'immunisation provinciaux fourniront des données sur l'état vaccinal, mais ils n'ont pas été instaurés dans l'ensemble du Canada pour l'instant. L'accessibilité croissante des tests de diagnostic rapides facilitera la collecte de données cliniques sur les contacts des malades hospitalisés. Certaines provinces peuvent actuellement coupler les données nécessaires, mais le processus est lent. Les comparaisons à l'échelle de la collectivité des effets de divers programmes représentent une option réalisable, mais elles n'ont pas été tentées au Canada. En général, les services de santé publique manquent de personnel et sont mal préparés à faire des études d'évaluation, ce qui explique la rareté de ces études jusqu'à maintenant. Il est essentiel d'investir dans le développement de cette capacité, car ces programmes publics devraient être constamment évalués et améliorés. Les IRSC ont financé une étude sur l'impact de l'influenza chez les femmes enceintes.
Préparation à la mise au point d'un vaccin contre l'influenza pandémiqueContexte/justification
Le Canada devra évaluer le vaccin contre l'influenza pandémique produit par son fabricant national. La préparation, l'analyse et l'évaluation d'un vaccin dans le contexte d'une pandémie soulèvent de nombreuses difficultés. Il vaut mieux les prévoir le plus possible et y trouver des solutions afin d'épargner du temps et d'éviter des erreurs pendant une épidémie.
Besoins clés en recherche
Pertinence
Ces recherches sont essentielles à la sécurité du Canada, car nous devons être prêts à évaluer le produit national sur lequel le pays comptera. Grâce à des préparatifs efficaces, le vaccin sera libéré pour usage général en très peu de temps. L'analyse des prototypes de vaccins (comme le vaccin contre l'influenza aviaire H5N1) avant une pandémie permettra de mieux saisir l'innocuité, la posologie et la formulation et de réduire ainsi le risque de difficultés imprévues et de retards. Les participants ont jugé que cette recherche était urgente et hautement prioritaire.
Faisabilité/infrastructure requise
L'Agence de santé publique du Canada a chargé le fabricant national d'assurer un stock de vaccins pendant une pandémie et de produire et d'évaluer un prototype de vaccin contre l'influenza aviaire H5N1. Un réseau de centres d'évaluation des vaccins comprenant des spécialistes de l'évaluation des réponses immunitaires à l'influenza doit être créé afin de faciliter les essais cliniques maintenant et plus tard. Il faut faire une planification importante afin de réduire le temps de réponse aux essais cliniques. Cette planification doit inclure notamment l'approbation préalable des protocoles détaillés par l'organisme de réglementation et le comité d'éthique de la recherche des centres participants, la négociation des contrats entre le promoteur des essais et les centres, la formation du personnel clé et l'établissement de méthodes fiables pour la gestion des données et de la logistique. Les plans doivent aussi prévoir des essais de phase 1 et 2 avant l'approbation des vaccins et des études de phase 4 pendant l'utilisation (afin d'évaluer l'innocuité et l'efficacité). Pour ces dernières, il faut avoir accès à des bases de données sur les soins de santé et tenir compte de la protection des renseignements personnels. La création de cette infrastructure permettra également aux chercheurs canadiens d'évaluer d'autres vaccins d'importance stratégique ou économique.
Dr David Scheifele, directeur, Alliance canadienne de recherche en immunisation et en épidémiologie
Le Dr Scheifele a indiqué qu'il faudra tenir des rencontres de suivi pour se pencher sur les lacunes liées à l'infrastructure et sur la faisabilité des recherches énoncées dans chacun des secteurs prioritaires. Il sera important de cerner les recherches qui tablent sur les points forts du milieu de la recherche canadien. Les recherches menées dans d'autres pays seront prises en compte afin d'éviter les chevauchements. Il faudra également constituer un répertoire de l'information touchant la recherche actuelle sur l'influenza. Le Dr Sheifele a mentionné que l'Initiative canadienne sur les vaccins pourrait jouer un rôle dans la création de ce répertoire. Il a ensuite mis fin à l'atelier en remerciant les participants de leurs contributions.
Les participants ont évalué l'atelier à la fin des deux jours. Dans l'ensemble, ils ont convenu qu'il y avait lieu de chercher à établir un consensus sur les priorités de la recherche et que les objectifs de l'atelier avaient été atteints, mais ils ont jugé que l'établissement des dix priorités figurant en tête de liste n'était pas terminé (annexe 6 : Évaluation abrégée de l'atelier). Le Comité de planification de l'atelier et les participants ont poursuivi le travail pour transformer les priorités en dix thèmes de recherche présentés dans ce rapport final. Les conclusions seront ensuite communiquées aux organismes de financement et aux décideurs au Canada et des instances internationales (annexe 7 : Prochaines étapes). Des approches stratégiques à l'égard du financement des priorités de la recherche sur l'influenza seront mises au point et examinées plus à fond en 2006.
Annexe 1 : Comité de planification
Annexe 2 : Participants à l'atelier
Annexe 3 : Ordre du jour de l'atelier
Annexe 4 : Notices biographieques des conférenciers des séances en plénière
Annexe 5 : Sommaire des séances de travail en groupe
Annexe 6 : Évaluation abrégée de l'atelier
Annexe 7 : Prochaines étapes