L'an 5 - Rapport du Comité d'examen international, 2000-2005

Annexe 1 : Rapports individuels sur les instituts et leur recherche financée dans le cadre des concours ouverts

[ Table des matières ]


Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite (IALA)
Institut du cancer (IC)
Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents (IDSEA)
Institut de génétique (IG)
Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII)
Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies (INSMT)
Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète (INMD)
Institut de la santé des Autochtones (ISA)
Institut de la santé circulatoire et respiratoire (ISCR)
Institut de la santé des femmes et des hommes (ISHF)
Institut de la santé publique et des populations (ISPP)
Institut des services et des politiques de la santé (ISPS)
Institut du vieillissement (IV)



Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite (IALA)

Ampleur de la recherche dans ce domaine

Mandat de l'Institut : La vision de l'IALA est de maintenir la santé et d'améliorer la qualité de vie en supprimant la douleur, la souffrance et l'invalidité causées par l'arthrite, les maladies de l'appareil locomoteur, de la bouche et de la peau.

État de ce domaine de recherche en santé au Canada

Impression générale :

  • Cet Institut a donné une bonne impression générale au CEI.

Principales forces :

  • Partenariats productifs avec d'autres organisations et l'industrie;
  • Intégration de représentants du milieu de la recherche;
  • Excellence;
  • Structure administrative dans laquelle le directeur adjoint est en poste à Ottawa (préserve la mémoire organisationnelle lorsque le directeur scientifique termine son mandat);
  • Conception de nouveaux programmes qui 1) stimulent la recherche sur les services de santé, 2) couvrent les quatre domaines, 3) s'adressent à divers milieux de recherche;
  • Mécanisme de transfert des connaissances (TC) en place (prévention en santé buccodentaire);
  • Plan stratégique à court et à long terme qui définit des approches pour atteindre les objectifs.

Principales faiblesses :

  • Remplacement des directeurs scientifiques et des membres de leurs CCI;
  • Communications avec les autres instituts et le milieu de la recherche (p. ex. complexité du site Web des IRSC);
  • Problèmes de recrutement des comités d'examen par les pairs affiliés à des milieux de recherche de taille modeste, en raison de nombreux conflits d'intérêts et de cas d'épuisement professionnel;
  • Les activités dans chaque domaine principal ne sont pas assez nombreuses;
  • Manque de clarté des liens entre les programmes de financement.

Idées pour une stratégie future dans ce secteur de recherche :

  • Mieux définir les objectifs;
  • Établir des mesures du succès (rôle des IRSC);
  • Accomplir des réalisations et atteindre les objectifs;
  • Évaluer la valeur scientifique;
  • Inclure la perspective démographique;
  • Clarifier les liens avec les autres sources de financement;
  • Améliorer le transfert de connaissances à la collectivité;
  • Améliorer le processus d'examen;
  • Développer les capacités de formation et les possibilités de cheminements professionnels.

Caractéristiques transformatrices de ce domaine de recherche en santé

Des progrès considérables ont été accomplis dans l'élargissement de cette discipline, surtout par rapport aux affections de la peau, à la santé buccodentaire et à la réadaptation, et des efforts considérables ont été investis dans l'intégration de la recherche effectuée dans les quatre domaines principaux. L'Institut est actif dans le transfert des connaissances et dans l'intégration du TC, bien que les mesures du succès en TC soient mal définies. Il faut développer le volet éthique.

État des systèmes de concours ouverts et ciblés dans ce domaine de recherche en santé

Seuls quelques changements mineurs sont nécessaires ici, mais des préoccupations ont été soulevées quant aux difficultés du processus d'examen par les pairs qui est clairement surchargé.

Situation de l'Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite (IALA)

Dans l'ensemble, cet Institut a offert un rendement élevé. Des possibilités se présenteront d'élargir le volet application des connaissances et d'étendre les partenariats avec l'industrie et d'autres organisations. Les programmes de formation pourraient être développés davantage et la capacité dans certains secteurs spécialisés doit être renforcée. Le programme d'éthique aurait aussi besoin d'être développé. En général, cependant, l'Institut a fait très bonne impression sur le CEI.

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Institut du cancer (IC)

Ampleur de la recherche dans ce domaine

Mandat de l'Institut : Appuyer la recherche visant à réduire l'incidence du cancer sur les personnes et les familles par des stratégies de prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les systèmes de soutien psychosocial et les soins palliatifs.

Les fonds de recherche dans ce domaine se répartissent actuellement de la façon suivante entre les quatre domaines principaux : 90/5/2.5/2.5. Cependant, des efforts louables sont faits pour stimuler la recherche dans les domaines deux à quatre (p. ex. soins palliatifs, banques de tumeurs, initiative sur les listes d'attente et études de cohorte proposées).

État de ce domaine de recherche en santé au Canada

Se fondant sur leurs connaissances personnelles et l'échantillon de publications de l'année 2004 mis à leur disposition, les membres du CEI ont eu une bonne impression générale de la recherche sur le cancer au Canada. La recherche fondamentale en biologie cellulaire et moléculaire est vigoureuse, mais les études épidémiologiques et la recherche en santé des populations semblent de moindre qualité qu'ailleurs dans le monde. L'activité en matière d'essais cliniques, quoi que peu documentée, semble modérément vigoureuse; nous avons appris que cette activité est surtout financée par l'Institut national du cancer du Canada (INCC). L'IC a des projets pour stimuler la recherche démographique et épidémiologique (p. ex. avec une vaste étude de cohorte), mais nous n'avons pas été en mesure d'évaluer ces projets. Une étude d'envergure adéquate sera très dispendieuse.

Caractéristiques transformatrices de ce domaine de recherche en santé

Des efforts louables sont faits pour élargir l'éventail des disciplines d'étude (voir plus haut). Ces efforts n'ont pas eu grand impact jusqu'ici en raison du manque de ressources. Le même commentaire s'applique à l'intégration de la recherche effectuée dans les divers domaines.

En matière de priorités de recherche stratégique, l'IC a dirigé plusieurs initiatives productives touchant aux soins palliatifs et à l'infrastructure (p. ex. banque de tumeurs et bourses de formation). Des occasions importantes pourraient résulter de la coordination des plans stratégiques de l'IC-IRSC avec ceux de l'INCC et, en particulier, de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI).

L'activité dans le domaine du transfert des connaissances (TC) et son intégration au programme de l'Institut sont très en deçà du niveau optimal, mais l'IC a contribué à la création de l'Alliance canadienne de recherche sur le cancer (ACRC). En général, l'IC ne perçoit pas le TC comme une priorité car d'autres s'en occupent; il croit cependant que des occasions pourraient découler d'un rapprochement avec le ministre de l'Industrie et d'une hausse du budget de commercialisation des médicaments et des outils de diagnostic.

Bien que l'IC se soit peu mêlé d'éthique jusqu'à maintenant, il a commencé à discuter de la création d'un conseil d'éthique pour les essais cliniques et les dimensions éthiques des études sur le papillomavirus. Cela résulte peut-être du fait que l'éthique est mieux servie comme fonction centrale des IRSC, à laquelle chaque institut apporte sa contribution spéciale.

État des systèmes de concours ouverts et ciblés dans ce domaine de recherche en santé

Le CEI n'a pratiquement pas trouvé de relation fonctionnelle entre l'IC et les concours ouverts offrant des fonds pour le cancer. Cela semble une des principales faiblesses de la structure des IRSC. Le comité recommande de créer des liens entre les deux structures, car il croit ainsi que l'IC pourrait avoir une influence plus directe sur l'examen des projets soumis aux concours ouverts.

État des systèmes de formation dans ce domaine de recherche en santé

Les structures de formation des jeunes chercheurs semblent très bien remplir leur rôle. Le CEI n'a cependant pas discuté spécifiquement des cheminements de formation possibles en recherche clinique. Comme dans la plupart des pays, le soutien professionnel n'est pas aussi bien défini en mi-carrière qu'en début. Il faudra peut-être accorder plus d'attention à cet aspect pour pouvoir retenir les meilleurs jeunes chercheurs au Canada. Les quatre jeunes chercheurs que nous avons interrogés ont parlé de façon élogieuse du soutien offert par les IRSC dans l'organisation de réunions de jeunes chercheurs entre l'Institut de génétique et d'autres instituts.

Le CEI s'est aussi inquiété du décalage entre les grands investissements en capital (p. ex. de la FCI) et les bourses de formation/fonctionnement. Il semble qu'un meilleur alignement pourrait améliorer la structure de formation.

Situation de l'Institut du cancer (IC)

L'Institut compte plusieurs grandes réalisations à son actif : vaste processus de consultation pour déterminer ses priorités; financement de 22 bourses de formation; et initiatives stratégiques dans les domaines deux, trois et quatre (décrites plus haut). La biologie cellulaire et moléculaire constitue de loin le domaine de recherche le plus actif dans l'étude du cancer au Canada. Reconnaissant ces forces et la nécessité de développer les capacités dans d'autres secteurs, l'Institut s'est concentré sur les domaines deux à quatre. C'est peut-être ce qui explique pourquoi l'IC semble un peu déconnecté de la majeure partie du milieu de la recherche sur le cancer. Cependant, le comité a conclu que l'Institut apporte une contribution efficace et qu'il devrait être encouragé à réaliser ses projets actuels.

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Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents (IDSEA)

Ampleur de la recherche dans ce domaine

Mandat de l'Institut : Appuyer la recherche visant à améliorer la santé de la mère, de l'enfant et de l'adolescent et à étudier les causes, la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les besoins de soutien à long et à court terme et les soins palliatifs en ce qui a trait à une vaste gamme d'ennuis de santé liés à la reproduction, au développement de la petite enfance, à l'enfance et à l'adolescence (nota : ce mandat est extrêmement vaste et sa réalisation exige de collaborer avec d'autres instituts).

État de ce domaine de recherche en santé au Canada

La situation générale dans ce domaine est bonne. Le Canada est un chef de file international dans de nombreux secteurs importants de ce champ de recherche, notamment l'influence du développement sur la santé et la maladie, les neurosciences du développement, le développement de l'enfant, les déterminants sociaux de la santé de l'enfant et les études épidémiologiques couvrant toute la vie des sujets.

La recherche multidisciplinaire est déjà très développée dans ce secteur grâce à l'apport initial de l'Institut canadien de recherches avancées (Fraser Mustard) et au travail actuel de groupes provinciaux et de l'IDSEA. Toutefois, l'abondance de vastes recherches multidisciplinaires comporte le défi de maintenir et d'approfondir le niveau de la recherche et de veiller à ce que la production de nouvelles connaissances soutienne la prise de décisions au niveau fédéral et provincial, non seulement en santé, mais aussi en éducation et dans d'autres domaines. Pour relever ce défi, il faudra remettre en question les liens traditionnels (p. ex. IRSC et santé). L'Institut a désigné de nouveaux champs stratégiques pour renforcer la recherche dans le secteur (voir commentaires ci-dessous sur les lacunes de la recherche), mais nous avons noté le manque de données démographiques dans l'établissement des priorités.

Les provinces plus avancées que les autres (C.-B., Manitoba, Québec) sont aussi celles qui disposent de puissantes bases de données démographiques pour appuyer la recherche dans ce secteur. La nécessité de se doter de meilleures données démographiques est commune à l'ensemble du Canada, non seulement dans ce secteur mais aussi dans tous les secteurs liés à la santé, à la démographie et à divers groupes de facteurs de risque. La recherche dans les domaines deux, trois et quatre doit être mieux soutenue.

Caractéristiques transformatrices de ce domaine de recherche en santé

L'Institut encourage la collaboration entre les disciplines et finance la recherche dans les domaines trois et quatre, ce qui aurait été très difficile dans la structure antérieure. Un nouveau comité d'examen par les pairs sur la santé de l'enfant travaille efficacement à combler les lacunes et donne aux chercheurs l'assurance que leurs demandes sont examinées adéquatement. Les scientifiques en recherche fondamentale et en sciences humaines semblent très emballés par les possibilités qui découlent de ces nouvelles collaborations pour leurs recherches.

L'IDSEA a lancé des initiatives novatrices comme le programme des nouveaux chercheurs, en collaboration avec la Fondation SickKids, et le programme de subventions de démarrage pour nouveaux chercheurs principaux. L'Institut a mis sur pied des partenariats avec des organismes du Canada et de l'étranger et avec d'autres instituts des IRSC (p. ex. appel de demandes sur l'obésité et l'asthme). Ses projets d'appels de demandes avec l'Institut de la santé des Autochtones des IRSC et l'agence de santé autochtone et inuite s'inscrivent dans cette nouvelle approche.

L'appel de demandes dans le domaine de l'asthme et de la qualité de l'air intègre de nouvelles méthodes d'application des connaissances comportant la participation financière des utilisateurs finals, des décideurs et des groupes communautaires (p. ex. organismes de réglementation) aux appels de demandes, pour que ceux-ci soient intéressés à utiliser les résultats des projets. L'appel de demandes en partenariat avec la Société canadienne de pédiatrie, qui vise à savoir si les pédiatres suivent les directives en matière de traitement et pour quelle raison, constitue un excellent exemple de recherche en transfert des connaissances (TC).

État des systèmes de concours ouverts et ciblés dans ce domaine de recherche en santé

L'IDSEA participe actuellement aux concours ouverts par le biais de son nouveau programme pour la recherche en santé des enfants et de ses subventions de démarrage pour les nouveaux chercheurs principaux. Ces subventions financent des projets ayant une cote supérieure à 3,5 mais inférieure au seuil de financement afin de donner plus de chances aux nouveaux chercheurs dans ce secteur. De plus, l'Institut a créé un comité d'examen par les pairs sur la santé des enfants afin de garantir une évaluation équitable des demandes dans ce secteur et l'engagement financier des IRSC.

État des systèmes de formation dans ce domaine de recherche en santé

La formation dans ce secteur de la recherche en santé a été jugée acceptable. L'Institut est préoccupé par la répartition du soutien aux cliniciens-chercheurs entre le gouvernement fédéral, pour la recherche, et les gouvernements provinciaux, pour le volet clinique. Cela est source de conflit, car les IRSC ne peuvent engager de cliniciens pour faire de la recherche alors qu’ils pourraient, par exemple, embaucher du personnel enseignant. Il faudrait insister davantage sur la formation des chercheurs à mi-carrière aux IRSC. La possibilité d'offrir de la formation et du soutien dans le cadre des collaborations multidisciplinaires devrait être explorée.

Situation de l'Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents (IDSEA) et recommandations

L'Institut est productif dans les quatre domaines de recherche du mandat des IRSC, comme en témoigne la collaboration accrue entre les disciplines, qui fait le bonheur des nombreux jeunes scientifiques que nous avons interrogés. L'IDSEA devrait être encouragé à poursuivre sur sa lancée. Par ailleurs, nous avons noté que les anomalies congénitales et leur prévention étaient des secteurs plutôt négligés compte tenu de la recherche exceptionnelle effectuée au Canada dans le domaine du syndrome d'alcoolisation foetale. Des lacunes similaires ont été observées en santé mentale des enfants, des adolescents et des parents; nous recommandons de créer des alliances avec les programmes d'autres instituts (ISA, IG, ISPP, INSMT) afin de stimuler la recherche sur ces priorités majeures. Certains jeunes scientifiques en recherche fondamentale ont indiqué que les subventions de recherche en collaboration ne les soutenaient pas assez à titre de chercheurs principaux (ce qui n'est pas sans rappeler l'époque où les biostatisticiens n'étaient pas appréciés à leur juste valeur!). La transition manifestement difficile qui a suivi la fin du mandat du directeur scientifique soulève des questions pour l'ensemble des IRSC quant au transfert de responsabilité à des nouvelles équipes ainsi qu'au besoin de soutenir le nouveau personnel et de préserver la mémoire organisationnelle.

La collaboration avec d'autres instituts et des organismes externes (administrations provinciales de la santé, de l'éducation, des services aux personnes handicapées et aux familles) devrait être encouragée. Le partage et l'amélioration des modèles et des activités de TC pourraient être bénéfiques, car il semble exister une confusion considérable quant à la définition du TC dans chacun des domaines principaux. Le programme d'éthique semble limité à certains aspects des études de cohorte et compte peu de succès à son actif malgré les importants enjeux éthiques entourant la reproduction, les décisions au début de la vie et le dépistage génétique. Cela est peut-être attribuable au manque de capacité de recherche en éthique au Canada. Il faudrait améliorer cette situation par le biais des IRSC et d'autres partenaires. L'IDSEA, de concert avec la Santé publique et d'autres intervenants externes, devrait se faire le champion de la collecte, du recoupement, de l'analyse et de la protection des données démographiques à l'échelle nationale, en s'inspirant des excellents modèles qui existent déjà au Manitoba, en Colombie-Britannique et au Québec. Ces données permettent de faire des études épidémiologiques, d'établir objectivement les priorités, d'explorer les mécanismes causaux et d'évaluer la qualité des soins cliniques et à la population avec rigueur scientifique et impartialité.

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Institut de génétique (IG)

Ampleur de la recherche dans ce domaine

Mandat de l'Institut : Appuyer la recherche sur le génome humain et les génomes modèles, ainsi que sur tous les aspects de la génétique, de la biochimie fondamentale et de la biologie cellulaire liés à la santé et aux maladies, notamment l'application des connaissances en politiques et en pratiques de santé, et aux conséquences sociétales des découvertes génétiques.

Financement : répartition équitable entre les quatre domaines de recherche principaux.

État de ce domaine de recherche en santé au Canada

Le milieu de la recherche en génétique au Canada est très solide et riche d'une tradition de succès et de grandes réalisations. Notre comité a eu une impression extrêmement positive de la qualité de la recherche en génétique au Canada. Le directeur scientifique a investi beaucoup de temps et d'énergie à bâtir une organisation solide suivant un modèle ascendant, à répondre aux besoins des chercheurs et à veiller à la poursuite des objectifs et priorités. La force du milieu et le solide leadership du directeur scientifique ont contribué à la réussite remarquable de l’IG.

Caractéristiques transformatrices de ce domaine de recherche en santé

L'IG a établi six priorités de recherche autour de secteurs jugés sous-développés (génétique des populations et épidémiologie génétique des maladies complexes, services de santé pour les maladies génétiques) et a misé sur ses forces (recherche en génomique, protéomique, intégration des sciences physiques et appliquées à la recherche en santé et génomique clinique). La nouvelle réunion annuelle des chercheurs principaux est une idée brillante de l'Institut qui l'aidera à atteindre ses objectifs et à promouvoir les partenariats avec d'autres instituts. Le fait que cette initiative ait été reproduite dans d'autres instituts témoigne de sa pertinence. Le soutien aux chercheurs principaux dans les secteurs liés au mandat de l'IG est attribué par voie de concours et vise à combler des lacunes du programme (p. ex. bourses de recherche clinique, productivité des subventions annuelles visant à combler les écarts).

État des systèmes de concours ouverts et ciblés dans ce domaine de recherche en santé

Le CEI a constaté que l'Institut agit sur ses forces et ses faiblesses de façon très efficace par le biais d'une série d'appels de demandes ciblés. Au moins deux appels de demandes ont été lancés dans divers secteurs prioritaires, notamment les services de santé, la recherche clinique, la protéomique, la bioinformatique et les dimensions éthiques, juridiques et sociales. Le CEI a aussi remarqué que le transfert des connaissances (TC) et l'éducation du public sont des préoccupations majeures de l'IG qui sont également couvertes par des appels de demandes. Plusieurs initiatives dans ce secteur méritent une mention spéciale (p. ex. « Devenez un chercheur en génétique pendant une semaine » et l'exposition itinérante « Le Gén!e du génome » ). Le comité recommande d'augmenter le budget de l'IG, compte tenu de son calibre, de son excellence scientifique et de l'importance de la génétique en médecine et en santé publique.

Le système d'examen par les pairs semble équitable et efficace. Le comité recommande à l'Institut de recruter davantage d'examinateurs chevronnés au sein des comités pour qu'ils servent de modèles aux membres moins expérimentés.

État des systèmes de formation dans ce domaine de recherche en santé

Le système de formation des jeunes chercheurs est de très bonne qualité. Étant donné la baisse du nombre de médecins-chercheurs, les bourses de recherche clinique, les bourses de médecine/recherche au doctorat ainsi que le programme « Médecine génomique et développement humain » sont perçus comme des occasions d'attirer les meilleurs jeunes chercheurs cliniques, de promouvoir la recherche clinique en génétique ainsi que de recruter et de retenir des chercheurs brillants au Canada.

Situation de l'Institut de génétique (IG)

L'Institut de génétique est hautement productif et compétitif sur la scène internationale. Sa contribution aux découvertes génétiques et à la compréhension des mécanismes pathologiques est exceptionnelle.

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Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII)

Ampleur de la recherche dans ce domaine

Mandat de l'Institut : Appuyer la recherche en vue d'améliorer la santé d'origine immunologique et de réduire l'incidence des maladies infectieuses, des maladies d'origine immunologique et de l'allergie, au moyen de la prévention, du dépistage, du diagnostic, du traitement, des systèmes de soutien et des soins palliatifs.

État de ce domaine de recherche en santé au Canada

La recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires est très bien développée au Canada. Le milieu se compose d'un vaste groupe de chercheurs chevronnés qui semblent avoir adopté le modèle des IRSC. Le domaine un en particulier est très bien développé et il existe une interaction saine entre la recherche fondamentale et l'épidémiologie clinique. Le directeur scientifique prêche par l'exemple et jouit de la confiance de la majeure partie du milieu. L'Institut offre un exemple de cas où le transfert des connaissances a très bien fonctionné et a permis de répondre rapidement à divers besoins en santé publique.

Ce secteur de recherche est grandement limité par les problèmes de relève, compte tenu surtout du calibre du directeur scientifique actuel. Il faut définir plus clairement de qui relèvent les comités et comment leurs ressources sont attribuées. Ce groupe a relevé un problème important concernant la répartition des ressources entre les concours stratégiques et ouverts. Des questions ont été soulevées quant au processus d'établissement des nouveaux comités étant donné que ce groupe a réclamé plusieurs nouveaux comités et qu'il n'a reçu aucune réponse, tandis que plus de 20 nouveaux comités ont vu le jour entre-temps. Il serait important ici de clarifier le processus.

Enfin, il n’y a pas encore eu de réalisations dans le domaine de l’auto-immunité qui ont eu des répercussions vastes et importantes sur les soins de santé.

Caractéristiques transformatrices de ce domaine de recherche

Il s'agit en particulier des projets importants lancés en réponse à des maladies infectieuses graves du point de vue de la santé publique. Les travaux sur la sécurité des aliments et de l'eau, le SRAS, la grippe aviaire et la maladie à prions sont tous d'excellents exemples de l'impact profond que l'Institut et le milieu qu'il soutient peuvent avoir sur le système de santé au Canada en misant sur leurs atouts. Il semble que le système de soins de santé dépendra maintenant du leadership de cet Institut pour prendre des décisions cruciales en réponse à divers agents pathogènes infectieux et, de ce fait, ces décisions seront beaucoup plus susceptibles de reposer sur des données factuelles solides.

Le nombre de projets et de chercheurs financés a grimpé d'année en année dans ce secteur, et l'Institut a désigné une série de priorités stratégiques à la fois bien ciblées et à plus long terme.

L'IMII a réalisé des progrès importants dans l'intégration de l'éthique à d'importants défis scientifiques comme le SRAS, la sécurité de l'eau ainsi que la prévention et le traitement du VIH. Son conseil consultatif est pourvu d'expertise en bioéthique, ce qui devrait servir d'exemple aux autres instituts. Ici comme ailleurs, il est clair que la recherche clinique n'est pas avantagée par le système de comités d'éthique de la recherche (CER).

Le financement central fourni à l'Institut pour la formation a été bénéfique. Le regroupement des programmes de formation sous forme de vastes plans de formation thématiques est perçu comme un nouvel avantage important, car il arrive souvent qu'un grand thème de formation puisse remplacer plusieurs programmes plus petits, moins élaborés et moins efficaces (p. ex. l'hépatite C).

Recommandations

Nous recommandons que le leadership de l'Institut et du système de concours ouverts convergent dans la même direction. Cela pourrait permettre d'intégrer le degré de responsabilisation voulu et de laisser entre les mains du milieu la majorité des décisions sur la répartition des fonds entre les programmes. Il est clair qu'il n'existe pas de processus décisionnel en place pour débattre équitablement et efficacement des différentes possibilités stratégiques présentées aux IRSC, y compris celles associées aux grands enjeux de santé publique. Nous croyons que le manque de consensus et de transparence au niveau des processus aura un effet limitatif à plusieurs égards, y compris la répartition des ressources entre les concours stratégiques et ouverts et l'établissement de nouveaux comités. Une certaine désillusion est apparue dans le milieu scientifique quant au rôle de la recherche stratégique. Cela pourrait être corrigé rapidement. Dans l'ensemble, l'Institut s'est révélé très productif et devrait participer davantage au débat sur le financement de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires aux IRSC.

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Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies (INSMT)

Ampleur de la recherche dans ce domaine

Mandat de l'Institut : Appuyer la recherche visant à améliorer la santé mentale, la santé neurologique, la vision, l'ouïe et le fonctionnement cognitif et à réduire l'incidence des troubles connexes par des stratégies de prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les systèmes de soutien et les soins palliatifs.

État de ce domaine de recherche en santé au Canada

Impression générale :

  • Le CEI a eu une excellente impression.

Principales forces :

  • Intégration de la recherche effectuée dans les quatre domaines principaux et tous les thèmes du mandat (p. ex. neuroéthique);
  • Action auprès de divers groupes sociaux et culturels;
  • Excellence et productivité de la recherche;
  • Commercialisation des découvertes scientifiques.

Principales faiblesses :

  • Incapacité de profiter pleinement des occasions stratégiques en raison 1) de l'insuffisance des fonds (déséquilibre entre la capacité et les ressources), 2) du bassin de jeunes chercheurs, 3) du nombre de chercheurs à mi-carrière qui quittent la profession et 4) de la fragmentation possible de programmes intégrés;
  • Manque de coordination avec d'autres programmes de financement canadiens.

Recommandations pour une stratégie future dans ce secteur de recherche :

  • Augmenter le financement pour répondre aux besoins d'un milieu de recherche vaste, diversifié et productif;
  • Meilleure intégration et coordination avec les partenariats conlus avec la FCI et d'autres programmes;
  • Faire appel aux consommateurs et aux groupes professionnels;
  • Mieux documenter les réalisations en recherche et en application des connaissances (décrire le rendement de l'investissement).

Possibilités à venir :

  • Intégrer davantage les programmes de recherche biomédicale, de recherche sur les services de santé et sur la santé des populations;
  • Communiquer et interagir avec la communauté internationale;
  • Établir des partenariats avec l'industrie;
  • Travailler avec les consommateurs.

Caractéristiques transformatrices de ce domaine de recherche en santé

L'INSMT a réussi à élargir considérablement l'éventail des disciplines engagées dans ce secteur et à intégrer la recherche menée dans les quatre domaines principaux. Les priorités de recherche stratégiques ont été clairement établies et leur promotion est faite de manière hautement efficace. Le transfert des connaissances a été entièrement intégré et exécuté dans de nombreux contextes, et l'éthique demeure un point fort du programme.

État des systèmes de concours ouverts et ciblés dans ce domaine de recherche en santé

L'INSMT offre un exemple de cas où des chercheurs se sont volontairement affiliés à l'Institut et y restent fidèles, ce qui pourrait être attribuable en partie aux bonnes communications maintenues avec eux par le directeur scientifique. Les concours ouverts ne semblent pas nécessiter de correctif, mais l'Institut a besoin d'un mécanisme d'établissement des priorités de financement.

État des systèmes de formation dans ce domaine de recherche en santé

La formation dans ce secteur constitue un modèle d'intégration de la recherche effectuée dans les quatre domaines principaux et dans l'ensemble des instituts; aucun changement n'est recommandé. Les mécanismes de formation dans cet Institut sont diversifiés et semblent solides.

Situation de l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies (INSMT)

Dans l'ensemble, le CEI a été très impressionné par le rendement de cet Institut; celui-ci a su répondre efficacement aux besoins, et son directeur scientifique a accompli un travail formidable dans la conception des programmes, la poursuite des objectifs de l'Institut et la collaboration avec d'autres disciplines. Des occasions se présenteront à l'avenir de s'aligner sur d'autres programmes, y compris ceux de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI), et de travailler plus étroitement avec des associations de consommateurs et des organismes professionnels. Il faudra se fixer pour objectif de mieux documenter les réalisations en recherche et en application des connaissances. Ce secteur est le plus important en recherche biomédicale au Canada - ce qui se reflète dans les concours ouverts - et il semble fonctionner de façon extrêmement cohérente, en partie parce que l'Institut exerce un droit de regard sur les activités entourant les concours ouverts.

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Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète (INMD)

Ampleur de la recherche dans ce domaine

Mandat de l'Institut : Appuyer la recherche visant à améliorer le régime alimentaire, les fonctions digestives, l'excrétion et le métabolisme, et à étudier les causes, la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les systèmes de soutien et les soins palliatifs relativement à un large éventail de conditions et de problèmes liés aux hormones, au système digestif et aux fonctions des reins et du foie.

La directrice scientifique et le CCI ont pris la décision d'établir une seule priorité de recherche stratégique : Excellence, innovation et progrès dans l'étude de l'obésité et du poids corporel sain.

État de ce domaine de recherche en santé au Canada

Ce secteur de recherche n'est pas particulièrement développé au Canada, malgré certains projets comme l'étude de cohorte québécoise et l'étude de l'Université Laval sur le thème de la satiété. C'est pourquoi il semble logique que l'Institut ait pris la décision de se concentrer principalement sur l'obésité. L'INMD peut compter sur un leadership solide avec une directrice scientifique hautement efficace, un CCI solide et des pairs examinateurs compétents. Les initiatives stratégiques ont été adéquatement financées jusqu'à maintenant.

Caractéristiques transformatrices et faiblesses de ce domaine de recherche en santé

Les efforts importants consacrés à la recherche interdisciplinaire ont permis la réalisation de 61 % des projets dans cette catégorie. L'Institut a créé une initiative stratégique qui aidera au développement des capacités dans un secteur important.

Plusieurs aspects de cet Institut doivent être développés. Aucune alliance sérieuse n'a été créée avec l'industrie pharmaceutique et biotechnologique dans ce secteur qui pourtant constitue un terrain fertile pour les partenariats externes; l'effet de levier financier n'a pas été exploité de façon optimale. Le financement des nouveaux chercheurs semble inadéquat et aucune attention n'a été portée à la dimension éthique rattachée à la stigmatisation des personnes obèses. Surtout, aucune recherche fondamentale sérieuse n'est menée dans ce secteur qui pourtant le mériterait; cela constitue une lacune importante.

État des systèmes de concours ouverts et ciblés dans ce domaine de recherche en santé

Les concours ouverts ne suffisent pas à subventionner tous les projets bien cotés, tandis que les concours stratégiques disposent de fonds adéquats. Cela nous amène à nous demander comment la répartition des fonds a été établie, compte tenu surtout de la pauvreté de la recherche fondamentale dans ce secteur.

État des systèmes de formation dans ce domaine de recherche en santé

Des changements mineurs sont requis. Les approches de formation semblent adaptées à la diversité des participants au programme. Les jeunes chercheurs ont besoin de plus de soutien, surtout au stade du démarrage.

Possibilités à venir

Il est tout à fait opportun de continuer à accorder la priorité à ce secteur solide. L'activité de l'Institut doit être étendue à d'autres secteurs prioritaires inclus dans son mandat, et le transfert des connaissances (TC) devra progresser au même rythme que la recherche qui est financée. Le volet éthique doit être développé davantage. Le bien-fondé de maintenir l'accent particulier sur l'obésité est la principale question qui se pose à cet Institut. Plus d'efforts doivent être consacrés à l'évaluation de la recherche déjà financée. Le manque de soutien aux chercheurs dans le domaine un n'est probablement pas justifié, compte tenu de l'importance de comprendre la pathogenèse dans ce secteur.

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Institut de la santé des Autochtones (ISA)

Ampleur de la recherche dans ce domaine

Mandat de l'Institut : Appuyer la recherche qui se penche sur les besoins particuliers en matière de santé des Autochtones du Canada.

Situation de l'Institut de la santé des Autochtones (ISA)

Il s'agit d'un secteur de la recherche en santé où la capacité est actuellement limitée, mais qui dispose de grandes possibilités d'interaction avec d'autres instituts. L'ISA peut compter sur un directeur scientifique de haut calibre et bien informé. Ses efforts en renforcement des capacités ont été axés sur les chercheurs et sur les collectivités autochtones, pour qu'elles soient en mesure de participer aux recherches. Le programme CDCARS a été particulièrement efficace dans le développement de cette participation. La hausse de compétitivité ainsi créée a permis à ce secteur de récolter une plus grande part des ressources attribuées par voie de concours ouverts. L'Institut a également réussi à développer la recherche multidisciplinaire ainsi que les partenariats nationaux et internationaux, en particulier avec les conseils de recherche de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie dans le cadre de programmes en santé autochtone. Les possibilités d'interaction avec les autres instituts sont nombreuses, surtout avec ceux qui s'intéressent aux principales maladies chroniques dont la prévalence est souvent élevée chez les Autochtones. Le climat serait propice à un « Grand défi en matière de santé autochtone » , qui pourrait susciter davantage d'intérêt pour le domaine.

L'ISA a réussi à élargir considérablement l'éventail des disciplines engagées dans ce secteur et à intégrer la recherche effectuée dans les quatre domaines principaux. Son programme de recherche est de nature fortement stratégique puisque le développement des capacités demeure un volet important. L'application des connaissances dans ce secteur est active dans les deux sens entre les chercheurs et les collectivités autochtones. De même, les questions d'éthique sont bien gérées, mais devraient s'étendre à l'établissement de normes de conduite de la recherche dans les collectivités autochtones.

La santé des Autochtones bénéficie surtout d'un financement stratégique, tant dans les concours ouverts que ciblés. Cet équilibre devrait être préservé dans l'immédiat, mais il semble que les IRSC investissent de façon adéquate dans ce secteur stratégique. Le programme de formation semble fructueux et devrait demeurer intact.

Recommandations

Les recommandations générales vont dans le sens de la préservation de la stratégie et de l'orientation actuelles. Le programme CDCARS devrait être élargi à huit centres, et des lignes directrices en matière d'éthique devraient être mises au point pour diffusion à grande échelle. Les partenariats demeurent des sources d'occasions clés pour cet Institut et les concours ouverts qu'il soutient. Surtout, la présence de l'ISA joue un rôle crucial pour obtenir et conserver la confiance des collectivités autochtones, ce qui est nécessaire pour entreprendre de la recherche dans ce milieu. Aucun changement fondamental n'est recommandé au statut ou au mandat de cet Institut.

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Institut de la santé circulatoire et respiratoire (ISCR)

Ampleur de la recherche dans ce domaine

Mandat de l'Institut : Appuyer la recherche axée sur les causes, la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les systèmes de soutien et les soins palliatifs relativement à un large éventail de conditions associées aux maladies du coeur, des poumons, du cerveau (AVC), des vaisseaux sanguins et du sang de même qu'aux soins intensifs et au sommeil.

État de ce domaine de recherche en santé au Canada

La recherche fondamentale est en plein essor dans ce secteur où se côtoient des chercheurs débutants et établis. L'Institut a réussi à intégrer ces deux groupes efficacement. La recherche sur les résultats est de calibre mondial en insuffisance cardiaque et en soins intensifs.

Caractéristiques transformatrices de ce domaine de recherche en santé

L'ISCR mobilise le milieu et crée des partenariats entre la recherche fondamentale, la recherche clinique et la recherche sur les résultats, par exemple : le consortium sur les résultats de la réanimation (ROC), le groupe sur l'insuffisance cardiaque (Heart Failure group) et le programme BREATHE avec la Fondation canadienne de la fibrose kystique.

État des systèmes de concours ouverts et ciblés dans ce domaine de recherche en santé

L'intense travail de relations publiques accompli par le directeur scientifique a entraîné une surcharge de demandes de subventions. Il faut consacrer plus de ressources au financement des subventions et à la structure d'examen. Nous recommandons l'introduction de budgets de subventions modulaires de valeur modeste (50 000 $), moyenne (150 000 $) et élevée (450 000 $). L'ISCR a utilisé judicieusement son budget pour projets ciblés, investissant dans la formation, les gènes/l'environnement, la médecine régénérative, l'étude des interactions mère-foetus et d'autres secteurs prioritaires.

Des préoccupations ont été exprimées quant au manque de coordination entre les chercheurs et les organismes de financement de la recherche en santé. On a fait valoir que tous les sports ne sont pas des sports d'équipe et que le soutien aux chercheurs indépendants demeurait crucial. Le milieu remarque la pression formidable exercée par le volume de demandes et le manque de ressources pour financer les subventions de fonctionnement dans ce domaine particulier. En matière de formation, les ISFRS ont été une priorité majeure, mais le besoin d'une demande standard a été souligné.

Nous recommandons pour l'avenir que les IRSC portent attention au remplacement du directeur scientifique, étant donné l'importance de ce dernier dans le succès du programme. Nous suggérons que l'Institut adopte des budgets modulaires pour les concours ouverts et fasse davantage pour faciliter l'intégration des nouveaux chercheurs. Il serait utile de pouvoir évaluer l'impact des équipes établies sur le plan de l'économie de la santé, de la qualité de vie des patients ou de l'activité de publication. Si le budget le permet, il existe de nombreuses possibilités à saisir dans l'étude du sommeil, des AVC et des impacts environnementaux.

État des systèmes de formation dans ce domaine de recherche en santé

La priorité a été accordée au programme des ISFRS, dans le cadre duquel dix initiatives sont actuellement financées. On recommande d'introduire une demande standard pourvue d'un menu d'options pour les initiatives.

Situation de l'Institut de la santé circulatoire et respiratoire (ISCR)

La vision et l'énergie de son directeur scientifique constituent un atout pour l'Institut. Il est dommage qu'un directeur de ce calibre doive partir. La performance de l'Institut à ce jour est exemplaire.

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Institut de la santé des femmes et des hommes (ISFH)

Le CEI a été très impressionné par l'ISFH et lui a attribué des notes élevées presque partout. Nous avons surtout été frappés par le calibre du leadership, révélé par l'exposé très bien structuré et documenté présenté par la directrice scientifique et par le mérite que lui accorde son équipe [représentée par les quatre personnes qui ont rencontré notre comité] dans les succès de l'ISFH. Sous sa direction, l'ISFH a su profiter des possibilités offertes par les IRSC pour atteindre presque tous ses objectifs. L'Institut a élaboré cinq priorités de recherche qui ont engendré 16 initiatives stratégiques, en plus de financer 226 subventions, 61 bourses de formation, 22 propositions stratégiques et 67 équipes interdisciplinaires. L'ISFH a investi plus de 18 millions de dollars en subventions et bourses.

L'ISFH a largement recouru à des subventions modestes, des programmes de formation, des ateliers nationaux et du soutien professionnel diversifié afin de recruter et de former un grand nombre de nouvelles chercheuses. Le renforcement des capacités s'est accéléré tout comme la hausse du financement des subventions. L'ISFH consacre 60 % de son budget au développement des capacités de recherche. Au total, 414 subventions (sur 1 643 demandes) ont été financées dans le cadre des concours ouverts. Les partenariats nationaux (49) et internationaux (23) se sont multipliés, et l'ISFH figure d'ailleurs au premier rang des IRSC à ce chapitre. Cette expansion rapide a favorisé l'apparition d'équipes multidisciplinaires à plusieurs thèmes, et le CEI considère le programme transdisciplinaire de l'ISFH comme le plus réussi des IRSC. L'ISFH semble aussi faire un bon travail dans la promotion du transfert des connaissances en intégrant cet aspect aux exigences de tous les appels de demandes et en finançant 44 subventions pour des projets axés sur le transfert des connaissances. L'ISFH assume également un rôle de chef de file en matière d'éthique et de droit de la médecine.

Le CEI est enthousiasmé par le programme de l'ISFH et pense que le moment serait mal choisi de recommander des changements importants, compte tenu des progrès accomplis par l'Institut et de l'élan pris durant ses premières années. Tous les jeunes chercheurs-boursiers et chercheurs principaux à qui nous avons parlé de l'ISFH ont affirmé qu'ils doivent leur succès d'aujourd'hui à l'inspiration, à l'éducation et au soutien financier fourni par l'ISFH. Nous recommandons de conserver les équipes multidisciplinaires couvrant plusieurs thèmes et de poursuivre la formation et le soutien aux chercheuses, l'expansion des partenariats nationaux et internationaux ainsi que l'orientation sur les résultats pour la santé (par rapport à la maladie).

La principale limite de l'Institut en ce moment est son incapacité de décrire ou d'évaluer le contenu ou la qualité des projets subventionnés en santé des femmes, mais nous avons appris que des activités d'évaluation étaient actuellement en préparation. La rareté des examinateurs compétents sans conflits d'intérêts a été soulevée, mais il ne s'agit pas d'un problème unique à l'ISFH.

Nous recommandons quelques améliorations, dont plusieurs ont déjà été signalées par l'Institut de la santé des femmes et des hommes. Nous convenons que le moment serait opportun de comparer les avantages des petites subventions par rapport aux grandes, d'établir des méthodes d'évaluation des programmes existants et de leur valeur scientifique et de définir les critères de succès.

Notre comité a remarqué que l'éventail d'options offert aux chercheurs de niveau débutant à intermédiaire doit être élargi. Les membres de l'Institut ont eux-mêmes signalé le besoin d'augmenter le financement aux chercheurs en début et en milieu de carrière et de remédier à l'absence de subventions pour la recherche à long terme. Les subventions à long terme sont très rares sinon inexistantes et la plupart des subventions de deux ans ne sont pas renouvelables. Cela fait obstacle à la réalisation des études de cohorte nécessaires à la planification de la santé, en plus de limiter l'évaluation de l'impact du transfert des connaissances sur les politiques, les pratiques et la sensibilisation. L'ISFH devrait examiner si les petites subventions produisent plus de retombées par dollar investi que les plus grandes.

Nous suggérons à l'ISFH d'examiner la possibilité de subventions plus substantielles et de plus longue durée, de produire un bulletin [vulgarisé] sur la santé des femmes, de se pencher sur les questions d'éthique liées à la santé et à la liberté reproductive des femmes et d'élargir le soutien professionnel diversifié.

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Institut de la santé publique et des populations (ISPP)

Mission

Appuyer la recherche axée sur les relations complexes (biologiques, sociales, culturelles, environnementales) qui influent sur la santé de la personne, de la communauté et de l'ensemble des populations, ainsi que l'application des connaissances issues de cette recherche à l'amélioration de la santé de la personne et des populations par des partenariats stratégiques entre les intervenants en santé publique et des populations ainsi que des programmes novateurs de financement de la recherche. Son travail axé sur les populations est crucial à la prise de décisions éclairées en santé. Les décisions en santé doivent reposer sur la connaissance de l'ampleur et de la répartition des risques dans la population plutôt que chez les individus, car les décideurs doivent tenir compte de la fréquence des problèmes dans la population et les sous-populations et les contributions de chacun à la maladie.

Bien que le Canada dispose de très bons programmes de santé des populations dans les provinces et les universités, il n'existe pas de structure de recherche nationale ou provinciale dans le domaine de la santé publique et des populations. Peu d'universités enseignent encore les disciplines de base de la santé publique, et peu de gens sont formés au doctorat dans ce domaine. Par conséquent, il n'existe pas de voix unique au Canada pour défendre les intérêts de la recherche en santé publique et en sciences démographiques. Le Canada assume cependant un rôle de leader intellectuel en santé des populations. Depuis le rapport Lalonde jusqu'aux programmes de développement humain et de santé des populations élaborés à l'Institut canadien de recherches avancées, le Canada exerce un leadership mondial dans la promotion des idées liées à la santé des populations. L'ISPP est le fruit des premiers efforts nationaux visant à « institutionnaliser » cet important secteur de recherche.

L'ISPP a considérablement contribué à développer la recherche en santé publique et des populations par le biais de ses programmes, de sa contribution au développement de chercheurs formés en santé publique et de sa collaboration avec d'autres instituts et organismes gouvernementaux, et a stimulé l'intérêt à l'égard des questions de santé des populations et la compréhension de l'urgence de ces questions.

Réalisations

Les principales réalisations relevées par le CEI ont été :

  • En peu de temps, impact important sur le renforcement des capacités en sciences démographiques et sur la formulation de principes en santé des populations qui sont intégrés aux programmes d'autres instituts de recherche;
  • Création de sept centres interdisciplinaires, dont trois sont situés dans des régions du Canada défavorisées sur le plan des services;
  • Soutien à d'importantes études de cohorte sur la santé durant la vie entière, notamment à l'Initiative sur la santé des Canadiens à tous les stades de la vie qui nous en apprendra beaucoup sur le développement et le vieillissement;
  • Révélation des lacunes des systèmes de santé publique du Canada avant le SRAS ainsi que des lacunes et des bénéfices potentiels des bases de données démographiques sur la santé et les services de santé;
  • Mise à contribution du leadership scientifique canadien aux fins d'une initiative de collaboration en santé mondiale avec des scientifiques de pays en développement.

Principales forces

  • Leadership solide du directeur scientifique;
  • Perspective interdisciplinaire;
  • Bonnes relations avec l'Institut des services de santé, l'Agence de santé publique du Canada et les universités;
  • Amorce d'un rapprochement important entre la pratique et les bourses d'études en santé publique dans les universités.

Principales faiblesses

  • Possibilité de financer l'innovation sur une petite échelle seulement;
  • Incapacité de donner l'envergure requise aux projets du programme (p. ex. lier la biologie aux sciences démographiques);
  • Incapacité de financer adéquatement les initiatives interdisciplinaires dans le domaine des disparités sur le plan de la santé en raison de l'éparpillement des efforts des multiples groupes d'intérêts et du manque de données provinciales et interprovinciales;
  • Absence d'études de cohorte et fonds insuffisants pour financer des études sur l'interaction gènes/environnement, une priorité majeure en sciences démographiques;
  • Distinction insuffisante entre la recherche en santé des populations axée sur des regroupements au niveau individuel (p. ex. déterminants sociaux de la santé) et la recherche en santé publique axée sur les populations (p. ex. déterminants de la santé au niveau de la société);
  • Les interactions entre les sciences sociales et les sciences des populations sont bonnes, mais l’Institut aimerait avoir davantage d’interactions avec les sciences biologiques.

Équilibre entre les systèmes de concours ouverts et ciblés dans ce domaine de recherche en santé

  • Le CEI a jugé cet équilibre adéquat, mais a indiqué que le niveau de financement disponible ne permettrait probablement pas de soutenir de grands projets multidisciplinaires, pourtant indispensables en sciences démographiques.
  • L'Institut exerce peu de droit de regard sur la recherche financée dans le cadre du système de concours ouverts et ne peut donc pas orienter les priorités de recherche en dehors des initiatives stratégiques.

Préoccupations éthiques

  • Même si l'éthique à proprement parler n'a pas fait partie des discussions, nous avons abordé la question des règlements sur la protection des renseignements personnels sur la santé et d'autre information sur la population. Les sciences démographiques ont le potentiel de founir une aide précieuse dans le recoupement de données médicales avec des données sociales et économiques et dans l'étude des déterminants sociaux et environnementaux de la maladie. Pourtant, à moins d'une planification efficace, on craint que les règlements sur la protection de la vie privée empêchent la réalisation de nombreuses études démographiques importantes sur différents risques pour la santé.

Recommandations générales et particulières

  • L'ISPP doit avoir la capacité de subventionner des grands projets interdisciplinaires et d'entreprendre de vastes études et travaux intégrant la biologie, l'épidémiologie et les sciences sociales pour s'attaquer aux problèmes de santé des populations.
  • Dans le domaine de la formation, il semble y avoir une forte demande pour les programmes de formation de l'Institut, mais celui-ci devrait songer à établir des écoles de santé publique ou d'autres types de formation officielle intégrant toutes les disciplines utiles à une formation et à une pratique rigoureuses en santé publique et des populations.
  • La capacité de relever de nouveaux défis est limitée. Les ressources disponibles sont bien utilisées mais limitent les possibilités; il faudrait envisager d'augmenter les ressources de cet Institut.
  • Il est à craindre qu'entre le soutien aux nouveaux chercheurs et aux chercheurs chevronnés exceptionnels, par l'entremise de comités, on néglige le soutien de mi-carrière; il faut en tenir compte.
  • Il est nécessaire de communiquer davantage avec d'autres organismes au sujet du mandat et des programmes des IRSC en général et de l'ISPP en particulier. Les IRSC devraient songer à créer un programme de communications professionnelles afin de mieux faire connaître aux décideurs et au public les contributions de l'Institut.
  • Le Canada dispose de données de santé publique d'une grande richesse, mais l'accès aux données provinciales est grandement limité et de nombreux chercheurs compétents en santé des populations et en politiques/services de santé en sont privés. Il faudrait déployer des efforts importants afin de rendre ces données accessibles pour la recherche au moyen d'un mécanisme centralisé à un coût raisonnable. Il devrait même être possible de lier des bases de données sur la santé publique, les résultats sur la santé, les effets négatifs et les coûts, dans le but de créer un réseau de bases de données d'une grande utilité pour tout le pays. Il y aurait lieu de faire plus d'efforts dans la conception de mesures de la santé adéquates, de sorte que les bases de données puissent se prêter à des études et à des évaluations uniformes. Une bonne partie des connaissances créées aux frais des Canadiens n'est pas utilisée de façon optimale pour produire des connaissances, des pratiques exemplaires et des économies.
  • Il faudrait faire plus pour évaluer la recherche financée au moyen de concours ouverts et d'initiatives stratégiques et pour communiquer les résultats de la recherche par voie électronique aux publics intéressés.

Synthèse

Le CEI a été très impressionné par le programme et le plan stratégique entrepris par l'ISPP en très peu de temps. L'Institut fait d'excellents progrès vers la réalisation de ses objectifs principaux. Tandis que d'autres instituts ont pu profiter du soutien durable offert par les collaborations établies antérieurement par le Conseil de recherches médicales (CRM), l'ISPP a dû s'établir sur des fondations rudimentaires. Nous appuyons ses efforts avec grand enthousiasme. En outre, l'ISPP fait un excellent usage des collaborations établies avec d'autres organismes et programmes. Son travail avec l'Agence de santé publique du Canada est très prometteur pour l'intégration des activités scientifiques et cliniques au profit de la santé publique et des populations de tout le Canada. L'Institut semble aussi disposer de liens solides avec des chercheurs financés via les concours ouverts des IRSC. Le Canada est un chef de file audacieux dans les efforts visant à conceptualiser l'identification des déterminants de la santé des populations, et l'ISPP semble incarner ce leadership de bien des façons. Nous sommes impressionnés par ses réalisations et entrevoyons son avenir avec optimisme.

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Institut des services et des politiques de la santé (ISPS)

Mission

Appuyer des initiatives en matière de recherche innovatrice, de renforcement des capacités et d'application des connaissances conçues pour améliorer l'organisation, la réglementation, la gestion, le financement, le paiement, l'utilisation et la prestation des services de soins de santé, dans le but ultime d'améliorer la santé et la qualité de vie de toute la population canadienne. L'Institut se concentre sur la planification, la gestion des milieux de travail dans le domaine de la santé; l'accès en temps opportun à des soins de qualité pour tous; la gestion pour assurer la qualité et la sécurité; comprendre les attentes du public et y répondre; le financement durable et la répartition des ressources éthiques; la gouvernance et la responsabilité; la gestion du changement et l'adaptation; la coordination des soins dans le temps et l'espace et le lien entre la santé publique et les services de santé.

Cet Institut, né de l'ancien Programme national de recherche et de développement en santé, contribue grandement à la vitalité des IRSC. Bon nombre de ses innovations - examen systématique de la recherche, création d'équipes interdisciplinaires, communication avec les utilisateurs de la recherche, établissement de liens avec les collectivités et de partenariats financiers, accent sur l'application des connaissances et environnements de recherche soumis à des exigences de confidentialité - ont stimulé l'activité à la grandeur des IRSC et ont rehaussé l'image de l'organisation auprès d'importantes clientèles. De son côté, l'ISPS a énormément profité du soutien fourni par l'administration centrale des IRSC.

Réalisations

Les principales réalisations relevées par le CEI ont été :

  • Influence considérable dans le développement d'un nouveau noyau de jeunes chercheurs et renforcement des capacités en recherche sur les services, les systèmes et les politiques de santé par la promotion d'un environnement propice à la recherche et le soutien de la recherche à tous les niveaux (des stagiaires aux chercheurs établis). Les efforts déployés ont tourné autour de la création d'équipes interdisciplinaires, de l'orientation de l'évolution des outils de financement des équipes, de la création d'équipes autour de nouvelles priorités de recherche, des subventions aux équipes interdisciplinaires de renforcement des capacités (EIRC) et de l'organisation d'ateliers d'été.
  • Contribution à la naissance de l'Association canadienne pour la recherche sur les services et les politiques de la santé.
  • Conception de mécanismes innovateurs comme les ateliers « À l'écoute I et II » pour s'assurer que les priorités de recherche de l'Institut correspondent aux besoins des décideurs.
  • Capacité d'intervention rapide, par exemple la recherche utile pour répondre à la crise du SRAS, l'établissement de repères pour les temps d'attente (collecte de données factuelles sur les répercussions cliniques des temps d'attente sur des procédures comme les remplacements de hanche et la chirurgie cardiaque) et la priorité accordée aux besoins en recherche désignés par la Commission Romanow et le Comité du sénateur Kirby sur la réforme du système de santé canadien.
  • Soutien direct à des spécialistes en politiques nationales et à d'autres instituts à titre d'experts dans le domaine 3.
  • Mise sur pied de la revue Politique de santé.
  • Partenariats innovateurs avec des décideurs et la Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé.
  • Élaboration de mécanismes d'examen systématique de la recherche qui sont d'importance capitale pour les décideurs, et publication de synthèses de recherche sur le site Web accessible à tous.
  • Soutien à la recherche fondamentale sur les services de santé par le biais d'un appel de demandes très productif visant l'évolution des théories, des méthodes et des mesures de la recherche sur les services de santé.

Principales forces

  • Leadership solide du directeur scientifique;
  • Perspective interdisciplinaire;
  • Renforcement des capacités en recherche sur les services de santé;
  • Réceptivité aux besoins des décideurs;
  • Aide aux IRSC et aux différents instituts pour la recherche dans le domaine 3.

Principales faiblesses découlant de contraintes externes

  • L'Institut et ses chercheurs sont limités par le manque d'information sur les soins de santé dans plusieurs provinces et par l'absence de données comparables sur les services de santé d'une province à l'autre lorsque des données existent;
  • Le soutien à la recherche liée au domaine 3 dans d'autres instituts entre en compétition avec le financement des propres initiatives stratégiques de l'ISPS;
  • L'Institut n'a pas disposé de beaucoup de soutien à ses débuts et a dû consacrer temps et énergie à devenir plus compétitif pour obtenir sa part d'outils de financement conçus à l'origine pour la recherche biomédicale (p. ex. subventions pour l'achat et l'entretien d'appareils, subventions d'équipe);
  • Les chercheurs dans le secteur des services de santé ont moins de chances que les autres d'obtenir des chaires de recherche du Canada, car leur « territoire » dans les départements est généralement mal intégré et peu influent dans la hiérarchie universitaire;
  • Une attention insuffisante est accordée à la recherche sur les soins primaires;
  • Les recoupements de données sur les services de santé sont impossibles d'une période et d'une région à l'autre;
  • Une attention insuffisante est accordée aux variations des services de santé selon les clientèles.

Équilibre entre les systèmes de concours ouverts et ciblés

  • L'Institut est à l'origine de la décision de changer la répartition des fonds des concours ouverts de 80-20 à 100-0, ce qui a permis une distribution plus équitable des fonds des concours ouverts.

Recommandations générales et particulières

  • Stabiliser la capacité de recherche dans le domaine des services de santé en comblant l'écart dans le financement des salaires entre les nouveaux chercheurs et les titulaires de chaires de recherche du Canada;
  • Stimuler le développement d'une base de données sur le système de santé national (p. ex. échantillon de 5 %) d'après les modèles éprouvés au Manitoba et en Colombie-Britannique, afin d'obtenir de l'information sur l'utilisation des soins de santé, y compris les soins primaires, les soins spécialisés, les soins hospitaliers et les soins pharmacologiques, ainsi que sur d'autres services, dépenses et données cliniques comparables d'un service et d'une période à l'autre;
  • Stimuler la création de centres/unités de recherche sur les services de santé; veiller à l'implantation solide d'unités, d'écoles ou de recherche scientifique afin d'y attirer des chercheurs et obtenir des chaires de recherche;
  • L'ISPS et l'ISPP sont deux instituts qui représentent également deux domaines de recherche principaux des IRSC, lesquels sont censés se refléter dans tous les secteurs de recherche des 13 instituts. Ces deux instituts sont donc chargés d'une double fonction qui consiste à la fois à servir les autres instituts et à promouvoir leur propre programme stratégique. Une partie du fardeau serait allégée si les IRSC consacraient plus de ressources à guider le travail d'intégration des domaines principaux aux thèmes de chaque institut;
  • Autoriser le report des fonds de subventions non utilisés;
  • Préparer le terrain pour la création de connaissances en soins primaires;
  • Le personnel de l'Institut doit bénéficier de postes permanents sans risque de mutation dans d'autres régions lorsqu'un nouveau directeur scientifique est nommé; le mandat du directeur scientifique devrait être de plus longue durée;
  • Participer au débat sur l'impact des politiques de protection de la vie privée sur les capacités de recherche, surtout en rapport avec l'utilisation des bases de données existantes;
  • Consacrer plus d'efforts à la surveillance et à la description des produits et impacts de la recherche.

Synthèse

Le comité d'examen a été très impressionné par le programme de recherche et le plan stratégique mis sur pied par l'Institut en très peu de temps. Nous appuyons ses efforts avec le plus grand enthousiasme. Nous sommes épatés par la liste de ses réalisations et entrevoyons son avenir avec optimisme.

Le comité d'examen propose les quatre possibilités suivantes pour l'avenir de l'Institut :

  1. Créer une base de données nationale sur les services de santé et travailler à la comparabilité des données des systèmes de santé provinciaux;
  2. Faire une analyse des variations entre les provinces du point de vue de la prestation des soins et des résultats sur la santé; observer les variations selon les clientèles; tirer des leçons des innovations provinciales applicables à l'échelle nationale;
  3. Soutenir la recherche sur l'intégration des soins, y compris les soins primaires, communautaires, tertiaires et pharmacologiques, et des services sociaux;
  4. Prévoir les besoins en professionnels de la santé (soins primaires, spécialisés, infirmiers et autres).

Il a généralement semblé au CEI que l'Institut devrait conserver ses structures administratives actuelles tout en investissant davantage dans sa capacité de promouvoir le domaine 3 et d'intégrer ce dernier aux programmes des autres instituts.

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Institut du vieillissement (IV)

Ampleur de la recherche dans ce domaine

Mandat de l'Institut : Faire progresser les connaissances sur le vieillissement afin d'améliorer la qualité de vie et la santé des Canadiens âgés. L'IV appuie la recherche visant à favoriser un vieillissement en santé et à étudier les causes, la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les systèmes de soutien et les soins palliatifs relativement à un large éventail de conditions associées au vieillissement.

État de ce domaine de recherche en santé au Canada

Le milieu de la recherche sur le vieillissement doit faire face à plusieurs défis en raison de sa taille modeste en comparaison de la diversité de son mandat de recherche. On juge que les IRSC ont appuyé la croissance de ce secteur de recherche au Canada. L'IV et les IRSC ont aidé au développement des capacités dans ce domaine par la création de deux comités : Aspects biologiques et cliniques du vieillissement (BCA) et Dimensions sociales du vieillissement (SDA). Plus de demandes sont soumises au BCA qu'au SDA. Bon nombre de chercheurs biomédicaux et de cliniciens-chercheurs ont introduit le vieillissement parmi les thèmes de leurs travaux de recherche afin de se prévaloir des nouvelles possiblilités de financement (même s'ils ne se désignent pas nécessairement comme des chercheurs en vieillissement). Cependant, on considère vraiment nécessaire de continuer de développer les capacités et la masse critique dans ce secteur de recherche, surtout au regard des domaines de recherche trois et quatre.

Le lancement de l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ELCV), initiative importante de l'IV, a le potentiel d'exercer une influence considérable dans le domaine. Sur la scène internationale, cette étude est considérée comme une innovation majeure en recherche multidisciplinaire sur le vieillissement.

L'introduction des subventions de projet pilote a permis d'attirer de nouveaux chercheurs dans le domaine. L'IV finance également des bourses de recherche au doctorat et d'autres bourses de recherche, en plus de soutenir les jeunes chercheurs n'ayant pas réussi à obtenir du financement aux concours ouverts. Les IRSC doivent créer des programmes permanents pour les scientifiques dans le domaine, surtout les chercheurs à mi-carrière. Souvent, des chercheurs obtiennent des subventions de projet pilote dans le domaine du vieillissement, mais sont ensuite laissés à eux-mêmes faute de mécanisme de soutien permanent.

Une certaine partie du financement de la recherche sur le vieillissement provient de sources extérieures. De nombreux organismes de financement de la recherche dans ce secteur soutiennent des projets liés aux domaines deux et quatre, mais aucun ne soutient la recherche biomédicale sur le vieillissement. L'élimination des subventions de groupe des IRSC a nui à la continuité de la recherche dans ce secteur. Le budget des IRSC n'augmente pas assez pour maintenir la capacité actuelle.

Caractéristiques transformatrices de ce domaine de recherche en santé

L'ELCV constitue un important véhicule de développement scientifique pour la plupart des instituts des IRSC, mobilisant et intégrant de multiples disciplines dans un vaste projet. Elle est aussi importante dans la promotion des questions éthiques liées aux études démographiques longitudinales à long terme. En interrogeant les personnes âgées sur les questions importantes à leurs yeux de même qu'en éduquant la population sur des questions liées au vieillissement, l'Institut joue un rôle de chef de file dans l'application de stratégies de transfert des connaissances (TC). Il reconnaît l'importance des collaborations multidisciplinaires dans le secteur du vieillissement.

État des systèmes de concours ouverts et ciblés dans ce domaine de recherche en santé

Le financement inférieur à la demande cause du mécontentement dans le milieu. Le système actuel à deux comités d'examen fonctionne bien, et les chercheurs dans le domaine ont l'impression que leurs projets sont évalués justement. Cependant, le fait que l'Institut et les comités d'examen soient coupés l'un de l'autre entraîne un manque de rétroaction sur le processus et, par conséquent, l'Institut n'est pas en mesure d'intervenir en réponse aux expériences collectives des comités. Des communications ouvertes seraient utiles.

État des systèmes de formation dans ce domaine de recherche en santé

Avec l'appui des IRSC, l'Institut a exercé son leadership dans les investissements productifs qui ont été faits pour développer les capacités dans ce secteur. Cependant, les capacités sont jugées insuffisantes en recherche clinique. L'ELCV offre de belles possibilités de formation en recherche. Il faut soutenir beaucoup plus les chercheurs en mi-carrière, de sorte que les jeunes chercheurs débutants qui arrivent aujourd'hui deviennent les leaders de demain.

Situation de l'Institut du vieillissement (IV)

L'Institut semble pourvu d'une base solide et fin prêt pour l'avenir. La gestion réussie du processus de transition entre les DS présent et précédent témoigne sans équivoque de la solidité de l'Institut (et sert d'exemple à l'ensemble des IRSC). L'Institut s'est doté de priorités stratégiques claires et s'est efforcé de développer son volet TC même si ses efforts à cet égard ont été inégalement soutenus. L'IV fait une contribution appréciable au mandat des IRSC et souhaiterait clairement pouvoir faire davantage en TC. Son budget est une contrainte majeure. L'Institut est respecté par sa clientèle scientifique. Il s'est dernièrement engagé dans des partenariats internationaux, et il est nécessaire que son rôle et sa mission soient clarifiés. L'IV est encouragé à promouvoir son programme sur la scène internationale et à orienter les priorités de recherche canadiennes vers le vieillissement.

Un certain nombre de questions et de problèmes potentiels ont été soulevés par rapport à l'IV :

  • l'intégration du domaine biomédical au reste de la recherche sur le vieillissement pose un défi;
  • le milieu compte peu de chercheurs;
  • le soutien de mi-carrière pose problème;
  • des chercheurs actifs en recherche liée au vieillissement ne s'identifient pas avec l'IV;
  • les capacités augmentent mais pas le budget;
  • les IRSC doivent clarifier le rôle du TC;
  • les IRSC devraient appuyer l'IV en le conseillant sur le plan éthique;
  • il faut investir dans la formation de cliniciens-chercheurs dans le domaine du vieillissement;
  • des leçons sont à tirer de sa transition réussie après le départ du directeur scientifique;
  • le soutien des IRSC à la recherche interdisiplinaire doit être maintenu ou augmenté;
  • l'IV joue un rôle de chef de file dans ce domaine.