ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte 2005-2006

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La santé des Autochtones

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2005-2006, environ 19,5 millions de dollars dans la recherche sur la santé des Autochtones dans tout le pays.


Les faits

L'espérance de vie et le fardeau de la maladie chez les Autochtones du Canada ne sont pas les mêmes que chez les autres Canadiens. D'après les données disponibles, nous connaissons les faits suivants :

  • En 2000, l'espérance de vie chez les hommes autochtones était de 68,9 ans, comparativement à 76,6 ans chez les femmes. En comparaison, les espérances de vie des hommes et des femmes non autochtones du Canada étaient en 2001 de 8,1 ans et de 5,5 ans de plus respectivement*.
  • En 2000, le taux de mortalité infantile chez les Premières nations était de 6,4 décès pour 1 000 naissances vivantes; ce taux était de 5,5 au Canada*.
  • Le taux de tuberculose chez les Premières nations est 6,2 fois plus élevé que dans la population générale*.
  • La prévalence du diabète est 2,7 fois plus élevée chez les Premières nations qu'au sein de la population générale*.
  • Chez les peuples des Premières nations vivant dans des réserves, les taux de cardiopathie déclarés sont de 16 % plus élevés qu'au sein de la population générale*.

La recherche : trouver des solutions pour améliorer la santé des Autochtones

  • Un chercheur financé par les IRSC, le Dr Paul Hackett, de l'Université du Manitoba, s'est servi de recherches historiques pour en apprendre davantage sur les causes sous-jacentes des taux de morbidité et de mortalité chez les Premières nations du Manitoba et démontrer comment cette information pourrait aider les responsables des politiques à mettre de meilleurs services de santé à la disposition des membres des Premières nations. Il constate que les efforts antérieurs du système de santé pour faire face à des maladies comme la tuberculose ont causé des expériences négatives qui ont été transmises de génération en génération et qui peuvent limiter l'efficacité des initiatives actuelles en matière de santé.
  • Dans une étude en cours sur l'utilisation des services de santé par les Premières nations, une chercheuse financée par les IRSC, la Dre Patricia Martens, de l'Université du Manitoba, et Doreen Sanderson, de l'Assemblée des chefs du Manitoba, ont constaté que les membres des Premières nations, même s'ils utilisaient les services hospitaliers et ambulanciers plus que tous les autres Manitobains, consultaient moins les spécialistes des soins de santé. Une recherche plus approfondie déterminera si le faible taux de consultation est dû au fait que les spécialistes sont difficiles d'accès ou que les patients sont mal dirigés.
  • On appelle syndrome métabolique une vaste gamme d'affections survenant ensemble qui peuvent entraîner une cardiopathie. La liste inclut l'obésité, notamment l'obésité abdominale, l'hyperglycémie, l'hypertension artérielle et les problèmes de cholestérol. Dans une étude menée auprès de Canadiens d'origine européenne vivant au Manitoba, de membres des Premières nations Oji-Cries du Nord-Ouest de l'Ontario et du Manitoba, et d'Inuits de la région du Keewatin au Nunavut, un chercheur financé par les IRSC, le Dr Kue Young, de l'Université du Manitoba, a constaté que le syndrome métabolique varie considérablement d'un groupe ethnique à l'autre. Comparativement aux Canadiens d'origine européenne, les Premières nations avaient un moins bon profil métabolique, tandis que les Inuits en avaient un meilleur, exception faite d'un haut taux d'obésité abdominale. Le syndrome métabolique touche jusqu'à 45 % des femmes des Premières nations et seulement 8 % des hommes inuits.
  • Dans le cadre d'une étude en cours visant à examiner la prévalence et les facteurs de risque des complications du diabète de type 2 chez les Canadiens d'origine autochtone, un chercheur financé par les IRSC, le Dr Anthony Hanley, de l'Université de Toronto, a examiné les causes de la maladie artérielle périphérique (MAP), qui réduit la circulation sanguine dans les artères conduisant aux reins, à l'estomac, aux bras, aux jambes et aux pieds. Les personnes atteintes de la MAP ont souvent des accumulations de graisses dans les artères du coeur et du cerveau, ce qui augmente le risque de crise cardiaque et d'AVC mortels. Les personnes atteintes de diabète de type 2 courent deux fois plus de risques de souffrir de la MAP. Des questions ont également été soulevées au sujet du rôle d'une mutation génétique appelée MTHFR 677C>T. Une recherche auprès d'Oji-Cris atteints de diabète de type 2 et chez qui cette mutation particulière est présente a révélé que, chez les Oji-Cris, MTHFR 677C>T est un important facteur de risque de la MAP. La recherche a été réalisée en partenariat avec la bande des Premières nations de Sandy Lake.
  • Le Dr Chris Furgal, de l'Université Laval, en partenariat avec l'Inuit Tapiriit Kanatami, étudie l'impact des contaminants environnementaux dans l'Arctique canadien sur la santé humaine. Il a découvert que divers organochlorés (OC) et métaux toxiques se retrouvent dans les aliments traditionnels des peuples autochtones qui vivent là-bas. Leur présence peut contribuer entre autres à des troubles du système immunitaire, à un faible poids de naissance et à des problèmes respiratoires. Afin de modifier les régimes alimentaires traditionnels de ces peuples, prévient le Dr Furgal, les chercheurs en santé doivent respecter les croyances sociales, culturelles, spirituelles, nutritionnelles et économiques des membres des communautés arctiques qui consomment des aliments contaminés.

En cours de réalisation...
S'attaquer au fléau du suicide chez les Autochtones

Les taux de suicide dans les communautés autochtones sont presque dix fois plus élevés que la moyenne nationale. Un chercheur appuyé par les IRSC, le Dr Gustavo Turecki, de l'Université McGill à Montréal, dirige une équipe qui cherche à savoir quels sont exactement les facteurs de risque liés au suicide chez les Autochtones. L'équipe a commencé à mener des entrevues individuelles détaillées dans tout le Nunavut avec des personnes qui ont survécu à une tentative de suicide ou dont un membre de la famille ou un ami s'est suicidé. L'équipe parlera aussi à un nombre égal de personnes non touchées par le suicide.

Dans le deuxième volet du projet, sous la conduite du Dr Rod McCormick, psychologue mohawk et professeur à l'Université de la Colombie-Britannique, on rencontrera seulement des personnes qui ont survécu à des tentatives de suicide. Les entrevues auront lieu dans des communautés autochtones en Colombie-Britannique, en Ontario, au Québec, en Nouvelle-Écosse et au Nunavut. Les chercheurs veulent en apprendre davantage sur ce qui a aidé ces personnes à surmonter la menace de suicide et à reprendre goût à la vie. Les organisations suivantes participent au projet : Nunavut Tunngavik inc.; Isaksimagit Inuusirmi Katujjiqatigiit (conseil de prévention du suicide « Embrace Life », Nunavut); le Bureau du coroner en chef de la Première nation Snuneymuxw (C.-B.); et la Inter Tribal Health Authority (C.-B.).

Les chercheurs...
Dre Caroline Tait - S'attaquer aux problèmes à risque élevé chez les populations autochtones du Canada

Les programmes de traitement et de soutien existants qui visent à prévenir l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale ne font pas le poids devant la pauvreté et les conditions de logement misérables qui contribuent à la vulnérabilité et à la marginalisation d'un groupe de femmes autochtones qui risquent d'abuser de l'alcool lorsqu'elles sont enceintes, selon la Dre Caroline Tait, anthropologue médicale métisse et professeure adjointe à l'Université de la Saskatchewan. Elle étudie les causes profondes des troubles causés par l'alcoolisation foetale, et sa recherche a montré que le surpeuplement et le manque de logements sûrs et adéquats à l'intérieur et à l'extérieur des réserves jouent un important rôle dans l'augmentation de la détresse psychologique et l'abus d'alcool.

« La personne va en désintoxication », dit la Dre Tait. « Elle est en meilleure santé, elle mange mieux, elle obtient des services de counseling. Puis elle retourne vivre dans les mêmes conditions qui l'ont poussée à consommer de l'alcool et des drogues ».

Selon la Dre Tait, les chercheurs, les responsables des politiques et les dirigeants des communautés autochtones doivent travailler ensemble pour s'attaquer aux problèmes de surpeuplement et du manque de logements sûrs et abordables tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des réserves. Il sera alors plus facile d'intervenir pour résoudre les problèmes de pauvreté, de santé mentale, de mauvaise alimentation et de faible scolarisation chez les Autochtones du Canada.

La Dre Tait connaît la pauvreté. Elle a grandi dans la misère dans une petite ville de la Saskatchewan, et elle n'a pas eu la chance de fréquenter l'université avant la fin de la vingtaine. Une fois qu'elle a pu le faire, toutefois, elle a rapidement obtenu une série de diplômes, raflant d'importantes bourses au passage, dont une bourse d'études Fulbright. En mai 2004, la Dre Tait a été nommée à un poste conduisant à la titularisation par le Centre de recherche sur la santé des peuples autochtones.

En plus de poursuivre sa recherche sur la prévention des troubles causés par l'alcoolisation foetale et les disparités en matière de santé mentale chez les peuples autochtones, la Dre Tait s'emploie à renforcer le milieu de la recherche dans ce domaine. Elle participe activement au Réseau national de recherche en santé mentale chez les Autochtones, qui a été créé en 2001 pour renforcer la capacité de recherche en santé mentale au sein des communautés autochtones. Le réseau combine des programmes de mentorat pour les étudiants avec une approche fortement interdisciplinaire de la recherche. Cette approche assure la conjugaison des efforts de représentants communautaires, de chercheurs, de praticiens en santé mentale, d'experts de la santé publique, d'éducateurs, et de travailleurs de première ligne dans les domaines de la santé et des services sociaux.

« Nous avons besoin de recherche interdisciplinaire », dit la Dre Tait. « Nous devons continuer dans cette voie. Je pense qu'il est vraiment important d'avoir ces possibilités de dialogue et de travail en réseau ».

L'Institut des IRSC

L'Institut de la santé des Autochtones des IRSC a une mission - réduire les disparités en matière de santé qui touchent un si grand nombre d'Autochtones au Canada. Il forge des partenariats, fondés sur l'excellence en recherche, avec des chercheurs et des communautés qui respectent les valeurs et les cultures autochtones, tout en encourageant les Autochtones à devenir eux-mêmes des chercheurs en santé.

Au sujet des IRSC

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de financement de la recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.

Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage, Ottawa (Ontario) K1A 0W9
http://www.irsc-cihr.gc.ca/


*Santé Canada, Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, 2000.