ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte 2005-2006

AvertissementCette page a été archivée.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez obtenir cette information dans un autre format en communiquant avec nous.

L'arthrite

[ PDF (51.2 Ko) | Aide ]

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2005-2006, environ 19 millions de dollars dans la recherche sur l'arthrite dans tout le pays.


Les faits

  • L'arthrite englobe plus de cent maladies différentes, dont le lupus, la fibromyalgie, la goutte, le syndrome de l'articulation temporomandibulaire et la sclérodermie.
  • Le type d'arthrite le plus fréquent au Canada est l'arthrose, qui touche trois millions de Canadiens, soit une personne sur dix. En 1998, près de 80 % des coûts économiques de l'arthrite, environ 3,5 milliards de dollars, étaient attribuables à l'incapacité à long terme; 70 % de ces coûts ont été engagés pour des personnes de 35 à 64 ans.
  • La polyarthrite rhumatoïde arrive au deuxième rang et touche un Canadien sur cent, soit 300 000 personnes. Il s'agit d'une maladie auto-immune au cours de laquelle le système immunitaire s'attaque à des articulations saines et cause des dommages au cartilage, aux os, aux tendons et aux ligaments. La polyarthrite rhumatoïde touche deux fois plus de femmes que d'hommes et se manifeste le plus souvent entre l'âge de 25 et 50 ans.
  • Les deux tiers des personnes atteintes d'arthrite sont des femmes et près de 60 % sont âgées de moins de 65 ans.
  • Dans tous les groupes d'âge, l'arthrite est deux à trois fois plus susceptible d'entraîner l'invalidité des travailleurs que toutes les autres maladies chroniques.
  • Les épidémiologistes prédisent qu'il y aura environ 100 000 nouveaux cas d'arthrite chaque année durant les 30 prochaines années. On estime qu'en 2026, plus de six millions de Canadiens âgés de 15 ans et plus souffriront d'arthrite.
  • Plus de 4 millions de Canadiens souffrent de troubles musculosquelettiques et 90 % d'entre eux sont atteints d'arthrose.
  • Les affections musculosquelettiques coûtent aux Canadiens plus de 16,4 milliards de dollars chaque année, le coût le plus élevé après le coût attribuable aux maladies cardiovasculaires. De ce chiffre, 2,6 milliards de dollars représentent des coûts directs (médecins, soins hospitaliers, médicaments) et 13,7 milliards de dollars correspondent aux coûts indirects, entre autres pour l'invalidité et le décès prématurés.

La recherche : trouver des solutions pour vaincre l'arthrite

  • Le partage des coûts pour les médicaments d'ordonnance est courant au Canada. Les modalités peuvent différer, mais les utilisateurs paient normalement une partie de tous les coûts jusqu'à un maximum au-delà duquel le médicament est gratuit ou presque. Selon une étude auprès de patients âgés souffrant de polyarthrite rhumatoïde, les patients avaient beaucoup plus tendance à se rendre chez le médecin ou à l'hôpital lorsqu'ils devaient payer des frais pour les médicaments. L'étude, réalisée par un chercheur financé par les IRSC, le Dr Aslam Anis, et d'autres membres de l'équipe de l'Hôpital St. Paul à Vancouver, semble indiquer que dans un système de soins de santé financé en grande partie par l'État, les stratégies de contrôle des coûts peuvent se révéler contre-productives parce que les utilisateurs considèrent les services de santé comme des solutions de rechange aux médicaments d'ordonnance.
  • Personne, semble-t-il, n'aime admettre qu'il souffre. Selon les études d'une chercheuse financée par les IRSC, la Dre Gillian Hawker de l'Université de Toronto, c'est clairement le cas des personnes âgées qui souffrent d'arthrose. Dans des entrevues avec des personnes atteintes d'arthrose, les répondants ont dit hésiter à prendre des analgésiques même si on leur en avait prescrits, ce qui exerçait une pression sur leurs familles et le système de santé. La recherche met en relief le besoin de repenser la manière dont les analgésiques sont prescrits et dont la douleur est prise en charge dans le cas des patients âgés qui souffrent d'arthrose.
  • Un chercheur financé par les IRSC, le Dr Jason McDougall de l'Université de Calgary, a franchi les premières étapes en vue de mieux comprendre la douleur chez les personnes qui souffrent d'arthrite et de trouver de nouveaux médicaments, qui ne créent pas de dépendance, pour calmer cette douleur. Dans des tests sur des rats, un nouveau type d'analgésique, appelé endomorphine-1, s'est révélé efficace pour l'inflammation aiguë, non chronique, de l'articulation du genou. Toutefois, le même médicament a été sans effet dans le cas d'inflammation articulaire chronique. La recherche apporte une information précieuse pour aider à trouver de nouvelles façons de rendre le produit efficace pour les personnes atteintes d'arthrite chronique.
  • Prendre en charge une maladie chronique tout en conservant un emploi représente un problème de taille pour les personnes aux prises avec ce type de maladie. Une chercheuse financée par les IRSC, la Dre Monique Gignac du Toronto Western Research Institute, Réseau de recherche universitaire, étudie comment les personnes qui souffrent d'arthrite s'adaptent à la situation. Elle a trouvé que ces personnes avaient plusieurs façons différentes de s'adapter à leur situation, c'est-à-dire qu'elles pouvaient demander de l'aide, modifier leurs activités, changer leur comportement ou simplement s'y prendre à l'avance pour éviter des problèmes prévus. Les personnes qui souffrent d'arthrite ont dit adopter ces comportements d'adaptation beaucoup moins au travail, et s'en servir surtout dans leur vie personnelle. L'« adaptation anticipée » était fort courante dans le milieu de travail. La recherche apporte une importante information qui aidera les responsables des politiques à comprendre le fardeau des maladies chroniques et la meilleure façon de répondre à ces besoins.
  • De nombreuses maladies des os et des articulations sont des maladies chroniques, créant des défis tout au long de la vie pour les personnes qui en sont atteintes. Un chercheur financé par les IRSC, le Dr Peter Tugwell de l'Université d'Ottawa, en partenariat avec une organisation appelée Collaboration Cochrane, recense les sortes de compétences que les consommateurs de soins de santé doivent posséder pour prendre en charge efficacement leur maladie. Ces compétences entrent dans diverses catégories, par exemple comment utiliser l'information sur la santé pour prendre des décisions, communiquer avec d'autres, clarifier les valeurs et les priorités, et négocier leur rôle comme patient. La liste sera utilisée pour créer un outil qui aidera à faire en sorte que les consommateurs de soins de santé obtiennent ce dont ils ont besoin du système de santé à toutes les étapes dans le cours de leur maladie.

En cours de réalisation...
Accroître la mobilité des personnes atteintes d'arthrose

La recherche actuelle renforce l'idée selon laquelle un système musculosquelettique en santé est la clé qui permet à une personne d'être mobile et physiquement active. Dans un projet en cours avec l'aide financière des IRSC, la Dre Catherine Arnold de l'Université de la Saskatchewan entreprend un essai clinique de deux ans pour étudier l'effet de l'aquaforme et de ce type d'exercice combiné à l'éducation sur la réduction des risques de chute chez les adultes âgés souffrant d'arthrose de la hanche. Chez les adultes âgés, les fractures de la hanche causées par des chutes sont particulièrement dévastatrices, entraînant souvent la mort ou le placement dans un établissement de soins de longue durée. Parce qu'elles ressentent souvent de la douleur, les personnes âgées qui souffrent d'arthrose de la hanche trouvent difficile de participer à des programmes d'exercice conçus pour améliorer l'équilibre, la force et la mobilité - et donc réduire les chutes. Si la Dre Arnold parvenait à démontrer quels programmes de prévention des chutes seraient les plus efficaces, il pourrait être possible d'éviter des décès à la suite de fractures de la hanche et de prévenir la perte de qualité de vie chez cette population âgée.

Les chercheurs...
Dr Steven Boyd - Le voir, c'est le croire

La petite ville d'Oliver dans le sud de l'Okanagan (C.-B., pop. 4 500) a maintenant deux fils célèbres : le premier poète officiel du Parlement du Canada, George Bowering, et le tout aussi méritant, quoique moins connu peut-être, Dr Steven Boyd.

Le Dr Boyd, ingénieur en mécanique et professeur agrégé à l'Université de Calgary, est un des chercheurs de plus en plus nombreux à être issus du génie mécanique qui appliquent leur expertise et obtiennent des résultats dans le domaine de la recherche en santé.

« Je dois faire attention pour publier dans une revue d'ingénierie de temps en temps, blague le Dr Boyd, juste pour rappeler aux gens que je suis encore ingénieur. »

Le Dr Boyd est un joueur clé dans plusieurs projets financés par les IRSC et compte un certain nombre de membres de facultés différentes à l'Université comme collaborateurs. Les projets portent sur des affections comme l'ostéoporose et l'arthrose et on y utilise une puissante technique d'imagerie, la tomodensitométrie, pour déceler et suivre les changements dans la structure osseuse. La tomodensitométrie donne des images 3-D hautement détaillées des os.

« J'adore être en mesure de regarder à l'intérieur d'une structure et de voir ce qui s'y passe avec beaucoup de précision. Cette approche nous permet de nous concentrer sur d'importantes questions cliniques et d'y apporter des réponses », dit-il.

Une question concerne l'impact des blessures sur l'arthrose. Par exemple, l'adolescent ou le jeune adulte qui se blesse une seule fois au genou risque jusqu'à trois fois plus de souffrir d'arthrose dans ce genou avant d'être une personne d'âge mûr.

Selon le Dr Boyd, une des raisons de cette statistique est que la blessure initiale entraîne une importante perte osseuse, ce qui réduit la force de l'os, et se répercute ensuite sur le cartilage. Comme on dit, une maison n'est pas plus solide que ses fondations. Donc, quand l'articulation - ou la fondation - est compromise, les tissus plus faibles, comme le cartilage, « y passent aussi », résume le Dr Boyd.

Dans des études sur des souris, le Dr Boyd, en collaboration avec le Dr Ronald Zernicke, aussi de l'Université de Calgary, a utilisé la tomodensitométrie pour démontrer que 40 % de la perte osseuse se produit dans les trois mois suivant la blessure. L'équipe procède aussi à des expériences avec des médicaments contre l'ostéoporose pour prévenir cette perte osseuse et, conséquemment, l'apparition de l'arthrose.

« Les patients ne se présentent jamais avant d'avoir mal. Entre-temps, la blessure initiale a eu le temps de créer des changements dans l'os, et les choses se sont mal stabilisées. L'os ne constitue plus la fondation optimale pour le cartilage. Nous essayons de prévenir ces changements afin que le patient n'ait même plus à se présenter à la clinique », dit le Dr Boyd.

L'Institut des IRSC

Les travaux de l'Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite des IRSC sont vraiment à l'avant-garde. Entre autres importants projets, l'Institut travaille en effet avec l'Agence spatiale canadienne à financer la recherche sur l'alitement prolongé et la déperdition osseuse dans les vols spatiaux. Membre actif du Réseau d'action national canadien, l'Institut est aussi un ardent promoteur de la Décennie des os et des articulations décrétée par l'Organisation mondiale de la santé et endossée par les Nations Unies en 2000.

Au sujet des IRSC

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de financement de la recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.

Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage, Ottawa (Ontario) K1A 0W9
http://www.irsc-cihr.gc.ca/