ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte 2005-2006
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Le cancer
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2005-2006, environ 118,3 millions de dollars dans la recherche sur le cancer dans tout le pays.
Les faits
- En raison du vieillissement de sa population, le Canada devra faire face à une épidémie de cancer au cours des 20 prochaines années. Si la tendance actuelle se maintient, 5,7 millions de Canadiens seront touchés par un cancer et 2,7 millions décéderont de cette maladie au cours des 30 prochaines années.
- On estime qu'il y aura 153 100 nouveaux cas de cancer et 70 400 décès attribuables à cette maladie au Canada en 2006.
- Parmi les types de cancer, le cancer du poumon est la première cause de décès, tant chez les hommes que chez les femmes. De façon générale, le cancer colorectal arrive au deuxième rang pour le nombre de décès.
- Chez les Canadiens de 70 ans et plus, on constate 43 % des nouveaux cas de cancer et 60 % des décès attribuables au cancer.
- Si l'on se fie aux taux d'incidence actuels, 38 % des Canadiennes et 44 % des Canadiens seront touchés par un cancer au cours de leur existence.
- Selon les taux de mortalité actuels, 24 % des femmes et 29 % des hommes décéderont d'un cancer, soit environ un quart de la population canadienne.
- Le tabagisme est responsable de 27 % des années potentielles de vie perdues en raison du cancer.
- Le cancer coûte plus de 14 milliards de dollars aux Canadiens chaque année. De ce total, 2,5 milliards sont consacrés aux coûts directs comme les frais d'hospitalisation et les médicaments, alors que 11,8 milliards sont affectés aux coûts indirects tels que la mortalité précoce ou l'invalidité.
La recherche : trouver des solutions pour vaincre le cancer
- Un chercheur financé par les IRSC, le Dr Georg Bjarnason, du Sunnybrook Health Sciences Centre à Toronto, a déterminé que les patients aux prises avec un cancer de la tête et du cou qui reçoivent de fortes doses de radiations le matin ont plus de chances de ne pas être atteints de mucosite (grave irritation de la gorge et de la bouche). Dans son étude, le Dr Bjarnason a découvert que seulement 43 % des patients qui recevaient leur traitement le matin venaient à souffrir de mucosite, comparativement à 67 % des patients traités l'après-midi. La découverte pourrait avoir des conséquences pour d'autres traitements du cancer dont les effets secondaires sont aussi importants.
- Des cellules dites « tueuses naturelles » (NK) reconnaissent et tuent les cellules cancéreuses. Des équipes de recherche en santé essaient depuis des années de trouver des moyens d'accroître l'activité de ces cellules. Un chercheur financé par les IRSC, le Dr André Veillette, de l'Institut de recherches cliniques de Montréal, vient de découvrir qu'une protéine appelée EAT-2 ralentit la fonction des cellules NK. Si des médicaments peuvent être mis au point pour inhiber EAT-2 chez les humains, le Dr Veillette croit que les cellules NK augmenteront probablement et contribueront à la chimiothérapie et à la radiothérapie pour améliorer l'efficacité des traitements contre le cancer.
- La rate, qui filtre et produit le sang, n'est pas considérée comme essentielle au fonctionnement normal de l'organisme. Néanmoins, un chercheur financé par les IRSC, le Dr Yaacov Ben-David, du Sunnybrook Health Sciences Centre à Toronto, a déterminé que la rate chez des souris malades pouvait jouer un rôle dans l'apparition de la leucémie. Certains des facteurs de croissance libérés par la rate, comme MCP et VEGF, peuvent favoriser le développement de cellules leucémiques, de même que l'apparition du cancer du sein et d'autres cancers. Si la même chose se produit chez les humains, la mise au point de nouveaux traitements médicamenteux ou même l'ablation chirurgicale de la rate pourraient devenir des options thérapeutiques.
- On sait depuis un certain temps que la surproduction d'une protéine appelée c-Myc joue un rôle clé dans l'apparition du cancer. Les travaux d'une chercheuse financée par les IRSC à l'Université du Manitoba, la Dre Sabine Mai, ont permis de découvrir une nouvelle fonction de cette protéine. En effet, la chercheuse a démontré que lorsque c-Myc est présente à un certain niveau, les extrémités des chromosomes deviennent « collantes » et se joignent ensemble. Lorsque la cellule se divise, ces chromosomes joints se séparent, mais en un point différent. Ce cycle se poursuit et ces chromosomes une fois modifiés continuent d'attirer de nouveaux chromosomes et de se diviser en de nouveaux points, ce qui crée une instabilité génétique et entraîne une multiplication incontrôlée des cellules. Comprendre comment le cancer apparaît est essentiel pour trouver de nouvelles façons de diagnostiquer et de traiter cette maladie.
- Le Dr Peter Forsyth, de l'Université de Calgary, et le Dr Grant McFadden, du Robarts Research Institute à London (Ontario), ont montré pour la première fois qu'un poxvirus vivant, le virus myxoma, pouvait tuer des tumeurs cérébrales humaines chez la souris. Dans leur étude collaborative réalisée à l'échelle du pays, les Drs Forsyth et McFadden, qui bénéficient tous deux de fonds des IRSC, ont montré que le poxvirus avait éradiqué les gliomes humains, ou tumeurs cérébrales terminales, chez 92 % des souris soumises à l'expérience. Seules les cellules cancéreuses sont mortes, et toutes les autres cellules saines sont restées intactes. Si d'autres expériences sur des animaux devaient se révéler fructueuses, des essais cliniques chez l'humain pourraient débuter dans trois ou quatre ans.
- Le Dr Martin Yaffe, du Sunnybrook Health Sciences Centre à Toronto, a prouvé par un essai clinique que la mammographie numérique était plus précise que la mammographie sur film pour détecter le cancer du sein chez des femmes âgées de moins de 50 ans qui ont des seins denses ou qui sont en préménopause. L'aide financière des IRSC a contribué à la mise au point de la nouvelle méthode de mammographie numérique.
En cours de réalisation...
S'attaquer au défi du cancer du sein
Une équipe de recherche dirigée par le Dr Michael Pollak, de l'Université McGill, et comptant des chercheurs de l'Université Laval, de l'Université de la Colombie-Britannique et de l'Hôpital Mount Sinai étudie la possibilité qu'une carence en vitamine D et de hauts taux d'insuline fassent augmenter les risques de cancer du sein. Les IRSC et l'Alliance canadienne pour la recherche sur le cancer du sein contribuent financièrement à la recherche.
Les chercheurs...
Dr Peter Cheung - Cartographier ce qui se cache derrière le génome humain
Les grandes réalisations ne sont jamais un point final. Le plus souvent, elles sont une invitation à entreprendre un nouveau chapitre. C'est certainement le cas en génétique, et ce constat s'applique clairement au Dr Peter Cheung, qui étudie les facteurs complexes qui contrôlent la régulation des gènes, un domaine de recherche qui aura des applications futures dans le traitement du cancer.
« Les projets de séquençage du génome humain et de cartographie des gènes nous ont apporté une foule d'informations. Maintenant, nous devons passer à l'étape suivante et comprendre comment tous ces gènes sont régulés et comment des changements dans l'environnement peuvent amener des gènes à s'activer ou à se désactiver », indique le Dr Cheung. Ce nouveau domaine s'appelle l'épigénétique.
Pour le Dr Cheung, nouveau chercheur des IRSC et professeur adjoint à l'Université de Toronto, comprendre la régulation des gènes est essentiel pour comprendre le cancer, qui à proprement parler est un dérèglement de cette régulation.
« On compte plus de 200 types différents de cellules dans l'organisme, qui ont tous une fonction hautement spécialisée. Chacune de ces cellules a la même copie de séquences du génome. Mais pour pouvoir exécuter ses fonctions particulières, chaque type possède des ensembles uniques de gènes qui sont exprimés. La régulation joue le même rôle que la direction de la circulation : dire à la cellule quels gènes sont nécessaires, et doivent donc être activés, et lesquels ne sont pas nécessaires, et peuvent donc rester silencieux », dit-il.
Des modifications chimiques apportées à un groupe de protéines appelées histones représentent un élément clé qu'étudie le Dr Cheung. L'ADN est toujours enroulé autour d'histones, comme la soie sur une bobine, pour fabriquer les chromosomes. Les histones contrôlent donc l'accessibilité de l'ADN et des gènes. Les histones ont des « queues » qui peuvent attirer divers éléments chimiques, un groupe acétyle ici, un groupe méthyle là, et ainsi de suite.
Ces éléments chimiques, à leur tour, modifient la tension de l'enroulement de l'ADN. Un groupe acétyle, par exemple, est comme un relaxant musculaire, qui rend l'ADN plus lâche. Dans cet état, il donne accès à des facteurs de transcription qui, en bout de ligne, détermineront l'activation du gène. Les groupes méthyles ont l'effet contraire.
Dans le cas du cancer, ces modifications chimiques en apparence distantes et secondaires peuvent avoir un effet déterminant, p. ex. un suppresseur de tumeur peut accidentellement être désactivé et entraîner l'apparition du cancer. La recherche du Dr Cheung laisse entrevoir de nouveaux traitements possibles du cancer grâce à des efforts moins centrés sur les séquences d'ADN des gènes, mais plus sur les mécanismes qui les contrôlent.
« Nous commençons seulement à comprendre les différents éléments qui jouent un rôle dans la modification des histones, et nous essayons maintenant de nous concentrer sur la façon dont ils interviennent ensemble pour réguler l'expression des gènes. Nous devons trouver les bons éléments chimiques pour aider à modifier leur action, les activateurs et les inhibiteurs qui permettront un contrôle plus fin et de meilleurs résultats », conclut le Dr Cheung.
L'Institut des IRSC
L'Institut du cancer des IRSC coordonne la recherche sur le cancer partout au Canada dans des domaines prioritaires comme les soins palliatifs et les soins de fin de vie, établissant un modèle pour le monde. D'autres priorités vont de l'établissement du profil moléculaire des tumeurs à la détection précoce du cancer, en passant par la prévention des comportements à risque qui peuvent entraîner le cancer.
Au sujet des IRSC
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de financement de la recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.
Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage, Ottawa (Ontario) K1A 0W9
http://www.irsc-cihr.gc.ca/