ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte 2005-2006
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Le genre et la santé
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2005-2006, environ 37,9 millions de dollars dans la recherche sur le genre et la santé dans tout le pays.
Les faits
- Les femmes sont atteintes d'un plus grand nombre de maladies, sont en invalidité pendant un plus grand nombre d'années et vivent plus de stress que les hommes, mais elles vivent également plus longtemps. Même avec un diagnostic de maladie mortelle, les femmes survivent plus longtemps que les hommes.
- L'espérance de vie chez les femmes nées en 2002 était de 82,1 ans, comparativement à 77,2 ans chez les hommes. Entre 1979 et 2002, l'espérance de vie des hommes a augmenté de 5,8 ans, et celle des femmes, de 3,3 ans.
- Les femmes sont plus portées que les hommes à tenir compte de leur santé et de leur poids lorsqu'elles choisissent des aliments, tandis que les hommes sont plus enclins à s'adonner à des activités intenses pendant leurs loisirs. En 2004, selon l'indice de masse corporelle (IMC), 65 % des hommes et 53 % des femmes au Canada étaient considérés comme ayant un surplus de poids ou comme étant obèses.
- À 65 ans, 77 % des hommes et 85 % des femmes souffrent d'au moins une maladie chronique. L'arthrite est la maladie chronique la plus courante.
- En 2002, plus de 600 000 Canadiens avaient une dépendance à l'alcool, et près de 200 000 avaient une dépendance aux drogues illicites. Les hommes sont plus susceptibles que les femmes de trop boire et de faire usage de drogues illicites.
- L'âge et le sexe d'une personne influent remarquablement sur la probabilité qu'elle connaisse la pauvreté. Les femmes sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté, tout comme les jeunes et les personnes âgées. En fait, les enfants et les adolescents sont surreprésentés au sein de ce groupe, comptant pour 40 % de la population pauvre.
- Un Canadien sur douze de quatre à sept ans en 1998-1999 avait connu la violence à la maison. Les enfants qui ont été témoins de comportements violents risquent plus d'être ouvertement agressifs.
La recherche : trouver des solutions pour faire face aux problèmes de santé des hommes et des femmes
- Une étude de la Dre Shari Brotman, de l'Université McGill, a révélé que les homosexuels âgés ont de la difficulté à obtenir des services de santé et des services sociaux, et que dans certains cas, ils font face à des préjugés. La Dre Brotman a mené 90 entrevues avec des personnes âgées, des aidants naturels, et des prestataires de services de santé et de services sociaux à Vancouver, à Montréal et à Halifax. L'étude recommande une meilleure formation ainsi que des normes afin de respecter le mode de vie des patients et de leur fournir les soins dont ils ont besoin.
- Lorsque les enfants, les filles en particulier, atteignent l'âge de 12 ans, commence une période de vulnérabilité où ils reçoivent une information contradictoire au sujet de ce qui constitue un corps et un poids sains. La Dre Gail McVey, de l'Hôpital pour enfants, à l'Université de Toronto, met au point des outils et des programmes pour aider à « vacciner » les enfants au cours de cette période et à prévenir les facteurs de risque qui peuvent déclencher des désordres alimentaires comme l'anorexie mentale et la boulimie. Se fondant sur une recherche antérieure, l'équipe de la Dre McVey a créé une série de ressources Web que les enseignants et les étudiants peuvent utiliser dans leurs activités journalières en classe. Des leçons portent sur des sujets comme l'initiation aux médias, la saine alimentation, les effets des moqueries, l'influence de modèles adultes et la vie active.
- Les grossesses molaires, c'est-à-dire où il n'y a pas d'embryon, seulement du tissu placentaire, touchent environ une femme sur 1 000. La Dre Rima Slim, de l'Université McGill, en collaboration avec des partenaires de l'Inde, du Pakistan, du Liban et de l'Allemagne, a pour la première fois associé ce trouble à une mutation génétique particulière. Ce résultat pourrait conduire à de nouveaux tests de dépistage et de diagnostic.
- Une chercheuse financée par les IRSC à l'Institut de recherche en santé d'Ottawa, la Dre Andrée Gruslin, a découvert qu'une enzyme paresseuse pouvait entraîner une fausse couche en interférant avec le développement normal du placenta. Le gène qui produit l'enzyme en question peut aussi expliquer l'insuffisance pondérale à la naissance, par suite d'un retard de croissance intra-utérin. En dépistant la présence du gène chez les femmes, la Dre Gruslin et son équipe espèrent être en mesure de surveiller les femmes enceintes et de prévenir les mortinaissances.
En cours de réalisation...
Différences entre les sexes dans les maladies respiratoires
La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est la quatrième cause de décès en importance en Amérique du Nord. Déjà considérée comme une maladie d' « homme », la MPOC touche de plus en plus de femmes. Un nouveau programme de recherche interdisciplinaire à l'Université de la Colombie-Britannique, appelé ICEBERGS, étudie les causes de ce phénomène et renforce la capacité de recherche dans ce domaine. Sous la conduite de la Dre Susan Kennedy, des chercheurs étudieront les différences physiologiques - les femmes ayant des voies respiratoires plus grandes, plus de toxines pourraient être inhalées et déposées - ainsi que les facteurs socio-économiques et environnementaux. Dans un premier temps, les membres de l'équipe, tous des experts dans le domaine des maladies respiratoires, réexaminent aussi leur recherche antérieure pour voir si des conclusions différentes pourraient être tirées en tenant compte du genre.
Les chercheurs...
Dr Jacques J. Tremblay - Définir ce qu'il faut pour être un homme
Elles sont au coeur de la masculinité, mais pourtant elles n'ont jamais inspiré de chanson à succès. Même au sein de la communauté scientifique, elles ont été peu étudiées, ce qui a permis au Dr Jacques J. Tremblay, chercheur financé par les IRSC, de prendre une longueur d'avance sur ses collègues.
Le Dr Tremblay, professeur adjoint à la Faculté de médecine à l'Université Laval, étudie la fonction des cellules de Leydig, un seul des quelque 200 types de cellules différents du corps humain. Chacune de ces cellules a sa propre fonction spécialisée, et les cellules de Leydig, qui se trouvent dans les testicules, sont responsables de la production d'hormones stéroïdes comme la testostérone.
« Je voudrais comprendre ce qui, dans l'expression des gènes, fait que la cellule de Leydig est ce qu'elle est, et, en définitive, ce qui la rend capable de produire des hormones stéroïdes », dit le Dr Tremblay.
Pour comprendre ce processus, le Dr Tremblay étudie ce que l'on appelle les facteurs de transcription, les protéines qui aident à déchiffrer et à relayer les instructions contenues dans les gènes. C'est une longue cascade compliquée d'événements où sont transmis des signaux et des communications entre de nombreuses molécules différentes, qui ont chacune une fonction spécialisée, au cours du développement cellulaire.
« Collectivement, ces facteurs travaillent dans ce que nous avons décrit comme une sorte de « code combinatoire », une combinaison ou séquence unique d'événements au niveau moléculaire qui dit à la cellule de devenir ce qu'elle est », explique le Dr Tremblay.
Selon le Dr Tremblay, une compréhension aussi détaillée est essentielle pour aider à corriger les problèmes causés par le manque de certaines hormones produites par les cellules de Leydig.
Des études donnent à penser que l'exposition de la mère à des polluants environnementaux connus sous le nom de phthalates (courants dans les cosmétiques et les plastiques mous) et des taux d'oestrogène trop élevés (dont les causes peuvent être nombreuses : médication, obésité de la mère, environnement, etc.) peuvent être à l'origine de troubles reproductifs affectant l'embryon masculin, et les cellules de Leydig en particulier.
« La cellule de Leydig est à la fois la source de la masculinité et son talon d'Achille », conclut le Dr Tremblay.
L'Institut des IRSC
L'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC est le premier institut de recherche au monde à examiner la santé des femmes et des filles ainsi que des hommes et des garçons. Il se veut le champion d'efforts qui visent à mieux comprendre comment le sexe biologique et le genre influent sur l'accès au système de santé, les maladies chroniques et les invalidités, la santé à toutes les étapes de la vie, les comportements de santé et les toxicomanies, ainsi que les déterminants environnementaux de la santé.
Au sujet des IRSC
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de financement de la recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.
Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage, Ottawa (Ontario) K1A 0W9
http://www.irsc-cihr.gc.ca/