ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte 2005-2006

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Le VIH/sida

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2005-2006, environ 36 millions de dollars dans la recherche sur le VIH/sida dans tout le pays.


Les faits

  • Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est le virus responsable du syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA). Ce virus mute rapidement, créant ainsi de nouvelles souches qui le rendent difficile à détecter, à prévenir et à traiter. Il existe des traitements, mais ils sont coûteux et ne sont pas faciles à obtenir dans les pays en voie de développement. Il n'existe aucun remède pour guérir le sida.
  • Le VIH se transmet par contamination par le sang ou le sperme au cours d'activités comme le partage d'aiguilles et les relations sexuelles. Les mères infectées qui allaitent leurs enfants peuvent également le transmettre.
  • Le premier cas de sida au Canada a été signalé en 1982. Au 31 décembre 2005, on avait signalé plus de 60 160 cas de séropositivité au VIH au Canada.
  • En 2005, près de quatre millions d'adultes et d'enfants dans le monde ont été infectés par le VIH. La même année, environ 38,6 millions de personnes vivaient avec le VIH/sida. Au cours de l'année, il y a eu environ trois millions de décès causés par le sida. Les pays à revenu faible et moyen comptaient pour plus de 95 % des nouvelles infections à VIH.
  • Les femmes comptaient pour la moitié de tous les nouveaux cas d'infections à VIH chez les adultes de 15 ans et plus dans le monde en 2005. Au Canada, elles comptaient pour un quart des déclarations de résultats positifs au test du VIH, ce qui représentait une augmentation par rapport à la période d'avant 1996, où elles comptaient pour seulement 10 % des tests positifs.
  • En 2003, dans 14,4 % des cas de sida au Canada où l'origine ethnique était connue, il s'agissait d'Autochtones. Comparativement à la population générale, les Autochtones séropositifs au VIH sont plus susceptibles d'être des femmes, d'avoir moins de 30 ans et d'être infectés à cause de l'utilisation de drogues injectables. Une grande proportion des femmes enceintes infectées par le VIH sont autochtones.

La recherche : trouver des solutions pour vaincre le VIH/sida

  • Des chercheurs financés par les IRSC à l'Hôpital pour enfants de Toronto (Université de Toronto), sous la conduite du Dr Clifford Lingwood, ont trouvé une nouvelle molécule qui empêche de nombreux types du VIH, même les souches qui résistent aux médicaments, d'infecter différents genres de cellules. La molécule se fixe au virus et l'empêche de se fusionner à la cellule hôte. La molécule est soluble, ce qui la rend particulièrement prometteuse en vue d'une utilisation dans un microbicide topique que les femmes pourraient appliquer avant d'avoir des relations sexuelles pour empêcher la transmission du virus.
  • Un chercheur financé par les IRSC à l'Université de Montréal, le Dr Louis de Repentigny, a relevé des défauts dans les cellules immunitaires qui causent une infection fongique, appelée candidose, courante chez les personnes atteintes du VIH. L'infection peut limiter la consommation d'aliments, d'où une perte de poids qui peut mettre en danger la santé générale et le bien-être des patients. L'infection résiste souvent aux traitements antifongiques habituels. Les nouvelles connaissances acquises aideront à mettre au point des traitements plus puissants et plus efficaces pour l'infection fongique.
  • Un chercheur financé par les IRSC, le Dr Mario Ostrowski de l'Université de Toronto, utilise des techniques de pointe en immunologie et en virologie pour concevoir une nouvelle version améliorée d'un vaccin contre le VIH à partir du virus de la variole du canari. Une version antérieure du vaccin avait fait l'objet d'un essai clinique, mais les réactions immunologiques provoquées n'étaient pas assez fortes pour démontrer l'efficacité du vaccin. Une fois au point, la nouvelle version sera testée sur des souris et des singes, et si les résultats sont fructueux, des essais cliniques chez des humains seront entrepris.
  • Pour de nombreuses personnes vivant avec le VIH, rester en santé exige de se conformer à un traitement médicamenteux. Une attitude positive face à la prise de médicaments et un fort sentiment d'auto-efficacité étaient les plus importants prédicteurs de conformité au traitement antirétroviral, dans une étude en provenance de l'Université Laval. L'étude, réalisée sous la direction d'un chercheur financé par les IRSC, le Dr Gaston Godin, a également révélé que le fait de ne pas vivre seul et d'être un homme étaient d'autres prédicteurs de succès. Des informations du genre sont importantes pour la conception de programmes qui peuvent être utilisés pour améliorer la conformité aux programmes de traitement.
  • Travaillant auprès d'un groupe de travailleuses du sexe résistantes au VIH à Nairobi (Kenya), un chercheur financé par les IRSC, le Dr Keith Fowke de l'Université du Manitoba, faisait partie d'une équipe qui a constaté que les femmes qui sont résistantes au VIH réagissent différemment à un peptide appelé p24, ce qui pourrait se traduire par une durée de vie plus longue pour un groupe de cellules immunitaires connues sous le nom de cellules CD4+T. Cette information sera utile pour concevoir et mettre au point un vaccin efficace contre le VIH.
  • Les personnes qui sont exposées au VIH sans devenir infectées sont plus susceptibles d'avoir des réactions immunitaires contre le VIH que les personnes qui ont peu de chances d'être exposées, selon la recherche d'une chercheuse financée par les IRSC, la Dre Nicole Bernard de l'Université McGill. Ces réponses immunitaires semblaient protéger de l'infection les personnes non infectées exposées au VIH, peu importe si cette exposition provenait de l'injection de drogues ou d'un comportement sexuel.

En cours de réalisation...
Obtenir le traitement nécessaire

Quiconque en Colombie-Britannique est infecté par le VIH peut recevoir des médicaments gratuitement, mais de nombreuses personnes ne reçoivent pas les médicaments dont elles auraient besoin pour rester en vie. En 2003, un tiers des personnes décédées de causes liées au VIH n'ont pas reçu de traitement (nombre de ces personnes vivaient dans le centre-ville est de Vancouver, réputé pour sa forte population d'utilisateurs de drogues par injection). Les toxicomanes qui ne reçoivent pas de traitement anti-VIH ont la plus courte espérance de vie parmi toutes les personnes infectées par le VIH dans la province. On croit que 35 % des quelque 15 000 utilisateurs de drogues par injection de la ville sont actuellement infectés par le VIH.

Le Dr Thomas Kerr du Centre d'excellence de la Colombie-Britannique sur le VIH/sida veut améliorer l'accès au traitement du VIH, en examinant les obstacles auxquels se heurtent ces personnes avant d'être traitées. Il étudiera l'influence de la répression criminelle, des niveaux de traitement de la toxicomanie et de variables psychologiques, ainsi que d'aspects socio-économiques, comme l'instabilité du logement, sur l'accès et la conformité au traitement. Ses travaux pourraient déboucher sur l'élaboration d'interventions plus efficaces visant cette population à risque.

Les chercheurs...
Dr Julio Montaner - L'exemple de l'excellence

Il y a vingt ans, des hommes ont commencé à se présenter à l'urgence de l'Hôpital St. Paul, à Vancouver, avec une pneumonie mortelle. Personne ne savait de quoi il s'agissait. Tout ce dont on était sûr, c'est que ces hommes étaient jeunes, auparavant en bonne santé, et gais.

Ils étaient parmi les premières victimes du sida. Au cours des vingt dernières années, la situation du sida a radicalement changé; on ne parle plus d'épidémie mortelle, mais d'une maladie maîtrisable grâce à un traitement antirétroviral hautement actif.

Le Dr Julio Montaner a été à l'avant-scène de cette transformation. Il participe à des essais cliniques sur le VIH/sida depuis plus de vingt ans. Il est généralement reconnu comme un des pères du traitement antirétroviral hautement actif moderne. Il a également publié des centaines d'articles de recherche et il a été le premier à indiquer que le traitement antirétroviral pouvait être entrepris plus tard qu'on ne le pensait auparavant sans conséquences défavorables pour le patient. Sa recherche actuelle porte sur l'élaboration et la mise à l'essai de nouveaux traitements pour les personnes qui ne répondent pas au traitement antirétroviral normal et de nouvelles stratégies pour ralentir l'épidémie. De plus, le Dr Montaner s'apprête à devenir président élu de la Société internationale du sida en août 2006.

Le Dr Montaner a été formé en Argentine. Il est arrivé au Canada en 1981, comme boursier postdoctoral à l'Hôpital St. Paul et à l'Université de la Colombie-Britannique. Les avantages de faire de la recherche au Canada sont ce qui le fait rester ici. Ces avantages sont entre autres le système de soins de santé public du Canada, qui assure un niveau de soins auquel toutes les personnes qui vivent avec le VIH/sida ont accès. Il peut donc se concentrer sur les questions plus difficiles, par exemple pourquoi certaines personnes ne réagissent pas au traitement antirétroviral et comment réduire les effets secondaires de ce traitement. Une autre question urgente est comment atteindre les populations, comme les utilisateurs de drogues par injection autochtones, qui généralement ne sont pas traitées dans la même mesure que les autres personnes infectées par le VIH. Le Réseau canadien pour les essais VIH permet une approche intégrée qui avive les forces du Canada dans les essais cliniques VIH/sida.

Le Dr Montaner est un fier défenseur de ses patients. Il s'indignait récemment que Santé Canada ait approuvé plus de 21 000 demandes d'implants mammaires en silicone interdits tout en continuant de refuser aux patients ayant une infection à VIH avancée l'accès à des médicaments qui pourraient leur sauver la vie.

Le Dr Montaner aimerait aussi voir le Canada jouer un rôle directeur dans la prévention, le traitement et la prise en charge du VIH/sida au niveau international. Les chercheurs canadiens, dit-il, peuvent aider à transformer nos réalisations en avancées mondiales, et à mettre fin à la dévastation causée par le VIH/sida partout dans le monde.

L'Institut des IRSC

L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC dirige les efforts des IRSC dans la lutte contre le VIH/sida. Il gère l'Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida au Canada. Avec l'aide du Comité consultatif de la recherche sur le VIH/sida des IRSC, il détermine les priorités de recherche et entreprend des initiatives de recherche en collaboration pour réduire le fardeau du VIH/sida au pays et dans le monde.

Au sujet des IRSC

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de financement de la recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.

Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage, Ottawa (Ontario) K1A 0W9
http://www.irsc-cihr.gc.ca/