ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte 2005-2006

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La santé mentale

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2005-2006, environ 47,5 millions de dollars dans la recherche sur la santé mentale et les toxicomanies dans tout le pays.


Les faits

  • La maladie mentale désigne une vaste catégorie de troubles parmi lesquels figurent l'anxiété, la dépression, la schizophrénie, les troubles de la personnalité et les troubles alimentaires.
  • Un Canadien sur cinq présentera un problème de santé mentale à un moment donné de sa vie.
  • La plupart des maladies mentales se déclarent pendant l'enfance, l'adolescence et le début de l'âge adulte.
  • Un Canadien sur cent souffre de schizophrénie. Le trouble bipolaire, ou manie-dépression, touche aussi un Canadien sur cent. Huit pour cent (8 %) des adultes seront atteints d'une dépression grave à un moment donné de leur vie; 12 % de la population présente des troubles anxieux.
  • Ensemble, la schizophrénie, la dépression et le trouble bipolaire sont à l'origine de plus de 20 % des années vécues avec une incapacité dans les économies de marché établies.
  • Environ 3 % des femmes présenteront un trouble alimentaire au cours de leur vie.
  • En tant que groupe, les sujets atteints d'une maladie mentale risquent davantage d'être des agressés que des agresseurs.
  • La productivité perdue pour cause de troubles de santé mentale coûterait 33 milliards de dollars par année aux entreprises canadiennes.

La recherche : trouver des solutions pour améliorer la santé mentale

  • De puissantes forces dans le cerveau sont mises en action dans la dépendance aux drogues. Des chercheurs financés par les IRSC, les Drs Anthony Phillips et Yu Tian Wang, de l'Université de la Colombie-Britannique, ont démontré comment empêcher le cerveau de se souvenir des réactions plaisantes éprouvées à la suite d'une consommation de drogues stimulantes comme la cocaïne. L'équipe a créé un fragment protéique (un peptide) qui est utilisé pour bloquer les communications chimiques entre cellules cérébrales qui sont nécessaires pour évoquer ces souvenirs. Leurs travaux pourraient aboutir à de nouveaux traitements de la toxicomanie.
  • Une équipe internationale financée par les IRSC, sous la direction du Dr Xia Zhang à l'Université de la Saskatchewan, a découvert une enzyme, appelée PTEN, qui stimule les récepteurs de la sérotonine. Il s'ensuit une activité cérébrale accrue, à la manière des « récompenses » que procure la consommation de drogues. L'équipe a réussi à mettre au point un peptide qui empêche PTEN de réagir avec les récepteurs. Ses travaux permettent d'envisager la mise au point éventuelle de traitements pour prévenir la toxicomanie.
  • Un chercheur financé par les IRSC, le Dr Min Zhou, de l'Université de Toronto, avec des collègues de la Corée du Sud et de la Chine, a montré où les souvenirs douloureux étaient enregistrés dans le cerveau, et comment leur enregistrement se produisait. Cette découverte permet d'envisager des traitements possibles pour aider à contrôler les peurs et le stress post-traumatique. Un groupe de récepteurs, connus sous le nom de NMDA, reçoit des informations en réponse à un événement douloureux. Des cellules cérébrales dans une région frontale du cerveau appelée amygdale sont ensuite touchées. Lorsque cette activité se répète à la longue, le processus altère physiquement les cellules cérébrales en question. Dans des expériences avec des souris, lorsque les chercheurs bloquaient une protéine associée à ces récepteurs, les souris n'évitaient plus un obstacle précédemment associé à la peur.
  • Double trouble. Ce n'est pas seulement le nom d'un jeu de société bien connu. Cette expression décrit également la situation d'une personne aux prises à la fois avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie. Une étude récente de chercheurs financés par les IRSC, les Drs Saulo Castel et Brian Rush, du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto, ont constaté que, parmi la clientèle d'un programme de désintoxication externe, 25 % présentaient au moins trois problèmes de santé mentale différents. Les résultats donnent à penser que les troubles mentaux devraient faire l'objet d'un dépistage systématique dans le cadre des services de counseling offerts aux toxicomanes pour aider à améliorer les plans de traitement - et les résultats - pour les patients.

En cours de réalisation...
S'attaquer aux problèmes de santé mentale chez les Casques bleus canadiens

Le Canada a depuis longtemps la réputation d'envoyer des Casques bleus là où l'on a le plus besoin d'eux. Mais que faire lorsque ces soldats de la paix sont ceux qui ont besoin d'aide? Une équipe de chercheurs dirigée par le Dr Jitender Sareen, de l'Université du Manitoba, reçoit des fonds des IRSC pour étudier des données recueillies dans le cadre d'une enquête sur la santé mentale du personnel militaire, la plus importante jamais entreprise. À l'aide de ces données, l'équipe détermine les facteurs de risque de maladie mentale et de stress post-traumatique chez les soldats de la paix. L'équipe se sert de cette information pour savoir si les besoins en matière de santé mentale des soldats sont satisfaits et pour déterminer ce qui fait obstacle à l'obtention de traitements, ainsi que les genres de traitements nécessaires. Les résultats de cette recherche pourraient influencer la politique de santé mentale dans les forces armées.

Les chercheurs...
Dr Karim Nader - Aider à gérer les souvenirs douloureux

À 39 ans, le Dr Karim Nader, de l'Université McGill, est jeune selon la plupart des critères, mais il a déjà fait plus que beaucoup d'autres personnes de son âge.

En 2000, il a publié un article dans la prestigieuse revue Nature qui remettait en question la théorie centenaire au sujet de la manière dont les souvenirs lointains sont formés et mémorisés.

La consolidation cellulaire de la mémoire est une opération où les souvenirs nouveaux dans la mémoire à court terme se stabilisent et sont transférés dans la mémoire à long terme. L'opération, qui se déroule sur une période d'environ six heures, suppose la création d'ARN et de protéines spécifiques dans le cerveau qui sont essentiels pour aider à consolider la mémoire.

« Selon l'ancienne vision, une mémoire était comme une sorte de catalogue sur fiches. Les souvenirs, une fois consolidés, restaient fixés dans le cerveau et pouvaient être récupérés un nombre illimité de fois sans changer », explique le Dr Nader. Les conclusions de sa recherche, toutefois, ont introduit un concept complètement opposé au modèle existant : la « modifiabilité ».

Ironiquement, des conclusions semblables ont été la première fois obtenues au début des années 70, mais elles n'ont pas réussi à générer l'attention qu'elles méritaient à ce moment-là. Elles ont graduellement sombré dans l'oubli, jusqu'à ce que le Dr Nader les retrouve des années plus tard en voulant valider ses propres résultats de recherche dans ce domaine.

La recherche du Dr Nader démontre que lorsqu'ils sont rappelés, les souvenirs précédemment consolidés deviennent comme des souvenirs récents, c'est-à-dire « labiles » et sujets à changement. Selon ce scénario, au lieu d'une fiche imprimée à l'encre indélébile, on a plutôt un genre d'Etch-A-Sketch; toutes les lignes sur la tablette peuvent être modifiées. De même, au moment de la reconsolidation de la mémoire, des changements sont possibles.

« Juste parce qu'un souvenir redevient labile, ça ne veut pas nécessairement dire qu'il est effacé ou dégradé. La reconsolidation peut également renforcer la mémoire », indique le Dr Nader.

Ce qui continue d'attirer l'attention du point de vue thérapeutique, c'est la possibilité que les souvenirs de traumatismes puissent être estompés par une interruption du processus de reconsolidation. Ainsi, le Dr Nader collabore actuellement avec les Drs Alain Brunet (McGill), Scott Orr (Harvard) et Roger Pitman (Harvard) pour voir s'ils peuvent traiter des patients qui souffrent de stress post-traumatique en ciblant la reconsolidation de leurs souvenirs traumatisants. Il est très clair, dit-il, qu'ils essaient seulement de réduire l'intensité du souvenir au moment de sa reconsolidation sans modifier le contenu de la mémoire elle-même.

L'Institut des IRSC

Des maladies du système nerveux central (comme la sclérose en plaques), aux toxicomanies, aux maladies mentales (comme la schizophrénie), aux blessures et aux cinq sens avec lesquels nous interprétons le monde, l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies des IRSC s'intéresse au fonctionnement du cerveau et à la manière de composer avec les stigmates sociaux associés à la maladie mentale.

Au sujet des IRSC

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de financement de la recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.

Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage, Ottawa (Ontario) K1A 0W9
http://www.irsc-cihr.gc.ca/