ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte 2005-2006

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L'obésité

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2005-2006, environ 19,9 millions de dollars dans la recherche sur l'obésité dans tout le pays.


Les faits

  • En 2004, 23 % des adultes canadiens étaient considérés comme obèses avec un indice de masse corporelle (IMC) de plus de 30, par comparaison à 14 % en 1978. Une personne âgée sur quatre de plus de 75 ans était obèse.
  • Un quart des Canadiens qui avaient un surplus de poids en 1994-1995 étaient devenus obèses en 2002-2003; seulement 10 % avaient retrouvé un poids santé.
  • Les décès attribuables à des complications en raison d'un surplus de poids ou de l'obésité ont presque doublé de 1985 à 2000.
  • En 2004, 18 % des enfants âgés de 2 à 17 ans avaient un surplus de poids et 8 % étaient obèses - ce qui représente plus du quart des enfants.
  • L'obésité est un facteur de risque de cardiopathie, d'accident vasculaire cérébral, de diabète de type 2, de maladie de la vésicule biliaire et de certains cancers. Elle a aussi été associée à l'hypertension (pression artérielle élevée), à l'ostéoporose et à des troubles du sommeil comme l'apnée du sommeil.
  • Les coûts directs de santé liés à l'obésité, notamment les coûts des soins hospitaliers, des services des médecins et des médicaments auraient dépassé 4,3 milliards de dollars en 2001, soit 2,2 % des dépenses totales en santé pour toutes les maladies cette année-là.
  • Selon l'Organisation mondiale de la Santé, l'obésité est un important problème de santé publique largement ignoré.

La recherche : trouver des solutions pour vaincre l'obésité

  • L'obésité est un facteur de risque de maladie cardiaque bien établi, mais on ne s'entend pas vraiment sur la meilleure façon de la mesurer pour déterminer le risque véritable. Par exemple, l'obésité est couramment définie en termes d'indice de masse corporelle (IMC). Toutefois, l'IMC a été plus ou moins efficace seulement comme mesure du risque de crise cardiaque. Dans des études distinctes, des chercheurs financés par les IRSC, les Drs Salim Yusuf (Université McMaster), Jean Després (Université de Montréal) et Peter Katzmarzyk (Université Queen's), ont tous les trois comparé le rapport taille-hanche et l'IMC pour prédire le risque de maladie cardiovasculaire. Tous les trois ont conclu à la supériorité du rapport taille-hanche, particulièrement au sein de certaines populations ethniques. Leurs conclusions permettront aux professionnels des soins de santé de prédire avec plus d'exactitude le risque de crise cardiaque.
  • Pouvoir difficilement résister aux aliments n'est pas seulement une question de mauvaise maîtrise de soi; la génétique peut aussi être en cause. Un chercheur financé par les IRSC, le Dr Louis Pérusse, à l'Université Laval, a mis en évidence un gène lié aux comportements alimentaires et à l'obésité. Une version mutée de ce gène est liée à une capacité réduite d'arrêter de manger, ainsi qu'à la sensibilité à la faim. Sur une période de six ans, les personnes porteuses de la mutation ont pris plus de deux fois plus de poids que les personnes non porteuses du gène muté.
  • Avoir de mauvaises habitudes alimentaires n'est pas irréversible, en particulier si l'on vit avec une personne qui mange sainement. Une chercheuse financée par les IRSC, la Dre Gwen Chapman, de l'Université de la Colombie-Britannique, a examiné la possibilité que de saines habitudes alimentaires puissent être partagées ou améliorées dans une relation de cohabitation. Par des journaux alimentaires et des entrevues, la Dre Chapman a constaté que, avec le temps, le partenaire qui mangeait le plus sainement parvenait à influencer les habitudes alimentaires de l'autre partenaire. Les diététistes peuvent utiliser cette information pour mieux guider et encourager les changements dans les habitudes alimentaires de leur clientèle.
  • Une nouvelle recherche de la Dre Meizi He de l'Université Western Ontario, avec l'aide financière des IRSC, donne à penser que les parents qui s'en font avec les habitudes télévisuelles de leurs enfants devraient moins s'inquiéter de ce qu'ils regardent que du temps qu'ils passent devant la télé. La Dre He a sondé les parents d'enfants de 2 à 5 ans au sujet de leurs préoccupations parentales par rapport à la télévision. Elle a découvert que la plupart des parents ne s'inquiétaient pas du temps d'écoute, mais plutôt du contenu.

En cours de réalisation...
S'attaquer à l'obésité

Les femmes en préménopause et ménopausées en sont à des étapes différentes de leur vie, mais elles font souvent face aux mêmes problèmes lorsqu'il est question de poids.

Chez les femmes en préménopause, une trop grande attention au poids peut causer des problèmes de fertilité et la déperdition osseuse. Les régimes amaigrissants à répétition augmentent la probabilité de dérèglement des cycles menstruels et font augmenter les concentrations de l'hormone de stress cortisol, qui est en cause dans la déperdition osseuse. La Dre Susan Barr, à l'Université de la Colombie-Britannique, étudiera les femmes en préménopause et ménopausées pour en apprendre davantage sur les dangers possibles pour la santé de régimes amaigrissants excessifs.

Les deux tiers des femmes ménopausées, par contre, présentent une surcharge pondérale. La ménopause peut déclencher des changements métaboliques et comportementaux qui augmentent le risque d'obésité et de problèmes connexes. Une équipe de recherche multidisciplinaire financée par les IRSC aux universités de Montréal et d'Ottawa, sous la conduite d'un chercheur de l'Université d'Ottawa, le Dr Denis Prud'homme, étudie les facteurs physiologiques, comportementaux et biomécaniques qui sous-tendent la prise de poids, la perte de poids et la reprise de poids chez les femmes pendant et après la ménopause.

Les chercheurs...
Dr Guang Sun - À la recherche des causes de l'obésité chez les enfants

Le Dr Guang Sun, de l'Université Memorial à Terre-Neuve-et-Labrador, s'est fait connaître par l'étude du problème de l'obésité chez les adultes. Il applique maintenant les connaissances acquises dans le cadre d'un projet pilote financé par les IRSC sur l'obésité chez les enfants.

« Je considère l'obésité comme une maladie, et nous devons continuer à accroître la sensibilisation. Ce n'est pas une question d'image corporelle. L'obésité fait craindre à long terme l'apparition d'autres troubles graves », indique le Dr Sun.

Selon le Dr Sun, jusqu'à 600 gènes pourraient jouer un rôle dans l'obésité. Ces gènes peuvent intervenir dans l'appétit et le métabolisme global ou réguler la manière dont les graisses sont stockées dans l'organisme. Sept de ces 600 gènes ont été choisis pour la présente étude sur l'obésité chez les enfants.

« Aux fins de cette étude, nous recruterons 100 familles où un ou plusieurs enfants sont obèses », indique le Dr Sun. L'équipe obtiendra des prélèvements génétiques des participants et les analysera pour savoir lesquels des sept gènes sont présents.

Terre-Neuve-et-Labrador occupe une place quelque peu unique dans le monde de la recherche génétique, à l'instar de l'Islande et de la région du Lac Saint-Jean au Québec, en ce sens que la population partage un profil génétique relativement homogène. Il est ainsi plus facile de repérer les gènes de l'obésité, et d'analyser et de comparer les histoires familiales des porteurs de ces gènes.

Le projet est également unique par la manière dont les données des tests génétiques sont couplées avec les données des mesures physiques. Un instrument initialement créé pour mesurer l'ostéoporose, un densitomètre osseux, sera utilisé non seulement pour mesurer la quantité de gras, mais également pour localiser ce gras, tous les types de gras n'étant pas égaux.

« Le gras dans le milieu du corps est beaucoup plus dangereux que le gras dans le bas du corps », indique le Dr Sun. « À l'aide de cette technique, nous obtenons une information beaucoup plus ciblée que nous pouvons utiliser pour mesurer l'effet génétique exactement ».

On prévoit transformer le projet pilote en une étude plus vaste auprès de 300 enfants, puis concevoir des puces génétiques pour accélérer encore le dépistage.

« C'est une première », dit le Dr Sun de l'étude.

L'Institut des IRSC

L'obésité est plus complexe qu'on ne le pense, estime la Dre Diane Finegood, directrice scientifique de l'Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète des IRSC. Par conséquent, à l'issue d'une vaste consultation auprès des intervenants, l'Institut a déclaré que le problème croissant de l'obésité et le maintien d'un poids santé sont des questions prioritaires qui touchent à tous les volets de son mandat. L'Institut des IRSC a pour mandat d'appuyer la recherche visant à améliorer la santé en portant une attention particulière au régime alimentaire, aux fonctions digestives, à l'excrétion et au métabolisme.

Au sujet des IRSC

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de financement de la recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.

Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage, Ottawa (Ontario) K1A 0W9
http://www.irsc-cihr.gc.ca/