ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte 2005-2006

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La santé des populations

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2005-2006, environ 45,9 millions de dollars dans la recherche sur la santé des populations dans tout le pays.


Les faits

  • La recherche sur la santé des populations adopte une vaste approche pour comprendre les déterminants fondamentaux de la santé humaine au niveau individuel, communautaire et sociétal. Elle est centrée sur la protection des populations contre les dangers dans l'environnement, la prévention des maladies et la promotion de la santé.
  • Des facteurs comme le revenu et la condition sociale, l'éducation et l'alphabétisme, l'emploi, les réseaux de soutien social ainsi que les environnements sociaux et physiques sont d'importants déterminants de la santé au niveau des populations.
  • Ces déterminants peuvent influer sur la santé des façons suivantes, entre autres :
    • Les enfants de faible poids de naissance risquent davantage de contracter nombre de maladies plus tard, en plus de présenter des retards de développement. Les enfants de faible poids de naissance issus de milieux privilégiés, toutefois, restent avantagés du point de vue développemental par rapport aux enfants de poids de naissance normal de milieux défavorisés.
    • Le tabagisme, l'obésité, le haut niveau de stress, le faible revenu du ménage et le faible sentiment d'appartenance à la communauté ont tous des effets négatifs sur l'état de santé.
    • Les immigrants récents de pays non européens risquent deux fois plus que les Canadiens de naissance de faire état d'une détérioration de leur santé sur une période de huit ans (1994-1995 à 2002-2003), selon l'Enquête nationale sur la santé de la population, malgré le fait qu'ils soient généralement en meilleure santé que la population canadienne de naissance lorsqu'ils arrivent au Canada.
    • Les familles dont les membres sont plus instruits et ont un revenu plus élevé ont une alimentation plus proche des recommandations nutritionnelles que celles dont les membres sont moins instruits et ont un revenu moins élevé. Un régime alimentaire qui laisse à désirer joue un rôle dans l'apparition de nombreuses maladies.
    • Les personnes qui n'ont pas de contrôle sur leur milieu de travail sont plus susceptibles de souffrir de maladies cardiovasculaires et d'en mourir.

La recherche : promouvoir la santé des populations

  • La pollution atmosphérique envoie plus souvent des enfants pauvres à l'hôpital que des enfants de familles plus aisées, selon une recherche de chercheurs financés par les IRSC, dont le Dr Yue Chen, de l'Université d'Ottawa. L'équipe examinait l'effet de polluants atmosphériques gazeux, comme le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre, le dioxyde d'azote et l'ozone. Les effets de l'exposition au dioxyde d'azote étaient particulièrement marqués chez les garçons dans les groupes socio-économiques défavorisés, mais c'est le dioxyde de soufre qui était le plus nocif chez les filles dans ces groupes. Le risque d'asthme est plus élevé chez les personnes socio-économiquement défavorisées.
  • Selon une recherche de la Dre Nancy Ross, de l'Université McGill, chercheuse financée par les IRSC, relever de un pour cent la part de revenu de la moitié la plus pauvre des ménages dans les zones métropolitaines au Canada, en Australie, en Grande-Bretagne, en Suède et aux États-Unis pourrait réduire de plus de 21 décès pour 100 000 personnes la mortalité au sein de la population d'âge actif (25-64 ans). L'étude a révélé une importante relation entre l'inégalité et la mortalité, mais seulement dans les zones urbaines aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les pays - parmi les cinq de l'étude - où les niveaux moyens d'inégalité des revenus sont les plus marqués et où les populations sont les plus nombreuses. La recherche donne à penser que les États plus égalitaires, soit le Canada, l'Australie et la Suède, tempèrent les effets hypothétiques de l'inégalité du revenu comme déterminant de la santé des populations dans les pays industrialisés.
  • Dans le cadre d'une recherche financée par les IRSC, un sociologue de l'Université de Victoria, Mikael Jansson, étudie la population des jeunes sans-abri à Victoria (C.-B.). Selon l'enquête, la raison la plus commune de vivre dans la rue est l'instabilité familiale. Presque tous les participants ont déclaré gagner de l'argent en vendant de la drogue; la plupart font également usage de drogues sur une base hebdomadaire, 75 % disant fumer de la marijuana, 45 %, boire de l'alcool, et 20 %, prendre de la méthamphétamine (crystal meth). Seulement 7 % avaient un emploi rémunéré, et même si la plupart auraient aimé en avoir un, le fait de ne pas avoir d'adresse, de numéro de téléphone et de vêtements de travail constituait un obstacle. Le projet a également mis en lumière les difficultés inhérentes de la recherche auprès de populations difficiles d'accès ou cachées. Le Dr Jansson et son équipe suivent nombre des jeunes depuis cinq ans, et ils espèrent continuer de le faire pendant encore cinq ans.
  • Vivre dans des communautés rurales dépendantes des ressources est bon pour la santé, soutiennent les habitants de deux communautés du genre en Alberta. La Dre Judith Kulig, de l'Université de Lethbridge, a étudié les deux communautés, en même temps qu'une troisième communauté urbaine, pour déterminer ce qui rend les communautés résilientes et s'il existe un lien entre la résilience et l'état de santé. Les participants à l'étude considéraient que leurs communautés rurales étaient en santé et croyaient que le fait d'y vivre était bon pour leur santé. Les interactions sociales étaient considérées comme essentielles pour la santé, bien que les participants aient également exprimé des préoccupations relativement à des questions de salubrité de l'environnement.
  • Éradiquer la pauvreté extrême est un des huit objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies. Dans un projet financé par les IRSC, sous la conduite de la Dre Theresa Gyorkos, de l'Université McGill, et du Dr Martin Casapia, de l'Asociación Civil Selva Amazónica et de l'Universidad Nacional de la Amazonía Peruana, on a établi une liste des dix principales conditions d'importance pour la santé dans une petite communauté pauvre du Pérou, par exemple la malnutrition infantile, la grossesse chez les adolescentes, l'anémie, les infections parasitaires et le manque d'hygiène de base. De concert avec des membres de la communauté, l'équipe a également conçu des interventions en matière de santé, de nutrition et d'éducation pour aider à améliorer la santé et, au bout du compte, à réduire la pauvreté. La Dre Gyorkos vient de recevoir une subvention de cinq ans des IRSC pour mettre en oeuvre et évaluer des interventions choisies afin de donner suite à ces priorités.

En cours de réalisation...
Concevoir des interventions efficaces

Comment la cohésion et la cordialité dans les quartiers peuvent-elles influer sur la santé des gens? Et comment peut-on maximiser les facteurs qui améliorent la santé? Une chercheuse financée par les IRSC, la Dre Penny Hawe, de l'Université de Calgary, est à la tête d'un effort international qui porte sur l'incidence des environnements sociaux et physiques sur la santé. Un des premiers projets vise à améliorer les environnements sociaux dans les écoles. Une recherche de l'Organisation mondiale de la Santé a montré que l'aliénation de l'école est le plus important prédicteur de risques pour la santé, comme le tabagisme et la consommation d'alcool et de drogues.

Les chercheurs...
Dre Jean Shoveller - Une passion : les jeunes

La santé sexuelle des adolescents est normalement abordée sous l'angle du comportement à risque individuel. Toutefois, la Dre Jean Shoveller, professeure agrégée au Département de soins de santé et d'épidémiologie de l'Université de la Colombie-Britannique et boursière de la Michael Smith Foundation for Health Research, adopte une approche plus globale et forme des partenariats clés pour que sa recherche débouche sur une amélioration de la santé chez les jeunes.

« Je veux surtout comprendre et prendre en charge les facteurs structuraux qui mettent les jeunes à risque », dit-elle. « Nous devons faire mieux à cet égard. Les jeunes personnes méritent de pouvoir vivre des expériences positives en matière de santé sexuelle ».

Dans une grande mesure, ses travaux récents ont visé à comprendre les expériences des jeunes mères à Prince George (Colombie-Britannique) qui tentent de poursuivre leurs études, de trouver un logement et un emploi adéquats, et d'améliorer leurs compétences parentales. Ses partenariats avec le conseil scolaire de Prince George, les enseignants, les travailleurs sociaux, l'autorité sanitaire Northern Health et, surtout, les jeunes mères elles-mêmes ont permis lentement mais sûrement de créer de nouvelles et meilleures options. Elle est reconnaissante aux partenaires de la communauté pour leur engagement.

« Chaque jour, elles doivent composer avec leur situation. Elles ont besoin de beaucoup plus de courage qu'un chercheur pour faire ce qu'elles font », dit-elle.

La Dre Shoveller a récemment obtenu une subvention d'équipe interdisciplinaire de renforcement des capacités portant sur l'incidence du genre, de la culture et du lieu sur les disparités en matière de santé sexuelle dans les communautés rurales et nordiques - afin d'étudier comment transformer les forces structurelles pour améliorer la santé et le bien-être social des adolescents.

Elle est également enthousiaste au sujet d'un projet pilote financé par les IRSC qui mobilise les jeunes comme partenaires de recherche, au lieu d'en faire de simples sujets. Le projet consiste à élaborer des outils pour permettre aux jeunes de déterminer les orientations de recherches sur les déterminants sociaux des écarts en matière de santé sexuelle, et de mener à bien ces recherches. Les jeunes cochercheurs acquerront des compétences utiles par leur participation, outre les crédits académiques qu'ils obtiendront du conseil scolaire de Prince George.

« Il s'agit de faire en sorte que les jeunes tiennent le gouvernail avec nous. C'est nécessaire pour progresser dans ce domaine ».

L'Institut des IRSC

Qu'est-ce qui fait que certaines personnes sont en santé tandis que d'autres sont atteintes de maladies ou d'invalidités? Les raisons peuvent varier et être d'ordre biologique, culturel, social ou environnemental. L'Institut de la santé publique et des populations des IRSC étudie ces facteurs comme point de départ de programmes, de pratiques préventives et de politiques publiques saines qui amélioreront la santé de la population canadienne et mondiale.

Au sujet des IRSC

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de financement de la recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en santé dans toutes les provinces du Canada.

Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage, Ottawa (Ontario) K1A 0W9
http://www.irsc-cihr.gc.ca/