Collaboration Canada-Allemagne en recherche sur les maladies infectieuses

Rapport de la réunion

Montréal (Québec)
Canada
6 et 7 novembre 2006

Table des matières

Sommaire

En 1971, les gouvernements du Canada et de l'Allemagne ont conclu un accord de coopération scientifique et technologique dans le but à la fois de renforcer les liens et de développer la coopération entre les deux pays. Les 6 et 7 novembre 2006, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses et le ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche (BMBF) se sont rencontrés pour une réunion d'une journée et demie à Montréal, au Canada, pour faciliter la collaboration en recherche sur les maladies infectieuses. La réunion a regroupé des chercheurs éminents et des délégués des deux gouvernements fédéraux, ainsi que des représentants d'organismes de financement et les membres du Groupe de travail sur la coopération Canada-Allemagne en sciences et technologies. Les participants ont échangé de l'information relative à la recherche sur les maladies infectieuses dans les deux pays, ont établi des priorités dans cinq secteurs stratégiques et ont jeté les bases d'une collaboration future.

Les Drs Rudi Balling et Emil Skamene, coprésidents du comité organisateur, ont commencé la réunion par un survol des milieux canadien et allemand de la recherche sur les maladies infectieuses. Dans les deux pays, il existe une masse critique de scientifiques, de laboratoires et d'organismes consacrés à cette recherche, ce qui leur procure des bases solides en bactériologie, en virologie, en immunologie, en recherche de vaccins, en génétique humaine et animale et en expérimentation avec des modèles animaux.

À la suite des présentations des coprésidents, les participants se sont réunis en petits groupes afin de désigner des champs de coopération prioritaires dans cinq secteurs thématiques : maladies infectieuses et zoonoses nouvelles et négligées; génétique de la prédisposition aux infections; mise au point et évaluation de vaccins; virulence microbienne et résistance aux antibiotiques; et infections des hôtes « anormaux » . L'accent a été mis sur la recherche susceptible d'avoir un impact majeur sur la santé humaine et considérée comme faisable compte tenu de l'expertise et de l'infrastructure de recherche existantes dans les deux pays. Voici la liste des priorités de recherche stratégiques établies à la réunion :

  • maladies respiratoires infectieuses
  • génétique de la prédisposition aux infections respiratoires
  • nouvelles stratégies de vaccination sécuritaire contre les pathogènes des muqueuses
  • approche axée sur la biologie des systèmes à l'égard des infections respiratoires d'origine bactérienne
  • définition d'une plateforme de détermination du phénotype immunitaire assortie de procédures normalisées

Les participants ont également identifié divers organismes et mécanismes pouvant soutenir et promouvoir la collaboration : échanges de personnel et de stagiaires, réunions conjointes et visites entre chercheurs des deux pays, partage de réactifs et d'expertise et formation d'un centre d'excellence. Il est probable que les discussions tenues entre les participants à la réunion de Montréal servent à établir les bases de collaborations officielles futures.

Les organisateurs et les participants ont été très satisfaits du caractère constructif de la réunion et du degré d'intérêt et de coopération manifesté. Les priorités de recherche établies et les suggestions d'organismes et de mécanismes pouvant soutenir la collaboration prépareront le terrain à des discussions stratégiques approfondies qui auront lieu à la réunion prévue pour la phase 2, en Allemagne, en mars 2007. Cette réunion servira à discuter des recommandations issues de la réunion de Montréal et à établir un plan d'action précis.

Contexte

En 1971, les gouvernements du Canada et de l'Allemagne ont conclu un accord de coopération scientifique et technologique dans le but à la fois de renforcer les liens et de développer la coopération entre les deux pays, en reconnaissance des effets positifs d'une telle coopération sur la qualité de vie et le bien-être économique de leurs citoyens.

Dans le cadre de cet accord, des représentants des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), du Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses et du ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche (BMBF) se sont rencontrés à Montréal les 6 et 7 novembre 2006 dans le but de faciliter la collaboration dans le domaine des maladies infectieuses. La réunion a regroupé des chercheurs éminents des deux pays dans le domaine des maladies infectieuses, des représentants des deux gouvernements fédéraux et d'organismes de financement ainsi que les membres du Groupe de travail sur la coopération Canada-Allemagne en sciences et technologies. Voir l'Annexe 1 pour la liste des membres du comité organisateur et l'Annexe 2 pour la liste des participants à la réunion.

Survol de la réunion

La réunion de Montréal devait servir à cerner des questions d'intérêt mutuel en recherche sur les maladies infectieuses, et à reconnaître les mécanismes et les organisations pouvant promouvoir et produire des collaborations dans ces secteurs. Les principaux objectifs consistaient à :

  • forger des relations et renforcer les liens et les interactions entre chercheurs éminents du Canada et de l'Allemagne qui sont guidés par les principes d'excellence et d'innovation dans leur façon d'aborder les questions de recherche stratégiques dans le domaine des maladies infectieuses
  • échanger de l'information et établir des priorités relatives aux cinq thèmes de recherche stratégiques suivants :
    • maladies infectieuses et zoonoses nouvelles et négligées
    • génétique de la prédisposition aux infections
    • mise au point et évaluation de vaccins
    • virulence microbienne et résistance aux antibiotiques
    • infections des hôtes « anormaux »
  • préparer le terrain pour de futures collaborations et pour la deuxième réunion entre chercheurs éminents du Canada et de l'Allemagne dans le domaine des maladies infectieuses

Les Drs Rudi Balling et Emil Skamene, coprésidents du comité organisateur, ont donné le ton aux discussions par un survol des milieux canadien et allemand de la recherche sur les maladies infectieuses. Les participants se sont ensuite divisés en petits groupes correspondant à cinq secteurs thématiques, afin de définir des champs de coopération prioritaires entre le Canada et l'Allemagne dans chacun de ces secteurs. Les principales priorités de recherche stratégiques de chaque groupe ont été soumises à des discussions et à des retouches en séance plénière. Ces priorités orienteront les discussions de la réunion prévue pour la phase 2, en Allemagne, en mars 2007.

Résumé de la réunion

Le milieu de la recherche allemand

Dr Rudi Balling, directeur
Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses

De nombreux organismes de recherche allemands sont engagés dans la recherche sur les maladies infectieuses : des universités, la Société Max Planck (Institut d'immunobiologie Max Planck et Institut de biologie des maladies infectieuses Max Planck), la Société Leibniz (Institut Bernhard Nocht pour la médecine tropicale, Centre de recherche Borstel, Institut Heinrich Pette pour la virologie expérimentale et l'immunologie et Institut Hans Knöll pour les composés naturels et la biologie des maladies infectieuses), l'Association Helmholtz (Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses) et la Société Fraunhofer. L'Allemagne contribue également à plusieurs projets de recherche européens dans le domaine des maladies infectieuses. Elle excelle particulièrement dans les secteurs de la recherche fondamentale sur les maladies infectieuses et immunitaires, en virologie, en immunologie, en immunothérapie et en expérimentation sur modèles animaux; l'Allemagne peut aussi compter sur la présence de plusieurs centres spécialisés pourvus d'une masse critique de chercheurs. Les secteurs à développer sont : la recherche clinique sur les maladies infectieuses, la santé publique et l'épidémiologie des maladies infectieuses. Les principaux organismes de financement de la recherche en Allemagne sont la Fondation de recherche allemande (DFG) et le ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche (BMBF), qui financent tous deux des programmes et des initiatives de recherche sur les maladies infectieuses. Les chercheurs allemands reçoivent également des fonds d'organismes internationaux comme la Fondation Bill et Melinda Gates et, parfois, les National Institutes of Health (NIH).

Le milieu de la recherche canadien

Dr Emil Skamene, professeur de médecine, de génétique et d'immunologie
Université McGill
Au Canada, la recherche sur les maladies infectieuses a lieu dans des universités, des instituts de recherche, des hôpitaux et des organismes gouvernementaux. Voici quelques exemples : le Centre de recherche sur les maladies microbiennes et l'immunologie et le Centre d'évaluation des vaccins à l'Université de la Colombie-Britannique; le Centre de recherche sur les vaccins et les maladies infectieuses à l'Université de la Saskatchewan; le Centre d'étude sur la résistance de l'hôte à l'Université McGill; et le Laboratoire national de microbiologie et le Centre scientifique canadien de santé humaine et animale au Manitoba. Dans le domaine des maladies infectieuses, le Canada se distingue en recherche sur la résistance aux antimicrobiens, le diagnostic moléculaire, la mise au point de vaccins, les mécanismes de virulence, les nouvelles maladies infectieuses, le VIH/sida, l'hépatite C, la grippe, la tuberculose, la malaria et la bactérie pathogène E. coli. Le Canada possède également des atouts en recherche sur la réponse de l'hôte, y compris sur la génétique humaine et animale, les modèles animaux, l'immunologie, l'immunité innée et l'interaction hôte-pathogène. Des lacunes existent en recherche clinique, particulièrement en matière d'essais cliniques. Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont le principal organisme fédéral de financement de la recherche en santé. Les autres organismes de financement fédéraux comprennent le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI), Génome Canada, les réseaux de Centres d'excellence, les chaires de recherche du Canada (CRC), le Centre de recherches pour le développement international et l'Agence canadienne de développement international (ACDI). La recherche est également financée par plusieurs organismes provinciaux, des organismes voués à la prévention et au traitement de maladies particulières ainsi que des organismes internationaux.

Priorités de recherche stratégiques

Les participants se sont divisés en petits groupes afin de discuter de champs de coopération prioritaires stratégiques dans les cinq thèmes de recherche jugés importants pour comprendre, prévenir et traiter les maladies infectieuses. Ils ont élaboré des critères de sélection des priorités de recherche :

  • recherche où les deux pays ont des forces/où leurs forces sont complémentaires
  • recherche qui aura un impact sur la santé humaine
  • recherche faisable (c.-à-d. recherche « réaliste » , au sens où elle pousse les chercheurs des deux pays à concevoir des projets innovateurs et pertinents qu'ils ont la capacité de réaliser)

Au fil des discussions, les maladies respiratoires infectieuses se sont imposées comme des champs de coopération prioritaires entre l'Allemagne et le Canada. Cela s'explique par les facteurs suivants :

  • les deux pays ont les forces et les capacités de recherche nécessaires à l'étude des maladies respiratoires à plusieurs niveaux; par exemple, le Canada a développé une expertise en recherche sur le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS);
  • la possibilité d'une pandémie de grippe inquiète les milieux scientifiques et la population des deux pays
  • les deux pays s'efforcent actuellement de promouvoir et de soutenir la recherche en prévision d'une pandémie de grippe potentielle

Les collaborations éventuelles entre chercheurs canadiens et allemands pourraient d'abord se concentrer sur la grippe et ensuite s'étendre à d'autres maladies respiratoires infectieuses.

Les priorités stratégiques finalement retenues pour chaque secteur thématique sont résumées ci-dessous. Elles reflètent en partie l'expertise et les intérêts de recherche des participants, mais les discussions, stratégies et conclusions pourront profiter à d'autres secteurs de collaboration en recherche sur les maladies infectieuses entre les deux pays.

Maladies infectieuses et zoonoses nouvelles et négligées

Priorité de recherche stratégique : Maladies respiratoires infectieuses

Les maladies respiratoires infectieuses représentent un sérieux problème de santé humaine et une nouvelle menace potentielle pour l'Allemagne et le Canada. Les maladies respiratoires désignées par le groupe sont la grippe, la tuberculose et les maladies causées par des coronavirus comme le SRAS. Les deux pays possèdent l'expertise et les capacités voulues pour effectuer des recherches dans ce secteur.

Experts responsables
Allemagne : Georg Herrler, Otto Haller, Christian Drosten
Canada : David Speert, Marcel Behr, Mark Loeb, Alison McGeer, Yan Li, Dick Menzies

Autres secteurs de recherche
Les maladies à transmission vectorielle (p. ex. virus du Nil occidental, maladie de Lyme, etc.) et les maladies d'origine alimentaire et hydrique ont aussi été désignées comme secteurs prioritaires. D'autres champs de collaboration potentiels ont été discutés : maladies liées aux voyages, outils de diagnostic rapide, lutte contre les nouvelles maladies et capacité d'intervention nationale.

Génétique de la prédisposition aux infections

Priorité de recherche stratégique : Génétique de la prédisposition aux infections respiratoires
Tout le monde ne répond pas de la même façon aux infections, et il serait idéal de pouvoir comprendre les causes de ces différences afin de pouvoir traiter et prévenir les infections de manière optimale. La collaboration dans ce secteur de recherche prioritaire pourrait permettre de franchir les ponts entre les études sur les souris, les autres animaux et les humains. Il serait utile de disposer de souris génétiquement modifiées pour comprendre la génétique de la prédisposition humaine aux infections. Les deux pays possèdent de l'expertise associée à la génétique et à la détermination du phénotype immunitaire des souris. Étant donné que le Canada est actuellement membre du Infection and Immunity Consortium, son accès à une source de nouvelles souris mutantes générées par ENU pourrait s'avérer utile pour ces études. La collaboration pourrait également s'appuyer sur une approche axée sur la biologie comparative, qui consisterait en l'étude de modèles humains et d'autres modèles animaux. Les chercheurs des deux pays pourraient se servir de ces approches pour d'abord étudier la grippe, et ensuite étendre leurs recherches à divers pathogènes et maladies respiratoires infectieux.

Experts responsables
Allemagne : Klaus Schughart, Eva Medina, Andreas Lengeling, Rudi Balling
Canada : Philippe Gros (liaison avec le Infection and Immunity Consortium), Emil Skamene

Autres secteurs de recherche
Les autres secteurs de recherche discutés ont englobé les études qui permettraient de franchir le pont entre la génétique des souris et des humains, le choc septique chez la souris et l'humain comme modèle pour l'établissement de collaborations, l'analyse de la réponse immunitaire/la surveillance immunitaire des souris et des humains et la normalisation du mode de détermination du phénotype immunitaire.

Mise au point et évaluation de vaccins

Priorité de recherche stratégique : Nouvelles stratégies de vaccination sécuritaire contre les pathogènes des muqueuses
La collaboration viserait à concevoir les outils nécessaires à la compréhension des mécanismes déterminant le succès et l'échec des vaccins et la réponse de l'hôte à la suite d'infections naturelles. On pourrait ainsi finir par optimiser la mise au point des vaccins humains et vétérinaires. La grippe et les espèces streptococciques pourraient être ciblées initialement et servir de modèles pour les collaborations futures. Les deux pays possèdent une expertise considérable relativement aux adjuvants et aux formulations ainsi qu'à l'expérimentation avec des modèles animaux autres que les souris. La mise en commun de cette expertise aidera les chercheurs à établir des modèles précliniques à valeur prédictive pour les humains, qui pourraient se révéler utiles à la mise au point de vaccins.

Experts responsables
Allemagne : Gerald Gerlach, Carlos Guzman
Canada : Andy Potter, Brian Ward

Autres secteurs de recherche
L'observation de l'effet des vaccins et des réponses immunitaires dans le contexte des changements démographiques dans les deux pays (p. ex. durant le vieillissement, chez les immigrants ou les réfugiés) constitue une priorité de recherche stratégique. L'épidémiologie par modélisation évaluative et la surveillance de la réponse immunitaire (p. ex. la distinction entre les sujets infectés et vaccinés) constituent d'autres secteurs de recherche potentiels dont il a été question.

Virulence microbienne et résistance aux antibiotiques

Priorité de recherche stratégique : Approche axée sur la biologie des systèmes à l'égard des infections respiratoires d'origine bactérienne
Les chercheurs allemands et canadiens pourraient aussi joindre leurs efforts pour comprendre le rôle de la variabilité génétique inhérente à l'égard du pathogène, de l'hôte et de leurs interactions. La recherche serait axée sur la compréhension des réseaux métaboliques (p. ex. physiologie bactérienne) à l'aide d'approches génomiques et protéomiques, notamment l'étude des interactions gène-gène, protéine-protéine et protéine/substance chimique. Les substances chimiques pourraient inclure des antibiotiques et de nouvelles substances chimiques tirées de sources comme l'environnement. Cette approche requiert de l'expertise en bio-informatique, ce que possèdent les deux pays (p. ex. l'Allemagne et l'Organisation européenne de biologie moléculaire). Les critères de sélection d'un organisme modèle sont :

  • important problème de santé mondial
  • pathogène lié au travail
  • problème comportant une dimension génétique
  • problème de résistance aux antibiotiques

Experts responsables
Allemagne : Jurgen Heesemann, Tobias Welte, Susanne Haubler
Canada : Gerry Wright, Eric Brown

Autres secteurs de recherche
La mise au point de nouvelles approches de recherche de médicaments apportant une solution à la virulence microbienne et à la résistance aux antibiotiques serait un secteur de recherche plus précisément lié à cette priorité stratégique.

Infections des hôtes « anormaux »

Priorité de recherche stratégique : Définition d'une plateforme de détermination du phénotype immunitaire assortie de procédures normalisées
L'Allemagne et le Canada travaillent chacun de leur côté à concevoir et à définir des plateformes de détermination du phénotype immunitaire assorties de procédures normalisées. Ces plateformes dépassent les simples essais cliniques en immunologie et font appel à des approches axées sur la biologie des systèmes au niveau moléculaire et cellulaire, y compris l'analyse fonctionnelle, la transmission des signaux et la génétique. Il existe pour les deux pays des possibilités de transfert d'expertise complémentaire, au moyen par exemple d'échanges de personnel (professeurs et stagiaires). Cette plateforme de collaboration pourrait initialement servir à l'étude de patients souffrant de déficit immunitaire primaire dans les deux pays, dans le but d'approfondir notre compréhension du système immunitaire humain. Cette plateforme pourrait aussi être adaptée et utilisée pour plusieurs des priorités de recherche stratégiques établies à la rencontre, comme la compréhension de la prédisposition aux infections chez l'humain ou de la réponse immunitaire à la vaccination.

Experts responsables
Allemagne : Jan Buer, Bodo Grimbacher, Andreas Radbruch, Dirk Busch, Dolores Schendel, Stefan Meuer
Canada : David Speert, Chaim Roifman, Stuart Turvey

Autres secteurs de recherche
La détermination des mécanismes sous-jacents à l'infection/inflammation chronique dans la fibrose kystique représente une autre priorité de recherche pour laquelle il existe une expertise considérable. Ce problème est très difficile à traiter et rend les greffes de poumon extrêmement difficiles. Il existe aussi des possibilités de collaboration dans le secteur des maladies humaines à l'aide de modèles de souris portant des mutations basées sur de l'information génétique humaine (p. ex. les changements mononucléotidiques de préférence à l'inactivation de gènes).

Organismes et mécanismes pouvant faciliter la collaboration

Lorsqu'ils se sont divisés en petits groupes pour discuter des cinq thèmes de recherche, les participants ont désigné des organismes et des mécanismes capables de faciliter et de soutenir les collaborations de recherche entre le Canada et l'Allemagne. Bon nombre se prêtaient à tous les secteurs de recherche stratégiques et certains se recoupaient; c'est pourquoi toutes les suggestions ont été regroupées dans la liste ci-dessous. Les suggestions s'appliquant à seulement une priorité de recherche sont indiquées.

  • Organismes de financement : Plusieurs organismes soutiennent les collaborations entre scientifiques dans le domaine de la recherche en santé, notamment :

    Allemagne :

      • Bundesministerium f�r Bildung und Forschung (BMBF; ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche)
      • Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG; Fondation de recherche allemande)
      • Association Helmholtz
      • Nationales Genomforschungsnetz (NGFN; Réseau national de recherche sur le génome)
      • Union européenne
    Canada :
      • Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC)
      • Réseau canadien de biologie chimique
      • Agence de santé publique du Canada (ASPC)
      • Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG)
      • Génome Canada
      • Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA)
      • Fondation canadienne pour l'innovation (FCI)
      • Fondation canadienne de la fibrose kystique (FCFK)
      • Association pulmonaire canadienne
      • Réseaux de centres d'excellence
    Autres :
      • Fondation Bill et Melinda Gates
      • National Institutes of Health (NIH)
      • Réseaux d'excellence de l'Union européenne
      • Organismes appuyant la recherche sur des maladies particulières
      • D'importantes sociétés de fabrication de vaccins pourraient être sollicitées pour le financement de chaires de recherche en vaccinologie à des établissements de recherche allemands et canadiens
  • Des chercheurs allemands et canadiens pourraient travailler ensemble à des appels de demandes de fonds de démarrage pour certains projets afin de développer les possibilités de financement à long terme.
  • Les collaborations de recherche informelles nouées entre participants à la réunion de Montréal se transformeront probablement en collaborations plus officielles à l'avenir.
  • Les réunions entre chercheurs des deux pays devraient être encouragées. À cette fin, le Dr Rudi Balling a invité les participants canadiens à visiter le Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses.
  • Des collaborations pourraient être mises sur pied aux fins de l'échange de connaissances, d'expertise, de capacités et de réactifs. De plus, des races/souches d'animaux pourraient être conservées dans les deux pays, afin de préserver cette ressource précieuse en cas de perte dans un des pays.
  • Les collaborations devraient inclure des chercheurs principaux et des stagiaires, notamment pour la cosurveillance et l'échange de stagiaires.
  • Le partage d'expertise scientifique entre chercheurs en santé canadiens et allemands pourrait comprendre des échanges de personnel à court et à long terme. Par exemple, l'Union européenne, par le biais de ses mesures de soutien spécial, et la Fondation canadienne de la fibrose kystique pourraient être sollicitées financièrement pour permettre aux chercheurs de déterminer ensemble les mécanismes sous-jacents à l'infection/inflammation chronique dans la fibrose kystique.
  • La possibilité d'une alliance internationale par le biais de l'Association Helmholtz devrait être explorée pour toutes les priorités de recherche stratégiques.
  • Plusieurs groupes ont indiqué qu'un centre d'excellence offrirait un mécanisme idéal pour promouvoir la collaboration entre l'Allemagne et le Canada dans des secteurs de recherche particuliers. Les participants canadiens ont suggéré que le réseau s'inspire du Réseau canadien de recherche sur les bactérioses, un des réseaux de centres d'excellence (1988-2005). Selon les participants, le succès de ce réseau repose sur un leadership solide et sur la volonté des membres de travailler ensemble à l'atteinte d'objectifs communs. Si les maladies respiratoires sont retenues comme priorité, le Dr Rudi Balling a suggéré d'appeler le réseau virtuel l'initiative « Fire & Ice » (Fighting respiratory infections-International Center of Excellence » ). Le groupe sur la mise au point et l'évaluation de vaccins a proposé un institut virtuel canado-allemand engagé dans les activités décrites à la Figure 1.

Figure 1 : Structure/activités proposées de l'Institut canado-allemand de recherche sur les vaccins

  • Le besoin de collaborations de recherche à grande échelle a été souligné. Celles-ci devraient avoir par exemple une structure de gestion comportant des objectifs précis et communs (vision et mission), des comités consultatifs et des comités de surveillance indépendants. Les équipes multidisciplinaires ou nombreuses nécessiteraient des gestionnaires de projet. Des ententes entre les établissements seraient également requises.
  • Toutes les collaborations devraient être assorties de mécanismes clairs de gestion de la propriété intellectuelle.

Stratégies pour aller de l'avant

Les participants ont formulé des recommandations visant à assurer la création de collaborations de recherche entre l'Allemagne et le Canada. Ils ont suggéré que les Drs Rudi Balling et Emil Skamene soient renommés coprésidents du comité organisateur afin d'aider à la planification de la réunion prévue pour la phase 2, en Allemagne. Les Drs Balling et Skamene ont invité les chercheurs canadiens et allemands à visiter leur pays respectif afin de poursuivre les discussions. Il a été suggéré que les participants à la réunion et les membres du comité organisateur communiquent avec les chercheurs qui n'étaient pas présents à la réunion mais qui avaient été désignés comme experts, afin de discuter avec eux des résultats de la réunion et des possibilités de collaboration. Les participants ont été encouragés à communiquer entre eux, et une liste de coordonnées leur a été transmise par courriel à cette fin immédiatement après la réunion. Les participants ont également demandé à être tenus au courant de l'évolution du projet et de la planification de la réunion prévue pour la phase 2, en Allemagne; c'est l'Allemagne qui dirigera la préparation de cette réunion. Il faudrait produire dès que possible le calendrier des prochaines phases de la collaboration.

Prochaines étapes

Le comité organisateur a été très satisfait du caractère constructif de la réunion et du degré de coopération des participants. Les priorités de recherche établies et les suggestions d'organismes et de mécanismes pouvant soutenir la collaboration prépareront le terrain aux autres discussions stratégiques qui auront lieu à la réunion prévue pour la phase 2, en Allemagne. Cette réunion, qui se tiendra en mars 2007, servira à établir un plan d'action précis et à mettre en oeuvre les recommandations issues de la réunion de Montréal. D'ici là, plusieurs activités sont prévues. Aux fins de l'élaboration d'une initiative de recherche en collaboration, les Drs Bhagirath Singh et Peter Lange discuteront de possibilités de partenariat appuyant la recherche sur la grippe au Canada et en Allemagne. On explore aussi des possibilités de couplage avec l'Initiative de recherche sur la capacité d'intervention en cas de pandémie des IRSC. Enfin, des visites et des discussions entre chercheurs canadiens et allemands auront lieu avant le mois de mars afin de planifier des collaborations de recherche.

Annexe 1 : Comité organisateur

Co-présidents :

  • Rudi Balling, Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses
  • Emil Skamene, Université McGill

Membres :

  • Lorne Babiuk, Université de la Saskatchewan
  • John Carey, Accord de coopération scientifique et technologique Canada-Allemagne
  • Abigail Forson, Direction des relations internationales des IRSC
  • Peter Lange, Accord de coopération scientifique et technologique Canada-Allemagne
  • Carol Richardson, Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC
  • Dolores Schendel, GSF - Centre national de recherche sur l'environnement et la santé
  • Bhagirath Singh, Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC

Annexe 2 : Participants à la réunion

Maladies infectieuses et zoonoses nouvelles et négligées
Animateur Bhagirath Singh, Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC
Secrétaire Carol Richardson, Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC
Chercheurs Harvey Artsob, Agence de santé publique du Canada,
Marcel Behr, Centre de santé de l'Université McGill
Georg Herrler, Université de médecine vétérinaire, Hanovre
Achim Hoerauf, Clinique universitaire, Bonn
Génétique de la prédisposition aux maladies infectieuses
Animateur Rudi Balling, Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses
Emil Skamene, Université McGill
Secrétaire Birgit Balster, Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses
Chercheurs Keith Fowke, Université du Manitoba
Andreas Lengeling, Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses
Erwin Schurr, Centre de santé de l'Université McGill
Mise au point et évaluation de vaccins
Animateur Lorne Babiuk, Université de la Saskatchewan
Secrétaire Michelle French, Communication scientifique
Chercheurs Gerald Gerlach, Université de médecine vétérinaire, Hanovre
Carlos Guzman, Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses
Andy Potter, Université de la Saskatchewan
Brian Ward, Centre de santé de l'Université McGill
Virulence microbienne et résistance aux antibiotiques
Animateur John Carey, Accord de coopération scientifique et technologique Canada-Allemagne
Secrétaire Marianna Newkirk, Centre de santé de l'Université McGill
Chercheurs Eric Brown, Université McMaster
Julian Davies, Université de la Colombie-Britannique
Regine Hakenbeck, Université de Kaiserslautern, Département de microbiologie
Infections des hôtes « anormaux »
Animateur Dolores Schendel, GSF - Centre national de recherche sur l'environnement et la santé
Secrétaire Abigail Forson, Direction des relations internationales des IRSC
Chercheurs Jan Buer, Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses
Susanne Haubler, Centre Helmholtz pour la recherche sur les maladies infectieuses
Joseph Lam, Université de Guelph
David Speert, Université de la Colombie-Britannique
Autres personnes présentes
Marcelo Gottschalk, Université de Montréal
Peter Lange, Accord de coopération scientifique et technologique Canada-Allemagne
Henry Mantsch, Ambassade canadienne à Berlin
Consultation et facilitation du processus
Strachan-Tomlinson, Ottawa, Canada
Rédactrice du rapport
Michelle French, Communication scientifique