Rapport annuel 2006-2007

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IRSC : Survol et points saillants de 2006-2007

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur mandat consiste à « exceller, selon les normes internationales reconnues d'excellence scientifique, par la création de connaissances nouvelles et leur application afin d'améliorer la santé de la population canadienne, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada ».

Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 11 000 chercheurs et stagiaires dans tout le Canada. Par l'entremise des IRSC, le gouvernement du Canada appuie la recherche en santé qui porte sur les problèmes de santé les plus pressants pour notre société et favorise l'essor économique et la prospérité du pays.

Un groupe d'experts internationaux examinent les cinq premières années des IRSC
Les IRSC progressent en tant qu'organisation
Favoriser la participation des Canadiens en dehors du milieu de la recherche
Découvertes issues de la recherche
Profiter des avantages économiques de la recherche en santé
Évaluer la réussite



Un groupe d'experts internationaux examinent les cinq premières années des IRSC

Le succès avec lequel les IRSC ont atteint leurs buts au cours de leurs cinq premières années a été évalué par un Comité d'examen international de 27 membres. Dans son rapport, qui a été publié en juin 2006, le Comité a félicité les IRSC pour leur travail accompli à ce jour, en concluant que le Canada servait d'exemple au reste du monde et en soulignant que la création de ses 13 instituts avait déclenché un torrent d'énergie et de créativité qui profite à la santé des Canadiens.

En réponse au rapport du Comité d'examen international, les IRSC ont apporté un certain nombre de changements :

« Le modèle de financement inclusif de la recherche en santé des IRSC est clairement inédit. Par ce mécanisme, le Canada est devenu un chef de file international dans la mobilisation de différents secteurs de la recherche en santé. (...) il est probable que le modèle produise des retombées nouvelles et importantes sur la santé humaine. (...) ce modèle inclusif (...) pourrait devenir une des plus grandes contributions du Canada au milieu international de la recherche en santé. »
IRSC : L'an 5 - Rapport du Comité d'examen international, 2000-2005, pp. 12-13.

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Les IRSC progressent en tant qu'organisation

Tout au long de 2006-2007, les IRSC ont réalisé d'importantes avancées dans de nombreux secteurs, notamment leurs activités internationales et leurs activités de partenariat, et dans des domaines particuliers de la recherche en santé. Ils ont aussi élaboré une Stratégie de ressources humaines pour que les IRSC, en tant que milieu de travail, se comparent aux autres employeurs de premier choix au Canada. Au cours des trois prochaines années, les IRSC élaboreront et mettront en application des plans d'action dans cinq secteurs des ressources humaines pour aider à atteindre cet objectif.

Sur la scène internationale

Les IRSC ont renforcé leur présence sur la scène internationale en élaborant leur premier Cadre pour la coopération et les relations internationales, afin d'assurer la cohérence de leurs entreprises internationales et de les orienter de façon stratégique. Ils ont également établi le Programme de bourses de chercheur-boursier en santé Canada-Chine avec le ministère de l'Éducation de la Chine afin de permettre à des étudiants chinois, choisis en fonction de leur dossier universitaire, de poursuivre leur recherche doctorale dans des universités canadiennes. La première cohorte de 30 étudiants chinois arrivera au Canada en septembre 2007. Ce programme complète l'Initiative de recherche en santé conjointe Canada-Chine, gérée et financée conjointement par les IRSC et la Fondation nationale des sciences naturelles de la Chine. Cette initiative favorise la coopération scientifique Canada-Chine par le financement de subventions de recherche en collaboration.

En outre, les IRSC et leurs partenaires de l'Initiative de recherche en santé mondiale (le Centre de recherches pour le développement international, l'Agence canadienne de développement international et Santé Canada) ont annoncé le nom des 13 équipes qui recevront les premières subventions du Programme de partenariat Teasdale-Corti de recherche en santé mondiale. Chacune de ces équipes recevra jusqu'à 1,6 million de dollars sur une période de quatre ans.

Partenariats

Pour être efficace, la recherche en santé exige un effort collectif de la part de nombreuses personnes et organisations. Pour cette raison, les partenariats sont au coeur de l'activité des IRSC. Pour s'acquitter de leur mandat, les IRSC travaillent avec des organisations nationales et provinciales qui financent la recherche, des organisations de santé bénévoles, ainsi que le secteur privé et tous les membres de la communauté de recherche en santé. L'importance de ces partenariats est loin de se limiter à l'aspect financier. Les partenariats aident à renforcer la capacité de recherche en santé au Canada, à mettre en commun les connaissances, à réduire au minimum les chevauchements et le double emploi, à harmoniser les priorités et les programmes de recherche en fonction des différents bailleurs de fonds, et à définir le programme canadien de recherche en santé.

Les partenaires aident également à s'assurer que les connaissances issues de la recherche en santé sont utilisées pour améliorer la santé et renforcer le système de soins de santé. Reconnaissant ce rôle clé, les IRSC ont décidé qu'en 2006-2007 leur Direction des partenariats ferait désormais partie du Portefeuille de l'application des connaissances.

Les IRSC sont aussi en train d'évaluer leur Programme de partenariats avec les petits organismes de santé, créé en 2005 pour favoriser les possibilités de partenariat avec les petits organismes de bienfaisance dans le domaine de la santé et les organismes sans but lucratif dont les capacités de financement de la recherche sont modestes. Le Programme permet de financer des bourses de formation et d'appui salarial destinées aux chercheurs afin de renforcer la capacité de recherche des organisations.

Secteurs de la recherche en santé

Les IRSC ont aussi réalisé des progrès marqués dans l'avancement de différents secteurs de la recherche en santé. Ils ont élaboré les Lignes directrices des IRSC pour la recherche en santé chez les peuples autochtones, qui ont été adoptées par le conseil d'administration des IRSC en mars 2007. Élaborées après une vaste consultation auprès des communautés autochtones, des chercheurs et des établissements, les Lignes directrices visent à protéger les Autochtones qui participent à la recherche financée par les IRSC et à favoriser la santé grâce à une recherche respectueuse des valeurs et des traditions autochtones.

Ils ont également lancé leur tout premier appel de demandes (AD) sur la santé des garçons et des hommes. Les hommes canadiens affichent les plus hauts taux de décès pour 14 des 15 principales causes de décès, dont le cancer, les maladies du coeur, les blessures et le suicide. Cet AD vise à élargir la portée de la recherche sur la santé des garçons et des hommes ainsi qu'à renforcer la capacité dans ce domaine ayant fait l'objet de peu de recherche.

Les IRSC ont accordé 36 subventions à des chercheurs qui s'intéressent à divers aspects de la capacité d'intervention en cas de pandémie en prévision d'une éventuelle épidémie de grippe, une autre question de plus en plus préoccupante. Les projets vont de la mise au point de nouveaux médicaments antiviraux à l'établissement de mécanismes de santé publique pour aider à circonscrire une épidémie.



Des Canadiens en santé dans un environnement sain

Les Canadiens ne peuvent être en santé dans un environnement malsain. La pollution de l'air et de l'eau contribue à des maladies respiratoires comme l'asthme et met en péril la salubrité de notre nourriture et de notre eau potable. Et elle serait aussi en cause dans nombre d'autres maladies et troubles.

De plus en plus, des chercheurs financés par les IRSC se penchent sur la relation entre l'environnement et la santé.

Établir un lien entre la recherche en santé et le génie

Le programme Bridge, une initiative innovatrice menée à l'Université de la Colombie-Britannique, est un programme de formation en recherche qui combine santé publique, génie et recherche en politique publique. Les participants au programme sont unis par leur désir de combler l'écart entre les sciences fondamentales et le génie pour appliquer leurs connaissances à des situations humaines de tous les jours. Certains projets Bridge en cours portent notamment sur l'évaluation de l'exposition des travailleurs de centres de compostage à des polluants atmosphériques dangereux, les conséquences du point de vue neurologique pour les enfants exposés in utero à des ignifugeants connus sous le nom de PBDE, et les répercussions des activités minières sur la santé des résidents de collectivités minières de la Colombie-Britannique.

La Langley Water and Health Study est une des études entreprises dans le cadre du programme Bridge. Langley, communauté urbano-rurale de la périphérie de Vancouver, s'inquiète de l'épuisement de son approvisionnement en eau à mesure que sa population augmente. Elle a recensé toutes les façons différentes dont ses habitants obtiennent leur eau - de l'aqueduc municipal et de puits privés et municipaux - et élimine leurs eaux usées - par les égouts municipaux et des fosses septiques, par exemple. Une équipe de chercheurs et de stagiaires dirigée par la Dre Kay Teschke, du Département de soins de santé et d'épidémiologie et de l'École de santé professionnelle et environnementale à l'Université de la Colombie-Britannique, utilise ces données pour déterminer la corrélation entre les méthodes d'approvisionnement en eau et d'élimination des eaux usées et les taux de maladies gastro-intestinales chez les habitants.

« Le mélange des sources d'approvisionnement en eau offre une chance inouïe d'étudier l'incidence de l'eau, des eaux usées et de l'aménagement du territoire sur les maladies gastro-intestinales », dit la Dre Teschke.

Les éclosions de maladies transmises par l'eau comme celle qui est survenue à Walkerton (Ontario) en 2000 peuvent habituellement être reliées à une source d'eau unique. Toutefois, l'équipe de la Dre Teschke est plus intéressée à étudier la maladie endémique, c'est-à-dire celle qui existe en permanence. Les résultats de l'étude aideront les responsables des politiques publiques et les ingénieurs à prévenir les maladies d'origine hydrique à l'avenir.

La pollution atmosphérique et la santé

Dans d'autres projets d'ordre environnemental, le Dr Mark Goldberg, de l'Université McGill, a placé des « moniteurs passifs » dans 130 poteaux de téléphone à la grandeur de la ville de Montréal pour cartographier l'exposition à la pollution atmosphérique selon les quartiers. Ces appareils très sensibles peuvent mesurer les niveaux de dioxyde d'azote, gaz émis par les véhicules, et les composés organiques volatils, qui proviennent de produits aussi variés que la peinture, les produits de nettoyage et le benzène. Avec le temps, il sera en mesure de déterminer s'il existe un lien entre le cancer du poumon et d'autres cancers et les secteurs plus pollués.

Une autre étude, du Dr Murray Finkelstein, du ministère du Travail de l'Ontario et de l'Hôpital Mount Sinai (Université de Toronto), porte sur les effets de la pollution automobile sur la population de Toronto et de Hamilton, y compris les personnes en bonne santé et les personnes qui présentent des atteintes cardiaques, pulmonaires et autres. Cette recherche permettra d'acquérir d'importantes informations sur la façon d'améliorer la santé des Canadiens par une intervention au niveau des politiques sanitaires et environnementales.

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Favoriser la participation des Canadiens en dehors du milieu de la recherche

Aider les Canadiens à comprendre l'importance de leur investissement dans la recherche en santé est une priorité pour les IRSC, dont certaines activités visent à assurer la participation du grand public, des jeunes et des médias de façons innovatrices.

Les IRSC ont présenté leur premier Café scientifique cette année. Le Café scientifique est un lieu de rencontre où, pour le prix d'un café ou d'une coupe de vin, quiconque peut explorer les dernières idées en sciences et en technologie. Le premier Café, tenu en octobre 2006 à Ottawa, a réuni des chercheurs qui ont échangé sur nos cerveaux et nos corps vieillissants, et les environnements dans lesquels nous vieillissons. Un deuxième Café scientifique, sur l'obésité, a eu lieu en mars 2007, en marge de l'exposition itinérante « La santé à petites bouchées », qui a été inaugurée au Musée de l'agriculture du Canada avant sa tournée pancanadienne. Les IRSC sont un commanditaire de l'exposition.

Le programme de sensibilisation des jeunes Synapse, destiné à mettre les jeunes en contact avec des chercheurs en santé, a été mis en oeuvre intégralement en 2006-2007 et a connu une année très fructueuse grâce au vif intérêt qu'il a suscité chez les chercheurs et les organismes jeunesse à vocation scientifique partout au pays. Plus de 2 000 chercheurs se sont inscrits comme mentors auprès des jeunes dans le cadre de Synapse, et 700 autres ont exprimé de l'intérêt pour le programme. Les premières bourses de mentorat Synapse seront annoncées à l'été 2007. Parmi les faits saillants de la première année, mentionnons la mise sur pied d'un Comité consultatif de la sensibilisation des jeunes (CCSJ) et le lancement du site Web Synapse, qui contient des sections distinctes à l'intention des jeunes et des chercheurs. Quatre nouvelles animations Flash s'adressant aux élèves du secondaire présenteront certains travaux de recherche financés par les IRSC.

Douze ententes de financement ont été signées avec d'importantes organisations de sensibilisation des jeunes, dont La piqûre des sciences (l'atelier et la tournée nationale), le Réseau de sensibilisation aux sciences et à la technologie, la Division de la recherche en santé de la Fondation sciences jeunesse et Actua.

Les IRSC ont également travaillé avec les médias pour aider les Canadiens à mieux comprendre ce que des avancées dans la recherche en santé pourraient signifier pour eux. Les IRSC ont réuni des chercheurs de haut calibre dans tout le Canada pour aider les journalistes à s'y retrouver dans le monde complexe de la génétique et des services de santé, deux sujets d'une importance vitale, dans le cadre de deux ateliers à l'intention des journalistes dans les domaines de la santé et des sciences. Ces ateliers ont eu lieu à Toronto en septembre 2006 et en mars 2007.

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Découvertes issues de la recherche

En 2006-2007, le financement des IRSC a donné lieu à deux importantes percées en recherche. Ces percées pourraient un jour se traduire par des améliorations directes de la santé des Canadiens, comme celles qui sont présentées dans les pages de ce rapport. Voici des exemples de ces découvertes :

Percées dans la recherche sur le cancer

Le cancer est une des maladies les plus dévastatrices auxquelles sont confrontés les Canadiens. Plus de 38 % des femmes et de 44 % des hommes au Canada auront une forme quelconque de cancer au cours de leur vie, et environ le quart des Canadiens mourront du cancer.

Les chercheurs canadiens font d'importants progrès dans la lutte contre cette terrible maladie. Suivent trois exemples seulement de leurs découvertes en 2006-2007 :

Aller à la souche des cellules cancéreuses - une première canadienne
Toutes les cellules du cancer ne naissent pas égales. Une équipe de recherche de Toronto, dirigée par le Dr Peter Dirks de l'Hôpital pour enfants à l'Université de Toronto, avait précédemment découvert que les cellules souches dans le cancer du cerveau sont difficiles à éliminer, et que seulement quelques-unes oubliées pouvaient déclencher une nouvelle croissance tumorale. Cette année, le Dr John Dick, du Réseau universitaire de santé, a trouvé un moyen de détruire les cellules souches qui font que la leucémie réapparaît après la chimiothérapie. Avec son équipe, il a pu mettre en évidence une cellule souche du cancer du côlon qui déclenche la croissance tumorale. Ces découvertes sont en train de changer radicalement la façon dont les chercheurs et les cliniciens abordent la question du cancer.

Un gène du diabète et de l'obésité offre un nouvel espoir pour le cancer du sein
Un gène connu pour son rôle dans le diabète et l'obésité est également présent chez deux femmes sur cinq chez qui un cancer du sein est diagnostiqué, selon un chercheur de l'Université McGill, le Dr Michel Tremblay. Le gène, PTP1b, joue un rôle clé dans la prolifération et la métastase des tumeurs cancéreuses. L'équipe du Dr Tremblay avait auparavant démontré que la suppression de l'enzyme produite par le gène pouvait guérir le diabète de type 2 et l'obésité. Elle se concentrera maintenant à adapter les composés pour s'attaquer au cancer du sein. De nouveaux médicaments pourraient être soumis à une procédure accélérée afin de pouvoir faire l'objet d'essais cliniques dès cet automne.

De nouvelles utilisations à d'anciens médicaments
Un médicament utilisé pendant des décennies pour traiter les enfants qui présentaient des erreurs innées du métabolisme en raison de maladies mitochondriales (maladies résultant de l'incapacité des mitochondries de créer l'énergie dont ont besoin les cellules, qui conduit à la lésion et à la mort des cellules) pourrait être utilisé efficacement pour traiter de nombreuses formes de cancer. Le Dr Evangelos Michelakis, de l'Université de l'Alberta, a montré que le médicament en question, appelé DCA, provoquait une régression des cancers du poumon, du sein et du cerveau. Le médicament est déjà reconnu comme non toxique chez les humains et, parce qu'il n'est pas breveté et n'est pas la propriété d'une société pharmaceutique, il serait relativement peu coûteux à administrer. Des essais cliniques du médicament pourraient débuter dès l'été 2007.

Un remède possible pour le diabète de type 1

Des nerfs qui fonctionnent mal peuvent jouer un rôle dans l'apparition du diabète de type 1, selon une recherche des Drs Michael Salter et Hans-Michael Dosch, de l'Hôpital pour enfants de Toronto. Les cellules nerveuses coupables produisent des substances chimiques qui commandent au système immunitaire de détruire les cellules productrices d'insuline du pancréas. En neutralisant les nerfs à l'aide d'un produit chimique tiré du poivre de Cayenne, les chercheurs ont réussi à guérir le diabète chez des souris. Les Drs Salter et Dosch espèrent commencer à tester le traitement chez les humains au plus tard en 2008.

Faits nouveaux dans la recherche sur la maladie d'Alzheimer

La Dre JoAnne McLaurin, de l'Université de Toronto, a découvert qu'un médicament qui enraie l'accumulation de peptides bêta-amyloïdes dans le cerveau pouvait freiner la progression de la maladie d'Alzheimer chez la souris. Le médicament est maintenant approuvé pour la première phase d'essais cliniques chez les humains. Entre-temps, dans ce qu'ils qualifient d'« une des plus importantes découvertes scientifiques sur la démence jamais réalisées au Canada », les Drs Ian Mackenzie et Howard Feldman, de l'Université de la Colombie-Britannique, ont constaté que des mutations dans un gène appelé progranuline entraînait une forme héréditaire de démence frontotemporale, la deuxième forme de démence la plus répandue chez les moins de 65 ans.

Superantigènes à l'attaque

Qu'est-ce que la maladie mangeuse de chair, l'intoxication alimentaire et le syndrome de choc toxique ont en commun? Une étude du Dr Joaquín Madrenas, à l'Institut de recherche Robarts, Université Western Ontario, a révélé que toutes ces maladies d'installation extrêmement rapide sont causées par d'infimes quantités de « superantigènes » bactériens, des toxines sécrétées par certaines bactéries qui provoquent une activation massive des cellules immunitaires dans tout l'organisme. Cette réponse immunitaire systémique enclenche ensuite son propre enchaînement de phénomènes néfastes qui peuvent entraîner non seulement de la fièvre et des vomissements, mais aussi l'insuffisance organique et la mort. La recherche du Dr Madrenas pourrait aider à mettre au point des traitements médicamenteux ciblés pour ces maladies.

La toxicomanie... un fléau qui coûte cher à tous

La toxicomanie coûte horriblement cher aux individus, mais encore beaucoup plus à l'économie canadienne - 39,8 milliards de dollars par année, pour être exact, selon le Dr Jürgen Rehm, du Centre de toxicomanie et de santé mentale. L'étude, qui prend en compte les coûts du tabagisme et de la consommation d'alcool et de drogues illicites, se veut un guide pour les responsables des politiques qui cherchent à comprendre l'ampleur de ces problèmes et à en réduire le fardeau pour la société canadienne.

Ralentir les taux d'infection par le VIH

L'utilisation du condom et les programmes de sensibilisation sont efficaces dans la lutte contre l'épidémie de VIH/sida, selon une étude internationale subventionnée en partie par les IRSC. En effet, l'étude réalisée par le Dr Prabhat Jha du Centre de recherche en santé mondiale, Université de Toronto, a permis d'observer une baisse d'un tiers des taux d'infection par le VIH chez les jeunes femmes participant à des programmes d'éducation par les pairs dans les États du sud de l'Inde.

Diagnostiquer l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale

L'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale a toujours été difficile à diagnostiquer, mais le Dr James Reynolds, de l'Université Queen's, obtient maintenant du succès avec un test fondé sur le mouvement oculaire. Ce test rapide et simple, effectué au moyen d'un outil portable, permet de suivre le mouvement des yeux et a été utilisé dans des communautés du nord-ouest de l'Ontario. Le Dr Reynolds et son équipe collaborent avec le Canada Northwest FASD Research Network (actif en Colombie-Britannique et en Alberta) pour qu'il inclue le test dans ses outils de diagnostic. La possibilité de déceler le trouble plus tôt permet aux enfants de recevoir des traitements spécialisés.

Remplacer la peau endommagée

La Dre Lucie Germain et ses collègues à l'Université Laval mettent à l'essai une peau reconstituée à l'aide d'une nouvelle méthode de génie tissulaire qu'ils ont mise au point afin de voir si elle peut améliorer la guérison des plaies ou des ulcères chroniques. La peau artificielle pourrait aussi être utilisée pour traiter les grands brûlés.

Un petit café?

La caféine est généralement considérée comme un stimulant pour les adultes, mais une recherche financée par les IRSC a révélé qu'elle pouvait aider à réguler la respiration des grands prématurés. Selon une étude de la Dre Barbara Schmidt, de l'Université McMaster, environ le tiers des enfants traités à la caféine pour leur apnée - respiration interrompue ou irrégulière en raison de leur prématurité - avait besoin d'oxygène supplémentaire, en comparaison de près de la moitié de ceux qui recevaient un placebo. Le dernier groupe a également eu besoin d'une semaine de plus de ventilation artificielle pour respirer plus facilement, comparativement aux nouveau-nés qui ont reçu de la caféine. L'apnée se produit chez environ 85 % des bébés nés avant la 34e semaine de gestation.

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Profiter des avantages économiques de la recherche en santé

La recherche financée par les IRSC a également contribué à la vigueur de l'économie canadienne, et des sociétés dérivées qui ont leur origine dans cette recherche ont franchi de nouvelles étapes :

Amorfix Life Sciences ltée
L'entreprise Amorfix Life Sciences ltée de Toronto a été nommée « Pionnier technologique pour 2007 » par le Forum économique mondial. C'est la seule compagnie canadienne à recevoir un tel honneur sur les 47 sociétés mises en candidature pour le prix de cette année. Amorfix tire profit des découvertes de chercheurs financés par les IRSC, les Drs Neil Cashman de l'Université de la Colombie-Britannique et Marty Lehto de l'Université de Toronto, qui aideront à diagnostiquer et à traiter des maladies neurodégénératives comme l'Alzheimer.

Bioniche Life Sciences inc.
L'Agence canadienne d'inspection des aliments a autorisé l'utilisation au Canada d'un vaccin pour les bovins contre la bactérie E. coli. Le vaccin a été mis au point par les Drs Brett Finlay, Université de la Colombie-Britannique, et Andy Potter, Université de la Saskatchewan, puis a été commercialisé par la société Bioniche Life Sciences inc., de London (Ontario). En prévenant E. coli chez les bovins, le vaccin empêchera également sa transmission aux humains par les produits de viande.

Sociétés primées nées du financement des IRSC

Quatre des dix plus importantes sociétés en sciences de la vie au Canada, selon le Conseil bioscientifique d'Ottawa, ont vu le jour grâce au financement des IRSC.

Jennerex Biotherapeutics ULC, d'Ottawa, travaille sur de nouveaux traitements du cancer fondés sur des virus qui s'attaquent aux cellules cancéreuses tout en épargnant les cellules saines. Trois de ses produits font présentement l'objet d'essais cliniques de phase I et de phase II. La société commercialise la recherche du Dr John Bell, de l'Université d'Ottawa.

Liponex inc., également d'Ottawa, soumet à des essais de phase II un nouveau médicament pour faire augmenter le HDL, ou « bon cholestérol ». Le médicament pourrait servir à la prévention et au traitement des maladies cardiaques. Même si les résultats des essais initiaux ont été décevants, la société a l'intention de reformuler le médicament pour une autre série d'essais. La société a été fondée pour exploiter la recherche du Dr Daniel Sparks, de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa.

Rimon Therapeutics ltée, dont le siège est à Toronto, met au point une « trousse » de pansements actifs, faciles à utiliser et vendus à un prix concurrentiel sur la base de ses technologies Theramermc, des polymères médicaux qui agissent sans besoin de médicaments. La recherche du Dr Michael Sefton, de l'Université de Toronto, a conduit à la création de cette société.

StemPath inc., également établie à Ottawa, se spécialise dans les solutions thérapeutiques qui encouragent les capacités régénératrices naturelles de l'organisme de remplacer les tissus endommagés par de nouveaux tissus. La recherche de la Dre Lynn Megeny, de l'Institut de recherche en santé de l'Université d'Ottawa, est à l'origine de cette société.

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Évaluer la réussite

Les chercheurs canadiens dans le domaine de la santé : parmi les plus productifs dans le monde

Selon une étude publiée en 2006 (FASEB Journal, Vol. 20) sur la contribution de différentes régions du monde aux 50 principales revues biomédicales avec comités de pairs, le Canada s'est classé premier dans le monde pour ce qui est des fonds investis dans la recherche en santé par rapport au nombre d'articles publiés.

Former et appuyer les meilleurs et les plus brillants chercheurs

Les IRSC ont financé plus de 11 000 chercheurs et stagiaires dans le domaine de la santé en 2006-2007.

Plus de 100 nouveaux chercheurs dans le domaine de la santé (chercheurs principaux) en début de carrière ont reçu une première subvention de fonctionnement des IRSC pour la recherche entreprise à l'initiative de chercheurs en 2006-2007.

Contribuer à l'économie canadienne

La recherche en santé ouvre la voie à de nouveaux produits, à de nouvelles entreprises et à de nouveaux emplois. Au début de 2006-2007, la recherche en santé financée par les IRSC et leurs prédécesseurs avait mené à la création de 128 sociétés dérivées, dont 19 sont cotées en bourse.

Une étude menée par les IRSC a révélé qu'un groupe formé de 6 000 chercheurs qu'ils financent avait obtenu 939 brevets/droits de propriété intellectuelle à titre individuel et 2 965 brevets/droits de propriété intellectuelle à titre de collaborateurs à la fin de 2005-2006.

Nombre de chercheurs et de stagiaires financés en 2006-2007 :
11 478
(2000-2001 : 6 004)

Valeur moyenne des subventions de fonctionnement accordées dans le cadre de concours ouverts en 2006-2007 :
112 000 $
(2000-2001 : 92 000 $)

Nombres de subventions et bourses accordées en 2006-2007* :
8 263
(2000-2001 : 5 663)

* À l'exclusion des Chaires de recherche du Canada et des Réseaux de centres d'excellence.

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