ARCHIVÉE - L'obésité - La recherche en santé, ça rapporte 2006-2007
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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2006-2007, environ 23,6 millions de dollars dans la recherche sur l'obésité dans tout le pays.
Les faits
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En 2004, 18 % des enfants âgés de 2 à 17 ans avaient un surplus de poids et 8 % étaient obèses. L'obésité infantile est un facteur de risque important pour le diabète; on estime qu'un enfant sur trois né depuis l'an 2000 est susceptible d'être atteint de diabète.
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En 2004, 23 % des adultes canadiens étaient considérés obèses, comparativement à 14 % en 1978. Chez les personnes âgées de plus de 75 ans, une sur quatre était obèse.
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Un quart des Canadiens qui avaient un surplus de poids en 1994‑1995 étaient devenus obèses en 2002-2003; seulement 10 % avaient retrouvé un poids santé.
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Les décès attribuables à des complications associées à un surplus de poids ont presque doublé entre 1985 et 2000.
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L'obésité est un facteur de risque pour les maladies du coeur, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète de type 2, les maladies de la vésicule biliaire et certains cancers. Elle a aussi été associée à l'hypertension (pression artérielle élevée), à l'arthrose et à des troubles du sommeil comme l'apnée du sommeil.
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Les coûts de santé liés à l'obésité, notamment les coûts des soins hospitaliers, des services des médecins et des médicaments, auraient dépassé 4,3 milliards de dollars en 2001, soit 2,2 % des dépenses totales en soins de santé pour toutes les maladies cette année-là.
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Des recherches ont montré que les facteurs environnementaux, comportementaux, sociaux, culturels et génétiques jouent un rôle dans l'apparition d'un surplus de poids et de l'obésité.
Trouver des solutions
Manger pour faire face au stress
Vos habitudes alimentaires peuvent refléter votre santé mentale. Une recherche effectuée par la Dre Simone Lemieux de l'Université Laval, chercheuse financée par les IRSC, a révélé qu'une femme qui mange en réponse à un stress émotionnel et qui se sent incapable d'arrêter a fort probablement une faible image de soi, et ce, quel que soit son poids. Ces conclusions montrent qu'on peut utiliser les antécédents en matière d'alimentation pour déterminer quelles femmes ont une santé psychologique déficiente et présentent des risques de dépression.
L'allaitement est vraiment la meilleure solution
Les nouvelles mamans sont habituées d'entendre dire que « l'allaitement est la meilleure solution » pour nourrir leur bébé. De nouvelles recherches démontrent maintenant que l'allaitement offre encore plus d'avantages. Le Dr Gary Goldfield de l'Université d'Ottawa, chercheur financé par les IRSC, a découvert que les enfants allaités risquaient moins de devenir obèses plus tard dans leur vie que les enfants qui reçoivent une préparation pour nourrissons. Des études précédentes ont démontré que l'allaitement réduisait les risques qu'un enfant devienne obèse, mais qu'une mauvaise alimentation et un mode de vie sédentaire au cours de l'enfance pouvaient annuler les effets préventifs de l'allaitement. Cependant, l'étude du Dr Goldfield a révélé que les préadolescents obèses qui ont été allaités perdent plus facilement du poids que ceux qui ont reçu une préparation pour nourrissons. Ces conclusions laissent croire que l'allaitement pourrait avoir des avantages plus durables que ce que les chercheurs croyaient à l'origine.
Comment l'obésité affecte-t-elle le coeur?
Un taux élevé d'une hormone appelée « leptine » peut être mauvais pour le coeur, et les personnes obèses ont généralement des taux élevés de leptine. Le Dr Gary Sweeney de l'Université York, chercheur financé par les IRSC, a démontré que cette hormone augmentait la taille des cellules du muscle cardiaque. L'hormone altère aussi le type de cellules entourant le coeur. Ce « remodelage » du coeur peut contribuer aux insuffisances cardiaques liées à l'obésité.
Votre cerveau vous dit de manger!
Nous connaissons tous la sensation de faim. Toutefois, comment le cerveau nous informe-t-il que nous avons faim? La Dre Michiru Hirasawa de l'Université Memorial, chercheuse financée par les IRSC, essaie de déterminer comment les transmetteurs chimiques de notre cerveau participent à la régulation de la faim. Dans une étude récente, la Dre Hirasawa a examiné comment la dopamine, substance chimique produite par le cerveau, interagit avec des cellules particulières du cerveau afin de réguler la faim. Elle a découvert que des quantités de dopamine inférieures à la normale avaient pour effet d'exciter ces cellules dans le cerveau des rats, ce qui les poussait à manger plus. Toutefois, des quantités importantes de dopamine ont apaisé les cellules, diminuant l'appétit des rats. La Dre Hirasawa et ses collègues croient qu'une perturbation de la transmission de la dopamine pourrait entraîner une boulimie et l'obésité.
Les chercheurs
Dre Kim Raine - Donner l'impulsion vers un monde en meilleure santé
La Dre Kim Raine de l'Université de l'Alberta essaie de découvrir dans quelle mesure la collectivité influe sur le tour de taille de ses membres. Dans une étude récente, elle a examiné le « paysage alimentaire » de la ville d'Edmonton. Ce faisant, elle a découvert que dans cette ville, les quartiers les plus pauvres comptent 2,7 fois plus de restaurants-minute que les quartiers les plus riches.
« Nous avons fait une constatation qui peut sembler paradoxale : au Canada, on observe les taux les plus élevés d'obésité chez les pauvres. Notre recherche montre que les produits alimentaires les plus sains sont également les plus chers et les moins accessibles », affirme la Dre Raine.
La Dre Raine a débuté sa carrière comme nutritionniste et elle tentait alors d'améliorer la santé des gens en les invitant à adopter un régime alimentaire équilibré. « Je me suis rapidement rendu compte que malgré les bons conseils que je donnais à ceux qui venaient me consulter et malgré leurs bonnes intentions, ces gens avaient beaucoup de difficulté à changer leurs habitudes », déclare la Dre Raine.
Selon la Dre Raine, nous devons réexaminer les politiques désuètes sur l'alimentation et l'activité physique afin de déterminer si elles favorisent ou non l'obésité. À titre d'exemple, elle parle des politiques alimentaires dans les écoles.
« Les écoles autorisent-elles les distributrices de boissons gazeuses? Les écoles comptent-elles sur les revenus de ces distributrices pour financer leurs activités parascolaires en raison des compressions dans le budget de l'éducation? Voilà des exemples de politiques alimentaires qui peuvent avoir un impact considérable sur l'alimentation », affirme-t-elle.
La Dre Raine tente de trouver des façons d'utiliser la recherche pour changer les politiques. « C'est motivant, parce que, selon moi, nous sommes au début d'une lancée qui pourrait engendrer des changements importants », dit la Dre Raine.
Au sujet des IRSC
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 11 000 chercheurs et stagiaires en santé dans tout le Canada.
Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage, Ottawa ON K1A 0W9
http://www.irsc-cihr.gc.ca/