ARCHIVÉE - La santé des Autochtones - La recherche en santé, ça rapporte 2006-2007

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement fédéral. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2006-2007, environ 21,5 millions de dollars dans la recherche sur la santé des Autochtones dans tout le pays.


Les faits

L'espérance de vie et le fardeau de la maladie chez les Autochtones du Canada ne sont pas les mêmes que chez les autres Canadiens. D'après les données disponibles, nous connaissons les faits suivants :

  • En 2000, l'espérance de vie chez les Autochtones était de 68,9 ans pour les hommes et de 76,6 ans pour les femmes. En comparaison, l'espérance de vie chez les Canadiens non autochtones, était, en 2001, plus élevée que chez les Autochtones, soit 8,1 ans de plus pour les hommes et 5,5 ans de plus pour les femmes*.

  • En 2000, le taux de mortalité infantile chez les Premières nations était de 6,4 décès pour 1 000 naissances vivantes alors que ce taux était de 5,5 dans l'ensemble de la population canadienne*.

  • Le taux de tuberculose chez les Premières nations est 6,2 fois plus élevé que dans la population générale*.

  • La prévalence du diabète est 2,7 fois plus élevée chez les Premières nations qu'au sein de la population générale*.

  • On observe chez les peuples des Premières nations vivant dans des réserves, 16 % de plus de maladies du coeur qu'au sein de la population générale*.


* Santé Canada (Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits) 2000

Trouver des solutions

Faire de la recherche tout en respectant les Autochtones

À qui « appartiennent » les échantillons d'ADN que les chercheurs étudient? Selon la Dre Laura Arbour, de l'Université de la Colombie-Britannique, dont les recherches sont subventionnées par les IRSC, les chercheurs doivent considérer les échantillons biologiques obtenus auprès des communautés autochtones comme étant de « l'ADN emprunté », et toute recherche fondée sur ces échantillons doit refléter les besoins et les priorités de la communauté. Les chercheurs doivent également tenter de faire participer les membres de la communauté au processus de recherche et communiquer les résultats à la communauté.

Nombre élevé de fractures chez les femmes autochtones

Les femmes des Premières nations du Manitoba courent deux fois plus de risques d'avoir une fracture de la hanche que les femmes non autochtones. L'étude sur la santé des os chez les Premières nations, une collaboration entre l'Assemblée des chefs du Manitoba et l'Université du Manitoba, a révélé que les femmes des Premières nations de cette province avaient une densité osseuse inférieure à la normale. Menée par le Dr William Leslie, chercheur financé par les IRSC à l'Université du Manitoba, l'étude a également révélé une carence en vitamine D soupçonnée d'être à l'origine de la fragilité osseuse (la vitamine D facilite l'absorption du calcium par les os). Les autorités sanitaires utilisent cette information pour commencer à sensibiliser les femmes des Premières nations au besoin d'augmenter leur apport en vitamine D.

Nécessité d'offrir de meilleurs services aux Autochtones atteints du VIH/sida

Le VIH/sida se propage rapidement dans la communauté autochtone du Canada. Le Dr Randy Jackson, chercheur financé par les IRSC à l'Université d'Ottawa également chef du Réseau canadien autochtone du sida, essaie de trouver de nouvelles possibilités d'améliorer les services de soins de santé pour les Autochtones aux prises avec le VIH/sida. Un sondage mené par le Dr Jackson a révélé que près de la moitié des participants estiment qu'ils ont reçu des soins médiocres, et 30 % affirment avoir souffert de préjugé racial ou d'homophobie au sein du système de soins de santé. Fait inquiétant, 12 % ont déclaré ne pas recourir aux services de soins primaires. Cependant, 60 % des participants ont déclaré bénéficier ou avoir besoin de services de santé et de bien-être traditionnels autochtones, tels que les cercles de partage et de guérison.

Remèdes traditionnels utiles dans le traitement du diabète

Selon le Dr Pierre Haddad, chercheur financé par les IRSC à l'Université de Montréal, le savoir des Autochtones peut être utile dans le traitement du diabète. Son étude révèle que plusieurs extraits de plante utilisés comme traitement médicinal pendant des siècles par les aînés Cri vivant dans le Nord québécois peuvent soulager un certain nombre de symptômes typiques du diabète de type 2, tels que le besoin d'uriner fréquemment et la soif intense. Grâce à des recherches plus poussées, les preuves scientifiques de ces traitements traditionnels pourraient un jour être utilisées pour réduire le fardeau du diabète au sein des communautés autochtones.

Les chercheurs

Dr Malcolm King - Assurer le mentorat pour la recherche concernant les peuples autochtones

Le Dr Malcolm King se décrit comme ayant eu une « carrière longue et fructueuse ». Mais il ajoute que beaucoup de problèmes requièrent encore son attention, notamment la mauvaise santé des peuples autochtones du Canada et l'état de la recherche sur la santé des Autochtones au Canada.

« La recherche que nous menons doit être adaptée à la culture autochtone », souligne le Dr King. Historiquement, les communautés autochtones du Canada ont eu affaire à des chercheurs qui se contentaient de débarquer chez eux, de faire leur recherche et de repartir ensuite sans que la communauté n'ait pu participer à la recherche, ni profiter des résultats obtenus.

Le Dr King, pneumologue de l'Université de l'Alberta, assure le leadership d'une initiative de développement et de formation des IRSC : le programme Cadres de développement de la capacité autochtone de recherche en santé (CDCARS). Ce programme aide les communautés autochtones à prendre en main leur propre recherche en santé, et ce, en augmentant le nombre de chercheurs qui s'intéressent à la santé des Autochtones et en faisant participer les communautés autochtones au processus de recherche.

Le Dr King, qui est membre des Mississaugas of the New Credit First Nation, dirige le programme CDCARS de l'Alberta, l'un des huit centres de ce type situés au Canada.

« Au début, notre réseau ne comptait que sept membres, principalement à Edmonton. Aujourd'hui, dix-huit chercheurs dans toute l'Alberta font partie du réseau. Nous avons réussi à attirer des personnes compétentes et dans cinq ou six ans, nous développerons une nouvelle génération de chercheurs », prédit le Dr King.

Le programme aide les communautés autochtones à prendre leur santé en main. La Dre Ellen Toth, de l'Université de l'Alberta, membre du programme CDCARS, a aidé la Première nation de Driftpile en Alberta à mesurer l'ampleur du problème de diabète auquel fait face la communauté. Elle est maintenant passée à l'étape suivante : la promotion de la santé.

« La communauté est en train de prendre les devants dans la promotion de la santé », affirme le Dr King, un signe évident que le processus est efficace.


Au sujet des IRSC

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 11 000 chercheurs et stagiaires en santé dans tout le Canada.

Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, 9e étage, Ottawa ON K1A 0W9
http://www.irsc-cihr.gc.ca/