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Ce que la télévision peut nous apprendre au sujet de l'obésité chez les enfants

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Profil de recherche - Mars 2008

Le Dr Harvey Anderson a peut-être trouvé la combinaison parfaite pour recruter de jeunes garçons : de la pizza gratuite à volonté et leur propre téléviseur pour regarder Les Simpsons en mangeant. 

Le Dr Anderson ne dirige pas un club social pour adolescents à l'Université de Toronto. Il mène plutôt quelques expériences à petite échelle pour mieux comprendre le problème de l'obésité chez les enfants. Une de ses conclusions est que manger tout en écoutant la télévision empêche de savoir quand arrêter de manger. En réalité, regarder la télévision sans penser fait qu'on mange aussi sans penser.

Spécialiste de la nutrition, le Dr Anderson, comme d'autres dans son domaine, est alarmé par les hauts taux d'obésité chez les enfants. Il veut tenter de trouver une solution au problème en étudiant ce qui fait qu'on se sent rassasié, c'est-à-dire les facteurs de satiété. Au cours de la dernière année, il a publié plusieurs articles sur le sujet pour essayer d'expliquer comment ces facteurs se manifestent chez l'enfant.  

Certaines hormones bien connues, comme la leptine, ont déjà été pointées du doigt. Elles expliqueraient l'incapacité d'une personne à contenir son appétit. Autrement dit, ce serait la faute des gènes. 

Toutefois, compte tenu des hauts taux d'obésité chez les enfants, le Dr Anderson n'est pas convaincu que les gènes expliquent tout. Pour comprendre l'ensemble du tableau, il a examiné d'autres facteurs, comme l'environnement (où l'on vit, la routine journalière, etc.), qui avec les gènes sont susceptibles de fournir une explication plus équilibrée et réaliste de ce qui se passe. « Notre système de contrôle des rations alimentaires est en réalité très bon et n'est pas déréglé en dépit de ce que l'on entend au sujet de l'épidémie d'obésité », dit-il.

Le Dr Anderson a donc décidé de regarder de plus près l'influence de la télévision sur la façon de manger.

« C'était la première étude du genre. On a étudié l'influence de la télévision avant, mais seulement en fait d'heures passées devant la télé durant la journée. On n'avait jamais cherché à savoir si les enfants mangeaient en regardant la télévision ni à quel point ils mangeaient. » 

Lorsqu'ils se présentaient au bureau du Dr Anderson, deux heures après leur petit déjeuner à la maison, la moitié des enfants recevaient une eau édulcorée sans calorie, et l'autre moitié, une eau additionnée de glucose (une précharge calorique). Un repas était servi 30 minutes plus tard. Des enfants dans chacun des deux groupes mangeaient en regardant Les Simpsons, tandis que d'autres mangeaient la télévision éteinte. Pendant la durée de l'expérience, les enfants sont revenus quatre fois, et ont été soumis à une condition différente chaque fois.

Les enfants qui avaient pris un supplément calorique avant leur repas et qui ne regardaient pas la télé en mangeant sont ceux qui mangeaient le moins. Toutefois, chez les enfants qui regardaient la télé, les calories supplémentaires prises avant ne semblaient pas compter. Globalement, les enfants qui regardaient la télé ont pris en moyenne 228 calories de plus au repas. Cela peut sembler peu, mais l'effet d'un supplément de calories semblable sur une base régulière est cumulatif. À la lumière de ces résultats, le Dr Anderson a un conseil avisé pour les parents : fermez la télé durant les repas.  

Avec l'aide des IRSC, le Dr Anderson, en compagnie du Dr Nick Bellissimo, alors étudiant au doctorat, a mené d'autres recherches connexes sur les facteurs de satiété chez les enfants. 

Une autre étude récente a porté sur l'efficacité avec laquelle les boissons à base de glucose et de protéines de petit-lait réfrénaient l'appétit chez les garçons obèses et chez ceux de poids normal. C'est un fait bien connu que, du moins chez les adultes, les protéines réfrène l'appétit davantage que le glucose, mais le Dr Anderson indique que l'étude a donné des résultats « profondément troublants ». Par exemple, l'appétit des garçons obèses qui ont reçu la boisson protéinée a peu diminué par rapport à celui des garçons de poids normal. « Comment expliquer cela? Peut-être que la graisse corporelle a un effet quelconque sur la protéine. Il se pourrait que cette graisse retienne la protéine ou l'empêche d'aider à réfréner l'appétit », spécule-t-il. 

Le Dr Anderson reste déterminé à étudier la question plus à fond, surtout pour aider les enfants obèses à perdre du poids. « Je me soucie du sort des enfants obèses et de la manière dont ils réagissent à un régime lorsque leur corps les pousse à manger pour favoriser leur croissance. »