Initiative Mobilité et vieillissement

Forum national sur la mobilité et le vieillissement :
mobilisation des chercheurs et des intervenants

27 et 28 septembre 2007
Ottawa

  1. Présentations en plénière - Jour 1
  2. Création d'équipes et de programmes pour appliquer les résultats de la recherche dans le domaine de la mobilité et du vieillissement
  3. Langage commun et mesure de la mobilité des personnes âgées
  4. Appliquer les résultats de la recherche dans le domaine de la mobilité et du vieillissement

Compte rendu

Le Forum national sur la mobilité et le vieillissement a été organisé pour donner suite à des consultations qui avaient fait ressortir le besoin de réunir des experts d'une grande variété de disciplines et de secteurs pour stimuler la recherche et l'application des connaissances afin de combler d'importantes lacunes dans le domaine de la mobilité et du vieillissement. Organisé par l'Institut du vieillissement des IRSC, le Forum s'est tenu à Ottawa les 27 et 28 septembre 2007, dans le cadre de l'initiative Mobilité et vieillissement de l'Institut. Le programme de l'événement figure à l'Annexe A.

Le Forum a été conçu pour permettre aux participants de :

  1. Comprendre comment différents secteurs et disciplines adressent les questions relatives à application de la recherche sur la mobilité et le vieillissement.;
  2. Échanger de l'information sur les défis inhérents au fait de travailler avec plusieurs disciplines et en collaboration avec des chercheurs et des intervenants pour appliquer les résultats de la recherche, et échanger de l'information sur les pratiques efficaces pour relever de tels défis;
  3. Fournir des conseils concernant la création d'alliances et de possibilités de financement dans le cadre de l'initiative Mobilité et vieillissement.

Les organisateurs avaient invité des participants aux perspectives, aux expertises et aux expériences variées, représentant les différentes professions de la santé; des organisations bénévoles, des organismes non gouvernementaux et des organismes privés; différents paliers de gouvernement, et différentes disciplines scientifiques. La liste des participants figure à l'Annexe B.

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Introduction

La Dre Anne Martin-Matthews, directrice scientifique de l'Institut du vieillissement des IRSC, a souhaité la bienvenue aux participants et a passé en revue les objectifs du Forum. Elle a également présenté un survol des Instituts de recherche en santé du Canada et de l'Institut du vieillissement, de son mandat et de ses initiatives. Sa présentation a souligné le but de l'initiative Mobilité et vieillissement, qui est de « répondre aux besoins en recherche et en application des connaissances relativement aux défis intrinsèques et extrinsèques (qu'ils soient biologiques ou environnementaux) associés à la mobilité et au vieillissement ».

1. Présentations en plénière - Jour 1

Les présentations du matin avaient pour objectif d'amener les participants à une interprétation commune de l'état de la recherche dans le domaine de la mobilité et du vieillissement, et des concepts généraux de l'application des connaissances. Les principaux points abordés dans les présentations figurent ci-dessous. Le texte complet des présentations peut être obtenu en s'adressant à l'Institut du vieillissement, à aging@interchange.ubc.ca.

Initiative Mobilité et vieillissement
Pour mettre en contexte l'initiative Mobilité et vieillissement, la Dre Linda Mealing, directrice adjointe, Institut du vieillissement, a fait une présentation intitulée Mobility in Aging Strategic Initiative: What we've heard; Where we're headed; Who's on board [Initiative stratégique Mobilité et vieillissement : les connaissances actuelles, les objectifs et les participants]. L'information est résumée sur le site Web de l'initiative Mobilité et vieillissement.

Approches et thèmes de recherche actuels et émergents
Le Dr Geoff Fernie, VP à la recherche, Institut de réadaptation de Toronto, a fait un tour d'horizon de la recherche dans le domaine de la mobilité et du vieillissement au Canada, de la perspective d'un expert dans le domaine ayant siégé à des comités d'examen scientifiques. Il a rappelé aux participants ce que désire le client (personne âgée), c'est « conserver son autonomie de mouvement et continuer de vivre chez lui ».

La mobilité et le vieillissement couvrent diverses questions, allant de la mobilité assistée en milieu intérieur, jusqu'à l'autonomie des personnes à mobilité réduite dans les environnements difficiles. Ces questions orientent les progrès de la recherche dans le domaine de l'évaluation des risques, de l'orthétique, de la conception des fauteuils roulants, de la sécurité des escaliers, du transport public et de l'aménagement des rues.

Parlant des secteurs émergents de la recherche dans le domaine de la mobilité et du vieillissement, le Dr Fernie a expliqué comment les progrès dans le domaine des neurosciences et de la biologie cellulaire nous aident à mieux comprendre la régulation neuromotrice et ouvre de nouvelles possibilités de thérapie et d'aide technologique. La société change et vieillit; c'est pourquoi il est nécessaire de faire de la recherche sur la mobilité des personnes souffrant de déficience cognitive, et sur les soins bariatriques (p. ex. mobilité des personnes souffrant d'une obésité morbide). Enfin, le Dr Fernie a insisté sur l'importance de tenir compte des contextes futurs où la mobilité des personnes âgées (santé à immobilité) pourrait être limitée.

Le Dr Fernie a indiqué que pour avoir du succès, les projets de recherche doivent reposer sur des bases scientifiques solides et comporter des objectifs clairs, un plan réaliste, un suivi des résultats ainsi qu'un protocole et un échantillon appropriés. Un projet se distingue par son caractère innovateur et par ses répercussions découlant d'activités d'application des connaissances et de commercialisation soigneusement planifiées.

Appliquer les résultats de la recherche dans toutes les disciplines, les professions et les secteurs
Mme Jacqueline Tetroe, analyste principale des politiques, Portefeuille de l'application des connaissances aux IRSC, a parlé de l'application des connaissances (AC), tant dans ses aspects théoriques et que dans son opérationnalisation aux IRSC. Elle a décrit les activités d'AC qui, dans le cycle de la recherche, sont nécessaires pour mettre en application les connaissances (ou la recherche).

Pour les IRSC, l'AC consiste à informer les utilisateurs des connaissances issues de la recherche et à faciliter l'utilisation de ces connaissances pour améliorer la santé de la population canadienne; ce qui signifie essentiellement de combler le fossé entre ce que nous savons et ce que nous faisons. Les IRSC soutiennent également la science de l'application des connaissances. La recherche en application des connaissances (science de l'AC) porte sur l'étude des déterminants de l'utilisation des connaissances et des méthodes efficaces de promotion de la mise en application des connaissances. Pour obtenir de la documentation sur l'AC, se reporter à la page À propos de l'application des connaissances.

Pour que l'application des connaissances soit efficace, il faut reconnaître l'importance de tous les intervenants (chercheurs et utilisateurs de la recherche1) dans ses processus. Mme Tetroe a expliqué que les utilisateurs de la recherche peuvent et devraient participer à différents stades de l'application des résultats de la recherche. Il peut s'agir de participer :

  • à la formulation des questions de recherche et au choix des méthodes;
  • à la cueillette de données et à la mise au point d'outils;
  • à l'interprétation des résultats des études;
  • à la création de messages et à la diffusion des résultats de recherche;
  • à l'application des résultats aux activités quotidiennes des utilisateurs (pratiques, politiques, etc.); et/ou
  • à la diffusion et à l'application des résultats à grande échelle.

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2. Création d'équipes et de programmes pour appliquer les résultats de la recherche dans le domaine de la mobilité et du vieillissement

Pendant le reste de la première journée, les participants ont travaillé en petits groupes; chaque groupe était consacré à un des thèmes suivants :

  • Équilibre et chutes chez les personnes âgées
  • Mobilité dans la communauté et participation à la société
  • Conduite sécuritaire et maintien de l'autonomie
  • Demeurer fonctionnel malgré l'âge, la fragilité et d'autres maladies
  • Aménagements pratiques pour la maison et les établissements de soins

2.a Possibilités et défis de la recherche en collaboration
À l'intérieur de chaque groupe, on a demandé à des représentants de différentes disciplines et de différents secteurs de décrire leur rôle, leur contribution et leur motivation, et de parler des possibilités et des défis de la recherche collaborative. Les membres ont été invités à proposer des solutions aux défis mentionnés et à définir leur vision du succès. Les faits saillants des discussions de chaque groupe ont ensuite été présentés à tous les participants.

Les différents points de vue des participants ont fait ressortir à la fois l'importance et les défis de collaborer avec des personnes de différents secteurs et de différentes disciplines. Bien que les participants partagent tous le même désir de contribuer au bien commun, ils ont affiché des différences quant à leur perception du processus d'application des résultats de la recherche et quant à leur vision de ce qu'ils peuvent y apporter.

Évaluer la recherche en collaboration : Non-chercheurs
Pour les non-chercheurs, faire partie d'un programme de collaboration serait important, car cela leur permet :

  • d'avoir une influence sur les questions et les protocoles de recherche afin d'augmenter les chances que les connaissances produites répondent à leurs besoins;
  • de favoriser les liens à l'intérieur de leurs propres réseaux (professionnels, patients, praticiens, etc.) et d'accéder à leur propres données et/ou à des environnements réels pour évaluer les résultats de programmes dans des domaines tels que les établissements de soins de longue durée, les centres communautaires, les forums publics et l'industrie des services;
  • de profiter d'un accès immédiat à différents experts, à des données crédibles, à des pratiques exemplaires et à des outils pouvant leur être utiles pour leur pratique professionnelle, leurs politiques, leurs programmes, la conception de leurs produits et leurs études de cas (p. ex. défendre des positions au sein de leur organisation);
  • de participer à un programme qui pourrait avoir un impact social et/ou économique.

Évaluer la recherche en collaboration : Chercheurs

Les universitaires (chercheurs et stagiaires en recherche) ont décrit les programmes de collaboration comme une occasion :

  • de travailler avec des intervenants/utilisateurs de la recherche de façon continue afin de recueillir l'information voulue pour formuler des questions de recherche pertinentes et utiles, et pour mieux cibler et concevoir la recherche;
  • d'entreprendre des recherches de pointe répondant à des besoins réels, et de voir leur travail évoluer vers des solutions applicables au monde réel (politiques, programmes, produits, etc.);
  • de s'associer à un programme de collaboration reconnu pour sa mission;
  • de s'associer à d'autres disciplines/secteurs et élargir leur perspective individuelle.

Les détails des discussions distinctes tenues en petits groupes sont résumés ci-dessous, sous forme de pratiques exemplaires à adopter par les participants dans leurs projets de collaboration futurs.

2. b Pratiques exemplaires pour les programmes de recherche collaborative dans le domaine de la mobilité et du vieillissement

Concevoir des programmes de recherche en collaboration
En matière de conception de programmes de recherche en collaborative, le message clé est de commencer tôt. Le recrutement de chercheurs et d'intervenants/utilisateurs de la recherche doit débuter aussitôt que possible dans le processus de collaboration, étant donné du temps requis pour établir des relations de confiance et pour fixer des buts communs. Voici d'autres recommandations :

  • Établir les jalons du programme collaboratif : analyser l'environnement au besoin, examiner la documentation existante, cerner les besoins, les lacunes et les possibilités, et recruter un noyau de chercheurs et d'intervenants/utilisateurs de la recherche pour contribuer aux préparatifs et les valider.
  • Cerner et gérer les défis : rallier des gens aux points de vue divergents, prévoir les obstacles et trouver des solutions pour les surmonter. Établir un consensus avant de déterminer les objectifs et de procéder à la recherche.
  • Gérer les attentes : bien faire comprendre que les équipes ne sont pas permanentes. Elles doivent être créées pour résoudre un problème concret, dissoutes, puis reconstituées sous une forme différente en réponse à de nouvelles questions.
  • Solliciter et exploiter la contribution unique de chaque membre : donner à chaque membre un rôle significatif. Coordonner les expériences et les expertises dans la détermination d'un objectif innovateur commun, compris et validé par tous.
  • Choisir un leader solide et compétent : s'appuyer sur un leader ayant des succès antérieurs à son actif.
  • Communiquer de façon transparente : la communication est très importante et permet de mieux définir la portée et le plan de la recherche. La communication doit commencer au tout début de la collaboration et être régie par des règles de base, comme éviter ses agendas personnels et gérer les priorités du programme de collaboration en tenant compte de celles des différents membres. Il faut que chacun comprenne bien les définitions et le langage commun qui sont utilisés.
  • Former la prochaine génération : inclure des étudiants et des stagiaires. La formation de personnel hautement qualifié est essentielle pour accroître la capacité non seulement de créer des connaissances, mais aussi d'en assurer l'utilisation et l'application.
  • Pourvoir l'équipe des ressources nécessaires : veiller à ce que les objectifs et la taille de l'équipe soient proportionnels à l'aide disponible (financière, administrative ou autre). Il est essentiel de pouvoir compter sur un coordonnateur de projet et/ou un courtier du savoir.
  • Tenir compte de la taille de l'équipe : la taille de l'équipe est importante. Porter une attention particulière aux efforts et à la taille de l'équipe afin de maximiser son succès. Un grand réseau peut être difficile à gérer; on a proposé la création de sous-équipes.
  • Choisir et recruter des participants pour l'étude. Il faut savoir que cela peut être difficile, car certains participants potentiels craignent les mauvaises nouvelles (p. ex. diagnostic d'une maladie, perte du droit de conduire).
  • Le Tableau 1 donne une liste de collaborateurs recommandés pour la recherche dans le domaine de la mobilité et du vieillissement.

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Tableau 1. Intervenants pertinents à la recherche en collaboration en mobilité et vieillissement

  • Architectes
  • Représentants de fournisseurs d'appareils fonctionnels
  • Associations de consommateurs
  • Biologistes
  • Soignants et membres de la famille
  • Urbanistes
  • Chercheurs cliniques
  • Experts en communication / application des connaissances
  • Ingénieurs (transport, automobile, biomédical)
  • Décideurs fédéraux, provinciaux et municipaux, décideurs en santé
  • Professionnels de la santé de première ligne (p. ex. médecins, cliniciens, gériatres, physiothérapeutes, ergothérapeutes, infirmières, diététistes, psychologues)
  • Experts en géomatique
  • Fournisseurs de services de santé (publics et privés)
  • Chercheurs dans le domaine des services de santé
  • Experts en habitation et constructeurs
  • Groupes de défense des droits de la personne
  • Industrie de l'assurance
  • Spécialistes en propriété intellectuelle
  • Experts dans l'application de la loi, Association du Barreau canadien Personnes âgées (surtout celles ayant des problèmes de mobilité)
  • Organismes responsables des codes du bâtiment
  • Utilisateurs/consommateurs potentiels
  • Associations et regroupements professionnels (p. ex. Association canadienne des métiers de l'automobile, Association canadienne des constructeurs d'habitations)
  • Chercheurs en santé publique
  • Stagiaires en recherche
  • Chercheurs
  • Populations rurales
  • Participants aux études (sujets de recherche)
  • Organismes de transport (nationaux et provinciaux)

Établir des objectifs pour la collaboration
La recherche en collaboration est efficace si l'on se fixe des buts et des échéanciers réalistes, en se préoccupant dès le départ des questions de faisabilité, et si l'on vise des résultats utiles et pratiques. Voici d'autres points à retenir :

  • Établir des objectifs à court terme : fixer des objectifs concrets et immédiats, de façon à ce que les répercussions arrivent en temps opportun et soient utiles pour les utilisateurs finaux (p. ex. cliniciens, décideurs). Bien que cela puisse s'avérer difficile - puisque la recherche prend du temps - les gouvernements poursuivent surtout des objectifs à court terme. Il faut bien doser les objectifs à court, à moyen et à long terme.
  • Définir les rôles et les responsabilités : chaque membre devrait se voir confier un rôle essentiel bien défini, qui s'accompagne d'une responsabilisation et de l'obligation de produire une série de résultats convenus, dans un délai déterminé.
  • Tenir compte de la diversité des personnes : dans le choix d'un groupe cible pour l'application des résultats du programme, on conseille de tenir compte des réalités culturelles, du maintien de la mobilité des personnes en santé et des différences au sein de la population âgée : fragilité, mobilité réduite, âge très avancé, etc.
  • Étendre la portée de la recherche à différents milieux : étudier comment la mobilité au cours du vieillissement peut varier en fonction de différents facteurs tels que environnement urbain et environnement rural, conditions réelles et conditions de laboratoire, vie à domicile et vie en établissement. Exploiter les mécanismes permettant de mieux évaluer ces différences. Dans les cas où les lois ou les pratiques diffèrent selon les milieux et les sphères de compétence, songer à obtenir des données factuelles dans les sphères de compétence où une approche est déjà mise en oeuvre, et engager ensuite toutes les sphères de compétence dans la recherche d'une solution commune, adaptée aux contextes locaux.
  • Désigner les véritables bénéficiaires des résultats du programme : le programme doit susciter l'intérêt d'une partie qui a besoin des résultats et qui a la volonté de s'en servir. Stimuler la volonté/mobilisation politique pour appuyer le programme. Inclure des personnes influentes dans l'équipe.
  • Établir un plan de communication : formuler des messages clés destinés à des publics cibles. Les stratégies de communication sont essentielles non seulement pour échanger de l'information entre les membres de l'équipe multidisciplinaire, mais aussi pour diffuser l'information au public (y compris aux intervenants clés en région éloignée) et faire du marketing social. L'engagement du public par l'entremise des médias est bénéfique. Souligner les retombées tant sociales qu'économiques.
  • Établir un plan d'application des connaissances : une équipe composée de multiples intervenants est un point de départ important pour une AC efficace, et ce, en raison à la fois de sa participation à la conception du programme de collaboration et de la diversité de ses membres.
  • Établir un plan de commercialisation/mise en marché : Il faut recueillir et prendre en compte les idées des utilisateurs / consommateurs / clients / investisseurs potentiels / experts en transfert technologique. Envisager des études de marché et engager des concepteurs dans le processus afin de transformer les idées en produits commercialisables.

Planifier et mesurer le succès du programme de collaboration
Dans la conception d'un programme de collaboration, il est important de rendre compte des progrès et, surtout, de mesurer le succès. Il est essentiel d'avoir un cadre d'évaluation pour surveiller la progression du travail en fonction des objectifs visés. Tenant compte du fait que les indicateurs doivent correspondre aux objectifs du programme, les participants ont désigné les indicateurs suivants comme importants dans le cadre d'évaluation :

  • Démonstration de l'utilisation et de l'application des connaissances : p. ex. une approche nouvelle ou améliorée (programme, produit, politique, loi et/ou pratique) a été acceptée et est maintenant offerte et utilisée dans la collectivité. Il s'agit d'une approche accessible, viable et/ou qui a été transférée avec succès à d'autres gouvernements au Canada ou à l'étranger;
  • Démonstration de la viabilité : p. ex. le programme de collaboration a réussi à augmenter son financement en attirant de nouveaux partenaires ou des subventions pour des travaux de suivi et de la formation;
  • Démonstration de l'amélioration des résultats au niveau des personnes ou des populations : amélioration des mesures des résultats en ce qui a trait à la mobilité, diminution des accidents (chutes, blessures), autonomie fonctionnelle accrue, meilleure sécurité, amélioration de la qualité de vie, satisfaction des utilisateurs, données économiques sur la santé et valeur sociale de l'approche;
  • Démonstration d'un changement de comportement et d'une conscientisation : p. ex. harmonisation des priorités fédérales et provinciales dans le domaine de la mobilité et du vieillissement, et interprétation identique de ces priorités par les chercheurs et les utilisateurs de la recherche; utilisation accrue des données probantes dans la prise de décisions;
  • Démonstration d'une reconnaissance : p. ex. le programme de collaboration est reconnu comme une importante source d'information et d'expertise au Canada et/ou à l'étranger. Il a donné lieu à la publication d'articles dans des publications approuvées par des pairs, et met des pratiques exemplaires et de l'information à la disposition de son auditoire cible (chercheurs, utilisateurs de la recherche et intervenants).

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Activités du jour 2

3. Langage commun et mesure de la mobilité des personnes âgées

Une des principales recommandations issues des consultations de 2006 sur la mobilité et le vieillissement concerne la nécessité de faire consensus sur les mesures de la mobilité et leurs définitions; sur les résultats valides pour la recherche dans le domaine de la mobilité; et sur l'interprétation du rôle de ces mesures auprès de diverses populations, dans différents milieux et par différentes professions. Ce genre d'entente faciliterait la communication entre les différents groupes d'intervenants dans la quête de nouvelles connaissances et l'application de ces dernières pour l'élaboration de pratiques, de produits, de programmes et de politiques.

Les participants au Forum de 2007 ont de nouveau souligné que l'absence de définitions/langage communs créait des difficultés dans divers domaines, y compris dans la comparaison des résultats de la recherche. La mobilité des personnes âgées devrait être abordée comme un continuum commençant par le maintien en bonne santé, passant par la réduction graduelle de la mobilité pour en arriver jusqu'à l'immobilité complète. Nous avons besoin d'un langage et d'outils de mesure généralisables et uniformes, qui ne se limitent pas à la « santé » et au « vieillissement ».

Lors du Forum, l'Institut du vieillissement a voulu explorer des solutions possibles au problème du manque de « définitions/langage communs » dans le domaine de la mobilité des personnes âgées.

Dans le cadre d'un exercice visant à déterminer ce qui devrait guider un comité de planification, on a demandé aux participants d'envisager le problème du manque de définitions/langage communs, ses impacts et ses solutions possibles dans leur perspective personnelle. Voici un résumé des idées et des recommandations des petits groupes :

Travail de base pour rassembler de la documentation sur le problème
Il a été recommandé de se documenter sur le problème du manque de définitions/langage communs au moyen d'analyses du contexte, d'examens, de sondages et d'études de cas fructueuses. Les analyses du contexte peuvent permettre de découvrir des modèles appropriés dans d'autres gouvernements (provinciaux, nationaux) et dans des secteurs non liés à la santé (p. ex. urbanisme). Un examen de la documentation suivi d'une synthèse garantirait la crédibilité de l'information de base et fournirait des données repères. Les sondages auprès de différents groupes et organismes révéleraient le « lexique » de différents secteurs, disciplines et populations, et aiderait à cerner les besoins et les possibilités d'uniformisation.

Clarifier la nature et la portée de la définition et des résultats escomptés
Dans leurs discussions, les participants ont tenté de voir à quoi pourrait ressembler une solution « idéale » au problème des « définitions/langage communs ». À leur avis, un cadre ou un modèle théorique serait plus utile qu'une définition rigide. Un cadre utile comporterait des composantes génériques applicables à différents scénarios (tenant compte de la diversité des intervenants, des personnes et des milieux et une composante flexible adaptable à des scénarios particuliers. Un cadre ou un modèle théorique pourvu de cette flexibilité faciliterait également la promotion et la commercialisation.

Tout fait nouveau nécessiterait des directives et des décisions claires quant à ce que devrait inclure la question des « définitions/langage communs » ou le cadre théorique concernant la mobilité et le vieillissement, qu'il s'agisse de questions de portée restreinte ou de portée très générale, d'aspects biologiques ou de santé publique. Il faudrait aussi prendre des décisions quant à l'orientation de la définition ou du cadre théorique. Pour prendre ces décisions, il faut tenir compte des considérations suivantes : accent mis sur la personne versus accent sur le milieu et/ou approche de traitement traditionnelle (basée sur la maladie) versus prévention (p. ex., poids corporel sain versus obésité).

Une définition ou un cadre utile devrait aborder la « mobilité et le vieillissement » à la fois comme un continuum et une réalité multifactorielle. Elle devrait inclure une dimension prospective et tenir compte des futurs problèmes de mobilité (p. ex. réduction de la mobilité découlant de l'épidémie d'obésité).

Considérations relatives à la mise en oeuvre
Les participants ont souligné le besoin de mesurer le succès de tout cadre/définition choisis, en insistant sur la nécessité d'établir des mesures du rendement et des repères dès le départ. Les données relatives à l'impact sur l'économie de la santé et à l'influence sur les politiques ont été désignées comme des étalons de mesure importants. Si on arrive à s'entendre sur des mesures et des outils communs, il faudra probablement les soumettre à des études de validation qui auront besoin de financement.

Pour faire adopter la définition ou le cadre choisi, le marketing jouera un rôle clé. Les activités de marketing pourraient inclure l'établissement d'un réseau de recherche en application des connaissances, la publication d'études de cas et de modules de formation, et l'engagement du public et des médias. La stratégie « Man in Motion » a été désignée comme une stratégie de marketing fructueuse, à prendre comme modèle, et le public a été désigné comme une cible clé des efforts de sensibilisation.

Il a été recommandé d'inclure dans tout comité de planification (ou autre genre de comité directeur pour orienter l'Institut du vieillissement) des représentants des groupes d'intervenants mentionnés au Tableau 1. On a mis l'accent sur l'importance d'inclure des personnes âgées non mobiles. On a proposé la création de sous-comités régionaux/locaux pour favoriser l'action à l'échelle locale.

Dans le contexte des recommandations ci-dessus, un atelier (c.-à-d. recueillir de l'information et des commentaires et créer des outils uniformisés, etc.) serait la formule pour répondre aux objectifs visés. Pour concevoir un tel atelier, il faudrait tenir compte des facteurs suivants :

  • Cibler différents secteurs et disciplines, d'abord séparément et ensemble par la suite;
  • Cibler différents thèmes (p. ex. troubles cognitifs; environnements social, physique et économique);
  • Réunir des équipes déjà formées pour déterminer comment elles pourraient collaborer à l'établissement de définitions/cadre communs, et promouvoir l'uniformisation;
  • Choisir des environnements appropriés, comme des établissements de soins de longue durée et des centres communautaires pour personnes âgées.

Enfin, les participants ont souligné que l'absence de définitions/langage communs ne devrait pas retarder la mise sur pied de collaborations, ni les efforts de recherche et d'application des connaissances dans le domaine de la mobilité et du vieillissement.

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4. Appliquer les résultats de la recherche dans le domaine de la mobilité et du vieillissement

Les participants ont été invités à recommander à l'Institut du vieillissement des moyens de faire progresser l'initiative Mobilité et vieillissement. L'Institut a été encouragé à continuer de communiquer avec les chercheurs, les personnes âgées, les organisations d'intervenants et les gouvernements, et à établir des liens entre ces groupes. Voici d'autres suggestions :

  • Tenir une conférence nationale sur la mobilité et le vieillissement en 2008, et y inviter des conférenciers réputés de divers secteurs et disciplines (biologie, médecine clinique, AC, etc.). Pour promouvoir l'AC, il faudrait charger des experts en communication et en marketing de faire rapport sur ce qu'ils entendent.
  • Établir une coalition canadienne d'organismes bénévoles/non gouvernementaux, d'organismes publics et d'organismes privés qui pourrait soutenir différentes priorités dans le domaine de la mobilité et du vieillissement. Cette coalition pourrait créer un cadre établissant le rôle de chaque partenaire à l'égard de chaque priorité; on verrait alors apparaître une série d'initiatives uniques sous la direction de la coalition, chacune associée à un sous-groupe de partenaires (un modèle existe déjà : Partenariat sur les troubles cognitifs liés au vieillissement). Cette coalition, forte des ressources et des voix qu'elle mettrait en commun, serait en mesure d'influencer les décideurs publics. Les mesures actuelles, appuyées par des efforts de financement et de lobbying modestes et dispersés, se sont avérées largement inefficaces.
  • Aider les organismes non chercheurs à faire part de leurs besoins aux chercheurs. Cela pourrait se faire dans le cadre d'un atelier entre chercheurs et utilisateurs de la recherche sur la formulation de questions de recherche suivant une « approche ascendante » .
  • Se documenter sur l'état des connaissances dans le domaine est essentiel à la planification. Le milieu doit échanger des connaissances et comprendre collectivement l'information particulière à chaque milieu cloisonné. Cela pourrait se faire par l'entremise de petits groupes de travail interdisciplinaires.
  • Créer un réseau d'application des connaissances dans le domaine de la mobilité et du vieillissement, afin d'accélérer la mise en application des résultats de la recherche par le réseautage de chercheurs et d'utilisateurs de la recherche et le développement des compétences en application des connaissances parmi les chercheurs et les utilisateurs.
  • Faciliter le jumelage des chercheurs et des utilisateurs de la recherche au moyen d'un site Web dans lequel les gens pourraient indiquer leurs projets de recherche ou leurs besoins en information, et d'autres pourraient répondre en indiquant l'aide, les contributions et les services qu'ils peuvent offrir. D'autres outils d'AC ont été recommandés, notamment des plateformes de discussion Web et/ou des bases de données où verser et récupérer de la documentation et des données factuelles traduites en langage courant (un modèle existe en Ontario : Alzheimer Knowledge Exchange).
  • S'associer à d'importants organismes de services provinciaux, comme les Centres d'accès aux soins communautaires de l'Ontario, et tenir avec eux des tables rondes pour échanger de l'information sur les pratiques exemplaires et promouvoir les programmes basés sur des données factuelles.
  • Envisager des moyens pour soutenir les fournisseurs de services en milieu rural qui travaillent dans de petites collectivités souvent éloignées et qui ne peuvent pas toujours profiter d'une vue d'ensemble ou savoir ce qui se passe ailleurs au pays; envisager aussi des moyens de faire participer ces fournisseurs de services.

Plusieurs commentaires ont été exprimés sur l'application des connaissances. Il est nécessaire de changer la culture et le système d'application des connaissances. Tandis que les chercheurs doivent se préoccuper de l'application des connaissances et acquérir les compétences voulues, les utilisateurs de la recherche doivent être proactifs dans la recherche de données factuelles et apprendre à reconnaître les données crédibles (un modèle existe déjà : initiative du gouvernement de l'Alberta visant l'élaboration de politiques stratégiques axées sur les résultats). La responsabilité de l'application des connaissances ne devrait pas reposer exclusivement sur les épaules des chercheurs. De plus, le milieu universitaire doit se doter d'un système de reconnaissance du travail d'AC entrepris par les chercheurs.

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Mot de la fin et prochaines étapes

La Dre Anne Martin-Matthews a conclu le forum de deux jours en reconnaissant l'étendue des discussions et en décrivant le rôle de l'Institut dans la progression de l'initiative Mobilité et vieillissement.

L'Institut du vieillissement des IRSC travaille à promouvoir l'application des résultats de la recherche dans le domaine de la mobilité et du vieillissement en soutenant non seulement la recherche, mais aussi l'application des connaissances, les partenariats et le développement des capacités. L'Institut tiendra compte des recommandations des participants au Forum dans la mise à jour de ses plans d'activité et de ses possibilités de financement dans le cadre de l'initiative Mobilité et vieillissement.

L'Institut du vieillissement continuera de créer des partenariats avec de nouveaux organismes et de tirer parti des collaborations actuelles. La complexité du problème de la mobilité des personnes âgées oblige à chercher des solutions au-delà des secteurs traditionnels de la santé, du côté des secteurs de l'architecture, de l'urbanisme, etc. La collaboration est donc essentielle, en premier lieu pour que notre groupe comprenne collectivement le savoir individuel des disciplines et des secteurs qui le composent.

Reconnaissant la difficulté de travailler en liaison avec différents paliers de gouvernement, l'Institut du vieillissement renforce ses relations avec le Comité fédéral-provincial-territorial responsable des personnes âgées. Des représentants de ce comité étaient présents à la réunion et ils sont en mesure de contribuer au projet en parlant à leurs collègues et à leurs gouvernements et en stimulant la participation des provinces.

La Dre Anne Martin-Matthews a remercié tous les participants pour leur contribution précieuse et le travail accompli avec l'Institut du vieillissement afin de réaliser le succès de l'initiative Mobilité et vieillissement.

La séance est levée à 14 h.


  1. Utilisateurs de la recherche : Cette notion renvoie à ceux qui pourraient ou devraient utiliser les données probantes et conclusions de la recherche dans leurs décisions sur les politiques, les programmes, etc., c.-à.-d. les administrateurs des établissements de santé, les professionnels de la santé (par ex. médecins, infirmiers, physiothérapeutes), les soignants professionnels et les aidants naturels, les travailleurs sociaux, les travailleurs de première ligne, les décideurs des politiques publiques, les médias, les organismes de bienfaisance dans le domaine de la santé, le secteur privé et le grand public.