Rapport annuel 2007-2008

Table des matières ]

Portraits de partenariats


Partenariats avec les universités

Les IRSC et les universités canadiennes travaillent de concert pour appuyer et promouvoir le travail des chercheurs en santé du Canada. Il s'agit d'un partenariat synergique : les IRSC n'auraient pas de chercheurs à financer si les universités ne mettaient pas à la disposition de ces derniers les installations nécessaires et des étudiants pour les aider dans leur travail. Parallèlement, les universités comptent sur les fonds de fonctionnement que leurs chercheurs reçoivent des IRSC et d'autres sources de financement pour utiliser ces installations, appuyer leurs activités d'enseignement grâce à la recherche continue et améliorer les activités d'apprentissage des étudiants.

L'effet d'entraînement du financement de la recherche

Il y a trente ans, Bryan Kolb était une étoile montante à l'Université McGill, une grande université en plein coeur d'une métropole, avec des ressources et des possibilités de financement abondantes. Cependant, n'aimant pas vivre dans une grande ville, il a décidé de retourner dans l'Ouest; il est né et a grandi à Calgary. Il a donc choisi de s'installer dans une ville où il y avait une petite université aux grandes aspirations - l'Université de Lethbridge, dans le Sud de l'Alberta.

Le Dr Kolb est reconnu comme l'un des précurseurs des neurosciences du comportement. Auteur de cinq livres, dont deux ouvrages didactiques écrits conjointement avec le Dr Ian Whishaw, collaborateur et collègue à l'Université de Lethbridge, le Dr Kolb oriente ses travaux de recherche sur la façon dont les changements structuraux dans le cortex cérébral influent sur le comportement; ces changements peuvent être attribuables à des facteurs tels que les hormones, l'utilisation de drogues ou un accident cérébral vasculaire. Il a mené tous ses travaux de recherche à l'Université de Lethbridge.

« Si la recherche est bonne, vous pouvez la réaliser n'importe où, affirme-t-il, et je n'ai été aucunement pénalisé. »

En fait, loin d'être pénalisé, le Dr Kolb a contribué à la création d'un centre d'excellence en neurosciences du comportement à l'Université de Lethbridge. Il existe maintenant un immeuble consacré aux neurosciences du comportement où travaillent 160 personnes. Chaque année, des experts de partout dans le monde viennent à Lethbridge pour assister à des réunions et à des présentations.

« Au cours des deux dernières décennies, les sciences de la vie se sont tournées vers les sciences moléculaires, ce qui nécessite des équipes nombreuses et beaucoup d'équipement très coûteux. Mais, ce n'est pas la seule façon de faire », affirme le Dr Kolb.

« Je ne crois pas que toutes les questions que nous devons nous poser relèvent des sciences moléculaires, ajoute-t-il. Beaucoup d'innovations voient le jour dans de petits laboratoires - et un grand nombre d'excellents chercheurs commencent leur carrière dans de petites universités. »

Les petites universités comme l'Université de Lethbridge sont maintenant en mesure d'appuyer un plus grand nombre de ces excellents chercheurs. En effet, le mandat élargi des IRSC fait en sorte qu'un plus grand nombre de chercheurs affiliés à des petites universités, celles qui n'ont pas de faculté de médecine, sont admissibles à du financement. Cette situation a donné lieu à de nouveaux partenariats avec des universités partout au pays : de l'Université Northern British Columbia à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard. Par exemple, au cours des quatre dernières années d'existence du Conseil de recherches médicales du Canada, prédécesseur des IRSC, l'Université de Lethbridge a reçu un peu plus de 500 000 dollars de cet organisme. Depuis la création des IRSC, elle a reçu près de 3,5 millions de dollars. Pour Dennis Fitzpatrick, vice-président (recherche) à l'Université de Lethbridge, c'est plus qu'une simple augmentation de financement par les IRSC.

« C'est complexe, ajoute-t-il. Les IRSC fournissent chaque année des subventions de fonctionnement de base et cela est très important pour un petit établissement. Si vous n'avez pas de financement des IRSC, vous n'obtenez pas de financement de l'Alberta Cancer Board ou de la Fondation des maladies du coeur, ou de toute autre source de financement de la recherche en santé au Canada. »

Servir les communautés de langue officielle en situation minoritaire

Geneviève Rail sait que les adolescents et les adultes ont une conception différente de la santé. Cette chercheuse de l'Université d'Ottawa a découvert que les jeunes ont tendance à penser qu'être en santé signifie être mince et avoir un « beau » corps - même au prix d'habitudes nuisibles pour la santé telles que les régimes amaigrissants excessifs ou la prise de stéroïdes.

Mais, qu'en est-il des jeunes qui sont en situation minoritaire, comme les francophones vivant dans un milieu anglophone ou vice-versa? Ont-ils la même conception de la santé? Des données indiquent que le fait d'être en situation minoritaire peut influer sur l'attitude face à la santé ou à la maladie, sur la façon d'accéder aux services de santé et sur l'expérience vécue face aux soins de santé. Cependant, peu de chercheurs ont les outils pour relever les défis de la recherche en santé auprès des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

« Il n'y a pas beaucoup de recherche en santé effectuée auprès de ces communautés », affirme la Dre Rail. C'est pourquoi on lui a demandé d'organiser un atelier d'été des IRSC qui portera sur la question de la santé dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire. Cet atelier, organisé en partenariat avec l'Université d'Ottawa, aura lieu en juin 2008.

Les 13 instituts des IRSC seront partenaires de l'Université d'Ottawa pour cet atelier d'été. Les participants auront la chance de discuter avec des chercheurs experts et des dirigeants communautaires et d'explorer les enjeux liés à la planification et à la réalisation de travaux de recherche dans le contexte culturel des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

La Dre Rail a hâte de rencontrer les participants à l'atelier d'été. En tant que chercheuse, elle a participé à des travaux de recherche sur la santé au sein des communautés franco-ontariennes. En qualité de vice-doyenne à la recherche de la Faculté des sciences de la santé de l'Université d'Ottawa, elle a l'habitude d'appuyer de jeunes chercheurs.

« C'est ce que j'aime faire, déclare-t-elle, j'aide les jeunes chercheurs à préparer des demandes de subvention et des propositions de recherche. »

L'atelier d'été portera notamment sur la préparation de demandes de subvention ainsi que sur la création et le transfert de nouvelles connaissances dans le domaine de la santé pour le mieux-être des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Renforcer les liens pour faire de la recherche sur la santé des Autochtones

Dans le milieu de la recherche sur la santé des Autochtones, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, les chercheurs portent une attention particulière à la médecine traditionnelle; le Canada commence à prendre cette direction. Selon Dawn Martin-Hill, chercheuse dans ce domaine, la recherche en médecine traditionnelle a été ralentie en raison du manque de personnes qualifiées pour procéder à l'examen par les pairs des projets de recherche.

Trouver de telles personnes est l'un des moyens par lesquels le secrétariat des Réseaux de recherche en santé des Autochtones (RRSA) peut contribuer à renforcer la recherche sur la santé des Autochtones au Canada. Le secrétariat des RRSA est l'organisme central de coordination des neuf environnements réseaux pour la recherche sur la santé des Autochtones (ERRSA), qui sont établis dans des universités canadiennes. Créés à l'initiative de l'Institut de la santé des Autochtones, ces environnements réseaux sont un partenariat entre les IRSC, les chercheurs affiliés aux universités et les communautés et organisations autochtones afin de faire de la recherche sur des questions importantes pour ces communautés et de former des étudiants qui se consacreront à la recherche sur la santé des Autochtones.

La Dre Martin-Hill, Mohawk et directrice du programme d'études sur les Autochtones à l'Université McMaster à Hamilton, est l'un des chercheurs principaux qui dirigent l'Indigenous Health Research Development Program (IHRDP), un programme pour le développement de la recherche sur la santé des Autochtones qui est l'un des neuf ERRSA. Cinq universités de différentes régions de l'Ontario collaborent à l'IHRDP : l'Université McMaster, l'Université de Toronto, l'Université Trent, l'École de médecine du Nord de l'Ontario et l'Université Lakehead. Cet ERRSA est unique puisque son siège est situé dans la réserve des Six Nations, près de Brantford, en Ontario. Le fait d'être établi à cet endroit a permis de créer d'importants liens avec la communauté autochtone, un élément essentiel de la vision sous-tendant les ERRSA.

Bien que chaque ERRSA ait ses propres priorités et domaines de recherche, les neuf environnements réseaux travaillent ensemble pour développer ce que la Dre Martin-Hill appelle des « enclaves d'intérêt ». Le but est de créer des relations à long terme, de sorte que si le financement devait cesser, la recherche et les relations de recherche pourraient continuer.

« La chose la plus triste qui pourrait arriver serait de faire tout ce travail et de ne pas établir de solides partenariats entre les organisations communautaires, les universités et les étudiants. »

Dre Dawn Martin-Hill

Des faits et des chiffres

  1. Ne comprend pas les établissements payés par paiements directs.
  2. Estimation fondée sur une recherche par mot clé.
Nombre d'établissements1 ayant reçu des fonds des IRSC en 2000-2001 : 69
Nombre d'établissements1 ayant reçu des fonds des IRSC en 2007-2008 : 89
Investissement2 des IRSC dans la recherche sur la santé des Autochtones en 2000-2001 : 2 millions de dollars
Investissement2 des IRSC dans la recherche sur la santé des Autochtones en 2007-2008 : 29,9 millions de dollars

Partenariats avec le secteur bénévole

Travaillant directement auprès des communautés, les organismes bénévoles peuvent orienter la recherche pour qu'elle réponde aux besoins des utilisateurs et aider à faire en sorte que les résultats de la recherche servent à ceux qui peuvent en profi ter le plus. Ces organismes parlent aux IRSC au nom de leurs communautés et ils parlent aux communautés au nom des IRSC.

Étudier les douleurs lombaires à la source : appui aux petits organismes de santé

Pourquoi un chiropraticien, un expert qui fait « craquer la colonne vertébrale », observe-t-il des protéines et des cellules dans un laboratoire du Réseau universitaire de santé de Toronto?

Mark Erwin est l'un des rares chiropraticiens en Amérique du Nord à faire de la recherche biomédicale et il ouvre la voie à une nouvelle approche pour traiter la discopathie dégénérative.

La discopathie dégénérative est l'une des principales causes des douleurs lombaires - principalement chez les personnes âgées. Il n'existe aucun traitement efficace contre cette maladie. Le Dr Erwin s'intéresse aux cellules de la notocorde, qui aident à bâtir les disques intervertébraux. Les cellules de la notocorde sont présentes chez les chiens et les humains; cependant, leur nombre diminue au fur et à mesure que le sujet vieillit - sauf chez certains chiens de race croisée qui conservent ces cellules et ne développent pas la discopathie dégénérative. Le Dr Erwin étudie les particularités des cellules que conservent certains chiens et tente de découvrir comment reproduire la présence de ces cellules chez les humains et, ainsi, mettre au point un nouveau traitement pour la discopathie dégénérative, ou peut-être même un moyen de prévenir cette maladie.

« J'essaie d'apprendre à reproduire ce que dame nature fait », déclare-t-il.

Il a constitué une équipe de chercheurs spécialisés en rhumatologie, en orthopédie, en neurochirurgie, en génie biomédical et en biologie cellulaire et moléculaire pour l'aider dans ses travaux. Cette approche multidisciplinaire favorise la mise en commun de connaissances très variées et offre de précieuses perspectives.

Le Dr Erwin n'hésite pas à dire que sans le soutien obtenu grâce au Programme de partenariat avec les petits organismes de santé (PPPOS) des IRSC, il n'aurait jamais pu passer de son cabinet de chiropraticien au laboratoire. Ce soutien lui a permis de retourner aux études et d'obtenir un doctorat. Il espère maintenant obtenir un appui en tant que nouveau chercheur, ce qui constitue la première étape avant de diriger son propre laboratoire.

Le PPPOS favorise les partenariats avec de petits organismes caritatifs oeuvrant dans le domaine de la santé et des organismes sans but lucratif ayant de modestes capacités de financement de la recherche en santé, tels que la Fondation canadienne pour la recherche en chiropratique (FCRC), la source de financement du Dr Erwin. Ces partenariats permettent d'appuyer des étudiants au niveau de la maîtrise et du doctorat ainsi que des postdoctorants et des nouveaux chercheurs. Les IRSC fournissent la moitié du soutien accordé et les organisations membres, l'autre moitié.

Le Dr Erwin, qui a considérablement délaissé la pratique clinique pour faire son doctorat, a pris le chemin du laboratoire afin de trouver une solution pour ses patients. Il pratique toujours (à temps partiel) et affirme que son but ultime est de voir les résultats de ses travaux profiter aux patients. Il prépare actuellement la transition en vue de faire de la recherche à temps plein, mais il aimerait maintenir un lien avec le milieu clinique, idéalement en tant que clinicien-chercheur travaillant dans un cadre multidisciplinaire élargi tel qu'un centre de soins de la colonne vertébrale établi dans un hôpital, où il pourrait continuer sa recherche fondamentale.

Faisant référence à la trajectoire habituelle en recherche, soit du laboratoire au chevet du patient, le Dr Erwin déclare « Ma recherche commence avec les patients, il serait plus juste de dire qu'elle part du chevet du patient, passe par le laboratoire et revient au chevet du patient ».

« Le PPPOS a beaucoup contribué à offrir des possibilités aux professions traditionnellement sous-représentées. Il a favorisé une véritable culture de recherche. »

Dr Allan Gotlib, Directeur des programmes de recherche, FCRC

Le football sur la sellette

Il est difficile d'être joueur de football professionnel. Chaque semaine, durant la saison, le footballeur se fait malmener; il subit des mauvais traitements difficilement imaginables. Il semble maintenant que ces mauvais traitements pourraient avoir des séquelles qui durent toute la vie, une vie considérablement écourtée.

La cause : la sclérose latérale amyotrophique ou SLA, plus connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig. Il s'agit d'une maladie neurodégénérative progressive. Les personnes atteintes voient leurs muscles s'atrophier graduellement et, au fil du temps, elles perdent la capacité de marcher, de parler ou de respirer par elles-mêmes. La paralysie s'installe et le décès survient habituellement de deux à cinq ans après le diagnostic. Bien que Lou Gehrig ait été un joueur de baseball, la maladie semble plus commune chez les joueurs de football professionnels.

« Il semble y avoir une plus grande incidence de la maladie chez les joueurs de football de la LCF », affirme Angela Genge, directrice de la clinique de SLA de Montréal et médecin traitant de Tony Proudfoot, ex-joueur des Alouettes de Montréal, chez qui on a diagnostiqué la SLA en 2007. La maladie a été diagnostiquée chez huit anciens joueurs de la LCF sur un nombre total de 15 000; dans la population générale, on trouve deux cas sur 100 000.

La Dre Genge dirige une étude afin d'examiner les facteurs de risque potentiels chez les joueurs de football professionnels - le niveau d'activité physique, le nombre de commotions subies et le type de terrain sur lequel ils jouent - et de faire une comparaison avec les athlètes pratiquant d'autres sports. Elle étudiera aussi le cas de tous les patients du Québec souffrant de SLA afin de découvrir des points communs dans leur activité physique et leur participation aux sports.

« Si je peux obtenir suffisamment de précisions, affirme-t-elle, soit nous pourrons déceler une évolution caractéristique soit quelqu'un d'autre qui se trouve à distance pourra percevoir une tendance. »

Entre 2000-2001 et 2007-2008, la Société canadienne de la SLA, Dystrophie musculaire Canada et les IRSC ont investi quelque 9,3 millions de dollars dans la recherche par l'entremise du programme de Partenariat de recherche sur les maladies neuromusculaires (PRMN). Dans le cadre de leurs programmes de financement généraux, les IRSC ont consacré une somme additionnelle de 10,8 millions de dollars à des travaux de recherche connexes entre 2000-2001 et 2007-2008. Le Partenariat de recherche sur les maladies neuromusculaires est l'une des premières ententes de partenariat à avoir été conclue par les IRSC.

Les IRSC et la Société canadienne de la sclérose latérale amyotrophique appuient des chercheurs tels que Janice Robertson et Avi Chakrabartty de l'Université de Toronto qui, en 2007, ont produit le premier anticorps qui détecte la seule cause connue de la SLA. Cette découverte pourrait mener à la mise au point de nouvelles techniques pour dépister plus rapidement cette cause de SLA et avoir une valeur diagnostique pour les autres types de SLA. L'anticorps pourrait aussi faciliter la mise au point de nouveaux traitements contre la maladie.

Travailler en partenariat afin de prévenir les blessures

Il y a soixante ans, les noyades constituaient la principale cause de décès par blessure au Canada. C'est ce qui a incité la Croix-Rouge canadienne à mettre sur pied son premier programme de natation et de sécurité aquatique.

Cependant, même après avoir enseigné la natation pendant plusieurs années à la population canadienne, la Croix-Rouge a constaté que le nombre de noyades demeurait élevé. L'organisme avait besoin de recherche afin de mieux cibler et adapter ses programmes de prévention des noyades. En 1991, la Croix-Rouge a établi un partenariat pour mener une telle recherche et, aujourd'hui, les programmes de formation et de prévention des noyades fondés sur des données probantes contribuent de façon importante à réduire le nombre de noyades.

À l'heure actuelle, la Croix-Rouge met l'accent sur la prévention des blessures en général. Et, consciente de l'importance de la recherche dans son succès, la Croix-Rouge a établi son premier partenariat avec les IRSC sur la prévention des blessures.

Les blessures, qu'elles soient intentionnelles ou non, coûtent aux Canadiens plus de 14 milliards de dollars par année. Les IRSC ont réuni des partenaires de tous les ordres de gouvernement et d'organismes sans but lucratif pour appuyer une initiative stratégique sur la prévention et le traitement des blessures intentionnelles et non intentionnelles. Dans le cadre de cette initiative, on offrira un soutien à des équipes multidisciplinaires composées de chercheurs d'expérience et de stagiaires. L'application des connaissances, soit l'utilisation concrète des résultats de la recherche, jouera un rôle important dans chaque subvention accordée.

« Un partenariat avec les IRSC nous permet de tirer parti du peu de financement dont nous disposons pour la recherche », déclare Yvan Chalifour, directeur, Prévention des traumatismes, à la Croix-Rouge. « De plus, un partenariat avec les IRSC nous permet de profiter de leurs structures de recherche, c'est-à-dire de leur système d'examen par les pairs et de leurs liens avec les chercheurs et les universités, et de partager notre expertise en recherche sur les noyades. »

Les partenariats comme celui-ci aident les organismes sans but lucratif à utiliser judicieusement leurs fonds limités.

« Investir en recherche pour mieux aider les gens à l'avenir signifie utiliser de l'argent qui pourrait servir à aider des gens aujourd'hui, affirme M. Chalifour. C'est un vrai dilemme pour nous et pour tous les organismes sans but lucratif. Les partenariats permettent de résoudre ce dilemme. »

La question des blessures a une portée très vaste. « Le partenariat sur la prévention des blessures permet à la Croix-Rouge de travailler avec d'autres organismes canadiens qui s'intéressent également à ce sujet, fait remarquer M. Chalifour. Discuter avec des groupes qui ont d'autres intérêts nous permet d'avoir une vue d'ensemble », ajoute-t-il.

« Nous devons avoir une approche plus scientifique. Nous devons évaluer ce que nous faisons et découvrir ce qui est efficace afin d'améliorer nos interventions. »

M. Yvan Chalifour

Des faits et des chiffres

Nombre approximatif de partenaires des IRSC du secteur bénévole en 2000-2001 : 30
Nombre approximatif de partenaires des IRSC du secteur bénévole en 2007-2008 : 130
Nombre de partenaires ayant contribué à des subventions dans le cadre du PPPOS en 2007-2008 : 18
Nombre de participants à l'atelier IRSC/partenaires sur la prévention des blessures en juin 2007 : 64

Partenariats avec les organismes de financement

Les chercheurs ne travaillent pas de façon isolée. En fait, certaines des grandes percées scientifiques voient le jour grâce à des collaborations novatrices qui amènent les chercheurs à penser en fonction d'un cadre de référence différent du leur. Pourquoi en serait-il autrement des organismes de financement? Les IRSC ont établi des partenariats avec d'autres organismes de financement pour appuyer les collaborations en recherche de pointe, lever les obstacles au financement et faire en sorte que la recherche qui se fait au Canada soit concurrentielle à l'échelle internationale.

Coordonner les ressources en recherche

Les chercheurs canadiens braquent les projecteurs sur les maladies du cerveau. Et les organismes de financement de la recherche au Canada travaillent de concert pour les aider.

On a établi depuis longtemps un lien entre les maladies neurodégénératives, comme la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson, et les accumulations de métaux toxiques dans le cerveau. Quels sont les métaux en cause? Où s'accumulent-ils? Quels rôles jouent-ils dans la maladie? Ces questions sont toujours sans réponse. Helen Nichol, chercheuse à l'Université de la Saskatchewan, utilise des techniques d'imagerie parmi les plus puissantes au monde pour mesurer et localiser ces métaux dans le cerveau des humains et des rongeurs.

La Dre Nichol obtient cette information à l'aide d'un synchrotron, un appareil qui utilise des faisceaux de lumière intense pour analyser la structure et la composition d'un échantillon de tissu. Le synchrotron permet aux chercheurs de voir ce qui se passe au niveau atomique. Cette technologie est extrêmement utile : elle aide les chercheurs en santé à comprendre les changements physiques qui se produisent dans l'organisme au cours d'une maladie et à cerner les cibles possibles en vue du traitement.

Un synchrotron est comme un microscope de la taille d'un terrain de football. Il est gigantesque, comprend un accélérateur de particules central et des extensions en forme de rayon appelées « faisceaux de lumière ». Chaque faisceau de lumière, dont la longueur peut atteindre des kilomètres, se termine dans une station expérimentale, un laboratoire où les chercheurs comme la Dre Nichol et son équipe analysent l'information produite par le synchrotron.

Les synchrotrons sont des outils puissants qui peuvent faire progresser plusieurs domaines scientifiques. Les chercheurs peuvent utiliser cet outil pour surveiller l'activité des gènes chez des animaux vivants ou analyser les effets des contaminants dans l'environnement. Cette technologie pourrait permettre un jour de faire des radiographies meilleures et moins dangereuses pour les patients. Dans ses travaux, la Dre Nichol a utilisé le synchrotron pour montrer que des concentrations de cuivre dans le tissu cérébral humain jouent un rôle important dans une affection du neurone moteur similaire à la SLA (maladie de Lou Gehrig).

Malheureusement, ce ne sont pas tous les établissements de recherche en santé qui disposent d'un appareil aussi imposant. Le synchrotron est situé au Centre canadien de rayonnement synchrotron (CCRS) à Saskatoon, et sa construction a coûté 173,5 millions de dollars. Il n'existe que 42 établissements du genre dans le monde. Cela signifie qu'il y a beaucoup de concurrence entre les chercheurs pour obtenir du « temps de rayonnement ».

Les IRSC, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) travaillent ensemble pour que plus de chercheurs canadiens puissent profiter de cet outil extraordinaire. Cette collaboration a permis non seulement de fournir des fonds pour la construction de nouveaux faisceaux de lumière au CCRS, mais aussi d'aider les chercheurs de partout au pays à utiliser le synchrotron du CCRS, soit en s'y rendant en personne soit en y envoyant des échantillons pour analyse.

« Le synchrotron, qui était la chasse gardée des physiciens et des chimistes, est maintenant pris d'assaut par les chercheurs en santé », déclare la Dre Nichol.

« Le véritable avantage du synchrotron est qu'il permet d'examiner des tissus d'une manière entièrement nouvelle. Parfois, on voit des choses tout à fait inattendues. »

Dre Helen Nichol

Coopération à l'échelle nanométrique

Antonio Nanci, chercheur à l'Université de Montréal, tente de communiquer avec les cellules à un niveau qu'elles peuvent comprendre - à l'échelle nanométrique. Il est appuyé par le programme Projets de recherche concertée sur la santé (PRCS), une initiative conjointe des IRSC et du CRSNG.

« Une cellule ne peut voir ce qui est plus grand qu'elle », explique le Dr Nanci.

Qu'il s'agisse d'une dent artificielle ou d'une prothèse de la hanche, tout dispositif synthétique implanté dans l'organisme humain interagit avec les cellules. Normalement, l'interaction se fait bien et l'intervention est réussie. Toutefois, des problèmes peuvent survenir et compromettre la délicate relation entre les cellules de l'organisme et l'implant. Le Dr Nanci et ses collègues ont mis au point des matériaux synthétiques qui forment de meilleures interactions avec l'organisme.

Ayant recours à un processus appelé nanotexturation, le Dr Nanci et son équipe utilisent des produits chimiques pour créer de minuscules orifices semblables à des pores dans les matériaux utilisés pour les implants. Pour des raisons encore inexpliquées, ces orifices inframicroscopiques ont un effet important sur le comportement des cellules. Les cellules osseuses, par exemple, se développent bien sur des surfaces poreuses, ce qui donne à penser que des implants nanotexturés pourraient réellement promouvoir la croissance de tissus sains. Par contre, les cellules bactériennes ne croissent pas bien sur des surfaces texturées; la nanotexturation pourrait donc servir à créer des implants moins propices aux infections.

« Le processus que nous étudions, c'est-à-dire l'interaction entre les cellules et les surfaces, est universel », déclare le Dr Nanci. Donc, même si ses travaux de recherche portent sur la création de surfaces nanotexturées qui favorisent la guérison autour des implants dentaires, la même technique pourrait être efficace pour de nombreux types d'implants, tels que les endoprothèses coronaires.

Ces travaux novateurs sont réalisés grâce à la collaboration de chercheurs de diverses disciplines. Avec le soutien du PRCS, le Dr Nanci, qui a une formation en biologie cellulaire, a fait équipe avec le Dr James Wuest, spécialiste en chimie combinatoire, et avec le Dr Frederico Rosei, spécialiste en physique des surfaces.

Le but du PRCS est d'encourager les chercheurs des milieux de recherche habituellement financés par le CRSNG à mettre leur savoir et leur expertise au profit de la recherche en santé. En 2007, les IRSC et le CRSNG ont signé une entente pour offrir conjointement 41,4 millions de dollars en subventions au cours des cinq prochaines années par l'entremise du PRCS.

« Le PRCS m'a permis de faire équipe avec des chercheurs qui, autrement, n'auraient jamais demandé de financement aux IRSC. »

Dr Antonio Nanci

Simplifier le processus de financement

Il est impossible de faire de la recherche sans financement. Avant de faire de la recherche, les chercheurs doivent consacrer du temps pour rédiger des propositions de recherche et remplir des demandes qu'ils doivent ensuite soumettre à des organismes de financement tels que les IRSC. Très souvent, ils doivent soumettre des demandes à plus d'un organisme de financement afin d'obtenir le soutien financier dont ils ont besoin. Ce lourd processus administratif ralentit la recherche. Le CV commun (CVC) vise à réduire le temps et les efforts que les chercheurs doivent consacrer à la préparation de documents en vue d'obtenir du financement.

Lancé en juillet 2002, le CVC est une application Web qui permet aux chercheurs de créer des profils d'information normalisés et de les soumettre à différents organismes de financement, ce qui réduit la nécessité de produire plusieurs fois les mêmes renseignements. En 2007, les IRSC, le CRSH, le CRSNG et CANTOR (les trois organismes de financement du Québec) ont signé une entente pour étendre leur engagement face au CVC. Dans le cadre de cet engagement renouvelé, les organismes de financement travailleront en vue d'améliorer la technologie du CVC et de mieux répondre aux besoins des organismes membres.

À l'heure actuelle, plus de 50 000 chercheurs utilisent le CVC et 17 organismes de financement participent au programme. Les organismes sont regroupés au sein du Forum des commanditaires de la recherche en santé, un partenariat représentant les principaux organismes de financement de la recherche en santé au Canada, qui guide la mise en oeuvre du CVC. Les chercheurs qui versent des renseignements dans le CVC peuvent préciser quel organisme peut y avoir accès. Le CVC permet non seulement de simplifier le processus de financement, il peut aussi faciliter la diffusion d'information entre les organismes et les collaborations en recherche.

Des faits et des chiffres

Nombre approximatif de collaborations financières officielles en 2007-2008 entre les IRSC et le CRSNG et/ou le CRSH : 30
Investissement des IRSC dans le programme du Centre canadien de rayonnement synchrotron entre 2003-2004 et 2008-2009 : 10,5 millions de dollars
Nombre de subventions versées dans le cadre du PRCS en 2007-2008 : 51
Investissement des IRSC en subventions dans le cadre du PRCS en 2007-2008 : 3 millions de dollars

Partenariats avec les gouvernements

Le but premier des IRSC est simple : faire du Canada un endroit où on peut vivre en meilleure santé. Toutefois, financer les chercheurs les plus chevronnés ne suffit pas - nous devons faire en sorte que les résultats de leur recherche soient mis en application. C'est pourquoi les IRSC travaillent de concert avec les décideurs canadiens et prennent en considération les défis et les ressources propres à chaque région du pays. Les partenariats des IRSC font avancer les choses à tous les ordres de gouvernement du pays.

Chercheurs en santé appelés à la rescousse

Gail Paech, sous-ministre adjointe chargée du dossier de santé électronique (DSE) pour l'Ontario, doit relever tout un défi. En effet, elle doit aider l'Ontario à atteindre son objectif, soit la mise en place du dossier de santé électronique à l'échelle de la province d'ici 2015. Pour que son équipe soit au fait des derniers résultats de la recherche sur le DSE, elle a demandé l'aide des IRSC.

Une partie de la mission des IRSC consiste à faciliter la transition, habituellement longue et compliquée, entre la découverte scientifique et la technologie appliquée en accélérant la mise en pratique des résultats de la recherche.

Un nouveau programme des IRSC appelé « Des preuves à volonté » permet d'établir des partenariats entre des chercheurs et des responsables des politiques qui ont besoin de résultats concluants. Cette initiative permet de regrouper des chefs de file canadiens ayant l'expertise nécessaire pour aborder les enjeux actuels de la recherche en santé afin de former des « équipes de rêve ». Ces équipes d'experts peuvent être consultées par les décideurs de tous les ordres de gouvernement afin d'obtenir les données probantes qui les aideront à élaborer des politiques en matière de santé, lors de séances d'échange de connaissances d'une journée, appelées « consultations d'experts ».

Mme Paech a récemment organisé une consultation d'experts pour son équipe. Les IRSC ont réuni une équipe de chercheurs ayant de l'expertise dans les divers aspects de la cybersanté, notamment la protection des renseignements personnels, la prise en charge des maladies chroniques et l'acceptation du DSE par les médecins. Ces chercheurs ont fait des présentations et ont ensuite invité les membres de l'équipe de Mme Paech à une discussion ouverte. Plus de 100 fonctionnaires travaillant à l'implantation du DSE en Ontario ont assisté à cette séance.

« Je voulais que les gens qui travaillent au programme de cybersanté du gouvernement soient au courant des résultats récents de la recherche », déclare Mme Paech. « Fournir de l'information à une équipe relativement nouvelle qui entreprend un projet important, cela a vraiment donné le coup d'envoi. »

De façon générale, Mme Paech est d'avis que la consultation a permis aux membres de son équipe de mieux comprendre les enjeux du DSE et d'établir de solides liens avec les chercheurs qui étudient ce domaine croissant de la politique en santé. Selon Mme Paech, le programme Des preuves à volonté pourrait être un outil important pour accélérer le transfert des connaissances, c'est-à-dire faire en sorte que les connaissances issues de la recherche servent à l'élaboration de politiques.

« La technologie évolue à la vitesse de la lumière et nous devons agir rapidement pour incorporer cette technologie au système de soins de santé », explique Mme Paech. « Nous ne voulons pas utiliser d'anciennes technologies et des données périmées afin de mettre au point des solutions pour l'avenir. »

Bâtir d'importants potentiels de recherche dans les petits centres

Qu'est-ce qu'un poisson peut nous dévoiler sur les moyens de lutter contre les maladies humaines? Beaucoup plus que nous pourrions le croire.

Frederick Kibenge, chercheur à l'école de médecine vétérinaire de l'Atlantique, à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard, étudie les infections virales chez les poissons, un sujet important dans une province où la pêche est l'un des piliers de l'économie. Il s'avère que ses travaux de recherche pourraient avoir des retombées positives sur la santé des gens.

Les recherches du Dr Kibenge portent principalement sur l'analyse de la structure d'une protéine appelée VP1. Cette protéine est présente dans les birnavirus, qui causent des maladies chez les poissons et la volaille. Cette protéine est unique puisqu'il s'agit d'un ARN polymérase (un type important de protéine participant à l'activité génique) ayant de multiples fonctions.

« Dans d'autres virus, les rôles de la protéine VP1 sont assumés par plusieurs protéines différentes », explique le Dr Kibenge. « Par conséquent, un médicament qui peut inhiber la protéine VP1 bloque plusieurs processus vitaux au sein du virus. Un tel médicament pourrait être utilisé comme traitement viral universel qui pourrait tuer différents types de virus. »

Les travaux du Dr Kibenge pourraient aussi aider à lutter contre la résistance aux médicaments. La capacité de mutation des virus est notoire : ils déjouent rapidement les médicaments mis au point pour les combattre. C'est pourquoi l'une des meilleures stratégies pour lutter contre un virus est de lui barrer la route avec un arsenal de médicaments - ce que l'on appelle un cocktail médicamenteux. En créant un médicament capable d'attaquer un virus sous de nombreux angles, on réduit les risques que le virus développe de la résistance. Si la recherche du Dr Kibenge permet d'ajouter un autre médicament au cocktail, les virus auront moins de chances de résister au traitement.

Les travaux novateurs du Dr Kibenge sont financés grâce au Programme de partenariats régionaux (PPR). Instauré par le Conseil de recherches médicales du Canada et développé ensuite par les IRSC, ce programme vise à promouvoir la recherche dans les régions moins peuplées du Canada, qui ne reçoivent habituellement pas beaucoup de financement pour la recherche. Dans le cadre de ce programme, les IRSC aident à développer une capacité de recherche en Saskatchewan, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard. En plus de financer des chercheurs travaillant dans ces régions, le PPR a pour objectif d'encourager d'autres partenaires, notamment les gouvernements provinciaux et les industries locales, à investir dans la recherche en santé. Le but ultime du programme est de faire en sorte que les milieux de la recherche en santé soient appuyés partout au pays.

« Le Programme de partenariats régionaux permet aux chercheurs affiliés à de petites universités d'entrer en lice pour obtenir des subventions. »

Dr Frederick Kibenge

Tirer des leçons du passé pour améliorer la santé des générations futures

Qui vous êtes et où vous habitez ont d'importantes répercussions sur votre santé. Des chercheurs ont réalisé des progrès importants en cernant les facteurs qui déterminent la santé. Cependant, il peut être compliqué d'utiliser cette information en vue de créer des milieux plus sains. Grâce au financement des IRSC, un groupe de chercheurs au Centre de recherche Léa Roback sur les inégalités sociales de santé de Montréal tentent d'ouvrir de nouvelles voies de communication entre les spécialistes en sciences sociales, les responsables des politiques et les gens qu'ils tentent d'aider. C'est l'un des sept centres de recherche sur la santé publique et la santé des populations au Canada appuyés par les IRSC et leurs partenaires.

« La multidisciplinarité est au coeur de la vision que nous avons élaborée pour le Centre », explique Louise Potvin, directrice scientifique au Centre Léa Roback. « Quand nous parlons de multidisciplinarité, nous parlons vraiment de multidisciplinarité. Nous avons notamment des politicologues, des médecins, des neurophysiologistes et des environnementalistes. »

L'administration centrale du Centre partage des locaux avec la Direction de la santé publique de Montréal (DSP), le service de santé publique de la ville. Le fait d'être en un seul endroit permet aux chercheurs du Centre Léa Roback de communiquer directement avec les représentants de l'administration municipale et aux décideurs de participer à des travaux de recherche, et ce, dès le début et tout au long de leur déroulement.

« Nous mettons au point une façon d'interagir avec les décideurs de la DSP afin de tirer parti de leurs réseaux professionnels pour mettre la recherche en application, affirme la Dre Potvin. Et nous apportons la crème du milieu de la recherche à ces réseaux professionnels. »

Le partenariat entre le Centre Léa Roback et la DSP a donné lieu à des activités innovatrices d'application des connaissances, notamment des déjeuners-causeries où les représentants de l'administration et les membres de la communauté peuvent discuter des résultats de la recherche avec les chercheurs du Centre.

« Grâce à ce partenariat, nous avons créé une collaboration entre les chercheurs et les décideurs et avons directement accès à des données probantes qui peuvent mettre en évidence et expliquer les questions de santé publique », affirme la Dre Potvin.

Des faits et des chiffres

  1. Estimation fondée sur une recherche par mot clé.
Investissement des IRSC dans le Programme de partenariats régionaux à l'Île-du-Prince-Édouard entre 2000-2001 et 2007-2008 : 1,1 million de dollars
Nombre approximatif de chercheurs ayant reçu un soutien : 25
Investissement des IRSC dans le Programme de partenariats régionaux entre 2000-2001 et 2007-2008 : 29,5 millions de dollars
Nombre approximatif de chercheurs ayant reçu un soutien : 550
Investissement1 des IRSC dans la recherche sur les dossiers de santé électroniques en 2007-2008 : 1,6 million de dollars

Partenariats avec le secteur privé

Le Canada fait face à des questions difficiles quant à son rôle dans l'économie mondiale en évolution. Dans cette nouvelle économie, la concurrence et la productivité dépendent de l'efficacité et de la rapidité avec lesquelles les nations peuvent transformer le savoir émergent pour créer des produits, des pratiques, des politiques et des services nouveaux. Les innovations dans le domaine des soins de santé, stimulées par la recherche, représentent un potentiel économique énorme pour le Canada. Les IRSC ont aidé à créer d'importants partenariats entre le secteur universitaire et le secteur privé, des partenariats essentiels pour la compétitivité du Canada dans l'avenir.

Un coup de pouce pour les partenariats industrie-université

Que pense Anne Snowdon des partenariats? « Il y a un effet d'entraînement. Vous croyez faire une étude, puis cela mène à beaucoup plus. Un partenariat mène à un autre et ainsi de suite », fait-elle observer.

En 2006, la Dre Snowdon, professeure associée à la Odette School of Business de l'Université de Windsor, a remporté le Prix du partenariat des IRSC conjointement avec le Dr John Mann, alors directeur du génie chez Chrysler Canada; retraité depuis peu, il est aujourd'hui président du conseil d'administration du Réseau de centres d'excellence AUTO21.

Les deux chercheurs ont remporté le prix pour la conception et l'évaluation d'un programme d'information visant à éduquer les parents sur l'utilisation adéquate des sièges de sécurité pour enfants dans les véhicules. Selon la Dre Snowdon, les statistiques ne sont guère réjouissantes : chaque année, de 90 à 100 enfants de moins de 12 ans meurent dans des accidents de la route et des milliers sont blessés. Les accidents de la route sont la principale cause de décès chez les enfants au Canada. Heureusement, on peut prévenir presque tous ces décès et traumatismes, à la condition d'utiliser correctement les sièges de sécurité.

Cette collaboration a débouché sur un programme d'éducation appelé Bobby Shooster Rides Safely in his Booster. Le travail en est à sa phase finale et la Dre Snowdon recueille actuellement de l'information sur l'efficacité du programme. Même si le travail est presque terminé, il a engendré de nouveaux partenariats et projets.

Par exemple, en effectuant la recherche pour le programme d'éducation Bobby Shooster, l'équipe a fait des observations importantes sur les attitudes et les croyances des enfants au sujet des sièges d'appoint, ce qui a mené à un autre projet de recherche pour approfondir la question. Elle fait remarquer qu'il y a plusieurs raisons pour lesquelles les enfants n'aiment pas les sièges d'appoint - ils ne sont pas confortables, « c'est pour les bébés », etc. Les parents ont aussi des réticences face aux sièges d'appoint; par exemple, ils ne les utiliseront pas s'ils ne sont pas faciles à installer.

Grâce à cette information, au partenariat avec Chrysler et à une recommandation, la Dre Snowdon a pu frapper à la porte du géant des pièces d'automobiles, Magna Inc., pour lui proposer de mettre au point un siège d'appoint novateur.

« Nous avons établi ce partenariat très rapidement, souligne-t-elle. Quatre à cinq mois plus tard, la compagnie avait un prototype. »

À l'automne 2006, Magna a lancé les sièges d'appoint clekMC, premiers sièges d'appoint sans dossier à être munis d'un dispositif universel d'ancrage rigide. Magna offre maintenant deux modèles de sièges d'appoint clekMC : oto et olli. Depuis son lancement, olli a remporté de nombreux prix, dont le prix pour l'innovation de la Juvenile Products Manufacturers Association, et le sceau d'approbation 2008 du Parenting Center. Magna a reçu des demandes afin que les sièges d'appoint clekMC soient distribués dans 15 autres pays.

« Nous sommes heureux que clekMC soit associé aux efforts de la Dre Snowdon visant à accroître la sécurité des sièges d'appoint. En plus d'être sécuritaire, le clekMC est facile à utiliser pour les parents et est confortable et attrayant pour les enfants. Nous voulons tout mettre en oeuvre pour que les parents se sentent à l'aise d'utiliser nos sièges d'appoint. »

M. Chris Lumley, Vice-président de la marque clekMC, Magna Marque

Il fallait y penser...

Brett Finlay dit avoir eu un éclair de génie lorsqu'il s'est rendu compte qu'il devait orienter ses efforts non pas sur les enfants, mais sur les animaux.

Professeur à l'Université de la Colombie-Britannique et spécialiste des maladies infectieuses, le Dr Finlay fait ici référence à la bactérie mortelle E. coli O157:H7. Présente dans le boeuf haché cru, cette bactérie cause la « maladie du hamburger ». Si elle contamine les approvisionnements en eau, elle est à l'origine de catastrophes comme celle de Walkerton. Selon les Centers for Disease Control des États-Unis, E. coli O157:H7 est à l'origine d'environ 73 000 cas d'infection et de 61 décès chaque année aux États-Unis. Cette bactérie est la principale cause des maladies d'origine alimentaire.

La nouvelle façon de penser du Dr Finlay n'a pas permis de résoudre immédiatement le problème de la contamination à l'E. coli O157:H7, mais elle lui a permis d'orienter ses recherches dans la bonne direction, en examinant comment E. coli se maintient et se développe dans le système digestif des bovins et se retrouve finalement dans le fumier provenant de ces animaux.

Les recherches du Dr Finlay ont mené à la mise au point d'un nouveau vaccin bovin révolutionnaire pour combattre cette bactérie mortelle. Grâce à un partenariat avec Bioniche Life Sciences Inc., entreprise établie à Belleville en Ontario, le vaccin devrait être mis en marché sous peu. Le Canada et, plus récemment, les États-Unis ont accordé à Bioniche un permis conditionnel pour utiliser le vaccin dans les parcs d'engraissement.

« Cela a été un honneur de travailler avec des chercheurs canadiens talentueux comme le Dr Finlay et le Dr Dragan Rogan, de Bioniche Life Sciences Inc., à l'avancement de cette technologie », déclare Graeme McRae, président et chef de la direction chez Bioniche Life Sciences Inc. « Après huit ans de travail, nous mettons sur le marché nord-américain le premier vaccin au monde pour lutter contre la bactérie mortelle E. coli O157:H7. Une solution canadienne qui devrait réduire les cas de maladie et les décès résultant de la consommation d'eau et de nourriture contaminées par cet organisme. »

« Cela illustre le travail de base en microbiologie, travail appuyé par les IRSC, pour tenter de cerner le mécanisme de régulation d'un système. Cela a permis de mettre au point un produit et de suggérer des idées pour la prochaine génération de produits qui seront encore plus efficaces », ajoute le Dr Finlay.

Une croissance nuisible

Nasreen Khalil, pneumologue à l'Université de la Colombie-Britannique et au Vancouver Coastal Health Research Institute, veut que ses patients aient un peu plus de temps pour être en paix avant de mourir. Idéalement, elle veut arrêter la croissance de cellules productrices de tissu cicatriciel chez les patients atteints de fibrose pulmonaire interstitielle diffuse (FPID). Au cours de cette maladie, les cellules produisant le tissu cicatriciel croissent de façon désordonnée et endommagent irrémédiablement les poumons. Après cinq ans, le taux de survie est inférieur à 20 %. On estime que la FPID peut atteindre entre 23 et 35 personnes sur 100 000.

Le tissu pulmonaire a un rôle : distribuer l'oxygène aussi complètement et efficacement que possible. La structure du tissu pulmonaire sain est délicate et souple comme de la dentelle, ce qui est essentiel pour transférer le maximum d'oxygène au sang. Dans le cas de la FPID, cette structure est envahie par de grandes quantités de tissu cicatriciel. Cela ressemble à un morceau de dentelle où on aurait remplacé les fils délicats par des bandes épaisses et rigides de plastique. « On ne voit plus qu'un amas durci de fibroblastes et de tissus conjonctifs. On ne reconnaît plus les tissus normaux qui deviennent tordus, étirés et noueux, explique la Dre Khalil. Les gens aux prises avec la FPID ont une mort pénible : ils ont l'impression de se noyer. »

La Dre Khalil en est maintenant à la deuxième phase de financement dans le cadre du Programme de démonstration des principes, une initiative conçue pour aider les chercheurs à faire passer des découvertes prometteuses du laboratoire au marché. Dans le cadre de ses travaux, la Dre Khalil a fait équipe avec Pacific Therapeutics Ltd., entreprise établie à Vancouver, afin de commercialiser un nouveau médicament pour traiter la maladie. Elle explique que la protéine appelée facteur de croissance transformant bêta 1 (TGF-b1) est à l'origine de la maladie. Cette protéine joue un rôle important dans la formation du tissu cicatriciel; dans le cas de la FPID, elle change et devient plus active et cause une croissance excessive des cellules cicatricielles. L'équipe de la Dre Khalil a mis au point une protéine spéciale naturelle à l'organisme, appelée CD36, un peptide capable d'empêcher la protéine TGF-b1 de changer et d'endommager les poumons.

Lors d'expériences menées chez des rats, on a observé que le traitement à l'aide de ce peptide ralentissait et même empêchait l'apparition de la FPID. L'objectif de ce partenariat est de mettre au point la forme idéale du peptide et l'approche thérapeutique optimale. La Dre Khalil affirme que la technologie pourrait être utilisée pour de nombreuses autres maladies où la cicatrisation excessive présente un risque grave, notamment l'asthme évolutif ou la resténose des artères après une angioplastie.

Des faits et des chiffres

  1. Il y a chevauchement entre les trois sous-catégories.
Nombre approximatif de partenaires des IRSC du secteur privé ayant fait une contribution financière en 2007-2008 : 80
Nombre approximatif de nouvelles entreprises liées à un soutien financier des IRSC ou du CRM : 150
Projets dans le cadre du Programme de démonstration des principes pour lesquels un rapport final a été reçu : 148
Pourcentage ayant contribué à la création d'une nouvelle entreprise1 : 14 %
Pourcentage ayant débouché sur de nouveaux brevets1 : 76 %
Pourcentage ayant débouché sur des accords de licences1 : 26 %
Nombre de stagiaires ayant reçu un soutien direct dans le cadre des partenariats IRSC/industrie en 2007-2008 : 218
Nombre de chaires de recherche ayant reçu un soutien financier dans le cadre des partenariats IRSC/industrie en 2007-2008 : 26

Partenariats internationaux

Au 21e siècle, la recherche est une entreprise internationale - et, dans le domaine de la santé, le Canada dépasse toujours les attentes. Pour reprendre les termes de la Stratégie des sciences et de la technologie du gouvernement du Canada, les chercheurs canadiens atteignent une excellence de classe internationale en matière scientifique et technologique. En novembre 2006, des chercheurs en santé canadiens ont remporté 18 des 39 prix décernés par le Howard Hughes Medical Institute - soulignant les réalisations et le potentiel de chercheurs reconnus comme chefs de file dans le domaine biomédical.

Établir les bases menant à la découverte de médicaments : un premier partenariat mondial

Aled Edwards, chercheur à l'Université de Toronto, s'intéresse à la virologie et au système immunitaire naturel. « Toutefois, je n'ai que très peu de temps à consacrer à mes propres travaux de recherche, car le Consortium de génomique structurelle (CGS), dont je suis le directeur général, mobilise et mérite toute mon attention », confie-t-il.

Le Dr Edwards dirige une équipe internationale de scientifiques qui travaillent à la détermination des structures tridimensionnelles des protéines ayant une importance pour la santé humaine. L'accès à l'information sur ces structures peut réduire de plusieurs mois, voire de plusieurs années, le long processus d'élaboration d'un médicament.

Le CGS, principale initiative en biologie structurale au monde, s'intéresse aux protéines des humains et des parasites humains, comme celui qui cause la malaria. Au cours de la première phase, de 2004 à 2007, le CGS a eu le mandat de produire 386 nouvelles structures de protéines ayant une influence sur la santé humaine - ce but a été atteint avant le délai imparti et à un coût moindre que ce qui était prévu. La deuxième phase vient d'être approuvée; cette fois, l'objectif est de produire 660 structures supplémentaires.

Dès que ces structures sont déterminées, elles sont immédiatement placées dans le domaine public. Les chercheurs de partout dans le monde peuvent les utiliser afin d'accélérer le processus de recherche et il n'y a aucune restriction quant à leur utilisation.

« Voilà tout l'intérêt. Il a été établi que cette information, tout comme celle sur le génome humain, s'avère des plus utiles lorsqu'elle est accessible au public, déclare le Dr Edwards. Dès que l'on commence à se demander qui a les droits de propriété intellectuelle, on s'engage dans un dédale de problèmes juridiques et cela ralentit la recherche qui s'effectue tant à l'université que dans l'industrie. »

Le CGS est un partenariat public-privé regroupant plus de 180 chercheurs du Canada, du Royaume-Uni et de la Suède. Il reçoit un soutien des IRSC, de Génome Canada (par l'intermédiaire de l'Institut de génomique de l'Ontario), de la Fondation canadienne pour l'innovation, du ministère de la Recherche et de l'Innovation de l'Ontario, du Fonds ontarien pour l'innovation, de la Fondation Knut et Alice Wallenberg, de l'agence suédoise Vinnova pour l'innovation, de la Fondation suédoise pour la recherche stratégique, de l'Institut Karolinska, de Wellcome Trust, de GlaxoSmithKline, de Novartis et de Merck.

Selon le Dr Edwards, le caractère international du CGS est l'une de ses forces. « La science est un phénomène culturel. Les gens optent pour différentes méthodes de résolution de problèmes selon l'endroit où ils ont été formés, affirme-t-il. Il est très enrichissant de voir comment des chercheurs de trois milieux culturels différents s'attaquent au même problème. »

L'enthousiasme du Dr Edwards pour le CGS est palpable. « Il y a dans l'organisme humain des milliers et des milliers de protéines encore à découvrir. Cela est exaltant! De plus, cela convient très bien à ma personnalité : un peu hyperactif, « j'aime sauter d'une protéine à l'autre ». Ma foi, je réussis assez bien. »

Soutenir la recherche pour la mise au point d'un vaccin contre le VIH

Keith Fowke a passé 20 ans à tenter d'élucider un mystère : Pourquoi certaines femmes du Kenya exposées au VIH à plusieurs reprises pendant de nombreuses années ne contractent-elles pas le VIH?

Selon le Dr Fowke, professeur agrégé à l'Université du Manitoba, si on découvrait pourquoi ces femmes résistent au VIH, on aurait la clé pour mettre au point un vaccin efficace contre ce virus.

« La réponse est là, dit-il avec frustration. Nous devons être suffisamment astucieux pour la découvrir et la reproduire chez d'autres sujets. »

Trouver un vaccin est le Saint-Graal de la recherche sur le VIH, mais jusqu'à maintenant le succès nous échappe. Cependant, l'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH (ICVV) donne un regain de vie à la recherche. Née d'un partenariat entre le gouvernement du Canada (incluant les IRSC) et la Fondation Bill et Melinda Gates, cette initiative vise à accélérer la mise au point d'un vaccin contre le VIH/sida. Elle permettra d'appuyer des chercheurs et des établissements canadiens qui participent avec des collaborateurs de partout dans le monde, notamment les pays en développement, à une multitude d'activités de recherche pour trouver un vaccin.

Le Dr Fowke mentionne que la nomination du Dr Alan Bernstein, premier président des IRSC, au poste de directeur exécutif de l'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH, aura des répercussions positives pour le Canada. « L'expérience du Dr Bernstein aux IRSC favorisera une plus grande reconnaissance, à l'échelle internationale de la force de la recherche effectuée au Canada et de l'excellence des chercheurs financés par les IRSC », dit-il. L'ICVV sera harmonisée avec l'entreprise mondiale.

Le Dr Fowke a déjà profité de la générosité de la Fondation Bill et Melinda Gates en tant que partenaire de recherche du Dr Francis Plummer, nommé Chercheur de l'année en santé du Canada, par les IRSC, en 2007. Selon le Dr Fowke, le financement reçu dans le cadre de l'initiative Grands Défis en santé mondiale, de la Fondation Bill et Melinda Gates, a permis de transformer leur recherche. Il espère maintenir cette association avec la Fondation par l'entremise de l'ICVV.

Le Dr Fowke admet qu'il peut être frustrant de travailler pendant 20 ans sans réussir à mettre au point un vaccin. Cependant, il demeure convaincu que la résistance au VIH offre un espoir, un espoir sans cesse ravivé par l'optimisme et l'enthousiasme de ses collaborateurs au Kenya et par les femmes résistantes au VIH.

Se parler, se connaître, se comprendre

Chen Huai aime Ottawa. Elle aime les musées, le fait que les gens semblent passer facilement d'une langue à l'autre, et l'enthousiasme des employés des IRSC pour leur travail.

« J'ai pu demeurer dans une famille (un gîte du passant) et je me suis sentie chez-moi, affirme-elle. J'aime les musées d'Ottawa qui m'ont permis d'en apprendre davantage sur l'histoire et l'art du Canada. »

Mme Chen est directrice de division au Bureau de la collaboration internationale de la Fondation nationale des sciences naturelles de la Chine (FNSNC), partenaire des IRSC dans le cadre de l'Initiative de recherche en santé conjointe Canada-Chine. Cette initiative a permis de financer 20 nouveaux projets de recherche conjoints en 2007-2008, en plus des 15 projets financés en 2006-2007. Mme Chen a passé un mois à Ottawa à l'automne de 2007 afin de se renseigner sur la structure et l'organisation des IRSC, notamment le processus d'examen par les pairs, qui suscite l'admiration d'autres organismes de financement dans le monde.

« Grâce à l'expérience de nos collègues des IRSC, j'ai appris beaucoup, particulièrement sur la façon d'organiser les groupes d'experts et le travail connexe, explique-t-elle. Je transmets ce que j'ai appris à mes collègues de la FNSNC et aux scientifiques chinois dans l'espoir de promouvoir davantage la collaboration Chine-Canada en recherche scientifique. »

Un conseil à ceux qui participent à ce genre de mission?

« Essayez de rencontrer des gens et d'échanger des idées avec eux. C'est ce que j'ai le plus aimé de mon expérience et ce qui m'a permis d'apprendre beaucoup. Rencontrer les gens face à face est un moyen très efficace d'arriver à une compréhension mutuelle. »

Des faits et des chiffres

  1. Estimation fondée sur une recherche par mot clé.
Nombre approximatif de pays avec lesquels des chercheurs des IRSC ont des liens internationaux : 50
Investissement1 des IRSC dans la recherche internationale sur le VIH/sida en 2007-2008 : 3,4 millions de dollars
Investissement des IRSC dans le programme du Consortium de génomique structurelle entre 2003-2004 et 2011-2012 : 19 millions de dollars
Nombre approximatif de récipiendaires d'une bourse de formation des IRSC faisant de la recherche à l'extérieur du Canada en 2007-2008 : 240
Nombre de projets appuyés dans le cadre de l'Initiative de recherche en santé conjointe Canada-Chine en 2007-2008 : 35

Partenariats avec le public

Aux IRSC, nous nous efforçons non seulement d'améliorer la santé des Canadiens, nous voulons qu'ils aient leur mot à dire dans l'orientation de la recherche qui a des répercussions sur leur vie. Nous voulons ouvrir des voies de communication entre les membres du public et les chercheurs que nous finançons. C'est pourquoi nous avons mis sur pied de nombreux programmes qui permettent aux membres du public de discuter de la recherche en santé.

Perspective du public sur la recherche en santé

Pour Shirley Dzogan, la vie est une occasion d'apprendre.

Sa soif de connaissances l'a amenée à poursuivre des études universitaires en microbiologie et en virologie et à entreprendre une carrière de technologue de laboratoire. Après avoir obtenu son diplôme, elle a continué à suivre des cours et à étudier différents aspects de la santé publique, tout en élevant une famille. Elle travaille maintenant au ministère de la Santé du Manitoba en tant que consultante responsable de certains dossiers aux services provinciaux de laboratoire et de diagnostic et au Programme manitobain des maladies rénales.

« Je crois fermement à l'apprentissage continu, peu importe à quelle étape de la vie on se trouve », affirme Mme Dzogan.

Shirley Dzogan poursuit sa quête de savoir en travaillant bénévolement comme examinatrice de la collectivité pour les IRSC. Ainsi, elle représente le public canadien aux comités d'examen par les pairs des IRSC.

Processus éprouvé, l'examen par les pairs réunit des chercheurs d'un domaine particulier pour évaluer la qualité d'un projet de recherche. Les éditeurs de revues scientifiques ont aussi recours à ce processus afin de déterminer quels articles publier; les IRSC et d'autres organismes de financement l'utilisent pour choisir les projets qui seront financés.

La décision d'accorder du financement n'est pas facile à prendre et elle revient finalement à des chercheurs expérimentés qui consacrent du temps et mettent leur expertise au profit des IRSC. Cependant, les IRSC reconnaissent que ce processus devrait aussi être ouvert au public qui, ultimement, bénéficie de la recherche.

« Ayant travaillé dans un milieu scientifique, je savais qu'une demande de financement était un processus concurrentiel, explique Mme Dzogan. Mais, c'est seulement quand je suis devenue examinatrice de la collectivité que je me suis rendu compte à quel point la concurrence est vive. Il y a un nombre incroyable de chercheurs extrêmement talentueux qui travaillent au Canada. »

En tant qu'examinatrice de la collectivité, Mme Dzogan doit lire les descriptions de projet des candidats et formuler une opinion sur la recherche proposée, en tant que non-spécialiste. Elle doit envisager les questions que le public pourrait avoir sur le projet et se demander s'il comprendra pourquoi ce projet est important. Elle rencontre ensuite les pairs examinateurs des IRSC et leur fait part de ses réflexions et commentaires.

« Depuis que je participe comme examinatrice de la collectivité, j'ai remarqué un changement progressif au sein des comités d'examen. Les chercheurs ne me demandent plus comment je perçois mon rôle ou qu'est-ce que je retire de ma participation au processus d'examen - ils savent que j'aime ça, affirme Mme Dzogan. Maintenant, ils nous regardent, les autres examinateurs de la collectivité et moi, pour savoir ce que nous avons à dire sur le projet d'un candidat. »

« Il peut être très difficile pour un chercheur qui a consacré une bonne partie de sa vie à un domaine de recherche très spécialisé de convaincre le public de l'importance de sa recherche. »

Mme Shirley Dzogan

Un cours de sciences au nord du 60e parallèle

Karen Morrison a récemment passé trois jours à Rankin Inlet, au Nunavut, à parler aux écoliers de son expérience de chercheuse et du lien entre l'environnement et la santé. Cette visite s'est déroulée dans le cadre du programme Équipe de rêve (Dream Team), qui vise à faire connaître la recherche en santé aux collectivités des Territoires canadiens.

« J'ai montré aux enfants des photos que j'avais prises lors de travaux de recherche dans les Caraïbes. Ils voulaient parler des différents types de bateaux et d'animaux. Ils ont beaucoup aimé regarder des photos montrant d'autres collectivités de pêcheurs », fait remarquer la Dre Morrison.

Le programme Équipe de rêve envoie des enseignants du secondaire et des scientifiques dans des villes du Nord telles que Inuvik, Tuktoyaktuk et Iqaluit, pour y animer des camps d'été d'une semaine. Les écoliers participent à des expériences scientifiques amusantes, comme bâtir un four à l'énergie solaire ou extraire l'ADN de bananes, et ils ont la chance d'en apprendre davantage sur les carrières en science.

Pour les écoliers canadiens vivant dans le Grand Nord, les occasions de discuter avec des mentors de différentes professions, particulièrement dans le domaine de la santé, peuvent être rares. Les IRSC s'efforcent de mettre en contact des chercheurs et des enfants des collectivités du Nord dans un cadre amusant et stimulant. L'activité s'inscrit dans le cadre du programme Synapse - Connexion jeunesse IRSC et est organisée par Actua, l'un des principaux partenaires de Synapse, un organisme sans but lucratif qui cherche à intéresser les jeunes canadiens aux sciences, à la technologie et au génie.

La Dre Morrison s'est portée volontaire pour participer au camp Équipe de rêve lorsqu'elle faisait ses études post-doctorales au Centre Nasivvik. Financé par les IRSC, le Centre Nasivvik se consacre à l'étude de la santé des Inuits et au changement climatique et est affilié à l'Université Laval et à l'Université Trent. Lorsqu'elle était à Rankin Inlet, la Dre Morrison a demandé aux élèves, dont l'âge se situait entre six et douze ans, de faire un dessin représentant ce que la santé et l'environnement signifiaient pour eux. « Ces enfants sont très perspicaces », a-t-elle souligné.

« Une fillette a demandé si elle pouvait dessiner un coucher de soleil, parce que, pour elle, cela représente la santé mentale. Elle a interprété ma demande comme ça, spontanément. »

L'intérêt et l'enthousiasme des écoliers nourrissent la passion de la Dre Morrison pour le programme Équipe de rêve. « Les enfants réagissent favorablement au programme, dit-elle. Je crois que nous devrions tirer parti du vaste réseau de chercheurs et d'étudiants de cycles supérieurs qui travaillent déjà dans les régions du Nord. Pour ces chercheurs, ce serait un bon moyen de faire quelque chose en retour pour ces communautés. »

La recherche en santé mise à la portée des gens

L'automne dernier, les responsables de Science World British Columbia ont découvert à quel point le public était friand de discussions scientifiques.

Science World est un organisme sans but lucratif qui fait la promotion de la science auprès des familles de la Colombie-Britannique au moyen d'expositions interactives dans son musée à Vancouver et de programmes de sensibilisation communautaires offerts à la grandeur de la province. Le musée permet d'éduquer et de divertir un demi-million de visiteurs par année. Toujours à l'affût de nouveaux moyens de promouvoir l'acquisition de connaissances au sein de la communauté, Science World a découvert une possibilité intéressante pour atteindre son but : le programme Café scientifique des IRSC.

« Nous avions tenté d'organiser avec les employés et des amis des rencontres non officielles pour discuter de science dans un pub ou un café », raconte Tammy Matheson, directrice des activités commerciales de Science World British Columbia. « Puis, nous avons entendu parler du programme de subventions Café scientifique des IRSC et avons alors décidé de présenter une demande afin de voir si nous pouvions organiser une activité à plus grande échelle. »

Un Café scientifique permet à des chercheurs et des membres du public de se rencontrer dans une atmosphère détendue pour discuter des dernières recherches sur des questions scientifiques pressantes. En octobre 2007, Science World a utilisé une subvention des IRSC pour organiser un Café scientifique sur la nutrition intitulé Réfléchir avant d'engloutir. De nombreuses questions sur la nutrition ont été abordées : Comment les aliments que nous consommons agissent-ils sur notre santé? Comment s'y retrouver avec tous ces nouveaux termes à la mode dans le domaine de la nutrition? Comment incorporer des aliments nutritifs à notre régime quotidien? Deux chercheurs financés par les IRSC, une nutritionniste et un auteur de livres de recettes, étaient les panélistes.

« Nous avons recueilli beaucoup de commentaires positifs de la part des participants, surtout sur la formule du Café scientifique, affirme Mme Matheson. Les participants ont beaucoup aimé le fait de pouvoir communiquer simplement avec les chercheurs au cours de la rencontre. »

Les IRSC tentent de promouvoir le dialogue entre les chercheurs et le public. Dans le cadre du programme de subventions Café scientifique, ils établissent des partenariats avec des musées, des centres des sciences et des universités partout au pays en vue d'organiser des Cafés scientifiques sur une vaste gamme de sujets touchant à la recherche en santé. Les responsables de Science World British Columbia planifient déjà un autre Café scientifique pour 2008, sur le thème : Comprendre le psychisme des criminels.

« Les participants ont beaucoup aimé le fait de pouvoir communiquer simplement avec les chercheurs au cours de la rencontre. »

Mme Tammy Matheson

Des faits et des chiffres

Nombre approximatif d'examinateurs de la collectivité en 2007-2008 : 15
Nombre de partenariats pour des Cafés scientifiques en 2007-2008 : 18
Nombre de Cafés scientifiques organisés en 2007-2008 : 24
Nombre approximatif de personnes ayant assisté à un Café scientifique des IRSC en 2007-2008 : 1 800
Nombre de partenariats Synapse en 2007-2008 : 13
Nombre de chercheurs ayant accepté de servir de mentors : 4 171
Nombre d'étudiants rejoints directement par le programme Synapse en 2007-2008 : 21 842
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