Rapport annuel 2007-2008

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Survol et points saillants de 2007-2008

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme fédéral responsable de la recherche en santé au Canada. Leur objectif est de « créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé de la population, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. »

Les IRSC comptent 13 instituts et quatre portefeuilles - recherche, application des connaissances, affaires générales et finances. Ils offrent leadership et soutien à près de 12 000 chercheurs et stagiaires répartis dans toutes les provinces du Canada. Par l'entremise des IRSC, le gouvernement du Canada appuie la recherche en santé qui porte sur les problèmes de santé les plus pressants pour notre société et contribue à l'essor économique et à la prospérité du pays.

Au cours de l'exercice 2007 2008, les IRSC ont poursuivi la mise en oeuvre des recommandations du Comité d'examen international qui a évalué les cinq premières années des IRSC. Conformément à la Stratégie des sciences et de la technologie du gouvernement du Canada, les IRSC ont visé à renforcer leurs liens avec d'autres organismes de financement fédéraux, notamment le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) et la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI).

Points saillants de l'organisation en 2007-2008


Changement à la direction

Le Dr Alan Bernstein, premier président des IRSC, a quitté l'organisme en novembre 2007 pour devenir le premier directeur exécutif de l'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH. Il dirigera l'élaboration d'une stratégie pour la mise au point d'un vaccin contre le sida tout en établissant des partenariats entre des chercheurs, des donateurs et d'autres intervenants. L'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH est chargée d'établir les priorités scientifiques, de mobiliser des ressources et d'améliorer la collaboration dans la recherche d'un vaccin anti-VIH.

Le Dr Alain Beaudet, actuellement président et directeur général du Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ), a été nommé nouveau président des IRSC et entrera en fonction le 1er juillet 2008. Pierre Chartrand, vice-président du Portefeuille de la recherche des IRSC, poursuivra son rôle de président intérimaire d'ici là.

Garantir l'accès aux résultats de la recherche

Depuis le 1er janvier 2008, tous les chercheurs qui reçoivent de nouvelles subventions des IRSC doivent s'assurer que tous les articles de recherche issus des travaux financés par les IRSC soient librement accessibles en ligne dans les six mois qui suivent leur publication. La Politique sur l'accès aux résultats de la recherche a été élaborée en consultation avec des chercheurs financés par les IRSC et des intervenants des gouvernements, du milieu de la recherche, du secteur de l'édition et des bibliothèques. Les IRSC ont aussi consulté des organismes de financement d'autres pays qui ont des politiques similaires. Un plus grand accès aux articles et aux données de recherche permettra aux chercheurs canadiens et étrangers d'utiliser et de mettre à profit les connaissances nécessaires pour tenter de résoudre des problèmes de santé importants. L'accès libre permettra aussi aux auteurs de rejoindre un plus vaste auditoire et aux utilisateurs de la recherche - les responsables des politiques, les cliniciens et les membres du public - d'être davantage sensibilisés aux nouvelles connaissances issues de la recherche, ce qui devrait faciliter leur utilisation. Les chercheurs qui ont obtenu des subventions avant le 1er janvier 2008 sont encouragés à se conformer à cette politique.

Déterminer les orientations futures, partie I : renouveler le Plan stratégique

Le Plan stratégique des IRSC précise les cinq orientations stratégiques de l'organisme jusqu'en 2007-2008. Les IRSC entreprennent maintenant un processus en vue de déterminer leurs orientations pour les cinq prochaines années, soit de 2008-2009 à 2012-2013. Le conseil d'administration des IRSC a demandé à la direction de prendre les orientations stratégiques du plan initial comme point de départ du processus de renouvellement du Plan stratégique. Des consultations sur la version provisoire du plan se dérouleront à l'été 2008 et le conseil d'administration devrait approuver le nouveau Plan stratégique vers la fin de 2008-2009.

Déterminer les orientations futures, partie II : mettre à jour les plans stratégiques des instituts

Une des premières choses que les 13 instituts des IRSC ont eu à faire a été d'élaborer leur plan stratégique. Inspiré des vastes consultations avec les milieux concernés, ce plan précisait l'orientation des activités de chaque institut pour les cinq dernières années ou pour plus longtemps.

Les IRSC revoient actuellement leur plan stratégique et il en va de même pour chacun des 13 instituts. Les instituts réexaminent leur plan stratégique, évaluent les priorités déjà établies et décident des meilleurs moyens pour tirer parti des forces actuelles en recherche et aborder d'importantes questions de recherche. Le plan stratégique d'un institut est en quelque sorte la feuille de route qui l'aide à relever les défis actuels et futurs. Il est possible de consulter ces plans stratégiques sur le site Web de chaque institut des IRSC, accessible à partir du site Web des IRSC.

Code d'éthique pour la recherche en santé autochtone

Grâce aux nouvelles lignes directrices en éthique de la recherche élaborées par les IRSC, les Autochtones au Canada participeront davantage à la planification et au déroulement de la recherche effectuée auprès des leurs et dans leurs communautés ainsi qu'à la divulgation des résultats de cette recherche. Les nouvelles Lignes directrices des IRSC pour la recherche en santé chez les peuples autochtones mettent l'accent sur l'importance de faire de la recherche éthique et adaptée à la culture et d'assurer un équilibre entre la quête d'excellence scientifique et le respect des valeurs et des traditions autochtones. Ces lignes directrices seront un outil essentiel pour promouvoir la recherche qui permettra d'améliorer la santé et le mieux-être des Autochtones et de leur offrir des soins de santé adaptés à leurs besoins, ainsi que pour établir des partenariats. Elles ont été rédigées après de vastes consultations auprès des communautés autochtones, des chercheurs et des établissements. Ces lignes directrices apporteront aussi une contribution importante au processus mis en place pour réviser périodiquement le chapitre 6 de l'Énoncé de politique des trois Conseils : Éthique de la recherche avec des êtres humains, qui traite de la recherche avec les peuples autochtones.

Faciliter l'analyse des influences du genre et du sexe

Pendant de nombreuses années, la recherche en santé a porté sur des sujets masculins - et on présumait tout simplement que les résultats s'appliquaient aux femmes. Même si beaucoup de chemin a été parcouru depuis lors, la nécessité d'intégrer l'analyse des influences du genre et du sexe (AGS) dans la recherche demeure pressante. L'AGS tient compte des différences génétiques, physiologiques, sociales et culturelles dans la production de nouvelles connaissances, ce qui permet de fournir des données plus pertinentes et précises à l'appui des pratiques, des programmes, des politiques et des travaux de recherche futurs. Les IRSC jouent un rôle prépondérant dans le mouvement national et international visant à intégrer l'AGS dans la recherche. Par l'entremise d'un de leurs instituts, l'Institut de la santé des femmes et des hommes, les IRSC ont produit un guide afin d'aider les pairs examinateurs et les candidats à déterminer quand et comment le genre et le sexe - et leurs interactions réciproques - influent sur les travaux de recherche et sur la santé des femmes, des hommes, des filles et des garçons. La mise en oeuvre d'une AGS dans la recherche en santé est essentielle pour assurer l'excellence de la recherche. Les chercheurs ont maintenant à leur portée un outil fort utile.

Aperçu de la recherche : le cancer

Selon une analyse publiée par l'Alliance canadienne pour la recherche sur le cancer (ACRC), le Canada a investi 254 millions de dollars dans la recherche sur le cancer en 2005. Les IRSC ont fourni 44 % de ce montant. Près de la moitié des fonds destinés à la recherche sur le cancer ont été consacrés à la recherche sur la biologie du cancer, alors que 20 % sont allés à la recherche sur le traitement. De 7 à 10 % des fonds ont été investis dans la recherche sur la prévention. L'ACRC regroupe des organismes de financement de la recherche sur le cancer et des partenaires affiliés qui travaillent ensemble en vue d'améliorer la situation générale du financement de la recherche sur le cancer au Canada. Le Dr Philip Branton, directeur scientifique de l'Institut du cancer des IRSC, est co-président du conseil d'administration de l'ACRC.

Commission de la santé mentale du Canada

Le 31 août 2007, le gouvernement du Canada a donné le coup d'envoi à la nouvelle Commission de la santé mentale du Canada, dont la création avait été recommandée par le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie dans son rapport de 2006, intitulé De l'ombre à la lumière : La transformation des services concernant la santé mentale, la maladie mentale et la toxicomanie au Canada. L'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies des IRSC a collaboré étroitement avec le Comité sénatorial à la rédaction du rapport et poursuivra sa collaboration avec la Commission pour qu'elle puisse appuyer ses travaux sur les meilleurs résultats de la recherche dans le domaine de la santé mentale.

Partenariat avec l'industrie

L'Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète des IRSC s'est associé à la Fondation pour la recherche en santé de Rx&D en vue de mieux comprendre les interventions efficaces pour prévenir et traiter l'obésité chez les enfants. La Fondation pour la recherche en santé de Rx&D est un organisme privé sans but lucratif soutenu par les membres des Compagnies de recherche pharmaceutique du Canada (Rx&D).

Science en vrac : amener la recherche en santé aux Canadiens

Un peu partout au Canada, les gens se réunissent dans des cafés et des pubs pour discuter avec des chercheurs des problèmes de l'heure dans le domaine de la santé. Rencontres toutes simples entre chercheurs et non spécialistes, les Cafés scientifiques des IRSC visent à étancher la soif de connaissances du public. Les IRSC et leurs instituts organisent des cafés scientifiques, et les IRSC offrent du financement aux organismes sans but lucratif, aux universités et aux centres de recherche désireux d'organiser un Café scientifique. À ces rencontres, les participants peuvent répondre à un sondage afin d'indiquer aux IRSC comment ils aimeraient être informés des progrès de la recherche en santé et à quoi, selon eux, devrait être affecté le financement des IRSC.

Percées scientifiques en 2007-2008


La revue Time place une étude financée par les IRSC en tête des plus importantes avancées médicales de 2007

Une étude internationale a permis de découvrir que la circoncision masculine est un moyen efficace de réduire l'incidence du VIH chez les jeunes hommes. Dirigée par un chercheur financé par les IRSC, le Dr Stephen Moses de l'Université du Manitoba, l'étude a été déclarée la plus importante avancée médicale de 2007 par le magazine Time après que deux essais cliniques sur la circoncision masculine eurent été interrompus lorsque l'analyse des données disponibles a démontré le succès incontestable de cette mesure. Les IRSC ont versé plus de 2,5 millions de dollars pour financer cette étude.

La petite pilule bleue...

Voilà que la petite pilule bleue pourrait servir à traiter bien plus que le dysfonctionnement érectile. Dans une étude financée par les IRSC, le Dr Evangelos Michelakis et son équipe ont démontré que le Viagra pouvait améliorer la fonction cardiaque, ce qui donne à penser que le médicament pourrait être utilisé pour traiter l'insuffisance ventriculaire droite, pour laquelle il n'existe actuellement aucun traitement.

C'est bon des tomates...

Non seulement bonnes au goût, les tomates sont bonnes pour la santé, surtout pour les femmes ménopausées. Une chercheuse financée par les IRSC, la Dre Leticia Rao de l'Université de Toronto, a découvert que les femmes ménopausées qui consomment plus de lycopène, un puissant antioxydant présent dans les tomates et les produits qui en contiennent, ont un taux moins élevé d'une protéine osseuse associée à l'ostéoporose. Ces résultats de recherche pourraient mener à de nouvelles stratégies pour réduire le risque d'ostéoporose.

Un endroit où vieillir - construire des villes mieux adaptées aux aînés

La Dre Verena Menec, de l'Université du Manitoba, chercheuse financée par les IRSC, contribue à l'aménagement de villes où les personnes âgées peuvent être heureuses, en santé et autonomes. Dans le cadre de l'initiative de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) intitulée Des « villes-amies » des aînés : un projet mondial, la Dre Menec a dirigé une série de groupes de discussion avec des aînés de Portage la Prairie, au Manitoba, pour en savoir davantage sur leurs conditions de vie dans une petite municipalité agricole. L'OMS a utilisé l'information recueillie auprès des aînés de Portage la Prairie et de 32 autres villes dans le monde pour rédiger un guide qui aidera les collectivités à inclure les aînés et à leur offrir un milieu adapté.

Un test pour dépister l'autisme

Des scientifiques de l'hôpital pour enfants affilié à l'Université de Toronto dirigés par le Dr Steven Scherer, chercheur financé par les IRSC, ont découvert qu'une région particulière du chromosome 16 était en cause dans 1 % des cas d'autisme. Lorsque le code génétique dans cette région est supprimé, les cas d'autisme semblent plus graves; lorsqu'il est reproduit, les cas d'autisme semblent moins sérieux. La mutation ne semble pas héréditaire. L'équipe envisage d'offrir un test aux patients le plus tôt possible - bonne nouvelle pour les parents qui ont déjà un enfant autiste et qui craignent que le risque d'avoir un deuxième enfant autiste soit plus élevé. Selon le Dr Scherer, le test est relativement peu coûteux et facile à administrer. De plus, il permet de poser un diagnostic chez les nouveau-nés ou même avant la naissance. À l'heure actuelle, les médecins ont tendance à recourir aux tests psychologiques, qui peuvent être administrés seulement vers l'âge de trois ans.

Encore de bonnes nouvelles au sujet de l'acide folique

Le rôle de l'acide folique dans la réduction des anomalies du tube neural comme le spina bifida est bien connu. Une équipe financée par les IRSC et dirigée par le Dr Shi Wu Wen, de l'Institut de recherche en santé d'Ottawa, a découvert que l'acide folique, particulièrement durant le deuxième trimestre, peut réduire le risque de prééclampsie. La prééclampsie, caractérisée par une augmentation de l'hypertension artérielle chez la mère, est la principale cause de morbidité et de mortalité maternelle et infantile dans le monde. Une équipe de chercheurs a suivi environ 3 000 femmes enceintes et a découvert que le taux de prééclampsie est de 2,2 % chez les femmes qui prennent des multivitamines contenant de l'acide folique, tandis qu'il est de 5,1 % chez celles qui n'en prennent pas. Une autre étude financée par les IRSC a fait ressortir d'autres bienfaits de l'acide folique. Le Dr Bhushan Kapur, du Centre des sciences de la santé Sunnybrook de l'Université de Toronto, a découvert que l'acide folique peut ralentir considérablement la neurotoxicité de l'acide formique, un sous-produit du méthanol présent dans l'organisme des alcooliques. De tels résultats incitent à penser que l'acide folique, un supplément peu coûteux et facilement disponible, pourrait être utilisé pour traiter l'alcoolisme et, peut-être, prévenir le syndrome d'alcoolisation foetale.

Miam-miam... encore des fruits et des légumes s'il-vous-plaît! Les avantages et les limites de l'allaitement maternel

Un bébé apprend à aimer les fruits et les légumes si sa mère en consomme régulièrement durant la période où elle l'allaite. C'est ce qui ressort d'une étude menée par deux chercheuses du Monell Center de Philadelphie, la Dre Catherine Forestell, postdoctorante financée par les IRSC, et la Dre Julie Mennella, biopsychologue. Selon l'étude, les parents ne devraient pas renoncer si un bébé grimace lorsqu'on lui présente un aliment pour la première fois - c'est une réaction naturelle et cela ne veut pas dire que le bébé n'aime pas ça. Toujours sur le sujet de l'allaitement maternel, le Dr Michael Kramer, directeur scientifique de l'Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents des IRSC, a découvert que même si l'allaitement est excellent pour la santé du bébé, il ne protégerait pas les enfants de l'obésité. Il a aussi découvert que l'allaitement maternel ne protège pas les enfants de l'asthme ou des allergies. Ces résultats ressortent du plus vaste essai randomisé entrepris sur l'allaitement, l'essai PROBIT (Promotion of the Breastfeeding Intervention Trial), qui a permis de suivre près de 14 000 enfants dans 31 maternités bélarussiennes et leurs cliniques affiliées.

Les femmes reçoivent un traitement différent dans les salles d'urgence

Selon un chercheur financé par les IRSC, le Dr Robert Fowler du Centre des sciences de la santé Sunnybrook de l'Université de Toronto, les femmes de plus de 50 ans qui se présentent à la salle d'urgence semblent avoir moins de chances que les hommes d'être admises au service de soins intensifs et, si elles y sont hospitalisées, elles y passent moins de temps. Elles ont aussi moins de chances de recevoir des traitements de maintien des fonctions vitales comme la ventilation artificielle, et elles courent plus de risques que les hommes de mourir après une maladie grave. Selon le Dr Fowler et son équipe, les différences de traitement entre les sexes pourraient être attribuables aux différences dans les préférences ou les décisions prises parmi les patients, leurs fondés de pouvoir ou l'équipe soignante.

Dites-moi docteur...

Selon une chercheuse financée par les IRSC, la Dre Robyn Tamblyn de l'Université McGill, les médecins qui, durant leur formation, ont du mal à établir une relation patient-médecin et à prendre une décision clinique sont ceux qui font le plus l'objet de plaintes de la part des patients lorsqu'ils commencent à exercer leur profession. Ces résultats ont des répercussions importantes pour les professeurs de médecine et les organismes de réglementation de la profession.

En savoir plus sur le diabète de type 2

En éliminant un type de gène spécifique chez les souris, on observe qu'elles peuvent entreposer une plus grande quantité de sucre dans leur foie, ce qui signifie que l'insuline est plus efficace. Cette découverte faite par des chercheurs financés par les IRSC, la Dre Katrina MacAulay et le Dr Bradley Doble, de l'Institut de recherche Samuel-Lunenfeld de l'hôpital Mount Sinai, pourrait mener à la mise au point de nouveaux traitements pour les personnes atteintes de diabète de type 2. Parallèlement, un autre chercheur financé par les IRSC, le Dr Ron Sigal de l'Université de Calgary, en collaboration avec des collègues de l'Université d'Ottawa, a découvert que pour réguler le taux de sucre dans le sang, il est deux fois plus avantageux de combiner des exercices d'aérobie à un entraînement en résistance que de se limiter à l'un ou à l'autre type d'exercices. Un essai clinique sur le régime alimentaire mené par le Dr Thomas Wolever de l'Université de Toronto a permis de découvrir que les personnes souffrant de diabète de type 2 qui ont un régime à faible index glycémique ont des taux réduits de protéine C-réactive. Cette protéine est un indicateur courant du risque de maladies cardiovasculaires. Plus de 2 millions de personnes au Canada souffrent de diabète; pour 90 % d'entre elles, il s'agit du diabète de type 2. Plus de 60 000 nouveaux cas de diabète sont diagnostiqués chaque année.

Des os en bonne santé

Selon une étude dirigée par le Dr Benjamin Alman et une équipe de chercheurs financés par les IRSC de l'Hôpital pour enfants de l'Université de Toronto, le lithium, médicament utilisé couramment pour traiter le trouble bipolaire, joue un rôle important dans l'amélioration du processus de guérison des os. Un retard dans la guérison des fractures peut causer une incapacité importante et nécessite souvent une intervention chirurgicale additionnelle. On cherche depuis longtemps un médicament pour accélérer la guérison des os afin de mieux réparer les fractures et d'améliorer sensiblement les résultats pour les patients.

Marcher au rythme de la musique...

Une équipe de neuroscientifiques dirigée par les Drs Bin Hu de l'Université de Calgary et Ian Whishaw de l'Université de Lethbridge a découvert que la musique peut aider les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à marcher avec plus d'assurance. Grâce au financement des IRSC, le Dr Hu et ses collègues ont mis au point un appareil sans fil appelé NeuroExplore pour suivre le profil de marche des gens. Si la personne se met à marcher d'un pas mal assuré, l'appareil émet un avertissement sonore ou fait jouer une musique rythmée. L'équipe a aussi découvert que les gens entraînés à marcher en écoutant des chansons connues, rythmées et qui se dansent bien sont moins susceptibles de perdre l'équilibre quand ils marchent que ceux qui se déplacent sans musique. Les chercheurs ont également noté que les pièces musicales peuvent être adaptées au profil de marche de chacun pour créer des « musiques de marche » personnalisées et favoriser l'exercice quotidien.

Traverser ou ne pas traverser

Normalement, la barrière hémato-encéphalique est une barrière qui ne laisse passer que très peu de cellules. Toutefois, chez les personnes atteintes de sclérose en plaques (SEP), des cellules appelées leucocytes peuvent facilement traverser cette barrière. Ils pénètrent alors dans le système nerveux central et produisent une neuroinflammation et des lésions cérébrales caractéristiques de la SEP. Un chercheur financé par les IRSC, le Dr Alexandre Prat du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), en collaboration avec son équipe, a découvert une molécule qui aide les leucocytes à traverser la barrière hémato-encéphalique. La mise au point d'un médicament qui neutralise cette molécule pourrait mener à de nouveaux traitements pour la SEP.

Il n'y a pas de honte à renoncer

Si vous ne réussissez pas la première fois, essayez encore et encore. Non seulement ce vieux dogme pourrait ne pas être vrai, il pourrait même nuire à la santé. Le Dr Carsten Wrosch, de l'Université Concordia, a découvert que les adolescentes qui tentent continuellement d'atteindre des buts difficilement atteignables ont des taux élevés de protéine C-réactive, une molécule inflammatoire qui, chez les adultes, est associée au diabète, aux maladies du coeur et au vieillissement précoce. Selon le New York Times Magazine, les travaux du Dr Wrosch se classent parmi les 70 découvertes les plus fascinantes au monde en 2007. Le Dr Wrosch a reçu le Prix de reconnaissance spécial pour nouveaux chercheurs sur le vieillissement, de l'Institut du vieillissement des IRSC, en 2005.

Créer des synergies internationales

En novembre 2007, quatorze équipes de recherche internationales financées dans le cadre du Programme de partenariat Teasdale-Corti de recherche en santé mondiale se sont réunies pour parler de leurs expériences et ont décidé de créer des alliances pour faire avancer leurs travaux. C'est ainsi que le Dr Craig Stephen, de l'Université de Calgary, qui dirige des travaux pour améliorer la santé animale au Sri Lanka, en partie pour aider à prévenir les pandémies, a choisi de faire équipe avec la Dre Ana Sanchez, de l'Université Brock, en Ontario, qui mène des travaux sur la réduction de la transmission de maladies par le porc. Grâce à cette collaboration, les deux équipes profitent de la mise en commun de leur expertise en santé humaine et en santé animale. Leurs recherches permettent aussi d'améliorer le rôle des vétérinaires en santé publique au Canada.

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