ARCHIVÉE - Sujet de recherche : le genre et la santé

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé de la population, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à près de 12 000 chercheurs et stagiaires en santé d'un bout à l'autre du Canada. En 2007‑2008, le gouvernement du Canada a investi environ 43,2 millions de dollars par l'entremise des IRSC dans la recherche sur le genre et la santé au pays.


Les faits

  • Les filles nées en 2005 peuvent espérer vivre près de cinq ans de plus que les garçons, l'espérance de vie des premières étant de 82,7 ans et celle des seconds, de 78 ans. Cependant, l'écart entre les sexes diminue : en 1991, les filles avaient une espérance de vie de 80,9 ans et les garçons, de 74,6 ans.
  • Les Canadiens titulaires d'un diplôme ou d'un certificat universitaire ont un revenu moyen équivalant à plus de deux fois celui des Canadiens n'ayant pas terminé l'école secondaire. Bien que le nombre de femmes poursuivant des études postsecondaires soit maintenant plus élevé que le nombre d'hommes, leur salaire moyen à temps plein n'a pas augmenté dans la même proportion.
  • En 2005, année la plus récente pour laquelle Statistique Canada dispose de données, les Canadiennes travaillant à temps plein gagnaient en moyenne 39 200 $, soit 70,5 % du salaire moyen des hommes, qui est de 55 700 $.
  • Le taux de cancer du testicule continue d'augmenter parmi les jeunes hommes canadiens; ce taux a augmenté de 1,8 % par année entre 1995 et 2004. L'incidence de cancer du testicule augmente depuis plusieurs décennies pour des raisons qu'on ne comprend pas bien encore.
  • La proportion d'hommes canadiens risquant de mourir d'un accident (blessures non intentionnelles) est beaucoup plus élevée que chez les femmes (33,8 hommes sur 100 000 contre 16,0 femmes sur 100 000). De plus, le taux de suicide chez les hommes est plus de trois fois plus élevé que celui des femmes (16,6 hommes sur 100 000 contre 5,1 femmes sur 100 000).

(Sources : Statistique Canada, Santé Canada; Société canadienne du cancer/ Institut national du cancer du Canada et Rapport de l'administrateur en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada 2008)

Trouver des solutions

Moins de femmes âgées dans les services de soins intensifs

Une étude des dossiers d'hospitalisation de près d'un demi-million de patients a révélé que parmi les patients de 50 ans ou plus, les femmes étaient moins susceptibles que les hommes d'être admises dans un service de soins intensifs et de recevoir certains traitements de maintien des fonctions vitales. Elles ont également plus de chances que les hommes de mourir des suites d'une maladie grave. Le Dr Robert A. Fowler, chercheur associé à l'Institut de recherche Sunnybrook, a dirigé une équipe qui a étudié les dossiers de 466 792 personnes (dont près de 25 000 patients atteints d'une maladie grave) dans 13 hôpitaux ontariens en 2001 et 2002. L'étude conclut que des « différences dans la façon de présenter les maladies graves, la prise de décisions ou des facteurs de confusion non mesurés » pourraient avoir contribué à la différence quant au traitement administré aux femmes.

L'âge n'est pas un obstacle à l'intervention

Que veulent les femmes âgées? Selon une enquête sur les habitudes d'alimentation et d'exercice chez les Canadiennes âgées de 55 à 95 ans, elles veulent davantage de soutien pour les motiver à faire plus d'exercice et à mieux manger. Des 2 500 femmes ayant participé à l'enquête postale soutenue par les IRSC, près des deux tiers étaient âgées de 55 à 74 ans. Dans ce groupe d'âge, 62 % des répondantes disaient faire de l'exercice trois fois par semaine pendant au moins 20 minutes. Cependant, cette enquête dirigée par la Dre Cara Tannenbaum de l'Université de Montréal a également révélé que 35 % des femmes de ce groupe d'âge ne faisaient pas d'exercice et n'avaient pas une bonne alimentation. Ces femmes ont indiqué que les encouragements provenant des professionnels de la santé, de leur famille et de leurs amis étaient un facteur important pour les motiver à faire plus d'exercice et à mieux s'alimenter.

Les femmes ayant survécu à un cancer sont moins actives que les hommes

Les femmes ayant survécu à un cancer sont moins susceptibles d'être physiquement actives que les hommes ayant survécu à un cancer, selon une étude de l'Université de l'Alberta dirigée par le Dr Kerry Courneya, qui est bénéficiaire d'un financement des IRSC. Moins de 22 % des personnes ayant survécu à un cancer sont physiquement actives, les taux les plus bas ayant été observés chez les femmes ayant survécu à un cancer colorectal (13,8 %) et chez celles ayant survécu à un cancer du sein (16,6 %). Les résultats de l'étude ont été publiés dans le numéro d'avril 2008 de la revue Cancer.

Les chercheurs

Dr John Oliffe – Assez homme pour être déprimé

Qu'est-ce qui fait qu'un homme est un homme? Être un dur, un homme d'action, le genre d'homme qui, quand les choses se corsent, redouble d'ardeur et refuse d'abandonner? Et la dépression dans tout ça?

« La dépression pourrait être l'antithèse du machisme traditionnel, mais ce pourrait bien être ce machisme lui-même qui fait sombrer les hommes dans la dépression », selon le Dr John Oliffe, chercheur financé par les IRSC. Ses travaux de recherche à l'Université de la Colombie‑Britannique portent sur l'élaboration de nouvelles façons de comprendre, de diagnostiquer et, en définitive, de traiter la dépression chez les hommes.

Le Dr Oliffe affirme que sa recherche est guidée de multiples façons par une contradiction en apparence flagrante : la dépression est diagnostiquée deux fois plus souvent chez les femmes, mais le suicide, où la dépression est souvent en cause, est quatre fois plus fréquent chez les hommes. En fait, le suicide est la deuxième cause de décès en importance au Canada chez les hommes de 15 à 34 ans.

« J'ai perdu deux de mes amis qui, vers l'âge de 40 ans, ont décidé qu'ils en avaient assez. Je trouvais absolument incroyable qu'ils commettent ainsi l'irréparable quand ils étaient dans la force de l'âge », confie le Dr Oliffe, un Australien d'origine âgé de 44 ans.

Sa récente analyse d'études sur la dépression et la masculinité dans le monde a révélé que les comportements masculins traditionnels cachent souvent la dépression chez l'homme.

« Culturellement, nous ne nous attendons pas à ce que les hommes soient émotifs ou montrent leurs émotions », indique le Dr Oliffe.

Il étudie actuellement de nouvelles façons de diagnostiquer la dépression chez l'homme. Selon lui, les outils diagnostiques d'aujourd'hui pour la dépression ne tiennent pas compte de symptômes propres à l'homme, comme une plus grande colère. Les différences entre la dépression chez les hommes et la dépression chez les femmes pourraient même s'étendre au traitement.

« Récemment, on a accordé beaucoup d'attention à la biologie de la dépression et à la médication », indique le Dr Oliffe. « Mais avec les hommes, nous devons également prendre en compte la construction sociale de la masculinité et la façon dont elle contribue à la dépression. »

Pour plus de détails, consultez le www.impact.irsc-cihr.gc.ca.