Application des connaissances sur les maladies infectieuses et immunitaires - Résultats d'un sondage (Août 2008)
[ PDF (91 Ko) | Aide ]I. Contexte
II. Répondants et méthodes d'analyse
III. Résultats
- Exemples d'activités d'application des connaissances effectuées par les chercheurs
- Opinion des utilisateurs sur les mécanismes efficaces d'AC
- Mécanismes facilitant l'AC
- Recommandations à l'IMII quant à l'établissement des priorités pour stimuler l'AC
- Recommandations liées aux organismes de financement de la recherche en santé pour faciliter l'utilisation des résultats de la recherche
- Autres observations et réflexions
IV. Sommaire des réflexions
Annexe 1 : Courriel d'accompagnement et sondage envoyés aux intervenants
I. Contexte
L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII, ou l'Institut) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) a mené un sondage à l'été 2008 afin d'obtenir des données sur l'application des connaissances (AC) de la part de ses intervenants. Les résultats de l'enquête seront utilisés lors d'un atelier de planification de l'AC, en septembre 2008. Le sondage a été envoyé par courriel aux chercheurs et aux utilisateurs de la recherche avec qui l'IMII a été en contact depuis sa création en 2001. Les questions portaient sur :
- les activités et les mécanismes de promotion de l'utilisation de la recherche;
- les recommandations faites à l'IMII pour stimuler l'application des connaissances;
- les recommandations faites aux organismes de financement de la recherche en santé pour faciliter l'utilisation des résultats de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires.
L'IMII a envoyé le sondage à toutes les personnes de sa liste d'envoi, c'est-à-dire environ 3 000 personnes parmi lesquelles se trouvent des chercheurs, des utilisateurs de la recherche oeuvrant dans différents milieux, et d'autres personnes portant un intérêt au travail de l'Institut. Le sondage a d'abord été envoyé le 24 juillet, et un rappel a suivi le 11 août. Les sondages ont été envoyés en français et en anglais. L'analyse des résultats et la rédaction de ce rapport ont été effectuées par une équipe d'experts-conseils externes. Une copie du sondage se trouve à l'annexe 1.
II. Répondants et méthodes d'analyse
Sur les quelque 3 000 sondages envoyés, environ 97 ont été retournés après avoir été dûment remplis (taux de réponse de 3,2 %). On a demandé aux répondants de dire s'ils étaient des chercheurs ou des utilisateurs de la recherche. Les chercheurs devaient ensuite sélectionner le thème des IRSC qui les concernait le plus : recherche biomédicale, recherche clinique, systèmes et services de santé ou santé des populations. Comme le montre le schéma 1, plus de la moitié des répondants ont déclaré qu'ils étaient des chercheurs dans le domaine biomédical.

En raison du petit nombre de répondants faisant partie des trois autres groupes de chercheurs et de la similitude des réponses données, les chercheurs ont été rassemblés en deux groupes aux fins d'analyse. Le groupe 1 comprenait les chercheurs des domaines biomédical et clinique (N = 63) et le groupe 2 comprenait les chercheurs dans les domaines des systèmes et services de santé et de la santé des populations (N = 15). Dix‑sept répondants ont affirmé être des utilisateurs de la recherche, et deux faisaient partie de la catégorie « autre », comme le montre le schéma 2 ci-dessous.

Après le groupe 1 (recherche biomédicale et clinique), la deuxième catégorie de répondants en importance était celle formée par les utilisateurs de la recherche. Parmi les dix-sept personnes dans cette catégorie, six étaient employées par le gouvernement, quatre travaillaient dans le milieu de la santé, cinq venaient d'organisations non gouvernementales (ONG), une était issue de l'industrie et une ne pouvait être classée de façon plus précise.
Dans la catégorie « Autre » (N = 2), une personne était responsable de la gestion et du financement de la recherche, et l'autre ne pouvait être classée de façon plus précise.
Les réponses aux questions du sondage ont été analysées par catégorie (groupe 1, groupe 2, utilisateurs de la recherche, autre) et par question (toutes catégories confondues). Le contenu des réponses a été analysé.
Soulignons que plusieurs personnes qui se sont classées dans le groupe « chercheurs » ont également répondu à une question destinée aux utilisateurs de la recherche. Cela n'a rien de surprenant, puisque la plupart des chercheurs sont aussi des utilisateurs de la recherche.
Il est à noter que le présent rapport comporte une limitation. En effet, les renseignements recueillis dans le cadre du sondage proviennent d'une très petite proportion des intervenants de l'IMII, et rien ne garantit que ceux de la liste d'envoi (méthode d'échantillonnage qui a été utilisée pour sa commodité) soient représentatifs, de quelque manière que ce soit, de la population de chercheurs. Nous supposons que les répondants portaient un grand intérêt au thème de l'AC et, par le fait même, leur opinion ne reflète peut-être pas celle de l'ensemble de la communauté.
III. Résultats
a. Exemples d'activités d'application des connaissances effectuées par les chercheurs
On a demandé aux chercheurs de décrire brièvement des exemples d'activités clés ayant favorisé l'utilisation des résultats de leurs recherches. Le tableau 1 ci‑dessous contient un résumé des réponses données par les chercheurs des deux catégories.
Tableau 1 : Exemples d'activités d'application des connaissances par groupe
| Fréquence mentionnée | Groupe 1 : Recherche biomédicale et clinique | Groupe 2 : Systèmes et services de santé, santé publique et des populations |
|---|---|---|
| Fréquemment |
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| À l'occasion |
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| Rarement |
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Un des répondants a fait observer qu'aucun autre domaine ne se prête autant au transfert immédiat des connaissances du laboratoire au chevet des malades que le domaine des maladies infectieuses. Plusieurs répondants ont nommé des activités de recherche précises telles que la recherche fondamentale sur le cancer du sein, l'élaboration de médicaments contre le VIH/sida et la recherche sur la résistance à ces médicaments, la mise au point de divers candidats vaccins, etc. Selon les répondants en question, ces activités avaient favorisé l'utilisation des résultats de leurs recherches.
b. Opinion des utilisateurs sur les mécanismes efficaces d'AC
Deux groupes de répondants ont donné leur opinion à ce sujet : ceux qui se sont identifiés comme utilisateurs de la recherche (et rien d'autre), et plusieurs chercheurs qui ont également répondu à cette question.
Le mécanisme le plus souvent mentionné par les utilisateurs de la recherche (N = 17) était les voies traditionnelles de communication imprimée ou en ligne. Cela comprend les revues, notamment celles à accès libre, qui sont particulièrement importantes pour l'utilisation des connaissances par des personnes ne travaillant pas dans un milieu universitaire. Parmi les autres mécanismes mentionnés se trouvaient les mises à jour, les avis (par exemple, ceux de Santé Canada), les examens des produits et l'inscription à des listes de diffusion.
Ensuite venaient les interactions en personne, qui ont également été fréquemment mentionnées. De nombreux répondants ont affirmé que la communication en personne était l'un des mécanismes d'AC les plus efficaces. L'engagement à communiquer les résultats, à influencer les orientations, à stimuler les passions et à établir des relations est très important, selon les participants du sondage. Certains répondants ont donné des idées comme des visites des chercheurs aux groupes d'utilisateurs et aux populations touchées ou à d'autres intervenants indirects qui cherchent à réduire le fardeau d'une maladie précise afin d'engager un dialogue avec eux, en plus des activités plus traditionnelles, des présentations et des ateliers. De plus, les répondants ont souligné la nécessité d'établir des liens entre les chercheurs et les utilisateurs de la recherche, soit par leur collaboration dans le cadre de projets, soit par un organisme gouvernemental qui faciliterait le réseautage entre ces deux groupes.
Selon les utilisateurs de la recherche, la façon dont les connaissances sont présentées influence également leur utilisation. Par exemple, si les connaissances proviennent d'une source fiable telle que Santé Canada, ou si elles sont publiées dans une revue réputée, elles ont plus de chances d'être utilisées. De même, si les connaissances respectent les meilleures pratiques ou qu'elles sont adaptées spécifiquement au public cible, l'AC risque d'être plus efficace. Par ailleurs, même si le pré-examen ou la synthèse de l'information est un processus très valable, un répondant a affirmé qu'il est important d'avoir accès aux rapports et aux ensembles de données complets, car ils laissent moins de place à l'interprétation. Selon les répondants, la diffusion continue d'information exacte et fiable au public est efficace, et il a été suggéré que les professionnels de la santé et les médecins soient sensibilisés à l'utilité de l'AC et encouragés à diffuser l'information. La crédibilité et l'incidence des résultats sont primordiales. Enfin, les utilisateurs sont plus susceptibles de se servir des connaissances si elles sont issues d'un processus de recherche rigoureux, qu'elles répondent à un besoin (et sont présentées d'une façon qui le démontre) et qu'elles mènent à des recommandations concrètes sur la façon d'utiliser et de mettre en place les connaissances et les ressources nécessaires.
Deux mécanismes uniques ont été proposés : le travail proactif avec les médias et l'encouragement des citoyens à défendre leurs intérêts auprès du gouvernement.
Vingt-sept personnes de la catégorie « chercheurs » ont également répondu à cette question, qui s'adressait aux utilisateurs de la recherche. Les mécanismes efficaces qu'elles ont proposés étaient semblables à ceux proposés par le groupe des utilisateurs de la recherche, et plusieurs réponses reprenaient celles données à des questions précédentes. Les répondants ont mentionné la façon dont les connaissances sont présentées, en particulier la création de matériel imprimé et de présentations destinées à différents publics tels que la communauté, les patients, les médias, les responsables de politiques, les leaders d'opinion et les autres chercheurs. Les interactions entre les chercheurs et les utilisateurs de la recherche ont aussi été mentionnées, tout comme la synthèse des connaissances à l'intention des intervenants. Les exemples donnés comprenaient les interactions dans le cadre de la formation médicale continue (FMC), les rencontres par spécialité, la visite de conférenciers, les rencontres des chercheurs cliniques avec de petits groupes de patients, et les interactions avec l'industrie et les investisseurs, telles que les activités de collaboration et les liens formels.
En outre, tout comme les utilisateurs de la recherche ont mentionné l'importance de « répondre à un besoin », les chercheurs étaient d'avis que la pertinence clinique de la recherche a une incidence sur l'AC. Ils ont noté l'importance de surveiller les résultats et d'élaborer des directives de pratique clinique pour la gestion des patients et la sensibilisation.
Un des mécanismes mentionnés dans la catégorie « autre » était unique et consistait à faire participer les utilisateurs à la création du produit de connaissances.
c. Mécanismes facilitant l'AC
Même si la question 3 du sondage demandait directement quelles étaient les éléments importants facilitant l'utilisation de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires, de nombreux répondants ont donné des suggestions supplémentaires à la question 4. Le tableau ci‑dessous présente, par catégorie de répondants, le résumé des réponses à ces deux questions.
Tableau 2 : Mécanismes facilitant l'AC, par groupe
| Mécanisme | Groupe 1 – Recherche biomédicale et clinique | Groupe 2 – Systèmes et services de santé, santé publique et des populations | Utilisateurs de la recherche |
|---|---|---|---|
| Engagement et interactions |
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| Leadership et formation |
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| Caractéristiques de la recherche et mode de communication |
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| Média |
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| Ressources |
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| Autre |
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En ce qui a trait aux caractéristiques de la recherche, plusieurs personnes du groupe 1 ont indiqué que certaines activités de recherche étaient essentielles à l'AC, notamment la découverte d'antibiotiques, les approches novatrices en matière de lutte contre la maladie et les interactions médicamenteuses en cas de maladies infectieuses et immunitaires. Le groupe 2 a fait référence aux recherches menées en partenariat avec des intervenants communautaires. Concernant la façon dont sont communiqués les résultats, il a souligné la nécessité d'adapter les modes d'apprentissage en fonction des intervenants.
Les utilisateurs de la recherche ont davantage parlé des attributs du milieu intéressé, comme la capacité des dirigeants, des employeurs et du personnel d'appliquer des changements, ce qui n'a pas étonné.
Dans la catégorie « Autre », une personne a indiqué que les mesures législatives et les politiques constituaient en un moyen efficace d'appuyer l'AC.
d. Recommandations à l'IMII quant à l'établissement des priorités pour stimuler l'AC
À la question 4, moins de la moitié des répondants ont abordé directement la question de l'établissement des priorités. Leurs réponses peuvent être réparties dans quatre catégories :
- Les répondants ont souvent mentionné les besoins des utilisateurs de la recherche et les stratégies. Ils croient qu'il faut miser sur la collaboration et la discussion entre les chercheurs et les utilisateurs de la recherche pour établir les priorités. Selon l'un des répondants, les programmes doivent être établis en fonction de ce que la population canadienne a besoin de savoir.
- Les répondants ont parlé du fardeau de la maladie, des risques liés à la santé et des priorités cliniques.
- Selon les répondants, il est important de tenir compte des pressions en matière de santé publique et des risques au sein des populations. L'un des exemples était l'évolution des pressions en matière de santé publique en raison de la population vieillissante.
- La possibilité de « transférer » la recherche ou son potentiel d'utilisation a été signalée. Selon les répondants, les facteurs clés consistent en l'aspect pratique des résultats de même que la capacité du milieu intéressé à les mettre en pratique.
Plusieurs répondants ont commenté certaines priorités en matière de recherche. Ils ont fait référence à l'importance de la recherche interdisciplinaire et de la collaboration entre les quatre thèmes de recherche des IRSC. Ils ont également abordé la recherche en prévention, les nouveaux diagnostics et la recherche translationnelle du laboratoire au chevet du malade. L'importance de la recherche fondamentale a été signalée par plusieurs répondants, notamment en réponse à la question 4. L'un des répondants a parlé d'une combinaison de facteurs habilitants et inhibiteurs qui sont influencés par ce que le public perçoit comme prioritaire et par les initiatives des chercheurs.
Quelques personnes ont proposé des mesures qui pourraient être prises par les IRSC et l'Institut. À titre d'exemple, les IRSC ou l'Institut pourraient tenter de diverses façons de faire connaître les réussites liées à l'AC et mettre en valeur le talent des Canadiens dans ce domaine. L'une des personnes a souligné la nécessité de corriger la perception d'une lacune en ce qui a trait aux examens par les pairs au sein des IRSC, voulant que l'on porte peu d'attention à la productivité et au rendement antérieur en ce qui a trait à la recherche appliquée. Une recommandation novatrice proposait d'offrir des mesures incitatives aux utilisateurs finaux de la recherche (y compris les faire participer à des concours de financement) et de les sensibiliser à l'importance de se tenir à jour.
Une personne était d'avis que les IRSC et l'Institut devraient prendre part à l'AC seulement pour financer les déplacements et les publications.
e. Recommandations liées aux organismes de financement de la recherche en santé pour faciliter l'utilisation des résultats de la recherche
Les recommandations portaient en général sur deux principaux sujets : le processus de financement et le processus d'AC. L'analyse des réponses des chercheurs des groupes 1 et 2 et des utilisateurs de la recherche révèle que les recommandations se recoupent de façon importante. Aucun thème précis n'est ressorti des réponses d'un groupe ou de l'autre.
Les répondants ont formulé les recommandations suivantes aux organismes de financement de la recherche en santé en ce qui a trait au processus de financement :
- mettre sur pied des programmes visant à fournir un financement de démarrage pour l'élaboration de propositions faisant intervenir des responsables des politiques ou des membres de la collectivité;
- axer le financement sur des recherches importantes pour la santé publique;
- accorder des subventions dans les domaines prioritaires selon les besoins des utilisateurs;
- récompenser des initiatives qui comportent un volet sur l'AC;
- exiger un plan d'AC clair dans les demandes de subventions et prévoir du financement et du temps pour le mettre en oeuvre, établir des relations avec des partenaires, des responsables des politiques et des décideurs, et diffuser les résultats;
- obliger les chercheurs à utiliser des logithèques de référence en ligne pour compléter les revues à comité de lecture;
- sensibiliser les examinateurs et les comités à l'AC et aux attentes dans ce domaine;
- tenir compte des résultats antérieurs en matière d'AC pour accorder les subventions;
- étendre le financement de la démonstration des principes;
- faciliter les études prospectives et indéfinies sur l'assurance de la qualité;
- financer davantage d'études sur la mise en oeuvre ou les processus pour déterminer ce qui fonctionne dans les domaines d'application des maladies infectieuses et immunitaires;
- créer un programme prioritaire axé sur la recherche translationnelle.
En ce qui a trait aux processus d'AC, les répondants ont formulé les recommandations suivantes :
- faciliter l'interaction entre les chercheurs et les divers utilisateurs, appuyer l'établissement de liens et de réseaux ainsi que d'autres processus interactifs, en faisant notamment appel aux courtiers du savoir;
- collaborer avec les chercheurs pour concevoir des outils appropriés en AC, comme les notes documentaires et les fiches de renseignements;
- afin de favoriser la collaboration, établir une base de données (mise à jour annuellement) des chercheurs en maladies infectieuses et immunitaires représentant l'ensemble du continuum de la recherche, du laboratoire au chevet des malades jusqu'à la diffusion à la population;
- favoriser les programmes visant à améliorer la capacité de communiquer des chercheurs;
- favoriser les interactions entre les scientifiques et Santé Canada pour faire avancer les questions réglementaires;
- accroître le profil des réussites en AC;
- financer les colloques à teneur scientifique axés sur les médias, et ceux axés sur les cliniciens;
- appuyer les activités de dissémination, y compris le financement, y accorder plus de temps, et faire en sorte que les comités d'examen des subventions reconnaissent la valeur de la dissémination et de la participation du milieu des utilisateurs et des responsables des politiques;
- reconnaître l'importance des activités qui ne donnent pas de résultats immédiats en AC, y compris les responsabilités à l'échelle mondiale, l'excellence de la recherche, le mentorat et la formation;
- fournir des ressources aux intervenants qui ont un intérêt dans l'utilisation des résultats de la recherche, y compris les organisations non gouvernementales (ONG);
- collaborer avec des organismes reconnus pour leur participation à l'AC, p. ex. le Réseau communautaire d'info‑traitements sida (CATIE), ou avec d'autres organismes de financement de la recherche en santé;
- collaborer avec des établissements d'enseignement et des collèges professionnels pour veiller à ce que des concepts comme l'utilisation de la recherche et la pratique fondée sur l'expérience clinique soient intégrés à tous les niveaux des programmes;
- faire avancer l'AC, notamment en organisant des ateliers et des conférences, en travaillant avec des fournisseurs et des réseaux professionnels pour trouver la façon d'accélérer l'utilisation des résultats de la recherche dans des secteurs précis et en sensibilisant les intervenants à l'importance de l'AC;
- exercer des pressions sur le gouvernement pour qu'il propose des stimulants fiscaux ou financiers afin de favoriser la participation des sociétés privées.
f. Autres observations et réflexions
Il pourrait se révéler utile d'échanger des données de recherche sur l'efficacité des diverses stratégies et interventions en AC. Certains commentaires percutants ne semblent pas refléter les conclusions actuelles en matière de recherche en AC. En voici deux exemples :
[traduction]
« Un nombre important de recherches indiquent que les efforts visant à favoriser l'orientation vers la recherche translationnelle ne donnent aucun résultat. Il est trop difficile de prévoir dans quels secteurs seront réalisées les percées. Il faut financer les chercheurs à l'aide de subventions de fonctionnement octroyées par des comités d'examen par les pairs en se fondant uniquement sur l'excellence; l'application des connaissances suivra d'elle-même. »« Il n'existe pas de façon de savoir si la FMC permet vraiment de modifier les pratiques. »
IV. Sommaire des réflexions
En résumé, les réponses se recoupaient considérablement, tant d'une question à l'autre que d'un groupe à l'autre. Il est possible de dégager une conclusion : les deux groupes ont souligné l'importance de l'interaction entre les chercheurs et les utilisateurs de la recherche. Les chercheurs en recherche biomédicale ont souligné l'importance de travailler avec des chercheurs oeuvrant dans d'autres domaines et disciplines, ce qui est, selon eux, l'une des principales façons de mettre en oeuvre l'AC. Dans l'ensemble des commentaires, cet aspect de l'AC n'a pas été souligné aussi souvent que l'importance d'influencer les responsables du système de santé et des politiques.
Peu de personnes ont répondu à la question sur l'établissement des priorités, mais le thème qui revenait le plus souvent était la pertinence de la recherche, soit la nécessité de tenir compte des besoins des utilisateurs, du fardeau de la maladie et des pressions en matière de santé publique. Bref, on a souligné la nécessité d'une approche consciencieuse de planification lorsqu'il s'agit de l'établissement des priorités en matière d'AC.
Le sondage n'a pas permis de démontrer que les répondants étaient au courant des activités liées à l'AC auxquelles les IRSC prennent part de près ou de loin, ce qui laisse entendre qu'il pourrait y avoir un manque de communication entre l'organisme et ses membres.
Il convient de rappeler que très peu d'intervenants de l'Institut ont répondu au sondage, et que les répondants connaissaient fort probablement assez bien le sujet de l'AC, ce qui s'est généralement reflété dans leurs réponses.
Annexe 1 : Courriel d'accompagnement et sondage envoyés aux intervenants
Courriel d'accompagnement :
Objet : Demande de contribution à la planification sur l'application des connaissances par l'Institut
Madame, Monsieur,
J'aimerais demander votre contribution concernant l'application des connaissances et la façon dont l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC peut réaliser sa mission en faisant en sorte que la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires favorise l'amélioration de la santé et l'atteinte de résultats économiques positifs au Canada.
L'Institut établit actuellement des orientations stratégiques visant à faciliter et à appuyer l'application des connaissances dans la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Dans le cadre de ce processus de planification, nous demandons aux membres et aux intervenants du milieu de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires au Canada de nous fournir des commentaires en participant à un court sondage en ligne à partir du site Web suivant :
Insérez le lien.
Merci de prendre quelques minutes pour participer au sondage.
Sincères salutations,
Bhagirath Singh, MSRC, FCAHS
Directeur scientifique
Institut des maladies infectieuses et immunitaires
Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC)
Sondage :
Nous vous remercions de votre participation à ce sondage.
Contexte
En tant qu'un des Instituts de recherche en santé du Canada, l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires a le même mandat prescrit par la loi que les autres instituts, soit de s'assurer que les connaissances issues de la recherche offrent des avantages pour les Canadiens grâce à :
- La prise de mesures face à de nouvelles menaces, à de nouveaux défis et à de nouvelles possibilités dans le domaine de la santé ainsi que l'accélération de la découverte de remèdes et traitements et de l'amélioration des stratégies en matière de soins de santé, de prévention et de mieux-être. Par exemple :
- Le séquençage du génome viral du SRAS procure de nouvelles stratégies de recherche pour le diagnostic, le traitement et la prévention.
- La découverte d'une nouvelle voie de signalisation essentielle pour la sensibilisation et l'inflammation allergiques fournit un nouvel objectif thérapeutique visant les patients atteints d'asthme atopique et d'autres maladies atopiques.
- L'Initiative de recherche stratégique sur la capacité d'intervention en cas de pandémie appuie les recherches ciblées qui visent à établir des stratégies pour prévenir une éclosion pandémique ou en limiter les effets ainsi que des méthodes pour contrôler la propagation d'une maladie et traiter les personnes infectées.
- La promotion de la diffusion des connaissances et de l'application des résultats de la recherche dans le domaine de la santé en vue d'améliorer la santé de la population canadienne. Par exemple :
- Un sondage auprès des chercheurs en vaccinologie et les organismes de financement a permis la réalisation d'un rapport sur les accomplissements dans la recherche sur les vaccins au Canada. Ces accomplissements touchent les responsables des politiques, les chercheurs en vaccinologie ainsi que les utilisateurs finaux des programmes de vaccination et d'immunisation.
- La découverte de l'importance du lavage des mains pour prendre en charge la C. difficile a été transmise aux groupes provinciaux et régionaux de prévention des infections, afin que l'on en fasse mention dans les guides de prévention.
- Un cadre pratique sur les problèmes éthiques survenus lors de l'épidémie de SRAS, relativement à la mise en quarantaine, à l'établissement des priorités, à l'obligation de diligence et à la gouvernance mondiale, a reçu un intérêt considérable de la part des médias, des planificateurs et des responsables des politiques, à l'échelle locale, nationale et mondiale.
- L'encouragement de l'innovation, le soutien à la mise en marché de la recherche canadienne dans le domaine de la santé et la promotion du développement économique au Canada au moyen de la recherche en santé. Par exemple :
- La découverte d'une série de sondes spécifiques à chaque type du virus du papillome humain a permis la mise au point d'une trousse prototype permettant de distinguer rapidement les types bénins et malins du VPH au moment du dépistage du cancer du col de l'utérus.
- La mise au point d'un vaccin pour les bovins réduisant le niveau d'E. coli 0157 qui se propagent dans l'environnement pourrait considérablement réduire le nombre de cas chez les humains lors des épidémies d'E. coli.
- La production d'anticorps à partir de protéines humaines qui ont été modifiées par une infection aux parasites protozoaires permet la production d'un outil pour le dépistage systématique d'infections parasitaires dans des échantillons de sang humain.
Aux IRSC, le terme « application des connaissances » englobe les activités qui facilitent ou accroissent l'utilisation des connaissances issues de la recherche ou la probabilité que ces connaissances soient utilisées. Les activités d'application des connaissances contribuent à accélérer les découvertes, à diffuser et à appliquer les nouvelles connaissances, et à faciliter l'innovation et la commercialisation.
Sondage
- Quel est votre lien avec le milieu des chercheurs dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires du Canada?
- Chercheur du domaine 1
- Chercheur du domaine 2
- Chercheur du domaine 3
- Chercheur du domaine 4
- Utilisateur de connaissances issues de la recherche:
- Gouvernement
- Système de santé
- ONG
- Autres (veuillez préciser)
- Répondez si vous êtes un chercheur
En puisant dans votre expérience, décrivez brièvement des exemples d'activités clés qui ont favorisé l'intérêt pour votre recherche.
Répondez si vous « utilisez les résultats de recherche »
En puisant dans votre expérience, décrivez brièvement des moyens efficaces de s'assurer que les résultats issus de la recherche sont utilisés à des fins positives. - À partir de la description de l'application des connaissances ci-dessus, quels sont les trois éléments les plus importants qui favorisent l'intérêt pour les connaissances issues de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires?
- Dans quel ordre de priorité l'Institut devrait-il classer les recommandations et comment devrait-il fixer les objectifs visant à prendre des mesures pour stimuler l'application des connaissances (p. ex., les pressions imminentes en santé publique, l'ensemble des connaissances inutilisées, etc.)?
- Que recommandez-vous aux organismes de financement de la recherche en santé pour faciliter et appuyer l'intérêt porté aux résultats de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires?
L'Institut se servira de vos réponses pour mettre au point un atelier à l'intention des intervenants dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires. Les participants à l'atelier examineront les recommandations puis élaboreront des priorités pour faciliter et appuyer l'application des connaissances au sein de l'Institut.
Merci de prendre le temps de contribuer au processus de planification.