Recherche en infectiologie et en immunologie au Canada – Produire des retombées

Rapport sur l'atelier « Établir l'orientation future de l'application des connaissances »

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Hôtel Lord Elgin
Ottawa (Ontario)
24 et 25 septembre 2008

Atelier planifié et tenu par l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC, dont le mandat est de :

« lancer et coordonner des recherches en infectiologie et en immunologie au nom des IRSC, et veiller à ce que les résultats de ces recherches soient appliqués afin d'améliorer la santé et la qualité de vie des Canadiens ».

Octobre 2008


Points saillants de l'atelier

Environ 40 personnes ont participé à un atelier tenu à Ottawa les 24 et 25 septembre 2008, visant à aider l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) à jeter les fondations lui permettant de remplir proactivement son mandat en matière d'application des connaissances (AC). Au nombre des participants, on comptait des chercheurs de plusieurs disciplines, des représentants d'organismes utilisant les connaissances issues de la recherche, des experts de l'AC (y compris des experts du portefeuille de l'AC des IRSC), ainsi que des membres du conseil consultatif de l'Institut et des membres du personnel. Le document d'information intitulé A Framework for Doing Knowledge Translation in Infection and Immunity Research (Cadre d'application des connaissances dans la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires) et le Report of Survey Results (rapport sur les résultats du sondage), qui présentent les commentaires d'un échantillon de commodité d'intervenants de l'IMII, ont alimenté les discussions.

Ces discussions ont fait ressortir quatre grands secteurs prioritaires auxquels nous devrons porter attention et sur lesquels nous devrons concentrer nos efforts pour faire avancer le programme d'AC de l'Institut. Ces quatre secteurs prioritaires, accompagnés d'exemples de mesures à prendre, sont brièvement décrits ci-dessous.

  • Facilitation et courtage : On a ressenti le besoin d'intermédiaires (des processus ou des personnes) pour établir un lien entre les chercheurs et divers groupes d'utilisateurs. Une vaste gamme d'intervenants doivent être consultés pour que les connaissances puissent apporter de manière efficace des bienfaits à la société. On a recommandé de prendre des mesures dans trois principaux secteurs, soit la collaboration avec les organismes utilisant les connaissances, une plus grande utilisation des technologies de l'information modernes et le peaufinage des politiques et des pratiques des IRSC pour améliorer l'AC.

  • Renforcement des capacités : On croit que plusieurs secteurs ont une incidence sur la capacité qu'ont les milieux de la recherche et des utilisateurs de la recherche à appliquer les connaissances. Ces secteurs comprennent les ressources en matière d'information et de connaissances (comme les examens systématiques des approches utilisées pour appliquer les connaissances), les connaissances et les compétences des chercheurs ainsi que l'infrastructure (comme l'accès à un système de criblage à haut débit facilitant la découverte de médicaments). Les mesures proposées portaient sur le développement ou le recensement des ressources permettant d'appliquer les connaissances, l'augmentation de la capacité des « personnes » à appliquer les connaissances (p. ex. formation) et le perfectionnement des connaissances et des compétences en matière d'AC des chercheurs.

  • Évaluation et dissémination des leçons apprises : les connaissances. Par exemple, on pourrait tenter de trouver ou commander des examens systématiques de l'efficacité des approches en matière d'AC, procéder à un examen critique des connaissances acquises par l'entremise de recherches financées par les subventions de fonctionnement des IRSC et consulter les résultats de l'évaluation des programmes des Réseaux de centres d'excellence et d'autres d'organismes concernant une application des connaissances réussie.

  • Facilitation de la recherche translationnelle (du laboratoire au chevet des malades) : Puisque la majorité des chercheurs collaborant avec l'Institut exercent dans le domaine biomédical, le volet de l'AC qui porte sur la transition de la recherche biomédicale à l'application clinique est particulièrement important. Les participants ont suggéré un meilleur accès à une infrastructure permettant de mener des recherches translationnelles (p. ex. capacité de criblage pour la chimie médicinale, informatique) et de meilleures occasions de recherche interdisciplinaire.

Table des matières


Contexte

À la suite de l'examen international réalisé par les IRSC1, et en prévision de la prochaine étape de son leadership, l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (l'IMII) a tenu un atelier réunissant ses principaux intervenants. Cet atelier visait à établir l'orientation future de l'application des connaissances (AC). L'Institut a su relever de façon proactive les défis en matière de santé publique qui se sont présentés au cours de ses premières années d'existence, et l'examen international a mis au jour des réalisations remarquables de l'IMII dans le domaine de l'AC (p. ex. prise rapide de mesures à l'égard de questions ayant trait à la santé publique).

Dans le plan stratégique actuel de l'IMII, on décrit l'un des cinq buts stratégiques de la façon suivante :

« Encourager et faciliter l'application des connaissances dans tous les domaines et secteurs liés au mandat de l'Institut. » 2

Les valeurs qui guident les décisions, les stratégies et les actions de l'Institut sont l'excellence, l'innovation, la collaboration et la transparence et la responsabilité.

L'IMII est conscient que la grande partie des travaux de recherche réalisés au Canada sur les maladies infectieuses et immunitaires n'est pas directement liée aux activités de l'Institut. Néanmoins, ces nombreux travaux de recherche peuvent contribuer directement et indirectement à l'obtention d'une gamme d'avantages qui profiteront au Canada et à la santé de ses citoyens. L'Institut aimerait porter davantage son attention sur l'AC et être plus proactif à cet égard, et par conséquent, il a tenu cet atelier afin de mieux comprendre la façon dont on pourrait retirer plus d'avantages que l'on en retire actuellement, ainsi que la façon dont l'Institut pourrait participer à ce processus.

Environ 40 participants ont pris part à l'atelier, qui a été planifié et financé par l'IMII. Au nombre des participants, on comptait des chercheurs de différentes disciplines et jouant différents rôles, des représentants d'organismes utilisant les connaissances issues de la recherche, des experts de l'AC (y compris des experts du portefeuille de l'AC des IRSC), ainsi que des membres du conseil consultatif de l'Institut et des membres du personnel. Les discussions ont été alimentées par le Report of Survey Results (rapport sur les résultats du sondage), qui présente les commentaires d'un échantillon de commodité de l'IMII (chercheurs, utilisateurs de la recherche et autres parties intéressées), et par un document d'information intitulé A Framework for Doing Knowledge Translation in Infection and Immunity Research (Cadre d'application des connaissances dans la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires).3

L'atelier visait à jeter les fondations permettant à l'Institut de remplir son mandat en matière d'AC de façon proactive. Compte tenu des défis qu'a dû relever l'Institut depuis sa création (p. ex. SRAS, VIH/sida, eau contaminée) et des pressions exercées sur lui pour qu'il intervienne de façon à avoir une influence sur le cours des événements concernant la santé des Canadiennes et des Canadiens, l'Institut se trouve en assez bonne posture pour mettre en place des assises de l'AC qui pourraient être utiles à d'autres instituts et à l'ensemble des IRSC.

Objectifs de l'atelier

1. Recommander les principales priorités pour les trois prochaines années, priorités visant à stimuler, à faciliter et à appuyer les efforts déployés afin de s'assurer que les travaux de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires mènent à des résultats positifs pour la population canadienne et le Canada.

2. Recommander la prise de mesures clés grâce auxquelles l'IMII, seul ou en collaboration, pourrait s'attaquer aux priorités fixées.

3. Envisager d'apporter des améliorations à un cadre de planification, de mise en oeuvre et d'évaluation des activités d'AC dans le milieu de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires et proposer ces améliorations, le cas échéant.

Préparer le terrain

Trois conférenciers ont formulé des observations pour alimenter la discussion et préparer le terrain afin que les participants soient mis au courant des principales orientations et des mandats de l'IMII et du portefeuille de l'AC des IRSC. Les présentations figurent à l'annexe 4.

Mark Bisby, ancien vice-président des IRSC et spécialiste du domaine biomédical, a ouvert l'atelier en formulant quelques observations sur la façon dont la science et les attentes de la société ont changé au cours de la dernière décennie. Cette notion a probablement été mieux illustrée lorsque M. Bisby a établi une comparaison directe entre deux énoncés tirés de budgets fédéraux. En 1998, la formulation utilisée dans les documents budgétaires du gouvernement fédéral pour expliquer l'augmentation du budget attribué au Conseil de recherches médicales du Canada (CRM) (le prédécesseur des IRSC) était la suivante :

« aux fins de l'octroi de subventions de recherche, de bourses d'études et de bourses de recherche destinées à la recherche de pointe ou aux étudiants diplômés. »

En 2008, la formulation utilisée était la suivante :

« Les conseils subventionnaires [...] établiront des partenariats avec des intervenants des secteurs public et privé afin d'assurer la recherche de solutions pratiques. Les IRSC recevront 34 millions de dollars [de plus] par année pour la recherche sur les priorités des Canadiens en matière de santé, notamment les besoins de santé des collectivités du Nord, les problèmes de santé liés aux conditions environnementales, la salubrité des aliments et l'innocuité des médicaments. »

Bhagirath Singh, directeur scientifique de l'IMII, a présenté un aperçu du mandat, des priorités et orientations stratégiques de l'Institut. De plus, il a rappelé aux participants que le processus allant de la découverte à l'application efficace dans le monde réel est de nature complexe et laborieuse. Il a cité un article publié dans le magazine Science en 20084 dans lequel on présente des données illustrant le temps médian s'écoulant entre la première publication dans une revue ou le dépôt d'un brevet et le moment où la recherche devient une étude clinique fréquemment citée (données approximatives sur l'utilisation de l'information). L'article indique que le temps médian relatif à l'application, telle qu'elle est décrite ci‑dessus, est de 16 ans et demi dans le cas d'une intervention qui n'a pas été réfutée de quelque façon que ce soit.

Ian Graham, vice-président de l'AC au sein des IRSC, a présenté un aperçu du mandat en matière d'AC et des orientations stratégiques de son portefeuille. Il a insisté sur le fait que l'AC n'est pas une activité facultative pour les IRSC, puisqu'il s'agit d'une activité prévue dans la loi qui a créé les IRSC. M. Graham a passé en revue les articles pertinents de la loi et a présenté les principaux points de vue qu'ont les IRSC au sujet de l'AC. On considère que l'AC est composée de quatre éléments clés : la synthèse, la dissémination, l'échange et l'application rigoureuse et conforme à l'éthique des connaissances. Les IRSC concentrent leurs activités d'AC sur deux grandes catégories : l'AC en fin de subvention et l'AC intégrée. L'AC en fin de subvention fait référence aux activités de dissémination et de communication réalisées par les chercheurs lorsqu'ils obtiennent des résultats de recherche qui sont propres à la dissémination. L'AC intégrée est une méthode de recherche faisant participer les utilisateurs de connaissances éventuels en tant que partenaires dans le processus de recherche de façon collaborative ou active, habituellement axée sur la recherche de solutions. L'un des outils conceptuels utilisés pour mieux comprendre l'AC est le « cycle des connaissances à la pratique », dont on peut se servir pour étudier soigneusement l'AC dans de nombreux contextes, notamment dans le cas de la commercialisation (une forme d'AC).

Les responsables du portefeuille de l'AC réalisent actuellement des travaux sur de nombreuses ressources et de nombreux processus conçus pour améliorer l'AC au sein des IRSC. Les priorités stratégiques et les mesures actuelles ont été résumées, et la liste des activités en cours a été présentée. Cette liste comprend un vaste éventail d'éléments, notamment les suivants :

  • Un guide relatif à l'AC à l'intention des chercheurs et des pairs examinateurs et des examinateurs du mérite qui porte sur les thèmes et les domaines propres aux IRSC
  • L'élaboration d'un cadre relatif à l'engagement des citoyens
  • L'essai d'un système de rapport sur la recherche (rapports en fin de subvention)
  • L'élaboration d'outils d'évaluation des répercussions des partenariats et de la réussite des partenariats
  • Le peaufinage d'un cadre visant à mesurer les effets de la recherche et à évaluer les activités de recherche
  • La promotion des subventions (subvention pour réunions, planification et dissémination) qui permettent de réaliser les activités d'AC en fin de subvention
  • La mise en oeuvre d'une politique de libre accès
  • L'élaboration d'une politique en matière d'établissement de rapports au sujet des résultats des essais cliniques randomisés (ECR)

Priorités en matière d'application des connaissances :

L'établissement des priorités en matière d'AC dans un domaine aussi vaste que les maladies infectieuses et immunitaires est un défi de taille. En effet, le milieu des chercheurs et de ceux qui utilisent les connaissances issues de la recherche dans différents contextes est vaste et diversifié. Les participants ont discuté des éléments dont il faut tenir compte au moment de déterminer l'orientation des efforts. Ces éléments, qui pourraient en fin de compte influencer les domaines sur lesquels les efforts seront concentrés, comprennent notamment les suivants :

  • Le type de résultats de recherche pouvant être consultés
  • La présence et le rôle des partenaires
  • La capacité des utilisateurs éventuels de réagir aux connaissances issues de la recherche et leurs besoins précis relativement à l'acquisition de nouvelles connaissances
  • Les difficultés sur le plan de la santé ou les situations de crise dans le domaine de la santé qui exigent que des mesures soient prises par le milieu de la recherche
  • La disponibilité de l'infrastructure afin de stimuler le changement (augmentation de l'utilisation des connaissances issues de la recherche)
  • Les mécanismes d'établissement de rapports en fin de subvention
  • Le recensement des intervenants et des ressources
  • Les efforts déployés en matière de formation transdisciplinaire
  • Les démarches réactives et proactives
  • Les connaissances sur les écarts entre « ce que l'on connaît » et « ce que l'on fait », dans les cas où des répercussions importantes sont probables
  • L'évaluation des résultats découlant de l'AC.

On a établi une longue liste de priorités auxquelles il faudra porter attention. C'est par la tenue de discussions et grâce aux observations des participants qu'on a pu dresser la liste des sept priorités les plus importantes à partir de la liste de départ. Au cours de l'atelier, ces principales priorités ont été combinées pour former quatre grandes catégories, qui sont décrites ci‑dessous. La liste exhaustive et détaillée des priorités est présentée à l'annexe 2 à des fins de consultation.

Les sept principales priorités de l'IMII relevées initialement étaient les suivantes :

  1. Agir à titre de courtier du savoir entre les chercheurs et les différents publics cibles visés.
  2. Améliorer l'infrastructure visant à appuyer l'AC dans les domaines de la recherche et de l'application.
  3. Accroître la capacité des chercheurs en matière d'AC en mettant l'accent sur la formation des stagiaires et sur la formation en matière d'AC.
  4. Investir dans les méthodes d'évaluation de l'AC.
  5. Faciliter la recherche translationnelle (du laboratoire au chevet des malades).
  6. Faire une mise au point sur les programmes déjà financés, c'est‑à‑dire se poser les questions suivantes : quelles leçons avons‑nous tirées de l'appel de demandes stratégique? Quelles connaissances ou conclusions de recherches ont été mises au jour par suite d'une initiative stratégique?
  7. Établir et mettre en oeuvre un processus faisant appel à la participation d'un large éventail d'intervenants (p. ex. chercheurs, utilisateurs finaux, intermédiaires) afin d'établir les priorités en matière d'AC dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires.

Les participants ont, dans le cadre des discussions qui ont suivi, combiné ces priorités pour former les quatre grandes catégories suivantes, qui comprennent les éléments présentés ci‑dessus :

  • Facilitation et courtage
  • Renforcement des capacités
  • Évaluation et dissémination des leçons apprises
  • Facilitation de la recherche translationnelle (du laboratoire au chevet des malades)

Facilitation et courtage

On a ressenti le besoin d'intermédiaires (des processus ou des personnes) pour établir un lien entre les chercheurs et divers groupes d'utilisateurs. On a convenu qu'un vaste éventail d'intervenants (chercheurs, utilisateurs finaux et intermédiaires, y compris les professionnels de la santé et l'industrie de la santé) doivent déployer des efforts pour que les connaissances soient utilisées de façon efficace afin de générer des retombées pour la société. La participation des intervenants dans les différents secteurs d'activités de recherche est essentielle, notamment dans l'établissement des priorités en matière d'AC dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires.

Renforcement des capacités

On croit que plusieurs secteurs ont une incidence sur la capacité qu'ont les milieux de la recherche et des utilisateurs de la recherche à appliquer les connaissances. Ces secteurs comprennent les ressources en matière d'information et de connaissances (comme les examens systématiques des approches utilisées pour appliquer les connaissances), les connaissances et les compétences des chercheurs ainsi que l'infrastructure (comme l'accès à un système de criblage à haut débit facilitant la découverte de médicaments).

Évaluation et dissémination des leçons apprises

Selon les participants, il serait essentiel de planifier et d'évaluer l'AC tout en appliquant les connaissances. Pour ce faire, il faut notamment tenir compte des théories et des modèles en matière d'AC, de même que de la nature des résultats de recherche avant de planifier et de mettre en oeuvre diverses stratégies visant à appuyer l'AC, évaluer les stratégies en matière d'AC une fois leur mise en oeuvre terminée et faire rapport sur la réussite ou l'échec de ces stratégies.

Facilitation de la recherche translationnelle (du laboratoire au chevet des malades)

Puisque la majorité des chercheurs collaborant avec l'Institut exercent dans le domaine biomédical, le volet de l'AC qui porte sur la transition de la recherche biomédicale à l'application clinique est particulièrement important. Les participants ont fait ressortir quelques éléments très précis qui, à leur avis, sont essentiels à la réalisation de plus d'activités de recherche translationnelle (p. ex. la mise en place de plates‑formes techniques et de plates-formes relatives aux technologies de l'information et l'augmentation des possibilités de travail dans des domaines interdisciplinaires).

Plan d'action proposé :

Les participants ont cerné de nombreuses mesures au moyen desquelles on pourrait s'attaquer à l'une ou plusieurs des priorités déterminées. Dans la mesure du possible, avec le peu de temps dont ils disposaient, les participants ont déterminé l'entité qui serait la mieux placée pour prendre les mesures recommandées et, s'il ne s'agissait pas de l'Institut, quel serait le rôle de l'Institut. Les mesures proposées sont décrites dans les tableaux présentés aux pages suivantes et sont associées aux priorités auxquelles elles sont les plus étroitement liées (bien que certaines mesures soient associées à plus d'une priorité). Dans les tableaux présentés ci‑dessous, les mesures cernées sont classées par thème. Les thèmes généraux auxquels ont été associées des mesures précises ont été proposés par les auteurs du rapport. De leur côté, les participants à l'atelier ont formulé des suggestions, qui sont présentées dans chacune des catégories. Les tableaux présentent également le délai possible pour chacune des mesures proposées (court, moyen et long terme).

Priorité : Facilitation et courtage


Mesure Délai :
(C)ourt
(M)oyen (L)ong terme
Qui? Remarques

Collaboration avec des organisations qui jouent un rôle dans l'utilisation des connaissances

Établir une coentreprise avec différents partenaires afin de perfectionner l'AC dans l'objectif d'améliorer la capacité des différents partenaires à contribuer aux activités d'AC (éviter les dédoublements). M-L IMII et ses partenaires Cela était considéré comme une ressource permanente et une possibilité d'échange des connaissances (par opposition à l'approche de « l'initiative stratégique » qui a caractérisé les partenariats de l'IMII jusqu'à maintenant, dans le cadre de laquelle les mesures prises étaient centrées, intensives et limitées dans le temps et visaient l'atteinte d'un objectif précis, ou peut‑être en plus de cette approche). On a discuté des divers objectifs de cette coentreprise, notamment l'établissement de priorités conjointes avec des organisations faisant usage des connaissances; prestation aux chercheurs de services d'aide axés sur l'AC (matériel et processus).
Mobiliser les organismes de bienfaisance à but non lucratif dans le domaine de la santé, en tenant compte de leurs intérêts, afin d'influencer les décideurs (y compris les gestionnaires du système de santé et les politiciens) M IRSC et IMII Cette mesure pourrait comprendre la prise en compte d'éléments comme l'établissement de la liste des organismes et des comités des gouvernements fédéral et provinciaux appropriés auxquels on peut s'adresser et le soutien de la création de mécanismes adéquats visant à favoriser la réalisation des activités d'AC.
Coordonner nos efforts et travailler en collaboration afin d'assurer la dissémination des messages clés d'organisations partenaires (p. ex. le Réseau communautaire d'info-traitements sida, la Fondation canadienne du rein et l'Association canadienne du diabète). C IMII et ses partenaires De nombreuses organisations sont vouées, du moins partiellement, au courtage du savoir et à l'exécution de changements au sein de différents groupes du domaine de la santé. Il faut tirer parti de ces ressources pour partager les résultats de recherches menées dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires.

Utilisation approfondie de la technologie de l'information moderne

Meilleure interface Web (Web 2.0) pour l'accès par le grand public et d'autres chercheurs aux résultats de recherche décrits dans des rapports produits en fin de subvention et aux résumés non scientifiques de travaux de recherche actuellement financés par les IRSC. M IRSC Il ne faut pas réinventer la roue. Doit comprendre des résultats de recherche d'organisations autres que les IRSC. (collaboration avec d'autres organismes de financement de la recherche en santé).
Améliorer l'interface du site des IRSC puisque de nombreux utilisateurs se servent d'Internet. M IRSC On doit explorer des sites de réseautage social (p. ex. Wikis, Facebook et Twitter). On pourrait offrir aux participants aux essais cliniques financés par les IRSC de s'inscrire en ligne.
Offrir des espaces de stockage Web conviviaux pour y stocker des données relatives aux initiatives actuelles et aux résultats des travaux de recherche menés actuellement. M L'IMII dirigera l'application ultérieure à l'ensemble des IRSC.  
Peaufinage des politiques et des pratiques des IRSC dans le but de renforcer l'AC Il faudrait discuter de l'état actuel des suggestions formulées ci-dessous avec les responsables du portefeuille de l'AC des IRSC. Ces derniers ont de nombreuses activités en cours de réalisation.
Inclure les fonds permettant la réalisation d'activités d'AC dans les subventions de fonctionnement de base. C IRSC Les dépenses découlant des activités d'AC sont actuellement admissibles dans les propositions de subventions de fonctionnement.
Organiser des réunions en fin de subvention ou d'initiative avec des partenaires pour faire le point et communiquer les résultats obtenus; planifier les mesures à prendre. C IMII et ses partenaires Dans une certaine mesure, cette proposition est déjà rendue possible grâce à des mécanismes existants – suppléments en fin de subvention et Programme de subventions pour réunions, planification et dissémination des IRSC.
Se fonder sur les rapports finaux produits en fin de subvention afin de transformer les conclusions obtenues en renseignements utiles pour les publics cibles. C-M IRSC Les rapports produits en fin de subvention pourront être consultés sous peu. À court terme, il faudrait établir un plan afin de déterminer de quelle façon les rapports finaux seront utilisés et à quelle fin. Les IRSC devront réaliser des investissements considérables dans les courtiers du savoir qui sont en mesure de saisir l'importance des conclusions présentées.
Régulariser la façon dont l'IMII est mis au courant des publications acceptées pour qu'il soit prêt à répondre aux demandes de renseignements présentées par les médias et puisse tirer parti des occasions qui se présentent. C L'IMII dirigera l'application ultérieure à l'ensemble des IRSC Les chercheurs pourraient s'occuper de cette tâche, mais l'IMII devrait demander aux chercheurs de le faire.

Priorité : Renforcement des capacités


Mesure Délai :
(C)ourt (M)oyen
(L)ong terme
Qui? Remarques

Création ou détermination des ressources qui favorisent l'AC

Organiser un forum sur l'AC auquel participeraient les intervenants de l'IMII et dans le cadre duquel on s'appuierait sur les réussites consignées par écrit, et qui viserait à élaborer du matériel et des méthodes en consultation avec les utilisateurs. C IMII  
Créer des études de cas ayant trait à l'AC qui pourront servir de base à la mise sur pied de cours de courte durée offerts aux nouveaux chercheurs. C IMII et portefeuille de l'AC Il pourrait être utile d'avoir à notre disposition plusieurs modules (notamment des études de cas) pour aider les chercheurs à étudier l'AC.
Repérer des examens systématiques des méthodes d'AC, y compris de la méthode de formation à l'intention des stagiaires, ou commander de tels examens. C Portefeuille de l'AC Dans ce cas-ci, les efforts en matière d'AC devraient être déployés à la lumière des preuves révélant les méthodes efficaces. La base de données de la Collaboration Cochrane peut servir de ressource à cet égard.
Il faut apprendre des autres au sujet des pratiques concluantes en matière d'AC (FCRSS et Myth Busters); spécialistes en marketing social; pratiques à vocation locale... C IRSC et IMII La phrase « Il nous faut penser mondialement et agir localement » s'applique sans contredit à l'AC.

Amélioration de la capacité des personnes à réaliser des activités d'AC

Offrir plus de possibilités de formation en chimie médicinale, en statistiques médicales, en économie de la santé et dans d'autres disciplines et champs essentiels à la recherche translationnelle. M-L IMII et chercheurs La participation de chercheurs chevronnés de partout au Canada sera nécessaire à la mise en oeuvre de cette mesure. L'IMII peut faire campagne en faveur de cette mesure et avoir une influence sur la décision prise (et peut-être offrir des mesures incitatives).
Rendre possible la formation des stagiaires en ce qui a trait à l'AC. C-M IRSC Au moyen d'incitatifs financiers (p. ex. réserver un poste de stagiaire en AC dans les subventions d'activités de recherche qui font une large place à l'AC).
Réaliser des investissements dans la formation et les courtiers du savoir dans différents cadres. C-M IMII Établir un poste de responsable de l'AC au sein de l'IMII afin de s'assurer que les chercheurs sont au courant des possibilités d'AC et qu'ils prennent part aux activités d'AC dans le cas où les résultats justifient une telle participation. (courtier du savoir et activités réalisées par les IRSC et leurs partenaires).
Travailler en collaboration avec des partenaires utilisateurs de connaissances dans le but d'améliorer leur capacité à utiliser les connaissances issues de la recherche. M IMII P. ex. inclure les utilisateurs de connaissances dans l'équipe de recherche.
Versement d'allocations de détachement pour permettre l'AC en fin de subvention. M IRSC La possibilité d'offrir des allocations de détachement permettrait aux chercheurs de se concentrer sur l'AC lorsque les résultats justifient la dissémination et l'échange de connaissances.

Amélioration des connaissances et des compétences en matière d'AC chez les chercheurs

Approfondir les activités relatives à l'AC dans le cadre des réunions tenues régulièrement et réunissant les nouveaux chercheurs. C IRSC  
Élever les attentes en ce qui a trait à la façon dont les chercheurs décrivent leurs activités d'AC dans le cadre de chacune de leurs subventions. C IRSC Les responsables du portefeuille de l'AC des IRSC établissent des modèles relatifs à la planification de l'AC.
Offrir des avantages et des mesures incitatives pour qu'un plus grand nombre de chercheurs se sentent à l'aise dans leur rôle de communicateur dans leur domaine de recherche auprès de la population. C-M IRSC  

Priorité : Évaluation et dissémination des leçons apprises


Mesure Délai :
(C)ourt
(M)oyen
(L)ong terme
Qui? Remarques
Repérer des examens systématiques des méthodes d'AC, y compris de la méthode de formation à l'intention des stagiaires, ou commander de tels examens. C Portefeuille de l'AC Il importe de réaliser les activités d'AC par des moyens utilisant la recherche qui oriente la meilleure façon d'y parvenir.
Produire des rapports officiels relatifs aux subventions et réaliser des évaluations de programme officielles. C-M IRSC Il importe d'établir un cadre de responsabilisation afin de faire en sorte que les résultats de recherche soient utilisés de façon à obtenir des résultats positifs.
Les renseignements tirés de l'ensemble des rapports de recherche finaux réalisés sur un sujet en particulier doivent être pris en compte au moment de déterminer les priorités stratégiques relatives aux futurs appels de demandes. M-L IMII et les IRSC Si un examen critique d'un grand nombre de rapports finaux permet d'avoir une idée des connaissances acquises et des résultats existants qui devraient être appliqués, mais qui ne sont pas utilisés, un tel examen devrait influencer les mesures stratégiques prises par l'Institut au chapitre de l'AC.
Consulter les résultats de l'évaluation des programmes des RCE et d'autres organismes de financement concernant les réussites dans le domaine de l'AC (y compris les objectifs de commercialisation). M-L IRSC Il faut tirer des leçons des tentatives réalisées par d'autres organisations, notamment des organisations étrangères, qui accomplissent des activités d'AC.

Priorité : Facilitation de la recherche translationnelle


Mesure Délai :
(C)ourt
(M)oyen
(L)ong terme
Qui? Remarques
Réaliser des investissements dans des infrastructures essentielles à la recherche translationnelle. M-L IRSC Certaines ressources rendent la recherche translationnelle viable (p. ex. capacité de criblage pour la chimie médicinale, informatique).
Multiplier les occasions de recherche multidisciplinaire. C-M IRSC et IMII  

En plus des mesures propres à l'AC présentées ci-dessus, les participants ont proposé plusieurs mesures ayant trait aux activités de communication et de sensibilisation qui pourraient favoriser la réalisation de l'AC. En d'autres termes, ces mesures peuvent être utiles, mais à elles seules, elles ne suffisent pas pour que nous puissions nous assurer de l'utilisation des résultats de recherche. Parmi les suggestions formulées à cet égard, notons la création d'une « semaine de la recherche en santé » (semblable à celle qui se déroule en Australie et en Saskatchewan) et la prise de mesures visant à sensibiliser la population à la recherche en santé. La multiplication des efforts déployés et des réussites au chapitre de l'application des résultats des recherches financées par les IRSC devraient mener à des améliorations pour la santé de la population canadienne.

Examen du cadre

Le document d'information intitulé A Framework for Doing Knowledge Translation in Infection and Immunity Research (Cadre d'application des connaissances dans la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires), pouvant être consulté sur le site Web de l'Institut et dont le sommaire se trouve à l'annexe 4, a alimenté les discussions menées pendant l'atelier. Le cadre comprend les quatre éléments suivants :

  • Une description détaillée de l'AC
  • Une description des conclusions (et des résultats connexes) qui sont liées à l'AC
  • Un survol de la définition de l'AC selon les IRSC (la commercialisation étant désignée à titre de cas particulier d'AC)
  • Un processus en huit étapes qui permet aux chercheurs d'examiner l'AC et de se préparer à mener des activités d'AC dans leur domaine de recherche

Compte tenu du peu de temps alloué pour la discussion, on a demandé aux participants de formuler des commentaires sur cinq points précis. Les commentaires formulés sont résumés ci‑dessous.

Question 1 : La description détaillée de l'AC vous est-elle utile? (Section 3B) Pourquoi? Comment pourrait-elle être plus utile?

  • La définition de l'AC proposée dans le document est assez vaste pour comprendre un grand nombre de personnes, des spécialistes du domaine biomédical aux chercheurs communautaires.
  • La définition du terme « système de santé » devrait être plus large que celle du système de santé canadien et faire état des répercussions ayant trait à la santé mondiale.
  • Le public cible visé par le document n'est pas bien défini. S'adresse-t-on aux chercheurs de l'IMII, aux chercheurs des IRSC ou à un auditoire plus vaste? Si l'on s'adresse aux chercheurs de l'IMII, le document devrait être adapté à leurs intérêts et aux activités qu'ils mènent.
  • Il faudrait davantage mettre l'accent sur les utilisateurs finaux de la recherche et les divers auditoires profitant de l'AC.
  • On doit donner des précisions au sujet du graphique 1, intitulé Knowledge Trajectory, Outputs and Outcomes (Connaissances, trajectoire, conclusions et résultats). On pourrait améliorer le graphique en le présentant de façon un peu moins linéaire.

Question 2 : La section 3C aborde les résultats attendus de l'AC. Selon vous, quels éléments indiqueraient que des activités d'AC sont en cours dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires?

  • Tableau 1 : Les indicateurs préliminaires des répercussions de la recherche en santé devraient comprendre des moyens de mesurer la satisfaction et la compréhension des patients sous la rubrique Prise de décisions éclairées.
  • On ne sait pas exactement comment évaluer les résultats et les conclusions, et pour déterminer la pertinence d'un résultat, il faut se fier au contexte. Il faudrait évaluer davantage l'efficacité de l'AC, tout comme il faudrait approfondir la recherche pour faire augmenter l'utilisation des connaissances, en changeant par exemple le comportement des médecins.
  • Parmi les indicateurs importants, on compte le nombre d'outils d'aide à la décision et de lignes directrices découlant des recherches financées par les IRSC.
  • La diffusion publique au moyen de sites Web et d'autres médias est absente du tableau 1.
  • Les IRSC doivent investir dans un système de gestion des connaissances qui serait mis à la disposition de tous.

Même si elle ne portait pas précisément sur la question 2, une suggestion proposait d'ajouter un diagramme permettant de différencier l'AC et ses répercussions (p. ex. l'AC consiste en un processus ou une activité pouvant avoir un impact à partir de l'utilisation de la recherche).

Question 3 : Les sections portant sur la définition de l'AC (notamment la commercialisation) des IRSC sont‑elles claires? (Sections 3D et 3E) Comment pourrait‑on les rendre plus utiles?

La description qui est faite de la commercialisation est simpliste, et la notion des parallèles et des différences entre la commercialisation et d'autres formes d'AC doit être approfondie.

Question 4 : Dans la section 3F, on décrit un processus de huit étapes que les chercheurs pourraient utiliser pour planifier des activités en AC. Ce processus est‑il pertinent, applicable? Pourquoi?

  • On doit mettre davantage l'accent sur différents intervenants et sur la détermination de la nature de leur participation à diverses étapes du processus.
  • Un processus graduel a tendance à linéariser la pensée sur le processus d'AC. Il s'agit d'un processus plutôt circulaire et itératif. Les nouvelles perspectives apportées au processus d'AC pendant la planification et l'exécution des recherches viendront modifier sa mise en oeuvre, son efficacité et son utilité.
  • Les « besoins » surpassent les « écarts ». Il est vain de combler des écarts en l'absence de besoins.
  • L'utilité du processus dépendra de celui qui l'applique et du but visé. Remplir une demande de subvention? Examiner une demande de subvention? Y aura‑t‑il suffisamment de temps, d'espace et de reconnaissance accordés à l'application de ce processus?
  • Le processus devrait comprendre les éléments suivants : i) justification de l'AC; ii) mesure de l'efficacité de l'AC; iii) type d'AC requis.
  • Le processus d'AC n'aborde pas l'aspect du rôle des médias.
  • La faisabilité dépend du respect et de l'utilisation des résultats d'autres chercheurs.
  • Afin qu'elle puisse servir de ligne directrice pour les chercheurs, la section Processus pour planifier les activités d'AC doit tenir sur moins d'une page.

Question 5 : Y a‑t‑il des perspectives ou des composantes qui ont été omises du cadre et qui sont essentielles afin que le document soit jugé utile (et soit utilisé) par le milieu de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires?

  • La planification des besoins en AC doit être perçue comme une activité positive qui améliore la portée, l'exécution et l'incidence de la recherche plutôt que de ne constituer qu'une autre exigence onéreuse liée aux demandes. Le document ne traite pas de façon appropriée de la motivation à adhérer à l'AC.
  • L'AC doit reposer sur des données probantes. Comment peut‑on découvrir ce qui modifie les résultats? Quelle est l'incidence des interventions actuelles? Comment mesure‑t‑on les répercussions?
  • Il est important de former de nouveaux chercheurs en AC pour créer un transfert générationnel et faciliter le passage du mode 1 au mode 2 en recherche.
  • En général, le transfert du mode 1 au mode 2 de la science et les outils qui le rendent possible (p. ex. formation d'équipe) n'étaient pas suffisamment approfondis dans le cadre.
  • Il faut mettre davantage d'accent sur la participation des intervenants aux recherches. De plus, on devrait accorder davantage d'importance aux perspectives divergentes des différents groupes qui utilisent les résultats des recherches.
  • Les généralistes devraient siéger aux comités d'examen, et leur rôle dans le cadre du processus d'examen devrait faire l'objet d'une évaluation.
  • Il faudrait mettre davantage l'accent sur les perspectives divergentes des différents groupes qui utilisent les résultats des recherches.
  • Les IRSC peuvent-ils jouer le rôle de courtier du savoir, ou ce rôle relève‑t‑il d'autres organismes?
  • Les exigences en matière d'établissement de rapports en fin de subvention doivent tenir compte des questions relatives à l'éthique et au respect de la confidentialité.
  • Il faut prévoir le signalement et la communication des résultats négatifs pour éviter les répétitions inutiles.
  • Les risques (p. ex. attentes accrues) n'ont pas été abordés.

Sommaire

À la lumière des observations formulées pendant la discussion et de l'évaluation réalisée à la suite de la réunion, on constate que la majorité des participants ont jugé que le document présentant le cadre a été assez ou très utile en tant que document d'information pour alimenter les discussions. Les membres d'un groupe ont formulé des commentaires positifs au sujet de la définition large de l'application des connaissances figurant dans le document. Les membres d'un autre groupe ont trouvé utiles les exemples concrets présentés dans l'annexe.

Pendant la discussion, les participants ont souligné à plusieurs reprises qu'il serait nécessaire, dans le document sur le cadre, de mettre davantage l'accent sur les intervenants et les utilisateurs des recherches, notamment au chapitre de leurs différents points de vue, de leurs commentaires et suggestions, et de leurs rôles éventuels dans les activités de recherche et d'AC. Les participants ont indiqué que les renseignements relatifs à l'AC fondée sur des preuves et à l'évaluation des activités d'AC et des répercussions de ces activités devraient être étoffés. Les participants n'ont cependant pas abordé la question de l'importance de la formation au chapitre de l'AC. Finalement, ils ont convenu que pour que le document soit utile en tant que cadre d'AC pour le milieu de la recherche, il serait nécessaire d'en réduire la taille. À leur avis, le contenu du document pourrait servir de base pour l'élaboration d'un court guide à l'intention des chercheurs qui planifient des activités d'AC.

Dernières observations

Un peu avant la fin de l'atelier, les participants ont formulé des observations sur les discussions menées pendant l'atelier. Voici les principaux points qui sont ressortis de ces observations :

En ce qui a trait aux activités d'AC réalisées dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires, il est essentiel d'obtenir un équilibre entre les différents aspects qui composent ces activités. Il importe d'établir un équilibre entre les efforts déployés pour consigner les connaissances issues de la recherche et pour promouvoir leur utilisation, d'une part, et les efforts déployés afin de répondre à la demande des utilisateurs quant à l'information dont ils ont besoin pour faire leur travail, d'autre part. Les deux points de vue sont essentiels, mais peuvent ne pas être associés aux mêmes travaux de recherche. Il faut également obtenir un équilibre sur le plan des efforts déployés pour la réalisation d'activités d'AC afin de déterminer à quel moment dans le processus de développement des connaissances les activités d'AC doivent être consciemment réalisées. Dans certains cas, la façon dont les connaissances seront finalement utilisées ou appliquées devrait être étudiée au cours des toutes premières étapes de la recherche. Cependant, il n'est pas approprié de procéder ainsi dans tous les cas.

Il est nécessaire de décrire plus clairement les rôles joués dans le processus d'AC. Il s'agit peut-être aussi également d'une question d'équilibre. On ne doit pas s'attendre à ce que tous les chercheurs réalisent des activités d'AC, mais certains chercheurs devraient le faire (dans certaines situations). Cependant, la réalisation d'activités d'AC requiert des compétences et des connaissances précises, et on convient que les chercheurs ne sont peut-être pas les mieux placés pour réaliser ces activités. Quel est le rôle respectif des chercheurs, des établissements de recherche, des IRSC et des organisations pour lesquelles l'utilisation des connaissances issues de la recherche en vue d'atteindre leurs objectifs constitue une portion essentielle de leurs activités? La difficulté que nous devons surmonter consiste à déterminer quel rôle relatif à l'AC convient le mieux à chaque personne et à chaque organisation et dans quel contexte ce rôle peut être assumé.

La communication est un élément essentiel, mais n'est pas suffisante pour l'AC. L'AC est un processus complexe et multidimensionnel faisant intervenir de nombreuses variables et diverses influences.

Les connaissances doivent être gérées. Une personne (il est plus probable qu'il s'agisse d'une organisation) doit être nommée responsable de la « gestion » des connaissances issues de la recherche. Cette personne veillerait notamment au suivi de la croissance des connaissances et à l'évaluation de leur potentiel et prendrait des mesures pour en favoriser le transfert et la communication d'une façon avantageuse.

Compte tenu de la grande possibilité d'application des connaissances liées à la recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires (p. ex. répercussions immédiates sur la conception et le fonctionnement des systèmes de surveillance de la santé publique) et des réussites obtenues dans le passé, l'IMII a l'occasion de jouer un rôle de chef de file auprès des autres instituts et de servir de banc d'essai en expérimentant et en mettant en oeuvre différentes stratégies et initiatives dans le domaine de l'AC à l'échelle de l'ensemble des IRSC en collaboration avec les responsables du portefeuille de l'AC.

Prochaines étapes

Les discussions et les débats pendant l'atelier ont été menés avec vigueur et sérieux. Les participants n'ont pas hésité à prendre part aux activités visant à trouver la meilleure façon de favoriser et de rendre possible l'AC, étant donné que cet élément fait manifestement partie du mandat des IRSC, et que des intervenants d'importance, comme le gouvernement du Canada, tout comme la population canadienne ont des attentes bien précises à cet égard.

En ce qui a trait aux mesures proposées, il est clair, à la lumière des observations des représentants du portefeuille de l'AC, que de nombreuses mesures prises par ces derniers permettent de respecter certaines des orientations décrites au cours de l'atelier. Avant toute chose, il serait important de déterminer avec certitude si les mesures mises en oeuvre actuellement permettent de s'attaquer aux priorités fixées.

Le présent rapport sera transmis aux participants de l'atelier pour qu'ils en fassent la lecture et qu'ils formulent des commentaires à ce sujet. L'IMII travaillera en collaboration avec les responsables du portefeuille de l'AC afin de déterminer des mesures et des orientations précises grâce auxquelles on pourra résolument s'attaquer aux priorités en matière d'AC qui sont décrites dans le plan stratégique.


Annexe 1 : Liste des participants de l'atelier

Participant Titre Organisme
Barreto, Luis Vice-président
Affaires médicales, scientifiques et publiques
Sanofi Pasteur
Conseil consultatif de l'IMII des IRSC
Bilodeau, Marc Professeur agrégé, Faculté de médecine Université de Montréal
Bisby, Mark Consultant Ancien vice-président des IRSC
Bray, Judy Directrice adjointe
Directrice associée
IMII des IRSC
IC des IRSC
Brehaut, Jamie Chercheur
Institut de recherche en santé d'Ottawa
Université d'Ottawa
Dutz, Jan Chercheur
Institut de recherche sur l'enfant et la famille
Université de la Colombie-Britannique
Flicker, Sarah Professeure adjointe, Faculté des études de l'environnement Université York
Graham, Ian Vice-président
Portefeuille de l'AC
IRSC
Griffiths, Mansel Directeur
Canadian Research Institute for Food Safety
Université Guelph
Guimond, Josée Directrice
Programmes de recherche et partenariats
Association canadienne du diabète
Conseil consultatif de l'IMII des IRSC
Halperin, Scott Professeur
Pédiatrie, microbiologie et immunologie
Université Dalhousie
Heathcote, Jenny Chef, Division de la recherche clinique sur les patients Institut de recherche Toronto Western
Hill, Warren Analyste principal de recherche Centre de contrôle des maladies de la C.-B.
Conseil consultatif de l'IMII des IRSC
Hosein, Sean Réviseur scientifique et médical Réseau canadien d'info-traitements sida, CCRVSI
Jurkovic, Leah Spécialiste sectoriel AC
Portefeuille de l'AC
IRSC
Kubes, Paul Directeur
Calvin, Phoebe and Joan Snyder Institute of Infection, Immunity and Inflammation
Université de Calgary
MacDonald, John Coordonnateur
Inflammatory Bowel Disease Review Group
Cochrane Collaboration
Robarts Research Institute
Magnan, Jacques Président intérimaire et PDG Alberta Heritage Foundation for Medical Research
Malo, Gwen Associée
Initiatives stratégiques
IMII des IRSC
IC des IRSC
Moor, Bruce Directeur adjoint IMII des IRSC
Nekka, Fahima Directrice scientifique (Québec) MITACS (mathématiques de la technologie de l'information et des systèmes complexes)
Richardson, Carol Gestionnaire
Relations extérieures, Initiatives stratégiques et évaluation
IMII des IRSC
Rogers, Tim Directeur
Échange de connaissances
Réseau canadien d'info-traitements sida
Royce, Diana Directrice générale RCE AllerGen
Singh, Bhagi Directeur scientifique IMII des IRSC
Sokol, Pam Professeure
Microbiologie et maladies infectieuses
Université de Calgary
Spiegel, Jerry Directeur, santé mondiale
Liu Centre for the Study of Global Issue
Université de la Colombie-Britannique
Tackaberry, Eileen Gestionnaire de la recherche
Centre de recherche biologique
Santé Canada
Tolomiczenko, George Directeur exécutif, Recherche et liaison scientifique Crohn's and Colitis Research Foundation
Toth, Janie Directrice exécutive PrioNet Canada (NCE)
Valvano, Miguel Professeure titulaire
Chaire en microbiologie et immunologie
Université de Western Ontario
von Messling, Veronika Chercheur Institut national de recherche scientifique (INRS)
Wolfs, Wim Directeur
Programmes de recherche nationaux.
Fondation canadienne du rein
Wong, Tom Directeur
Infections acquises dans la collectivité et infections acquises en milieu de soins de santé
Agence de la santé publique du Canada
Wright, Gerry Directeur
M. DeGroote Institute for Infectious Disease Research
Université McMaster
Wu, Gill Professeur
Kinésiologie, sciences de la santé et biologie
Université York
Conseil consultatif de l'IMII des IRSC

Annexe 2 : Liste des priorités éventuelles cernées pendant la première ronde de discussions

  1. Déterminer les connaissances acquises qui permettent de combler l'écart entre ce qui est connu et ce qui est fait.
  2. Établir et mettre en oeuvre un processus faisant appel à la participation d'un large éventail d'intervenants (p. ex. chercheurs, utilisateurs finaux, intermédiaires) afin d'établir les priorités en matière d'application des connaissances dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires.
  3. Investir dans les méthodes d'évaluation de l'AC.
  4. Agir à titre de courtier du savoir entre les chercheurs et les différents publics cibles visés.
  5. Faire une mise au point sur les programmes déjà financés, c'est‑à‑dire se poser les questions suivantes : quelles leçons avons‑nous tirées de l'appel de demandes stratégique? Quelles connaissances ou conclusions de recherches ont été mises au jour par suite d'une initiative stratégique?
  6. Relever les défis liés à la santé de la population canadienne.
  7. Cibler les principaux publics de façon régulière (plutôt qu'épisodique).
  8. Accroître la capacité en AC chez les stagiaires qui travaillent et étudient dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires.
  9. Encourager la collaboration interdisciplinaire et entre les établissements.
  10. Procéder à des études de cas qui démontrent que l'AC donne des résultats dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires, et les faire connaître. (Parmi les exemples éloquents, mentionnons la recherche communautaire, avec laquelle l'Institut possède déjà de l'expérience. En consignant ces expériences, on pourrait créer un modèle pour d'autres études de cas).
  11. Accroître l'importance de l'AC dans le cadre des programmes continus. (Examiner la possibilité de miser sur les récentes réussites ou les possibilités actuelles).
  12. Consigner les réussites en AC.
  13. Faciliter l'accès aux rapports ou aux processus qui permettent de synthétiser les résultats.
  14. Faciliter la recherche translationnelle (du laboratoire au chevet des malades).
  15. Améliorer l'infrastructure visant à appuyer l'AC dans tous les domaines de la recherche et de l'application.

Annexe 3 : Cadre d'application des connaissances dans la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires (sommaire)

L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des Instituts de recherche en santé du Canada parraine un atelier afin d'obtenir des commentaires au sujet d'un plan lui permettant de remplir son mandat en matière d'AC de façon proactive. Le présent rapport consiste en un document d'information visant à appuyer les discussions dans le cadre de l'atelier.

Les IRSC et l'IMII ont pour mandat de participer à l'AC, qui englobe toute activité qui facilite ou augmente l'utilisation des connaissances ou la probabilité qu'elles seront utilisées pour donner des résultats intéressants sur le plan de la santé. Les IRSC définissent deux types d'AC : l'AC intégrée (c.‑à‑d. tout au long du processus de recherche) et l'AC en fin de subvention (c.‑à‑d. à la fin d'un projet de recherche). Ces deux types d'AC visent à favoriser la création d'un « cadre » dans la société qui contribuerait à des changements positifs quant aux résultats pour la santé.

Le cadre de l'initiative « Des connaissances à la pratique » utilisé par les IRSC sert à décrire le processus de l'AC. Les catégories du cadre ont servi à trouver des exemples d'AC dans les milieux de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Des exemples ont été relevés dans les domaines suivants : AC intégrée, synthèse des connaissances, outils et produits axés sur les connaissances, détermination des problèmes, processus d'adaptation des connaissances, évaluation des obstacles à la sélection en AC et adaptation des interventions et des occasions d'échange de connaissances.

On propose un cadre visant à appuyer l'AC dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires. Ce cadre comprend une description de haut niveau de la production de connaissances et de l'AC dans le contexte précis de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires, une description des conclusions (et des résultats connexes) qui sont liés à l'AC dans le domaine de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires, un survol de la définition de l'AC selon les IRSC, la commercialisation à titre de cas particulier d'AC, et un processus en huit étapes qui permet aux chercheurs d'examiner l'AC et de se préparer à mener des activités d'AC dans leur domaine de recherche.

Quatre principaux organismes veillent à ce que les résultats de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires profitent au système de santé et à la population canadienne. Il s'agit des milieux de recherche, de l'IMII (qui assure un leadership stratégique dans ce domaine), du portefeuille de l'AC des IRSC (qui fait connaître l'AC dans l'ensemble du milieu de la recherche en santé) et un important groupe d'organismes de partout au Canada (qui utilisent les connaissances issues de la recherche pour faire avancer leurs objectifs respectifs en matière de maladies infectieuses et d'origine immunologique). Des représentants de l'ensemble de ces organismes prendront part aux discussions de l'atelier afin de jeter les fondements pour accroître l'AC dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires.


  1. Le rapport du Comité d'examen international peut être consulté dans le site Web des IRSC.
  2. Le plan stratégique intégral peut être consulté dans le site Web des IRSC. En plus des buts stratégiques fixés, l'Institut a également cerné cinq priorités en matière de santé sur lesquelles il concentrera ses efforts : les infections émergentes et la résistance microbienne, l'immunothérapie, la capacité d'intervention en cas de pandémie de grippe, les vaccins pour le XXIe siècle et le VIH/sida.
  3. Ces deux documents peuvent être consultés dans le site Web de l'Institut.
  4. Contopoulos-Ioannidis et collab. "Life Cycle of Translational Research for Medical Interventions", Science, vol. 321, p. 5-6.