Impact de l’Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC 2000-2008
Rapport préparé pour l'Institut par Mark Bisby et Michelle Campbell
Ottawa, février 2009
Table des matières
Introduction
L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC
Buts de la présente évaluation
1. Changements au programme de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
Prévoyance et capacité de faire face aux nouveaux problèmes
Création d'initiatives stratégiques – est-ce nécessaire?
Création d'initiatives stratégiques – est-ce efficace?
Impact de l'IMII sur le programme de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
Quelles seront les prochaines orientations du programme de l'IMII?
Sommaire
2. Changements dans la façon de faire de la recherche
Comment encourager la collaboration?
Mariage forcé, divorce imminent?
Équipes – quelle est la place de la science?
Encourager le risque et l'innovation
Sommaire
3. Changements : qui fait la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
Élargir la portée du programme de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
Possibilités pour les nouveaux chercheurs
Former un nouveau type de stagiaires
Renforcer les capacités dans les nouveaux secteurs
Les riches deviennent-ils plus riches?
Sommaire
4. Changements dans les mécanismes de financement de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires au Canada
Les budgets des IRSC et de l'IMII
Affectation des fonds de recherche
Impact sur les autres sources de financement
Sommaire
5. Changements dans les partenariats
Un chef de file en matière de partenariats
Qu'est-ce qui attire les partenaires vers l'IMII?
Principales leçons tirées des partenariats
Bureaucratie et coordination
Sommaire
6. Changements dans la façon dont la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires est utilisée
Changements dans l'avancement des connaissances
Changement des rôles en application des connaissances
Établissement de liens et échanges
Créer de nouveaux produits et services
Rôle et effets dans le milieu des politiques et des pratiques
Changements dans la connaissance qu'a le public de la recherche en santé et de ses avantages
Sommaire
7. Quelle sera l'orientation de l'IMII?
Notes en fin de chapitre
Annexe A : Données additionnelles et analyses
Annexe B : Liste des répondants clés
Sommaire
L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII) des IRSC est l'un des 13 instituts des IRSC mis sur pied en 2000. Contrairement à certains instituts, l'IMII n'a pas eu à partir de zéro : il a hérité de milieux de recherche bien établis, tant dans le domaine de l'immunologie que des maladies infectieuses, particulièrement forts en science biomédicale, mais sous-représentés dans la recherche sur les services de santé et la santé de la population.
Par conséquent, l'IMII a dû adopter une approche à thèmes multiples pour la recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires en encourageant la participation du milieu de la recherche biomédicale, en recrutant des chercheurs travaillant dans les thèmes sous-représentés, en établissant des capacités dans les secteurs faibles et en faisant appel aux intervenants nécessaires pour atteindre ses buts. Peu après sa création, l'IMII a eu à relever d'immenses défis en recherche pour affronter d'importants problèmes de santé publique : la tragédie de l'eau potable à Walkerton, le SRAS et la pandémie possible de grippe aviaire. Toutefois, pour l'IMII, ces problèmes ont constitué des possibilités extraordinaires d'établir sa réputation auprès des intervenants et de démontrer l'utilité du modèle des IRSC.
L'IMII sera bientôt en transition puisque le mandat du directeur scientifique fondateur se termine. L'IMII nous a demandé d'évaluer l'impact que l'Institut a eu sur la recherche et le milieu de la recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires, et de préciser quelles activités avaient eu le plus grand impact. Nous avons souvent trouvé utile de prendre comme point de départ l'impact qui aurait résulté de la simple continuation d'un CRM mieux financé, et de considérer la valeur ajoutée potentielle de l'IMII.
Pour obtenir l'information sur laquelle nous avons fondé le présent rapport, nous avons interrogé plus de 40 répondants clés ayant eu des interactions importantes avec l'IMII; nous avons passé en revue l'information au sujet de l'IMII à partir des sites Web de l'Institut, des IRSC, et d'environ 100 autres organismes; nous avons utilisé plusieurs bases de données sur les subventions, le financement, les publications et les citations pour obtenir des données quantitatives.
1. Changements au programme de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
L'IMII a des effets valables sur le programme de recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires, des effets qu'il n'aurait pas été possible d'obtenir avec le CRM. Grâce à ses efforts pour réunir des chercheurs de diverses disciplines et des utilisateurs de la recherche, l'IMII a donné une impulsion au milieu de la recherche pour relever les défis et tirer parti des possibilités dans des domaines nouveaux et des domaines où il se fait peu de recherche, en investissant soigneusement et de façon sélective ses fonds destinés à la recherche stratégique. Les données semblent indiquer que les initiatives stratégiques de l'IMII répondent à des besoins précis auxquels il n'est pas possible de répondre par des moyens de financement traditionnels, attirent des chercheurs de qualité et permettent à ces chercheurs d'atteindre leurs buts en ce qui a trait à l'établissement de capacités et à la réalisation d'activités dans les secteurs ciblés. L'IMII a aussi aidé les chercheurs à cerner et à résoudre des problèmes concrets et importants pour la population canadienne et les utilisateurs de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires.
Toutefois, il sera difficile pour l'IMII d'avoir un impact majeur sur l'ensemble du programme de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires, tant que son financement et son influence directe ne représenteront que seulement 3,7 % de tous les investissements des IRSC en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires.
2. Changements dans la façon de faire de la recherche
Les commentaires des principaux répondants à notre sondage sont très différents des inquiétudes supposément répandues chez les chercheurs en santé au sujet de la qualité de la recherche entreprise dans le cadre des programmes de recherche stratégique. De l'avis des personnes qui participent à l'une ou l'autre des étapes des projets financés dans le cadre des initiatives de recherche stratégique de l'IMII, ces projets : i) mobilisent de nouvelles équipes multidisciplinaires; ii) permettent d'approfondir des questions multidimensionnelles à l'échelle nationale et internationale; iii) accroissent le goût de prendre des risques et, conséquemment, les possibilités d'innover et de réaliser des percées; (iv) donnent un élan à la mise en application des résultats. Par conséquent, la question soulevée par les répondants n'est pas de savoir si les initiatives stratégiques ont une valeur, mais plutôt si elles deviendront la principale source de recherche novatrice à l'avenir. La présente évaluation donne une idée de l'impact remarquable de l'IMII sur la culture du milieu de la recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires.
L'impact de l'IMII a été d'appuyer et d'accroître la recherche multidisciplinaire menée en collaboration dans le milieu de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Bien qu'elles en soient encore à leurs débuts, ces collaborations sont généralement réelles et durables et donnent des résultats. En invitant des chefs de file en recherche, une large portion du milieu de la recherche, ainsi que divers intervenants et partenaires concernés à participer à l'établissement de programmes, à la conception d'initiatives et à des activités d'évaluation, l'IMII a réussi à faire en sorte que la recherche stratégique en équipe est non seulement acceptable, mais tout à fait novatrice.
3. Changements : qui fait la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
Le grand changement depuis 2000 a été d'attirer et de retenir de nouveaux chercheurs dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires. Cela résulte des augmentations générales de financement des IRSC et des partenariats, ainsi que d'une stratégie délibérée de l'IMII dans le domaine du VIH/sida.
Le principal impact de l'IMII a été d'aider ces nouveaux chercheurs à s'établir grâce aux moyens suivants : a) financement dans le cadre de subventions ciblant les nouveaux chercheurs (subventions aux nouveaux chercheurs pour des projets pilotes et, dans une moindre mesure, financement temporaire); b) forums pour les nouveaux chercheurs. Il est peu probable que ces ressources aient été offertes par l'entremise du CRM.
De nombreux répondants étaient d'avis que les programmes entrepris dans le cadre de l'ISFRS et financés par l'IMII avaient déjà un impact considérable sur l'interdisciplinarité des chercheurs et des stagiaires travaillant ensemble, et ils s'attendaient à des effets plus importants lorsque les diplômés de ces programmes de formation sont entrés dans le milieu de la recherche.
Un important soutien du personnel peut réellement aider les nouvelles équipes à travailler ensemble et à mettre au point des programmes de recherche dans des secteurs nouveaux; toutefois, la capacité de l'IMII pour offrir un tel soutien est limitée.
Nous avons constaté de nombreuses divergences entre la perception et la réalité dans ce domaine, probablement en raison des faibles taux de succès notoires aux concours ouverts de subventions et bourses. En réalité, les jeunes chercheurs dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires qui reçoivent des bourses de nouveaux chercheurs réussissent à obtenir des fonds de fonctionnement. Les chercheurs établis ont raisonnablement augmenté leur financement en raison des augmentations de budget des IRSC, et cela ne s'est pas fait au détriment des nouveaux chercheurs dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires.
4. Changements dans les mécanismes de financement de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires au Canada
Les investissements des IRSC en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires ont augmenté plus rapidement que leur budget global, à juste titre, puisque depuis 2000, nous sommes de plus en plus conscients de la vulnérabilité du Canada face aux maladies infectieuses et de la nécessité de renforcer les moyens de protéger la population canadienne. Toutefois, les investissements stratégiques de l'IMII étant relégués à l'arrière plan par 96 % du financement consacré à la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires dans le cadre de concours ouverts, il est difficile de distinguer les effets de l'IMII de ceux des IRSC.
Par conséquent, l'impact premier de l'IMII est attribuable à son rôle de catalyseur; en effet, l'Institut donne un coup d'envoi à des secteurs négligés, crée des possibilités internationales et fournit un financement limité afin de permettre à des travaux de recherche de haute qualité de se poursuivre lorsque les chercheurs doivent présenter une autre demande pour obtenir du financement à long terme.
La participation des partenaires financiers et des intervenants à l'établissement des priorités de recherche de l'Institut a eu un autre impact important. Cette façon de faire comporte de nombreux avantages pour les parties prenantes; les programmes de recherche réalisés en partenariat correspondent de plus en plus aux besoins réels, et la mise en application des résultats est plus probable.
Pour leur part, les bailleurs de fonds se montrent à la hauteur du nouveau cadre de financement des IRSC et adaptent leurs propres priorités d'une multitude de façons, notamment en augmentant l'interdisciplinarité de leurs programmes de financement. L'IMII a pu mettre en contact des chercheurs avec des partenaires financiers compétents, et d'autres bailleurs de fonds ont aidé des chercheurs dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires à devenir plus compétitifs afin d'obtenir du financement important des IRSC ou d'autres sources.
5. Changements dans les partenariats
L'IMII est considéré comme un excellent partenaire avec qui on veut travailler, et ce, en raison de l'expertise, de l'engagement précoce et soutenu, de la patience, de la souplesse et de la diligence raisonnable dont il fait preuve dans ses partenariats. L'IMII a amélioré la perception positive que les organismes partenaires ont des IRSC, ce qui contraste avec les points de vue parfois négatifs exprimés à l'endroit du CRM.
Les retombées des efforts de l'IMII en matière de partenariat sont considérables, quoiqu'il soit impossible de les quantifier : programme de recherche plus approprié aux problèmes réels de la population canadienne, intérêt croissant pour l'utilité de la recherche en santé au sein des organismes de santé, meilleure représentation dans les initiatives internationales, et reconnaissance du fait que les IRSC, grâce à l'exemple de l'IMII, peuvent répondre rapidement à de nouvelles menaces en matière de santé en mobilisant des experts du milieu de la recherche.
Malgré des efforts de tous les côtés, les IRSC ont encore des problèmes de partenariat : la bureaucratie rigide perçue au siège social des IRSC et le manque de coordination entre les 13 instituts.
6. Changements dans la façon dont la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires est utilisée
Dans le domaine de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires, on constate une amélioration de la qualité, de la pertinence, de l'accessibilité, de la facilité d'utilisation et de la mise en application – il s'agit là de facteurs importants pour accroître l'utilisation de la recherche.
Si l'on en juge par la quantité et la qualité des travaux, la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires fait plus que simplement se remettre des coupures budgétaires des années 1990. Compte tenu du budget limité de l'IMII, ces progrès généraux sont probablement attribuables à l'augmentation du budget des IRSC, sans oublier la panoplie d'améliorations importantes dans le milieu de la recherche au Canada depuis les années 1990. Néanmoins, le nombre deux fois plus élevé de publications en virologie peut être lié à plusieurs priorités de l'IMII dans ce domaine.
Le milieu de recherche de l'Institut est davantage conscient de l'application des connaissances, et les chercheurs sont davantage disposés à participer à des activités d'AC, mais ils ont besoin d'être guidés et appuyés. De plus en plus, les chercheurs désirent orienter leurs programmes pour accroître l'application en temps opportun des résultats de leurs travaux, pendant que les organismes de santé provinciaux et fédéraux font confiance à l'IMII, et continueront de s'y fier pour obtenir des résultats de recherche qui orienteront leurs décisions stratégiques. Il pourrait être difficile pour les organismes qui utilisent les résultats de la recherche de satisfaire à la demande et de faire partie d'équipes de recherche, surtout dans le cadre d'initiatives stratégiques plus ciblées.
L'IMII a très bien réussi à créer des possibilités pour l'établissement de liens et les échanges entre les chercheurs et les utilisateurs de la recherche, notamment d'autres chercheurs, des professionnels de la santé, des responsables des politiques et des représentants de l'industrie. Un grand nombre de produits, de services, de politiques et de pratiques voient le jour grâce à des travaux réalisés dans le cadre des initiatives stratégiques de l'IMII.
Enfin, l'IMII a su convaincre le public de la nature des menaces pour la santé publique et de l'importance d'investir en recherche afin de les atténuer.
Introduction
L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC
L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII) des IRSC est l'un des 13 instituts des IRSC mis sur pied en 2000. Même si tous les instituts partagent le mandat des IRSC, chaque institut a eu à faire face à des problèmes initiaux différents. Contrairement à certains instituts, l'IMII n'a pas eu à partir de zéro : grâce au prédécesseur des IRSC, le Conseil de recherches médicales (CRM), l'IMII a hérité de milieux de recherche bien établis et bien financés tant dans le domaine de l'immunologie que des maladies infectieuses. Les chercheurs de ce milieu étaient particulièrement forts en science biomédicale, mais peu s'intéressaient à la recherche sur les services de santé et la santé de la population.
L'IMII a dû relever le grand défi suivant : adopter une approche à thèmes multiples pour la recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires en encourageant le milieu de la recherche biomédicale à participer, en recrutant des chercheurs des thèmes sous-représentés, en établissant des capacités dans les secteurs faibles et en faisant appel aux intervenants nécessaires pour atteindre ses buts. Ces changements étaient essentiels pour que l'IMII contribue à la mission des IRSC, soit « l'élaboration d'un programme intégré de recherche en matière de santé, regroupant tous les secteurs, disciplines et régions, qui reflète les besoins nouveaux de la population canadienne en matière de santé et l'évolution du système de santé et facilite la prise de décisions de principe touchant le domaine de la santé »1.
Parmi les instituts des IRSC, l'IMII occupe une position unique pour deux raisons importantes : premièrement, il gère des fonds considérables pour la mise en oeuvre de programmes ciblés au nom des IRSC donc, concrètement, son budget est de plusieurs fois supérieur au budget alloué stratégiquement à tous les autres instituts. Deuxièmement, peu après la création des IRSC, le Canada a eu à faire face à un grand nombre de problèmes de santé importants qui sont devenus prioritaires pour le public et le gouvernement – la tragédie de l'eau potable à Walkerton, le SRAS et la pandémie possible de grippe aviaire – problèmes qui relèvent du mandat de l'IMII. L'IMII a pour ainsi dire reçu le baptême du feu, mais ces problèmes lui ont permis de prouver sa valeur, d'établir sa réputation et de démontrer l'utilité du modèle des IRSC.
En 2006, le Comité d'examen international des IRSC a formulé des remarques favorables à l'endroit de l'IMII2 : « Le directeur scientifique prêche par l'exemple et jouit de la confiance de la majeure partie du milieu. L'Institut offre un exemple de cas où le transfert des connaissances a très bien fonctionné et a permis de répondre rapidement à divers besoins en santé publique ». « Dans l'ensemble, l'Institut s'est révélé très productif ... » En préparation de cet examen, un sondage EKOS a été effectué en 2005 auprès de chercheurs en santé, financés ou non par les IRSC, et a révélé que 91 % des chercheurs étaient d'avis que l'IMII avait « très bien réussi » ou « réussi dans une certaine mesure » à influer sur le programme de recherche, dans le cadre de son mandat3.
Buts de la présente évaluation
L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires sera bientôt en transition puisque le mandat du directeur scientifique fondateur se termine. À ce moment important, on nous a demandé de produire un rapport sur les résultats et l'impact des activités de l'Institut depuis sa création, en faisant la différence en autant que possible entre l'impact du financement généralement supérieur des IRSC. Nous avons évalué les activités du directeur, du personnel et du conseil consultatif de l'Institut, ainsi que le rôle joué par le milieu de la recherche, les partenaires et les intervenants participant au financement de la recherche parrainée par l'IMII et à d'autres activités. Nous avons examiné la vision et la stratégie de l'Institut, les activités menées et parrainées par l'IMII pour faciliter la recherche, les collaborations et les partenariats favorisés par l'IMII, les personnes et les types de recherche financés dans le cadre des initiatives stratégiques de l'IMII, et les activités d'application des connaissances de l'IMII, dont la commercialisation, et les répercussions sur la politique et les pratiques.
Au cours de la présente évaluation, l'attribution constituait un défi important. Nous devions mettre l'accent sur les changements entraînés par l'Institut, plutôt que sur les changements dans la façon de faire de la recherche sur l'infection et l'immunité. L'Institut est bien intégré aux IRSC et profite du leadership, des modèles et des programmes des IRSC qui ont permis d'appuyer, de catalyser et d'améliorer les propres activités de l'Institut. Les données ou les répondants ne faisaient pas toujours clairement la distinction entre les IRSC et l'IMII : nous sommes d'accord sur ce point. En raison des nombreuses améliorations apportées depuis 2000 au soutien de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires et au milieu dans lequel s'effectue cette recherche4, il est difficile d'attribuer les changements aux IRSC, à plus forte raison à l'IMII, puisque l'augmentation du budget total des IRSC surpasse le modeste budget de l'Institut pour la recherche stratégique.
Puisque nous avions tous les deux une bonne connaissance du fonctionnement du CRM, durant ses dernières années d'existence, nous avons souvent trouvé utile de prendre comme point de départ l'impact qui aurait résulté de la simple continuation d'un CRM mieux financé, et de considérer la valeur ajoutée potentielle du modèle des IRSC, en utilisant l'IMII comme exemple.
Nous avons eu recours à plusieurs approches pour obtenir l'information sur laquelle nous avons fondé le présent rapport :
- Nous avons effectué une série d'entrevues semi-structurées avec des répondants clés ayant assumé divers rôles face à l'IMII ou ayant été concernés d'une manière ou d'une autre (la liste des répondants se trouve à l'annexe B). Nous avons tenté de cerner les tendances et les changements qui pourraient être attribuables uniquement aux activités de l'IMII, et non au financement de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires en général; nous avons donc choisi des répondants ayant un nombre considérable d'interactions avec l'IMII, et non un échantillon statistiquement significatif de tout le milieu de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Plus tard, au cours de notre enquête, nous avons aussi communiqué avec d'autres personnes pour examiner les questions très particulières qui ont été soulevées au fur et à mesure que nous progressions.
- Nous avons passé en revue l'information au sujet de l'IMII (rapports annuels, bulletins, comptes rendus de réunions, rapports d'évaluation, plans stratégiques, communiqués, etc.) à partir des sites Web de l'Institut, des IRSC, et d'environ 100 autres organismes, dont certains ont été choisis en raison de leur rôle en tant que partenaire ou intervenants de l'IMII5, et d'autres sites découverts grâce à des moteurs de recherche.
- Nous avons beaucoup utilisé les bases de données publiques pour obtenir des données quantitatives sur l'environnement de travail de l'IMII et les résultats du financement des IRSC et de l'IMII6.
Tout au long du présent rapport, nous indiquons dans les notes en fin de chapitre les sources d'information et les stratégies de recherche décrites brièvement dans le texte. Nous avons aussi inclus les résultats additionnels de nombreuses analyses de données dans une annexe séparée (A), citée en référence dans le texte du rapport. Le texte dans les encadrés et les citations incluses dans le rapport sont des comptes rendus mot à mot (légèrement révisés pour en assurer la clarté) des réponses qui ont été fournies par les répondants clés et qui semblaient illustrer l'information reçue sur le sujet en question.
1. Changements au programme de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
Prévoyance et capacité de faire face aux nouveaux problèmes
« L'IMII évalue la situation rapidement et peut réagir sans tarder. C'est un contexte tout à fait différent; par exemple, dans le domaine du cancer, les problèmes restent les mêmes – vous n'avez pas d'éclosion de cancer! L'IMII doit réagir à un monde qui change très rapidement. »
On considère que l'IMII réagit très rapidement aux problèmes urgents et qu'il est proactif, vif, et ouvert aux idées spontanées. Selon un répondant, « L'IMII a préparé le milieu à donner suite aux possibilités qui se présentent ». La norme a été établie lors de l'éclosion du SRAS. En effet, la réponse de l'IMII face à ce problème de santé urgent était sans précédent : « en 19 jours, l'IMII avait lancé un appel de demandes et examiné les demandes reçues. Lors de l'apparition du VIH, cela a pris deux ans! » L'IMII a montré qu'il « pouvait réagir rapidement sans compromettre l'examen par les pairs » . Les répondants étaient d'avis que le CRM n'aurait jamais pu former une coalition ou financer la recherche nécessaire pour faire face à l'urgence aussi rapidement que ne l'a fait l'IMII. L'intervention rapide des IRSC face au SRAS, dirigée par l'IMII, a retenu l'attention nationale et internationale7 et a été citée en exemple par le gouvernement fédéral en tant que modèle d'innovation canadienne8.
L'IMII fait aussi preuve de prévoyance, en anticipant souvent les problèmes avant même que la nécessité d'intervenir ne soit généralement reconnue. Par exemple, les répondants ont mentionné, l'Initiative sur la salubrité des aliments et de l'eau (ISAE), dont la première réunion, prévue des mois auparavant, a eu lieu quelques jours après la tragédie de Walkerton. Et, avant même que les National Institutes of Health (NIH) des États-Unis ne suggèrent de tenir une réunion pour discuter du rôle potentiel du Canada dans une collaboration internationale sur le microbiome, l'IMII avait déjà rassemblé les chefs de file dans ce domaine pour discuter des forces du Canada et des contributions possibles à une telle initiative.
En ce qui a trait à la préparation en vue de faire face à une pandémie, l'IMII a financé le Bureau de l'éthique des IRSC pour qu'il mette au point un processus éthique qui pourrait servir au cours des prochaines urgences en matière de santé publique. L'IMII, en collaboration avec Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), a tenu une série d'ateliers et de réunions pour définir quelles activités de santé publique au cours d'une épidémie nécessiteraient l'examen d'un comité d'éthique ou d'autres mécanismes de surveillances plus rapides. Même si nous ne nous attendions pas à ce qu'un institut aussi orienté sur la recherche biomédicale soit un chef de file en éthique, l'IMII est considéré comme l'un des trois instituts les plus actifs à ce chapitre. L'IMII a particulièrement intégré les questions éthiques à tous les aspects de son programme de recherche « comme aucun des autres n'a réussi à le faire ».
Parallèlement, plus l'IMII avance vers de nouveaux secteurs, plus les attentes sont grandes. Un répondant a mentionné que l'IMII aurait avantage à faire preuve de plus de prévoyance afin de reconnaître des problèmes comme la grippe aviaire et de planifier en conséquence, car ainsi le financement arriverait avant l'éclosion et non après. Un autre a fait remarquer que certains appels de demandes ont été utiles, mais lancés un peu trop tard, et que si les relations avec les partenaires et le processus avaient été meilleurs, ces appels de demandes auraient pu être diffusés en temps opportun.
Création d'initiatives stratégiques – est-ce nécessaire?
De façon générale, la plupart des répondants pensent que « les initiatives stratégiques complètent très bien les subventions de fonctionnement ». Les concours d'appels de demandes (AD) tentent de répondre à divers besoins, en apportant de nouvelles approches aux structures de programme et à l'examen par les pairs, ce qui peut être plus approprié lorsque l'on aborde de nouveaux secteurs et le renforcement des capacités. De plus, les appels de demandes « aident à communiquer à des gens comme moi quels sont les besoins réels – pour moi il est très difficile de savoir où le besoin est perçu ». De plus, les appels de demandes encouragent la recherche sur des « sujets moins passionnants » comme le traitement des substances posant un risque particulier; la production d'un vaccin contre le SRAS, le plus rapidement possible, ou l'évaluation de la vaccination universelle contre la grippe. « La recherche sur ces questions très pratiques et ciblées est utile à la population, mais n'est pas très intéressante pour un universitaire ».
« L'IMII met en oeuvre des initiatives en sollicitant la participation du milieu – cette façon de faire est un gros changement pour le Canada. »
L'IMII est reconnu universellement en tant que rassembleur extrêmement efficace. Lorsqu'un problème est reconnu, l'Institut rassemble une panoplie d'intervenants clés du monde universitaire, du gouvernement, du système de santé, et de l'industrie afin de le résoudre. C'est ainsi que l'on a procédé pour tenter de trouver un vaccin contre le SRAS ou de lutter contre les infections à C. difficile. « On obtient ainsi une initiative bien orientée qui cerne bien les aspects du problème, dans le cadre de l'état actuel de la recherche ». Le CRM n'était pas en mesure de mettre sur pied un tel programme collectif. Les répondants qui ont déjà participé à un atelier de l'IMII étaient d'avis que ces ateliers étaient d'une grande valeur pour le milieu, car ils favorisent les nouvelles idées et les approches créatrices et permettent d'établir des relations, de reconnaître les possibilités à l'échelle nationale et de relier des disciplines.
Les répondants qui avaient de l'expérience dans la conception ou l'évaluation d'initiatives jugeaient qu'il était nécessaire d'avoir des critères d'évaluation distincts et des comités d'examen internationaux pour les AD « dans les domaines qui sont nouveaux pour nous, comme les probiotiques, et que nos comités d'examen actuels ne peuvent évaluer ». Un répondant a fait remarquer que les comités d'examen par les pairs traditionnels « ont peur de s'aventurer hors des sentiers battus… et que ce n'est pas bon si l'Institut tente d'amener les gens hors de leur zone de confort ».
Création d'initiatives stratégiques – est-ce efficace?
La question du financement ciblé peut générer des débats importants. Certains sont toujours convaincus que les initiatives stratégiques appuient la recherche de piètre qualité « qui n'aurait pu obtenir de financement dans un concours réel ». Cette méprise devrait être dissipée en partie grâce à notre enquête sur les participants : de nombreux chercheurs de haut niveau participent à des initiatives stratégiques (Annexe A/A).
En plus de la critique sur la qualité de la recherche, la critique entendue le plus souvent au sujet des AD est que les chercheurs peuvent faire preuve de « créativité » afin de faire correspondre leur projet de recherche aux critères de l'AD – pour ensuite agir conformément à leurs plans originaux, de toute façon. Cependant, les répondants qui avaient de l'expérience dans la conception ou l'évaluation d'initiatives stratégiques étaient d'avis que l'IMII réussissait à distinguer les demandes sincères des demandes opportunistes, et nous avons constaté que les publications émanant de l'ISAE étaient pertinentes : elles correspondaient à la demande de subvention originale et aux buts de l'initiative.
Une troisième critique, relativement anodine, était dirigée vers les IRSC en général : le temps consacré à l'examen du mérite des demandes présentées dans le cadre des nombreux petits concours d'appel de demandes empêche le milieu scientifique de faire de la recherche, d'autant plus qu'il est difficile de prévoir le temps nécessaire à l'examen de chaque demande.
« Bien que de nombreux chercheurs dénigrent les initiatives stratégiques, n'écoutez pas ce qu'ils disent... regardez ce qu'ils font. Ils présentent des demandes pour ce type de financement, s'ils croient que cela correspond à leurs intérêts. »
Par conséquent, il semble que les initiatives stratégiques de l'IMII permettent généralement d'appuyer la recherche de grande qualité et d'atteindre les buts visés. De plus, tout donne à penser que les chercheurs « orientent leurs travaux en fonction du financement qu'ils peuvent obtenir ». De toute évidence, les AD stimulent l'activité dans les domaines ciblés, permettent d'obtenir des données probantes et de renforcer les capacités dans des secteurs critiques comme ceux de l'auto-immunité et de la grippe pandémique. Selon quelques répondants, les initiatives stratégiques pourraient même être un petit peu trop efficaces; ils craignent en effet que le financement important accordé à la recherche sur le sida éloigne les chercheurs de domaines de recherche tout aussi importants. Compte tenu de l'ampleur de l'initiative sur le sida et des taux élevés de succès lors de ses concours9, nous sommes d'avis qu'il est essentiel de démontrer que la recherche financée dans le cadre de ce programme est d'une grande qualité et qu'elle génère des résultats importants.
Examinons deux secteurs prioritaires pour le financement de l'IMII : salubrité des aliments et grippe pandémique. La salubrité des aliments est un sujet de recherche en plein essor au Canada, et même davantage à l'échelle mondiale. Les publications canadiennes sur ce sujet, qui étaient très peu nombreuses en 2003 et ont probablement été aiguillonnées par l'incident de Walkerton (été 2000), ont considérablement augmenté entre 2005 et 2007, ce qui reflète sans doute l'investissement de l'IMII dans l'ISAE.
Les publications canadiennes sur la grippe pandémique ont considérablement augmenté : elles sont passées d'une publication par année à 31; toutefois, cela semble plutôt indiquer un manque d'intérêt total pour ce domaine de recherche avant 2000 qu'un leadership international. L'éclosion du SRAS et l'initiative stratégique de l'IMII en 2003 ont suscité l'intérêt pour cette question (par exemple en 2005-2006, neuf publications portaient principalement sur les « leçons apprises » de l'éclosion du SRAS). Nous prévoyons que le financement de l'IMII dans le domaine de la grippe pandémique, commencé au début de 2007, permettra de maintenir le travail dans ce domaine.
Figure 1-1 Croissance relative des publications sur la salubrité des aliments (à gauche) et la grippe pandémique (à droite), au Canada et dans le monde depuis 1996 (=1).
(Source : Pub Med10)

L'IMII a évalué, ou fait évaluer, plusieurs de ses initiatives stratégiques11, et bien que la plupart de ces évaluations soient provisoires, car il n'y a pas suffisamment de temps écoulé pour évaluer les résultats complets, elles sont généralement positives en ce qui a trait aux collaborations et aux partenariats de recherche établis et aux répercussions possibles et importantes sur les connaissances, les pratiques et les politiques.
Impact de l'IMII sur le programme de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
« Ne donnez pas trop d'importance aux grands changements dans le programme de recherche. »
Puisqu'il est généralement reconnu que les AD permettent effectivement d'accroître les activités et les capacités de recherche dans les domaines visés, il semble étrange que de nombreux répondants considèrent aussi que l'impact de l'IMII sur le programme de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires est minimal. Cette contradiction apparente reflète sans doute le contraste entre la recherche financée par l'Institut à petite échelle (3,7 % de l'investissement des IRSC pour la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires) et l'ensemble de la recherche, principalement la recherche entreprise à l'initiative des chercheurs, qui peut être affiliée à l'Institut sans être directement influencée par celui-ci (le reste, soit 96,3 %). Même si les données disponibles permettent de penser que les initiatives stratégiques atteignent leurs buts, elles ne constituent qu'une infime partie par rapport à l'ensemble de la recherche financée par les IRSC dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires, et c'est pourquoi elles ont un impact limité sur le rendement du domaine de la recherche en général.
Il n'est donc pas étonnant de constater que même si un petit nombre de chercheurs étaient d'avis que les IRSC ne devraient pas avoir d'initiatives stratégiques, un grand nombre de chercheurs ont affirmé que l'Institut avait besoin d'un budget plus considérable pour réaliser la portée totale de son mandat et s'attaquer aux nouveaux défis. Finalement, puisque les priorités de l'Institut sont changeantes, il doit y avoir une capacité de financement appropriée dans les concours ouverts des IRSC afin que l'excellente recherche dans des domaines en constante évolution ou dans des domaines embryonnaires, qui est encouragée par l'Institut, puisse se poursuivre une fois que le soutien de l'Institut a pris fin.
Quelles seront les prochaines orientations du programme de l'IMII?
« J'aimerais voir l'IMII des IRSC faire preuve d'un peu plus d'audace en ce qui a trait au programme de recherche... Ce serait bien si nous pouvions tirer parti des réseaux et de l'expertise des IRSC pour arriver à mieux comprendre les déterminants en amont de la propagation des maladies infectieuses et la prévention. »
Le programme de recherche de l'IMII est déterminé par son plan stratégique. Le plan 2002-2007 incluait dix sujets de recherche prioritaires, et bien que l'on ce soit occupé de chacune de ces priorités, le deuxième plan stratégique (2007-2012) regroupait les priorités en cinq secteurs plus ciblés et réalistes : infections émergentes et résistance microbienne; VIH/sida; immunothérapie; capacité d'intervention en cas de pandémie d'influenza; vaccins pour le 21e siècle. Tous les instituts des IRSC doivent trouver l'équilibre entre a) mettre l'accent sur quelques initiatives stratégiques qui peuvent avoir un impact significatif dans les domaines choisis, mais qui risquent d'éloigner de grands secteurs du milieu de la recherche et d'autres intervenants, et b) fractionner le programme de recherche en tentant de faire un peu de tout, ce qui peut rassurer les intervenants, car on s'occupe de leurs intérêts, mais risque de dissiper les efforts et l'impact. La plupart des instituts, dont l'IMII, ont d'abord fait l'erreur de pencher vers l'inclusivité; toutefois, selon certains répondants, l'IMII a appris sa leçon plus rapidement que les autres, et a maintenant atteint un bon équilibre. L'IMII a même pu prévoir une marge de manoeuvre dans sa vison globale et sa stratégie pour être en mesure de faire face à des problèmes imprévus comme le SRAS et de mettre à profit des possibilités comme le transfert de Santé Canada aux IRSC du Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida12.
Certains partenaires voient le rôle des IRSC, comme celui du CRM, soit le soutien de la recherche fondamentale à partir de laquelle il est possible de faire davantage de sciences appliquées. Toutefois, la plupart sont d'avis que l'IMII doit s'intéresser davantage à la recherche translationnelle, et font remarquer que l'Institut, comme les IRSC, investit la majorité de ses ressources pour la recherche biomédicale fondamentale. Bien que les interactions de l'IMII entre les quatre thèmes des IRSC se soient améliorées, il y a encore beaucoup à faire pour réaliser de la recherche translationnelle efficace.
L'IMII a amené les IRSC dans de nouveaux domaines remarquables, comme les probiotiques et la thérapie par les phages, dans le cadre de l'Initiative de recherche sur de nouvelles solutions de rechange aux antibiotiques. Cette innovation sème un malaise au sein des milieux traditionnels du CRM. Parallèlement, de nouveaux partenaires ont hâte de travailler avec l'IMII sur des questions qui dépassent les préoccupations habituelles en santé publique, comme les risques de maladies infectieuses résultant du changement climatique, les facteurs qui permettent la transmission d'agents pathogènes entre les espèces et les zoonoses d'origine alimentaire et environnementale.
Sommaire
Nous concluons que l'IMII a des effets valables sur le programme de recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires, des effets qu'il n'aurait pas été possible d'obtenir avec le CRM. L'IMII réagit rapidement, ce qui renforce la réputation des IRSC en tant qu'organisme contribuant à résoudre de vrais problèmes de santé. Grâce à ses efforts pour réunir des chercheurs de diverses disciplines et des utilisateurs de la recherche, l'IMII a donné une impulsion au milieu de la recherche pour relever les défis et tirer parti des possibilités dans des domaines nouveaux et des domaines où il se fait peu de recherche, en investissant soigneusement et de façon sélective ses fonds destinés à la recherche stratégique. Les données actuellement disponibles à ce jour semblent indiquer que les initiatives stratégiques de l'IMII répondent à des besoins précis auxquels il n'est pas possible de répondre par des moyens de financement traditionnels, attirent des chercheurs de qualité et permettent à ces chercheurs d'atteindre leurs buts en ce qui a trait à l'établissement de capacités et à la réalisation d'activités dans les secteurs ciblés. L'IMII a aussi aidé les chercheurs à cerner et à résoudre des problèmes concrets et importants pour la population canadienne et les utilisateurs de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Toutefois, il sera difficile pour l'IMII d'avoir un impact majeur sur l'ensemble du programme de recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires, tant que son financement et son influence directe ne représenteront que seulement 3,7 % de tous les investissements des IRSC en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires.
2. Changements dans la façon de faire de la recherche
Le changement le plus important et le plus fondamental que les répondants associent avec l'IMII est sans contredit la croissance spectaculaire des équipes de recherche, qui sont maintenant plus courantes, plus grandes et multidisciplinaires. L'IMII a exigé de telles équipes dans plusieurs de ses AD, mais il a aussi appuyé et encouragé grandement la collaboration au sein des équipes et entre celles-ci. Bien que quelques répondants aient encore des réticences quant à l'effet de ce virage en faveur des équipes de recherche, la plupart y voient des avantages importants.
Comment encourager la collaboration?
« Si vous présentez un AD, vous avez des points si vous faites intervenir de nouveaux collaborateurs. Dans une demande habituelle, si vous proposez un collaborateur avec qui vous n'avez jamais travaillé, vous pouvez dire adieu à votre subvention. »
Dès leur création, les IRSC ont encouragé les subventions d'équipe, et l'IMII a été l'un des principaux partisans de cette approche. L'IMII a contribué à la création d'équipes regroupant des chercheurs de disciplines et de secteurs différents, des utilisateurs de la recherche et des collaborateurs inconnus auparavant. Ces subventions suscitent l'enthousiasme des participants13 et elles sont efficaces : le nombre total de chercheurs par subvention pour la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires augmente régulièrement, et ce changement est même plus prononcé pour les subventions stratégiques de l'IMII (Annexe A/B). La collaboration internationale augmente aussi, comme l'indique le pourcentage de publications canadiennes rédigées en collaboration avec des auteurs étrangers, dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires. La collaboration se fait d'abord avec les États-Unis, et ensuite avec le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne; entre 2000 et 2007, la collaboration a augmenté considérablement avec la Chine (Annexe A/B).
De plus, l'Institut a appuyé l'établissement d'équipes au moyen d'ateliers sur la préparation de demandes, comme l'atelier sur la préparation de demandes du Réseau de recherche sur l'influenza, qui a eu lieu en février 2008, et son notoire « exercice d'écriture d'une demande » sur la salubrité des aliments et de l'eau au cours duquel on a demandé à un groupe de chercheurs, venant de divers secteurs et qui ne se connaissaient pas de produire, dans un délai limité, une proposition tenant compte des aptitudes et des intérêts de chacun. Selon les répondants, cet exercice révélateur a non seulement ouvert les esprits à de nouvelles possibilités, mais a été le point de départ de nouvelles collaborations – certaines qui ont été financées ultérieurement dans le cadre de l'initiative, certaines qui l'ont été par d'autres organisations.
« Normalement, je ne présenterais pas une demande de subvention avec 4 ou 5 chercheurs, mais avec l'IMII, je le fais. »
De plus, l'IMII a favorisé la collaboration entre les équipes, par exemple en rassemblant toutes les équipes financées dans le cadre d'un appel de demandes afin de communiquer les progrès réalisés et d'échanger des idées. Les répondants ont fait remarquer que de telles réunions peuvent donner un coup d'envoi à tout un secteur de recherche, non pas à seulement un groupe. De même, les Forums des nouveaux chercheurs ont encouragé de nouvelles approches et collaborations de recherche.
« En médecine depuis l'âge de 17 ans, je n'avais été en contact qu'avec d'autres médecins. Maintenant, mes lectures, ma façon d'interpréter les données et mes questions sont différentes. J'ai de meilleures relations avec les scientifiques de mon entourage. Co-chercheur principal dans le cadre d'une subvention sur l'expression génique, je travaille avec deux chercheurs en sciences fondamentales que j'ai rencontrés dans le cadre de l'ISFRS. »
La sérendipité est souvent vue comme la clé de voûte de la science et, parfois aussi, il semble, du financement de la science. Un levier de changement souvent mentionné par les répondants est l'Initiative stratégique pour la formation en recherche dans le domaine de la santé (ISFRS) mise en oeuvre pour créer un nouveau milieu d'apprentissage, et ce, pas uniquement pour les stagiaires. « Lorsque les gens commencent à se parler, ils trouvent des sujets de collaboration. Certains collaborateurs, qui se sont rencontrés parce qu'ils supervisaient un étudiant, écrivent même des articles ensemble. »
Malgré l'enthousiasme de plusieurs pour la recherche interdisciplinaire menée en collaboration, d'autres se demandent si cette approche a favorisé les progrès et les réussites en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Le débat se réduit probablement aux définitions : si la « réussite » est mesurée seulement sous l'angle de la bibliométrie, alors compte tenu des difficultés inhérentes au travail multidisciplinaire, il pourrait y avoir peu d'amélioration à court terme. Si la « réussite » signifie avoir un impact réel sur la santé de la population canadienne, il est alors difficile de voir comment il peut y avoir des réussites pour l'IMII sans la participation de diverses disciplines au moment où les nouveautés issues des découvertes biomédicales, qu'il s'agisse de technologies, de produits ou de pratiques cliniques, sont mises en oeuvre dans les systèmes de santé publique et de soins de santé. Les chercheurs de l'IMII qui ont fait le virage et travaillent maintenant en équipes multidisciplinaires se disent stupéfaits de constater à quel point la recherche menée en équipe est plus efficace et novatrice pour étudier des questions de santé complexes et mener à des percées, que la production de résultats supplémentaires. Toutefois, ils reconnaissent aussi qu'il faut consacrer plus de temps et d'efforts pour que l'équipe travaille bien. Il se pourrait qu'une évaluation à long terme de la recherche en équipe révèle que la quantité de publications ait été sacrifiée au profit de la qualité.
De plus, quelques répondants ont fait remarquer que même si les bailleurs de fonds comme l'IMII donnent la priorité à la recherche en équipe, les structures d'examen des demandes ne le font pas : « le principal critère qui sert à m'évaluer est de savoir dans quelle mesure je suis capable de m'établir en tant que chercheur indépendant ». Il n'est donc pas étonnant de constater que l'âge moyen des chercheurs qui reçoivent une première subvention stratégique dépasse d'environ cinq ans l'âge moyen des chercheurs qui obtiennent une subvention dans le cadre d'un concours ouvert14, cela donne à penser que les jeunes chercheurs établissent effectivement leurs compétences en tant que « chercheur indépendant » avant de se lancer en recherche stratégique. Tant que les efforts et les réussites d'une équipe et d'un milieu multidisciplinaire ne seront pas évalués adéquatement par les universitaires et les pairs examinateurs, les tentatives de l'IMII pour encourager la collaboration seront compromises.
Mariage forcé, divorce imminent?
La plupart des répondants sont heureux des relations qu'ils ont établies avec des gens qu'ils n'auraient jamais rencontrés autrement.
« Je ne crois pas aux mariages forcés, mais nous devons les rendre possibles lorsque la science l'exige et même insister un peu. Les subventions d'équipe encouragent les chercheurs à voir grand et à avoir moins peur du risque. »
Toutefois, pour certains, les équipes ne sont pas une panacée universelle : le personnel de l'IMII rappelle l'importance d'évaluer au cas par cas, les besoins en recherche pour chaque problème.
Même si la plupart des opinions étaient favorables, un répondant était d'avis que l'Initiative sur la salubrité des aliments et de l'eau (ISAE), par exemple, n'a pas été efficace parce qu'elle ciblait des personnes qui n'avaient jamais travaillé ensemble auparavant et déclarait ce qui suit : « Sauf une exception, ces équipes n'ont pas duré, il vaut mieux cibler des gens qui ont déjà travaillé ensemble ». Toutefois, les renseignements laissent entendre que les nouvelles équipes de l'ISAE sont plutôt efficaces : à la figure 2-1, chaque ligne représente une publication rédigée conjointement par des membres de l'équipe, avant et après l'obtention du financement de l'ISAE15.
Il est évident que le financement accordé dans le cadre de l'ISAE a permis d'accroître les publications conjointes entre les membres de l'équipe, tant dans des domaines touchant directement le sujet de l'ISAE que dans d'autres domaines. De plus, les équipes financées déclarent travailler actuellement à la rédaction d'autres articles, donc les liens de rédaction conjointe continueront d'augmenter et dépasseront ceux qui sont illustrés ici. À des fins de comparaison, nous avons aussi examiné d'autres équipes de recherche financées dans le cadre d'autres initiatives de l'IMII (Annexe A/C).
Figure 2-1 Publications rédigées conjointement par des membres des équipes financées dans le cadre de l'ISAE. Chaque ligne représente une publication conjointe, chaque couleur, une équipe différente16.

« Un des grands avantages des subventions de l'ISAE est de créer un milieu en travaillant avec des gens que nous n'aurions jamais rencontrés autrement. Nous avons réuni 6 intervenants du gouvernement, des provinces, du milieu universitaire et de l'industrie pour discuter de problèmes et arriver à une stratégie. La même chose sest produite lors de l'Initiative de recherche sur de nouvelles solutions de rechange aux antibiotiques. »
Équipes – quelle est la place de la science?
« L'IMII encourage réellement la recherche translationnelle et les partenariats nationaux: cela est vraiment encourageant. Les chercheurs se sont rendu compte qu'ils pouvaient accélérer le rythme de la découverte et du développement. »
Pour la plupart des répondants, les équipes trouvent de grandes réponses à de grandes questions : « la science change de paradigme » il ne s'agit plus d'additionner simplement des connaissances supplémentaires générées par les mêmes experts travaillant dans des laboratoires individuels. « Les enjeux de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires sont trop complexes pour être résolus par un seul chercheur. Pour s'occuper de ces enjeux, il faut plusieurs disciplines ». L'IMII s'efforce aussi d'encourager les collaborations internationales, « là où ça se passe ». En outre, « plus les questions sont ciblées, plus il est possible d'appliquer les résultats de la recherche », surtout lorsque les équipes font appel aux utilisateurs du savoir et à des créateurs.
Encourager le risque et l'innovation
« Le risque, qui implique une possibilité déchec, vous empêche d'obtenir du financement. »
Chez tous les répondants qui ont abordé le sujet, on constate une inquiétude importante : la peur du risque au sein des comités d'examen par les pairs qui sont les gardiens du financement accordé dans le cadre de concours ouverts de subventions. Des employés des IRSC sont aussi de cet avis : « Oui, absolument, les chercheurs n'incluent pas d'éléments de risque dans leur demande. Ils doivent démontrer que le principe est validé, et cela signifie que le projet doit être réalisé dans une proportion de 40 à 60 % lorsqu'ils font une demande ». Cependant, des employés de l'IMII sont d'avis que « même si les chercheurs hésitent en général à présenter des demandes à risques élevés, les initiatives stratégiques créent une avenue pour ce genre de demandes ». Les chercheurs sont d'accord : « elles m'ont permis de d'étudier des questions pour lesquelles je n'aurais pu avoir aucun autre financement. Les examinateurs doivent être ouverts à des idées qui n'ont pas fait l'objet de recherche depuis 20 ans ».
L'autre aspect de l'innovation est technique. Au cours des huit dernières années, les répondants ont observé de nombreux changements dans les approches de recherche, notamment l'adoption très répandue des « champs d'étude en omique ». Toutefois, seulement quelques répondants considèrent que l'IMII a quelque chose à voir avec ces changements, alors que d'autres sont d'avis que l'Institut pourrait gérer plus activement l'adoption de ces nouvelles approches par le milieu de la recherche.
Sommaire
Les commentaires des principaux répondants à notre sondage sont tout à l'opposé des inquiétudes supposément répandues chez les chercheurs en santé au sujet de la qualité de la recherche entreprise dans le cadre des appels de demandes. De l'avis des personnes qui participent à l'une ou l'autre des étapes des projets financés dans le cadre des initiatives de recherche stratégique de l'IMII, ces projets : i) mobilisent de nouvelles équipes multidisciplinaires; ii) permettent d'approfondir des questions multidimensionnelles à l'échelle nationale et internationale; iii) accroissent le goût de prendre des risques et, conséquemment, les possibilités d'innover et de réaliser des percées; (iv) donnent un élan à la mise en application des résultats. Par conséquent, la question soulevée par les répondants n'est pas de savoir si les initiatives stratégiques ont une valeur, mais plutôt si elles deviendront la principale source de recherche novatrice à l'avenir. La présente évaluation donne une idée de l'impact remarquable de l'IMII sur la culture du milieu de la recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires.
L'impact majeur de l'IMII sur la « façon de faire de la recherche » a été d'appuyer et d'accroître la recherche multidisciplinaire menée en collaboration dans le milieu de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Bien qu'elles en soient encore à leurs débuts, ces collaborations sont généralement réelles et durables et donnent des résultats. En invitant des chefs de file en recherche, une large portion du milieu de la recherche, ainsi que divers intervenants et partenaires concernés à participer à l'établissement de programmes et à la conception d'initiatives, l'IMII a réussi à faire en sorte que la recherche stratégique en équipe est non seulement acceptable, mais tout à fait novatrice.
3. Changements : qui fait la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
Élargir la portée du programme de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
Malgré des augmentations de budget importantes, les taux de succès aux concours ouverts de subventions de fonctionnement des IRSC n'ont jamais été aussi bas, amenant même de solides partisans de l'IMII, dans le secteur biomédical, à craindre que le financement soit grandement dilué en raison de l'expansion vers de nouveaux secteurs. Toutefois, presque 90 % des fonds provenant de l'IMII sont destinés à la recherche biomédicale, et plus de 95 % du financement pour la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires vient des concours de subventions ouverts, il n'y a aucune preuve corroborant l'opinion selon laquelle un changement dans le financement désavantage la recherche biomédicale.
Depuis 2000-2001, le nombre de chercheurs s'affiliant à l'IMII au moment de leur demande a quadruplé (Annexe A/D), (comparativement à une augmentation de ~2, 6 fois pour l'ensemble des IRSC), presque 90 % de ces chercheurs déclarent que leurs travaux sont de nature biomédicale (Fig. 3-1). Le nombre et la proportion des projets de recherche sur les services de santé et des projets traitant des déterminants sociaux, culturels et environnementaux de la santé ont augmenté (Annexe A-E), mais ces projets constituent une infime portion des activités de l'IMII.
En recherche clinique, le nombre de projets a augmenté, mais la proportion est demeurée la même. Selon une étude récente réalisée à l'aide de la base de données publique des IRSC17, « le nombre de spécialistes en recherche clinique financés par les IRSC est dangereusement bas », et s'appuyant sur des définitions identiques, l'auteur de cette étude affirme que la proportion de spécialistes en recherche clinique financés par les IRSC est plus faible que celle des NIH. Cette étude a permis de recenser seulement 62 chercheurs principaux affiliés avec l'IMII qui travaillaient en recherche clinique entre 1999-2000 et 2006-2007.
Par contre, avec les subventions accordées dans le cadre des initiatives stratégiques de l'IMII, l'Institut a maintenant un portefeuille contenant une plus grande proportion (environ 35 %) des travaux de recherche classés dans les trois thèmes non biomédicaux (Fig. 3-1, extrême droite). Cette différence reflète sans doute les nombreuses menaces réelles pour la santé que l'IMII s'est employé à résoudre au moyen d'initiatives stratégiques, et démontre clairement que l'IMII élargit son champ d'action lorsqu'il a l'influence pour le faire. Ironiquement, la visibilité de ces initiatives, petites, mais très médiatisées, peut alimenter le mythe selon lequel il y a un changement considérable dans le financement de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires.
Figure 3-1 Travaux de recherche affiliés à l'IMII et travaux de recherche affiliés à des initiatives stratégiques de l'IMII, classés par thème. (Source : base de données des IRSC sur le site Web)

Possibilités pour les nouveaux chercheurs
Le renforcement des capacités est un des principaux critères sur lequel certains se basent pour évaluer négativement la valeur de la recherche stratégique. Certains répondants attribuent les faibles taux de succès aux concours ouverts de bourses et de subventions des IRSC à la réaffectation des fonds à la recherche stratégique, et la majorité des répondants attribuent les faibles taux de succès au manque de possibilités pour les nouveaux chercheurs d'établir leur réputation en recherche. Cependant, le renforcement des capacités est une priorité importante pour les IRSC et l'IMII, et les deux ont beaucoup investi pour le renforcement des capacités dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires. La figure 3-2 montre la croissance des investissements pour les bourses de stagiaires, les bourses de recherche et les bourses de nouveaux chercheurs, en plus des subventions prévues spécialement pour les nouveaux chercheurs. Dans l'ensemble, l'IMII investit 29 % de son budget stratégique dans ces programmes de renforcement des capacités; la proportion étant aussi élevée que 47 % en 2003‑2004.
Depuis 2000, deux cent huit (208) chercheurs ont reçu un soutien salarial des IRSC au début de leur carrière de chercheurs indépendants, cela inclut les Chaires de recherche du Canada de niveau 2 (Annexe A/F). Le soutien des IRSC, dans le cadre des bourses de nouveaux chercheurs, se fait principalement au moyen d'une expansion du concours ouvert et de diverses initiatives de l'IMII et d'autres instituts. Les bourses de l'IMII et des IRSC montrent un plus grand équilibre entre les thèmes, 22 % étant destinées aux thèmes 2, 3 et 4 (Annexe A/G). La distribution, en fonction des thèmes, des bourses de nouveaux chercheurs est moins lourdement orientée vers la recherche biomédicale que la distribution des subventions pour la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires (Figure 3-2), ce qui donne à penser qu'avec le temps, la distribution des subventions sera plus équilibrée entre les quatre thèmes.
Figure 3-2 Investissements en capacité de recherche. (Source : données sur le financement fournies par le personnel de l'IMII en mai 2008)

L'IMII a organisé plusieurs forums pour les nouveaux chercheurs. Les trois quarts des participants du forum [de 2007], se disent « plus enclins à s'intéresser ou à participer à la recherche interdisciplinaire tandis qu'un peu plus de la moitié planifient de nouvelles collaborations de recherche grâce aux liens qu'ils ont créés au forum »18. Les répondants de notre sondage sont aussi de cet avis.
« Des relations durables ont été établies lors du forum : je suis co-chercheur avec des personnes que j'y ai rencontrées (deux subventions de recherche). Nous nous invitons mutuellement à faire des exposés et cela est très important pour nos carrières respectives. »
Il est intéressant de constater que les répondants ayant un point de comparaison, notamment les jeunes chercheurs qui connaissent la situation aux États-Unis, trouvent qu'il y a beaucoup moins d'obstacles au financement au Canada qu'aux États-Unis. « Les IRSC sont l'organisme de financement le plus équitable des pays occidentaux, et ils aident vraiment les nouveaux chercheurs – j'ai des amis aux États-Unis qui ont vraiment du mal à démarrer leur carrière. »
Les inquiétudes concernant les jeunes chercheurs sont renforcées par un récent rapport préparé pour l'IMII : « l'âge moyen des chercheurs recevant une bourse salariale pour nouveau chercheur, vraisemblablement un groupe de chercheurs débutants hautement qualifiés, est de 36 ans… ». Pourtant, l'âge moyen pour recevoir une première subvention des IRSC est de 41 ans, ce qui donne à penser qu'il n'est pas facile d'obtenir une première subvention pour les chercheurs débutants ».14 Ce rapport mentionne aussi que les taux de succès aux concours ouverts de subventions sont moins élevés chez les chercheurs débutants que chez les chercheurs qui en sont à d'autres étapes de leur carrière.
À l'exception des voies de financement de la recherche sur le VIH/sida et l'hépatite C, l'IMII n'a pas beaucoup utilisé son budget stratégique pour appuyer les bourses de personnel pour les nouveaux chercheurs, mais il a joué un rôle important pour les aider à obtenir des subventions de fonctionnement au début de leur carrière grâce aux Subventions aux nouveaux chercheurs pour des projets pilotes dans les domaines prioritaires de l'IMII19. Selon les répondants, ces subventions ont constitué un soutien valable pour la carrière des chercheurs, et cette opinion est corroborée par notre analyse des réalisations subséquentes des chercheurs qui ont reçu ces subventions (Annexe A/H).
Presque tous les nouveaux chercheurs boursiers dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires reçoivent une forme de financement; par contre, les femmes nouvelles chercheuses ont beaucoup plus tendance à obtenir du financement de sources autres que les IRSC. Les nouveaux chercheurs qui ont reçu de l'IMII des subventions pour des projets pilotes ont plus de chances d'obtenir d'autre financement des IRSC. Ces nouveaux chercheurs qui reçoivent actuellement du financement des IRSC bénéficient d'un financement qui dépasse le financement total moyen des IRSC pour les subventions, pour certains de ces chercheurs, la fourchette de ce financement est <1 million de dollars (Annexe A/H).
De plus, les répondants accueillent favorablement la décision de l'IMII d'offrir 1,6 million de dollars en financement provisoire d'un an pour appuyer des projets qui ont obtenu une note élevée sans toutefois atteindre le seuil de financement aux concours ouverts de subventions des IRSC. Près de la moitié de ces subventions ont été accordées à de jeunes chercheurs, et presque tous les bénéficiaires ont par la suite participé à des concours des IRSC et obtenu du financement sous forme de subventions de fonctionnement réparties sur plusieurs années, totalisant 9,3 millions de dollars, un effet de levier important pour les fonds de l'IMII.
Former un nouveau type de stagiaires
« L'impact est difficile à quantifier, mais il est réel. Les gens que les stagiaires côtoient maintenant seront des leaders d'ici 10 ou 15 ans, ils se connaîtront et travailleront encore ensemble. Leur façon de voir sera plus large et plus interdisciplinaire que celle de leurs prédécesseurs. Ils ne seront pas seulement une machine de recherche bien rodée pouvant très bien faire une seule chose. »
Les répondants sont d'avis que l'Initiative stratégique pour la formation en recherche dans le domaine de la santé (ISFRS) des IRSC apporte des changements importants dans les milieux de formation concernés, tant pour les mentors que pour les stagiaires. Une composante clé de l'ISFRS est que « les étudiants passent du temps dans les laboratoires d'autres collaborateurs, au lieu de toujours être dans le vôtre – c'est une expérience extraordinaire ». Voici ce qu'en pense un étudiant : « Avant, je connaissais uniquement le type de recherche que nous faisons ici. Maintenant, j'essaie de voir comment les recherches des uns influent sur les travaux des autres ». « Grâce à l'ISFRS, nous formons des scientifiques très différents. » Un spécialiste en sciences sociales étudie l'expression génique. Un stagiaire en biostatistique déclare avoir vécu, en milieu clinique, « une expérience qui a changé ma vie – maintenant, je sais ce que cela signifie. Je connais ces gènes; ils ont un visage, un nom, une histoire ». Un des leaders de l'ISFRS a fait le commentaire suivant sur les limites de la formation supérieure traditionnelle : « de 30 à 80 % des stagiaires vont travailler ailleurs qu'à l'université – alors pourquoi les formons-nous à notre image? » Les multiples expériences et influences auxquelles les stagiaires sont exposés dans le cadre d'une ISFRS bien menée préparent la majorité d'entre eux à des carrières à l'extérieur du milieu universitaire.
Renforcer les capacités dans les nouveaux secteurs
« Avant les IRSC, la recherche sur le VIH était en difficulté; nous étions en retard d'une décennie par rapport à la plupart des autres pays. Nous avons maintenant de nombreux chefs de file mondiaux, tant en recherche fondamentale que dans le domaine de la prestation des soins de santé. »
Un répondant a fait remarquer que « les subventions de fonctionnement sont efficaces uniquement dans des domaines établis ». L'IMII a eu recours à diverses stratégies pour renforcer les capacités dans les nouveaux domaines et attirer des chercheurs établis vers de nouveaux sujets. Comme il est mentionné dans le premier chapitre, l'argent oriente la curiosité. Des investissements importants pour la recherche sur le VIH/sida et la grippe pandémique ont attiré du monde dans ces domaines : « On comptait trois chercheurs, maintenant tout le monde fait de la recherche sur la grippe (certains répondants ont même ajouté)... du moins, jusqu'à l'épuisement des fonds ».
Nous avons découvert que le nombre de chercheurs financés par les IRSC dans le domaine du VIH/sida a plus que triplé au cours des sept dernières années (Annexe A/I). Même si, auparavant, le milieu de la recherche sur le VIH n'était pas suffisamment important pour établir une ISFRS, trois demandes ont été présentées dans le cadre du concours actuel de l'ISFRS. Allant de pair avec l'augmentation des subventions et du nombre de chercheurs principaux, les publications sur le VIH/sida ont aussi augmenté.20
Le Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida, qui est conseillé par un comité directeur constitué de nombreux représentants d'organismes communautaires, rompt avec le mode universitaire traditionnel en ce qui a trait au renforcement des capacités. Ce programme met l'accent sur le renforcement des capacités de recherche au sein des organismes de services communautaires, le financement d'ateliers pour de tels organismes et le recours à des facilitateurs de recherche communautaires qui travaillent avec des organismes de leur région pour développer une capacité de recherche grâce à la formation et à l'établissement de contacts avec des collègues chercheurs dans les milieux universitaires et gouvernementaux. Ce programme fait actuellement l'objet d'une évaluation ailleurs.
Le nombre de chercheurs principaux ayant obtenu des subventions dans le domaine de la grippe est passé de 15 à 105 au cours de la même période, et similairement, « PrioNet Canada a réellement pris de l'expansion grâce au soutien des IRSC et de l'IMII. Nous sommes passés de trois chercheurs dans le domaine des prions (bone-fide prion) à 63 chercheurs s'intéressant à divers aspects de la science des prions. Il ne s'agit pas uniquement de chercheurs dans le domaine biomédical, mais de spécialistes de plusieurs disciplines, notamment des spécialistes en sciences sociales et des économistes ».
Offrir des fonds de recherche attire certainement des chercheurs, mais ultimement dans les secteurs vraiment nouveaux, un investissement important dans les interventions de soutien par le personnel des IRSC pourrait être nécessaire. « Dans l'ISAE, nous avons pu appuyer les meilleures propositions de recherche jusqu'à la fin, mais cela exige trop de ressources pour être maintenu ». Nous avons demandé aux répondants si ce soutien interventionniste, si différent de l'approche du CRM, était efficace. « Oui, tout à fait! C'est une excellente façon de renforcer les capacités. Si vous vous engagez réellement dans une initiative stratégique, vous devez rassembler des gens et faire ce genre d'effort ».
Les riches deviennent-ils plus riches?
« Il semble que quelques superstars aient consolidé leur position en tant que chefs d'équipe, et que les jeunes doivent travailler très fort. Les chercheurs qui étaient déjà au faîte de leur carrière lors de la création des IRSC ont consolidé leur position – ils sont comme les magasins à grande surface qui envahissent le marché et laissent peu de place aux nouveaux acteurs. Il y a beaucoup d'étoiles montantes, mais je ne vois pas comment elles peuvent prendre leur place. »
De nombreux répondants s'entendaient pour affirmer que « l'IMII n'a pas nécessairement attiré plus de chercheurs – ce sont tous les mêmes ». Certains voyaient les initiatives stratégiques comme la solution, alors que d'autres pensent qu'elles font aussi partie du problème. « L'inconvénient des initiatives stratégiques, c'est que les chercheurs doivent montrer qu'ils peuvent atteindre les buts qu'ils ont fixés; par conséquent, les chercheurs qui ont déjà du succès ont encore plus de succès. » Il est nécessaire de mettre davantage l'accent sur la participation de nouveaux collaborateurs et de nouveaux chercheurs au sein des équipes, « sinon on continuera de consolider des équipes qui ont déjà du succès plutôt que de renforcer de nouvelles capacités ».
Ces inquiétudes souvent mentionnées nous ont amenés à faire enquête sur le problème de « l'enrichissement des riches » résultant de l'augmentation du budget des IRSC et de l'IMII. Nous avons déjà montré l'augmentation du nombre de chercheurs principaux s'affiliant à l'IMII, et à la recherche sur le VIH/sida en particulier, ce qui indique que des nouveaux venus en recherche dans les domaines des maladies infectieuses et immunitaires et du VIH ont pu obtenir du financement des IRSC. En ce qui concerne les établissements, il y en a maintenant 85 qui reçoivent du financement des IRSC pour faire de la recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires, comparativement à 54 en 2000-2001; nous n'avons trouvé aucune preuve indiquant que le financement des grands établissements avait augmenté plus rapidement que celui des petits établissements (Annexe A/J). Finalement, en ce qui concerne les personnes, nous avons comparé les chercheurs principaux « riches » à un groupe de chercheurs pris au hasard, nous n'avons trouvé aucune preuve à partir de cet échantillon (dont la taille était limitée, nous en convenons) selon laquelle les riches deviennent relativement plus riches (Annexe A/K).
Sommaire
Le grand changement depuis 2000 quant à savoir qui fait de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires a été d'attirer et de retenir de nouveaux chercheurs dans ce domaine. Cela résulte des augmentations générales de financement des IRSC et des partenariats, ainsi que d'une stratégie délibérée de l'IMII dans le domaine du VIH/sida.
Le principal impact de l'IMII a été d'aider ces nouveaux chercheurs à s'établir grâce aux moyens suivants : a) financement dans le cadre de subventions ciblant les nouveaux chercheurs, subventions aux nouveaux chercheurs pour des projets pilotes et, dans une moindre mesure, financement provisoire; b) forums pour les nouveaux chercheurs. Il est peu probable que ces ressources aient été offertes par l'entremise du CRM.
De nombreux répondants étaient d'avis que les programmes entrepris dans le cadre de l'ISFRS et financés par l'IMII avaient déjà un impact considérable sur l'interdisciplinarité des chercheurs principaux et des stagiaires travaillant ensemble, et ils s'attendaient à des effets plus importants lorsque les diplômés de ces programmes de formation sont entrés dans le milieu de la recherche.
Un important soutien du personnel peut réellement aider les nouvelles équipes à travailler ensemble et à mettre au point des programmes de recherche dans des secteurs nouveaux; toutefois, la capacité de l'IMII pour offrir un tel soutien est limitée.
Enfin, nous avons été frappés par le nombre de divergences entre la perception et la réalité, fondées sur les faibles taux de succès aux concours ouverts de subventions et bourses. Les jeunes chercheurs dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires qui reçoivent des bourses de nouveaux chercheurs des IRSC réussissent à obtenir des fonds de fonctionnement. Les chercheurs établis ont raisonnablement augmenté leur financement en profitant des augmentations de budget des IRSC, non en évinçant les nouveaux chercheurs dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires.
4. Changements dans les mécanismes de financement de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires au Canada
La population canadienne sait que des maladies hautement infectieuses se répandent rapidement dans le monde. Avec le changement climatique, des maladies que l'on croyait éliminées dans les pays développés réapparaissent. La résistance aux antimicrobiens augmente, et pas seulement dans les établissements de soins de santé. On assiste actuellement à un virage, au sein des gouvernements et probablement aussi du financement : l'intérêt passe des maladies chroniques aux maladies infectieuses ainsi qu'aux défenses humaines contre ces dernières, et on met l'accent sur des domaines jugés auparavant moins prestigieux comme la salubrité des aliments et de l'eau, la grippe aviaire, les vaccins, les antibiotiques, les antiviraux et le développement de l'immunothérapie. Ce virage est particulièrement accéléré aux États-Unis où l'on craint le bioterrorisme.
« C'est triste à dire, mais les maladies infectieuses, c'est la réalité de demain – avec la mondialisation, les choses vont empirer. Si le gouvernement veut vraiment préserver la santé de la population, il doit renforcer l'IMII et le financement de l'IMII pour la recherche. »
Le Canada est de plus en plus conscient des coûts de ces risques pour la santé publique ; par exemple, on avait prévu que l'éclosion limitée du SRAS en 2003 réduirait le PIB de 1,5 milliard de dollars21. Bien que l'investissement des IRSC en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires soit assez proportionnel au fardeau économique des maladies infectieuses dans le passé (Annexe A/L), il n'est pas approprié d'aborder les futurs fardeaux de la même manière. Si l'on extrapole à partir d'un rapport de la Colombie-Britannique22, le coût, à l'échelle nationale, d'une pandémie de grippe aviaire pourrait dépasser 50 milliards de dollars.
Les budgets des IRSC et de l'IMII
Au sens large, le budget pour la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires est passé de 25 % à 34 % du budget de base des IRSC au cours de la période 2000‑200823 (Figure 4-1, comparez les losanges et les carrés). Toutefois, le financement discrétionnaire de l'Institut représente un petit pourcentage (3,7 %) de ce montant, ce qui soulève des questions quant à l'impact que peut avoir l'IMII sur l'ensemble de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires et sur les résultats de celle-ci.
Jusqu'à maintenant, on a affecté le même budget annuel aux 13 instituts, soit 8,5 millions de dollars afin de promouvoir la collaboration et la coopération, plutôt que la compétition, entre ces derniers. De nombreux répondants sont d'avis que l'influence et l'impact de l'Institut sont limités par son budget et que la viabilité de ses initiatives est aussi entravée : « les budgets de l'Institut devraient être proportionnels à la taille de son milieu de recherche, et non répartis également comme c'est le cas au Canada ».
Malgré les augmentations importantes au budget des IRSC, illustrées à la figure 4-1, les taux de succès aux concours ouverts de subventions des IRSC n'ont cessé de chuter depuis l'existence des IRSC (Tableau 4-1), parce qu'il y a eu une augmentation compensatoire dans le nombre de demandes ainsi qu'une augmentation de la valeur des subventions individuelles. Il n'est donc pas étonnant que de nombreux chercheurs aient exprimé leur satisfaction en regard du financement provisoire offert par l'IMII pour les demandes de financement dont la note était à la limite. Nous avons aussi recueilli de nombreux commentaires positifs au sujet des efforts de l'IMII pour faciliter l'accès à des possibilités internationales, comme les défis mondiaux de la Fondation Bill-et-Melinda Gates ainsi que les partenariats Canada-Allemagne et Canada-Royaume-Uni. Ces initiatives touchent de petits nombres de chercheurs, mais elles jouent un rôle déterminant pour aider le Canada à devenir un acteur important à l'échelle internationale.
« Le fait que le budget des IRSC ait triplé constitue l'impact le plus notable. Tout changement à la réputation des IRSC ne peut être dissocié de cette augmentation considérable. »
Certains ont fait remarquer que la politisation accrue de la science, particulièrement en ce qui touche l'allocation des fonds de recherche, était peut-être un effet inévitable de l'augmentation des budgets, de la conscientisation du public et de la consultation. Même si tous conviennent que le VIH/sida est un domaine de recherche important qui nécessite un financement considérable, il y a d'autres programmes portant aussi sur des maladies très dévastatrices, mais moins « politisées » qui ne réussissent pas si bien. Par exemple, le règlement final pour les personnes qui ont contracté l'hépatite C après avoir reçu une transfusion s'est terminé en juillet 200624, après quoi l'Initiative de recherche sur l'hépatite C menée conjointement par l'ASPC et les IRSC n'a pas été renouvelée malgré qu'une évaluation subséquente de son efficacité se soit révélée positive25. En général, les commentaires étaient élogieux sur la façon dont le directeur scientifique a géré les pressions politiques exercées sur l'Institut.
Figure 4-1 Dépenses des IRSC et de l'IMII pour la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires, en milliers de dollars (Source : banque de données des IRSC et données de l'IMII)

| Tableau 4-1 Concours ouverts de subventions de fonctionnement des IRSC | exercice financier 2000-2001 |
exercice financier 2006-2007 |
| Nombre de demandes |
2379 | 3894 |
| Nombre de demandes financées |
800 | 846 |
| Valeur moyenne de la subvention |
80 000 $ | 130 000 $* |
| Taux de succès, demandes affiliées à l'IMII | 45 % | 22 % |
| Taux de succès, candidats présentant une première demande affiliée à l'IMII | 30 % | 18 % |
*dernier concours (septembre 2008), renseignements tirés de la référence 14
Affectation des fonds de recherche
Le plus grand changement dans le financement de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires réside dans la façon l'IMII fait intervenir ses partenaires et les intervenants à toutes les étapes de la planification de la recherche, et ce, de l'établissement des priorités générales à l'évaluation de programmes particuliers (Figure 4-2). Ce qui était une pratique peu courante pour le CRM est maintenant la norme pour l'IMII. En travaillant avec des partenaires à plusieurs étapes du cycle de vie, l'IMII adopte l'une des tendances clés prévues pour la science du 21e siècle : la réalisation de recherche fiable et « socialement bonne ».26
Figure 4-2 Étapes au cours du cycle de vie d'une initiative stratégique où les partenaires et les intervenants peuvent être appelés à participer aux décisions de l'IMII

Impact sur les autres sources de financement
Les IRSC attirent de plus en plus de partenaires. Les contributions des partenaires à des initiatives de recherche conjointes avec les IRSC ont doublé; elles étaient de 52 millions de dollars en 1999-2000 et elles sont passées à au moins 107 millions de dollars en 2005-2006 (Annexe A/M), alors que le nombre de partenaires a augmenté de cinq fois; de 48 qu'il était en 2000-2001, il est passé à 256 en 2005-200627. D'autres bailleurs de fonds voient généralement d'un bon oeil les nouveaux IRSC et apprécient leur budget accru. Alors que les bailleurs de fonds de la recherche avaient toujours cherché à maximiser la valeur de leurs investissements dans le contexte du financement du CRM, ils repensent de plus en plus aux priorités et aux valeurs fondamentales, en réponse à la gestion plus proactive de la recherche en santé au Canada par les IRSC.
« Les IRSC sont respectés. Lorsque les instituts disent que c'est important, que cela doit être financé ou qu'il faut faire quelque chose on les écoute. »
De nombreux bailleurs de fonds voient les IRSC comme un modèle et un leader au sein du gouvernement. Certains ont adopté la terminologie des IRSC, d'autres ont élargi leur propre mandat en rapport avec celui des IRSC, « parce qu'il y des changements dans le genre de questions posées et le niveau d'intérêt pour la recherche sur la santé de la population et les services de santé » ou « parce qu'ayant constaté le succès des IRSC, les chercheurs au Canada seraient maintenant plus ouverts à une approche multidisciplinaire ». Certains utilisent les modèles de partenariat de l'IMII ou ses approches en matière de consultation pour leurs propres activités. Pour certains bailleurs de fonds, les IRSC sont « une source d'expertise et de connaissances à laquelle ils vont puiser » lorsqu'ils planifient de nouvelles stratégies ou initiatives, et certains aimeraient trouver des moyens plus efficaces de faire participer les IRSC et l'IMII à leurs propres programmes – et non seulement contribuer au programme de l'IMII.
De nombreux bailleurs de fonds mettent maintenant davantage l'accent sur « le soutien apporté aux chercheurs afin de les amener au niveau où ils pourront obtenir du financement des IRSC », ou tentent de voir comment avec « leurs moyens limités ils peuvent aider les chercheurs en leur accordant des subventions de démarrage ou en étant un catalyseur qui les aide à préparer une demande de financement aux IRSC ou aux NIH ». D'autres bailleurs de fonds « non traditionnels » ont rencontré des chercheurs dans le cadre d'activités parrainées par l'IMII et ont établi des liens solides : « Je connais au moins deux cas où des demandes soumises à l'IMII n'ont pas été financées par l'Institut, mais par un partenaire auparavant inconnu du chercheur ».
« Je pense que la subvention de l'ISAE a été un exercice en vue du RCE PrioNet. Il ny aurait pas eu de RCE ou du moins cela aurait été beaucoup plus difficile ou aurait donné lieu à un RCE divisé sans cet exercice. »
L'IMII favorise les collaborations naissantes en donnant aux chercheurs les moyens d'obtenir du financement important, ce rôle de catalyseur est bien illustré dans le Programme des Réseaux de centres d'excellence (RCE). Même s'il serait exagéré de dire que les interventions de l'IMII ont mené directement à la création des nouveaux RCE, les personnes qui ont participé à PrioNet Canada et à AllerGen s'entendent pour dire que l'IMII a facilité la formation de ces réseaux et a aidé à élaborer des programmes de recherche cohérents qui ont pu obtenir 60 millions de dollars en nouveau financement. La relation entre l'IMII et le programme des RCE a aussi fonctionné à l'inverse : en juin 2005, lorsqu'il a été décidé de ne pas renouveler le financement de CANVAC (Réseau canadien pour l'élaboration de vaccins et d'immunothérapies), l'IMII a été chargé de renforcer la capacité de recherche dans le domaine des vaccins au Canada.
Sommaire
Les investissements des IRSC en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires ont augmenté plus rapidement que leur budget global, à juste titre, puisque depuis 2000, nous sommes de plus en plus conscients de la vulnérabilité du Canada face aux maladies infectieuses et de la nécessité de renforcer les moyens de protéger la santé des personnes et la santé publique. Toutefois, les investissements stratégiques de l'IMII étant relégués à l'arrière plan par 96 % du financement consacré à la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires dans le cadre de concours ouverts, il est difficile de distinguer les effets de l'IMII de ceux des IRSC.
Compte tenu du budget limité de l'Institut, qui de l'avis de plusieurs devrait être augmenté, l'impact premier de l'IMII est attribuable à son rôle de catalyseur; en effet, l'Institut donne un coup d'envoi à des secteurs négligés, crée des possibilités internationales et fournit un financement limité afin de permettre à des travaux de recherche de haute qualité de se poursuivre lorsque les chercheurs doivent présenter une autre demande pour obtenir du financement à long terme.
La participation des partenaires financiers et des intervenants à l'établissement des priorités de recherche de l'Institut a eu un autre impact important. Cette façon de faire a eu de nombreux avantages pour les parties prenantes; les programmes de recherche réalisés en partenariat correspondent de plus en plus aux besoins réels et la mise en application des résultats est mieux assurée.
Pour leur part, les bailleurs de fonds se montrent à la hauteur du nouveau cadre de financement des IRSC et adaptent leurs propres priorités d'une multitude de façons, notamment en augmentant l'interdisciplinarité de leurs programmes de financement. L'IMII a pu mettre en contact des chercheurs avec des partenaires financiers compétents, et d'autres bailleurs de fonds ont aidé des chercheurs dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires à devenir plus compétitifs afin d'obtenir du financement important des IRSC ou d'autres sources. L'impact important de l'IMII sur les partenariats est exploré dans le prochain chapitre.
5. Changements dans les partenariats
En recherche en santé, les partenariats ont de nombreuses fonctions : ils font en sorte que le programme de recherche corresponde mieux aux personnes qui sont touchées par un problème particulier ou qui ont besoin de réponses pour faire face à ce problème. Les partenaires aident à concevoir des programmes et à choisir des projets qui ont plus de chances de mener aux résultats désirés, ils ont la capacité d'utiliser les résultats de la recherche et peuvent mettre les ressources en commun pour appuyer la recherche nouvelle à grande échelle, et ils s'appuient mutuellement.
« Aux É.-U., les NIH ont obtenu de petites augmentations de budget sur quatre ans alors que la National Science Foundation en a obtenu d'importantes. Lorsque le public et les législateurs demandent "que faites-vous pour nous?" La NSF répond qu'elle peut aider à faire face aux problèmes de sécurité alors que les NIH répondent qu'ils doivent conserver des taux de succès élevé. »
C'est pourquoi, les partenariats sont la pierre angulaire des IRSC. L'IMII est particulièrement reconnu pour le grand nombre d'intervenants qu'il intègre à toutes ses activités; le partenariat est essentiel au fonctionnement de l'Institut. Ainsi que le mentionnait un des employés des IRSC : « Nos programmes sont toujours réalisés en partenariat. Il faut beaucoup de négociation pour avoir un processus d'examen par les pairs qui convient à toutes les parties. Je ne considère pas cela comme un inconvénient, mais c'est certainement un défi! » Une des premières initiatives de l'IMII a été d'organiser le Forum du partenariat réunissant plus de 30 organisations partenaires possibles, pour discuter des principes à la base des bons partenariats.28 Les leçons tirées lors du Forum ont été si profitables à l'Institut qu'un employé de l'IMII a récemment été invité à prononcer une conférence à un forum national sur le partenariat29.
Un chef de file en matière de partenariats
« Le CRM n'était pas à l'écoute. »
Les répondants étaient d'abord et avant tout impressionnés par « la capacité bien connue de l'IMII de regrouper des partenaires, une capacité que n'avait pas le CRM ». L'IMII regroupe régulièrement des chercheurs, des décideurs, des praticiens ainsi que des représentants de gouvernements, de fondations et de l'industrie – des groupes qui n'avaient jamais eu de rôle à jouer avec le CRM – afin de travailler collectivement pour résoudre un problème de santé commun. Les répondants voient l'IMII comme un chef de file dans la mobilisation de partenaires, et certains croient que cette réputation a donné confiance à d'autres organismes fédéraux pour investir d'importants fonds de recherche dans l'IMII. L'Institut tire profit du savoir du directeur scientifique, un expert dans le domaine, et d'un personnel dévoué et rigoureux pour approfondir sa connaissance des priorités et des besoins des intervenants du milieu de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires – une connaissance dont la portée et la profondeur impressionnent toujours les partenaires potentiels.
L'IMII est à l'écoute, c'est l'avis que partagent les chercheurs et les partenaires. Par conséquent, les partenaires sont encouragés à conseiller l'Institut sur ses priorités de financement et ils considèrent l'IMII comme une source de financement possible pour les aider à réaliser leurs objectifs30.
Qu'est-ce qui attire les partenaires vers l'IMII?
Les répondants sont unanimes : l'IMII réussit très bien à établir des contacts avec des partenaires et à les faire participer à toutes ses activités; il faut reconnaître l'ouverture, la souplesse et la sensibilité du personnel de l'IMII.
- « Qu'est-ce qu'on peut faire pour aider? » telle est l'attitude de l'IMII, qui agit en conséquence en aidant les organismes gouvernementaux et les autres partenaires à atteindre leurs buts. « Maintenant, lorsque survient un problème de santé publique, on s'attend à ce que les IRSC, en finançant des travaux de recherche, fassent quelque chose pour protéger la population canadienne de cette menace. Ce n'était pas nécessairement le cas avec le CRM ».
- L'IMII a prouvé qu'il était capable d'établir des programmes de recherche fondés sur le consensus, même dans des domaines extrêmement divers ou pouvant être sources de discorde, par exemple, dans le cas du VIH/sida, « l'IMII a vraiment réussi à maintenir la paix dans ce dossier hautement politisé ». Les partenaires contribuent aux programmes pertinents et établis en temps opportun et profitent de ces programmes; et leur participation crée une interface intégrée entre les chercheurs et les utilisateurs, ce qui favorise l'application des connaissances.
- Il est reconnu que les employés de l'IMII travaillent fort pour les partenariats. Il est évident qu'ils ont « fait leurs devoirs avant de nous approcher » et qu'ils comprennent comment faire en sorte que chaque partenaire y trouve son compte. Ensuite, ils consacrent le temps nécessaire au succès du partenariat.
- Selon les partenaires, l'IMII désire qu'il y ait un contact entre les partenaires et le milieu de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires et favorise efficacement ce contact. « Le personnel de l'IMII connaît le milieu beaucoup mieux que nous; nous finançons des travaux de recherche dans ce domaine, mais nous ne connaissons pas bien les personnes, nous n'avons pas les contacts ». De plus, l'IMII a été proactif en informant et en mobilisant le milieu.
- L'IMII est apprécié pour sa souplesse, son ouverture et sa volonté de répondre aux besoins de ses partenaires et pour sa capacité d'intervenir rapidement. Les qualités de l'IMII ont été mises en évidence non seulement lors de son intervention remarquable en réponse à la menace du SRAS, mais aussi lors de sa participation au Consortium de recherche québécois sur le C. difficile : « dans les provinces, on a l'impression qu'il faut un nombre incalculable d'approbations des IRSC avant de pouvoir faire quelque chose, mais pas avec l'IMII – qui est intervenu très rapidement à l'échelle locale ». Un autre partenaire a déclaré : « nous ne faisons habituellement pas affaire avec le gouvernement fédéral, il faut faire des appels pendant des mois avant de trouver la bonne personne à qui parler. Mais, avec les IRSC, c'est très clair, j'ai parlé directement à Bhagi ». Un autre partenaire est de cet avis et déclare : « Au CRM, il n'y aurait pas eu une personne vers qui se tourner, ni même un mécanisme en place ».
- Le mandat de l'IMII inclut les principales priorités en matière de santé publique et a prouvé l'importance d'incorporer une composante recherche dans les activités de santé publique; d'autres organismes, notamment les organismes de réglementation, cherchent maintenant à accroître la recherche afin d'appuyer la prise de décisions.
- La science de niveau international nécessite de plus en plus d'équipes et de financement de niveau international; pour cela, il faut regrouper les ressources au sein et à l'extérieur du Canada. L'IMII joue un rôle important en regroupant des Canadiens pour cerner des créneaux de recherche et renforcer la présence canadienne, notamment dans le cadre du consortium international du microbiome humain, de la collaboration canadienne-allemande de recherche sur les maladies infectieuses, et de l'atelier Canada-Royaume-Uni intitulé Beating the Bugs, qui a eu lieu en février 2008. Les partenaires mentionnent aussi la nécessité de combiner les forces, de mettre en commun les ressources et de chercher les synergies.
En plus des points forts de l'IMII, les IRSC dans l'ensemble offrent des avantages attrayants pour les partenaires. Par exemple, ils peuvent travailler avec les provinces sans se préoccuper des disputes fédérales, provinciales ou territoriales en matière de soins de santé. Les IRSC offrent aussi un important mécanisme d'examen par les pairs bien établi et bien reconnu, qui réduit le double-emploi et assure un contrôle de la qualité apprécié de plusieurs partenaires puisqu'il légitime la recherche financée.
Principales leçons tirées des partenariats
Pour établir une relation fructueuse et profitable pour tous, il est essentiel de mobiliser les partenaires le plus tôt possible. « Il serait utile d'inclure les parties les plus intéressées dès le début, de les faire participer à la conception d'un projet plutôt que de leur demander ultérieurement s'ils veulent participer ». Plus l'IMII évoluait, plus il était en mesure d'organiser des discussions pour l'établissement des priorités et des échéanciers de planification d'initiatives. Il est important de noter que de telles consultations peuvent ralentir le lancement de nouvelles initiatives, un coût d'option qui pourrait être important lorsqu'il faut faire face à des menaces urgentes en matière de santé.
« Maintenez la communication. Je sais quil est difficile de traiter avec nous, les petits organismes caritatifs. Nous navons pas beaucoup de personnel et nous ne répondons pas toujours rapidement. Mais, continuez vos efforts de rapprochement, cest très important pour nous. »
Il est aussi difficile de maintenir des partenariats au-delà du financement d'une initiative particulière. Par exemple, lorsque le financement de l'ISAE a pris fin, le partenariat de parrainage des bailleurs de fonds et d'intervenants (Coalition canadienne pour la salubrité des aliments et de l'eau) a aussi cessé. Le maintien de la Coalition aurait été souhaitable afin de rapidement mettre en branle la recherche nécessaire pour faire face à des incidents qui révèlent des failles dans le domaine de la salubrité des aliments (par exemple le cas de la Listeria dans les charcuteries en 2008 et de la Salmonella dans le beurre d'arachides en 2009) et élaborer un programme de recherche proactif qui pourrait être appuyé au moyen des possibilités de financement habituelles. Il faudrait que l'IMII ait plus de personnel pour maintenir les partenariats existants et en établir de nouveaux. L'Institut doit s'efforcer de reconnaître les capacités et les compétences des partenaires et tirer parti de ces dernières, plutôt que d'établir, au sein des IRSC ou du milieu universitaire, une expertise qui existe déjà ailleurs, surtout dans des situations urgentes comme le SRAS – voilà un autre défi pour l'IMII.
Bureaucratie et coordination
« Nous avons préparé un document provisoire et accepté de nombreux changements, mais tout le temps consacré à trouver un langage commun a été ignoré. Finalement, nous n'avons jamais signé le protocole d'entente – l'appel de demandes a pris fin avant que ce ne soit fait. »
De nombreux partenaires ont exprimé des inquiétudes face au fait que des projets de partenariat, qui convenaient tout à fait à l'IMII, tombaient à l'eau lorsque les documents provisoires étaient envoyés au siège social des IRSC, qualifié « d'extrêmement bureaucratique ». D'autres trouvent que les IRSC sont excessivement rigides, car ils insistent pour que leurs processus soient respectés à 100 % « ils utilisent un emporte-pièce » et ne font aucun compromis avec le partenaire qui, finalement, ne se sent pas du tout comme un partenaire. « Les IRSC imposent toutes sortes de règles que nous n'avons pas et qui ont été créées sans nous. Comment pouvons-nous profiter d'un partenariat si nous faisons simplement investir de l'argent dans une activité des IRSC? » De toute évidence, les IRSC doivent respecter leur mandat ainsi que les lois et les règlements du gouvernement fédéral dont ils relèvent; cela contraint les approches que certains partenaires aimeraient prendre. Les IRSC doivent aussi maintenir un niveau d'uniformité entre leurs divers programmes, en partie pour faire face à une charge de travail excessive. Toutefois, deux partenaires inquiets ont fait remarquer que des ententes convenant mutuellement aux parties concernées avaient été négociées avec le CRSNG, ce qui donne à penser qu'il peut y avoir de la souplesse au sein des limites des règlements du Conseil du Trésor.
« La collaboration entre les instituts devrait être le mode par défaut, mais c'est plutôt l'exception que la règle. »
Les partenaires sont impressionnés par les efforts déployés par l'IMII pour collaborer avec les autres instituts des IRSC, et considèrent son directeur scientifique comme un chef de file dans ce domaine. Ils s'inquiètent cependant de la fragmentation entre les instituts. De grands problèmes risquent ainsi de ne pas recevoir toute l'attention nécessaire et des questions de portée générale peuvent passer dans les mailles du filet. Pire encore, de l'avis de certains partenaires, les instituts se battent pour la prise en charge de problèmes plutôt que de rassembler leurs compétences afin de les régler efficacement. Certains problèmes sont inhérents à la structure des IRSC : les instituts s'intéressent à des problèmes de santé, à des parties du corps, à des populations ou à des thèmes de recherche. Certains domaines de recherche tombent sous le mandat d'aucun institut alors que d'autres en concernent un trop grand nombre. Un répondant formule la mise en garde suivante : « On ne doit pas avoir 13 instituts totalement indépendants, qui n'ont pas d'identité organisationnelle et qui n'appuient pas la mission, les valeurs, les stratégies ou les politiques de l'organisation. Certains instituts sont sur le point de dépasser cette limite... »
Certes, il y a des problèmes à régler, mais il ne s'agit pas d'une condamnation générale du modèle des IRSC, qui est fortement appuyé par les partenaires. Les répondants attribuent les réussites de l'IMII en matière de partenariats à son directeur scientifique, un spécialiste, et à son personnel : « ce sont des experts dans le domaine : ils savent ce qui est important et ce qui doit être fait ».
Sommaire
L'IMII est considéré comme un excellent partenaire avec qui on veut travailler, et ce, en raison de l'expertise, de l'engagement précoce et soutenu, de la patience, de la souplesse et de la diligence raisonnable dont il fait preuve dans ses partenariats. L'IMII a grandement amélioré la perception positive que les organismes partenaires ont des IRSC; cela contraste avec le point de vue plutôt négatif exprimé par le responsable d'un organisme caritatif au sujet du CRM, « Un partenariat avec le CRM signifie un déboursement d'argent ».
Les retombées des efforts de l'IMII en matière de partenariats sont considérables, quoiqu'il soit impossible de les quantifier : programme de recherche plus approprié aux problèmes réels de la population canadienne, intérêt croissant pour l'utilité de la recherche en santé au sein d'importants organismes de santé, meilleure représentation de la recherche canadienne dans les initiatives de recherche internationale sur les maladies infectieuses et immunitaires, et reconnaissance du fait que les IRSC, grâce à leur structure, peuvent répondre rapidement à de nouvelles menaces en matière de santé en mobilisant des experts du milieu de la recherche.
Malgré les efforts déployés par l'IMII, il y a encore des problèmes de partenariat qui concernent l'ensemble des IRSC : la bureaucratie perçue au siège social des IRSC et le manque de coordination entre les 13 instituts.
6. Changements dans la façon dont la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires est utilisée
Bien qu'il soit beaucoup trop tôt dans l'histoire de l'IMII pour évaluer l'impact des activités de l'Institut sur la santé ou l'économie, nous avons évalué de nombreux signes précurseurs de l'utilisation efficace des connaissances et cherché des résultats intermédiaires qui indiqueraient une possibilité de changement à long terme. Tant que la recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires maintiendra son haut niveau de qualité, ses résultats seront de plus en plus utilisés si les initiatives stratégiques de l'IMII sont pertinentes et réalisées en temps opportun et si les gens qui ont besoin des résultats peuvent y avoir accès et les utiliser facilement. Nous avons donc cherché des preuves évidentes des retombées dans chacun de ces secteurs.
Changements dans l'avancement des connaissances
Nous avons d'abord évalué la productivité, la qualité et la compétitivité de la recherche menée dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires et avons constaté les effets remarquables des améliorations du financement de la recherche au Canada.
La quantité accrue de recherche menée au Canada rend celle-ci plus accessible aux chercheurs et aux utilisateurs canadiens et fait en sorte que la recherche correspond mieux au contexte canadien. Si l'on examine d'abord les publications (Figure 6-1), la productivité en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires au Canada, en ce qui a trait à la portion des publications mondiales dans le domaine a chuté jusqu'en 2001, moment où elle a commencé à remonter. Le recul illustré par la courbe des publications correspond aux changements apportés au budget CRM/IRSC : en 1997, le CRM a accordé le financement le moins élevé et le nombre de publications a chuté en 2001, soit le temps habituel entre le financement et la publication. Il est frappant de constater que malgré tous les investissements récents en recherche en santé des gouvernements fédéral et provinciaux, le Canada a tout juste regagné sa position mondiale : il n'a pas progressé puisque les concurrents ont aussi augmenté leur financement. En raison des percées rapides de la Chine dans le domaine de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires, au cours des cinq dernières années, le Canada qui occupait le 6e rang quant au nombre de publications produites a récemment été relégué au 7e rang (Annexe A/N).
Bien qu'il n'y ait eu aucune augmentation de la part mondiale, en 2007 le nombre de publications avait augmenté pour atteindre des records mondiaux dans tous les sous-domaines. Le nombre de publications en virologie a doublé, ce changement impressionnant pourrait refléter l'augmentation de financement plus élevée que la moyenne, notamment les initiatives stratégiques de l'IMII dans ce domaine (VIH/sida, hépatite C, et influenza). Toutefois, il est difficile d'attribuer toute augmentation du nombre des publications à l'IMII en particulier, compte tenu de l'importante augmentation générale du budget des IRSC et des contributions des partenaires, ainsi que de l'impact d'autres nouveaux programmes de financement4.
Figure 6-1. Publications dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires. (Source : SCImago Research Group, Copyright 2007-2008. Source de données : Scopus®)

La recherche de très haute qualité a plus de chances de faire l'objet d'articles dans des revues de très haute qualité qui seront lues par de nombreux lecteurs, ce qui augmentera l'utilisation de la recherche, surtout par d'autres chercheurs. Les données sur les citations sont très utilisées comme indicateurs témoins de la qualité de la recherche, car ils indiquent l'importance que d'autres chercheurs accordent à ces travaux de recherche. Notre analyse (Figure 6-2) confirme la très haute qualité de la recherche dans les domaines primaires intéressant l'IMII : immunologie et microbiologie était l'un des deux domaines les plus cités de la documentation scientifique canadienne en 1996-1997, et le domaine le plus cité en 2006-2007, dépassant les neurosciences. En ce qui a trait à l'impact global (index H31), il occupe toujours la quatrième place. Malgré l'impact élevé de chaque publication dans le domaine immunologie et microbiologie, le nombre total de publications dans ce domaine est moins élevé que le nombre de publications en médicine; en biochimie, en génétique, en biologie moléculaire; en neuroscience.
De toute évidence, le Canada fait de la recherche de haute qualité dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires, en comparaison avec les autres domaines scientifiques, mais comment cela se mesure-t-il à l'échelle internationale? Au cours des 10 dernières années, les articles en immunologie et en microbiologie publiés au Canada se sont situés au deuxième ou au troisième rang, à l'échelle internationale en ce qui a trait aux citations et aux articles, ce qui atteste de la qualité hautement concurrentielle de la recherche qui se fait au Canada dans ce domaine (Annexe A/O). Nous avons observé une tendance uniforme dans toutes les mesures de la compétitivité canadienne, que ce soit dans les publications, les citations, ou les collaborations internationales (Annexe A/B). La compétitivité tend à diminuer jusqu'en 2001, et s'améliore par la suite après la création des IRSC.
Figure 6-2. Données sur les citations pour les principaux domaines scientifiques au Canada en 1996-1997 et en 2006-200731.
(Source : SCImago Research Group, Copyright 2007-2008. Source de données : Scopus®)
Notez que le décuplement du nombre de citations ou de documents entre 1996-1997 et 2006-2007 n'indique pas un déclin abrupt dans la qualité de la science qui s'effectue au Canada. Cela s'est produit simplement parce que les documents publiés en 2006-2007 ont eu moins de temps pour être cités par d'autres chercheurs dans des articles publiés ultérieurement.

Nous avons observé des tendances similaires pour l'immunologie, la microbiologie et la virologie, pris séparément, de même qu'un impact relatif élevé des publications canadiennes dans ces domaines.
Notre capacité d'entrer en lice pour obtenir du financement des NIH est un indicateur différent des tendances du Canada en matière de compétitivité. Entre 2000 et 2007, les investissements des NIH en recherche en santé canadienne ont augmenté de 200 % (Annexe A/P).Le domaine des maladies infectieuses et immunitaires a, pour sa part, connu une augmentation de 275 % au cours de la même période, probablement en raison de l'augmentation du financement des NIH pour la recherche sur le bioterrorisme.
Changement des rôles en application des connaissances
« Les personnes travaillant dans le domaine du SRAS ont dû faire face à un besoin urgent et immédiat dans leur pays – cela est un stimulant puissant. »
Nous avons aussi évalué les changements dans l'accessibilité, la facilité d'utilisation et l'application de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Nous nous sommes d'abord demandé si les chercheurs étaient davantage disposés à participer à des activités d'AC et s'ils étaient en mesure de le faire. Un petit nombre de chercheurs étaient d'avis qu'ils devaient se limiter à la recherche fondamentale et rester à l'écart de toute mise en application de leurs travaux. Un de ces chercheurs a déclaré ce qui suit : « Personnellement, je ne participe pas, j'ai décidé de ne pas faire de compromis, mais je connais des collègues qui le font ». Cependant, les chercheurs qui participent et voient la mise en application de leurs travaux trouvent l'expérience valorisante. « Certains voient que la recherche peut avoir un effet réel et s'intéressent davantage à l'AC. Les IRSC doivent être beaucoup plus efficaces pour aider ces personnes. Moi, j'étais un chercheur vaniteux qui se souciait peu du reste. Et puis, je me suis rendu compte que je pouvais faire quelque chose de vraiment utile. Cela a été une révélation ... je suis converti. »
« Je pense que nous sommes plus conscients de la fameuse question de l'application des connaissances. Mais, collectivement, nous ne réussissons pas à l'enseigner aux gens. La façon dont nous rédigeons nos appels de demandes ne facilite pas les choses. Simplement exiger l'AC ne sert à rien, si nous n'aidons pas à changer la façon de faire la recherche et les politiques. »
Les résultats de la recherche sont-ils de plus en plus utilisés par d'autres chercheurs, des professionnels de la santé, des responsables des politiques ou l'industrie? Les réponses étaient inévitablement ambiguës et se résumaient essentiellement à « Oui, nous avons fait de petits pas, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire ». La plupart des répondants voulaient plus de soutien de l'IMII pour l'AC; certains ont même offert des suggestions concrètes. « Nous tenons pour acquis, à tort, que ce nous apprenons dans une province sera transmis et appliqué dans les autres. Un organisme fédéral doit jouer un rôle clé dans la dissémination. » D'autres ont noté que les IRSC étaient plus capables de travailler de façon constructive avec les provinces que les autres organismes fédéraux. Selon certains, un des rôles de l'IMII serait de repérer les résultats des travaux de recherche importants, de les diffuser et de faire en sorte qu'ils soient appliqués. De nombreux partenaires s'attendent à ce que l'IMII et les IRSC leur fournissent une orientation, des pratiques exemplaires et des modèles de rôles; alors que d'autres disent avoir leur propre ressources et expertise en AC et croient que l'IMII pourrait en profiter davantage. Dans l'ensemble, le milieu de l'IMII est plus conscient de l'AC, plus désireux de l'entreprendre, mais pas nécessairement plus capable de le faire.
Établissement de liens et échanges
« Les employés de l'IMII deviennent des courtiers du savoir, mais je ne suis pas certain qu'ils ont les ressources pour cela. »
L'IMII fournit du soutien pour faire connaître les activités d'utilisation des connaissances en offrant des subventions pour des réunions ou des synthèses de connaissances. Toutefois, il y a un aspect de l'application des connaissances où l'IMII excelle et c'est « l'établissement de liens et l'échange », en mettant les chercheurs en contact avec les divers secteurs qui utilisent la recherche, au sein des initiatives ou entre celles-ci. De bons liens et de bons échanges permettront d'améliorer considérablement l'accessibilité, l'utilisation et l'application de la recherche.
On vante les mérites de l'IMII pour qui l'établissement de liens et les échanges est devenu une norme que l'institut intègre notamment à sa planification stratégique, à chaque aspect de ses initiatives, à l'établissement de programmes, aux ateliers, à l'examen par les pairs et aux comités consultatifs. L'IMII encourage, et parfois exige, que des utilisateurs de la recherche fassent partie des équipes de recherche. « L'IMII a été capable de renforcer les liens entre les ministères gouvernementaux et le milieu universitaire, comme cela a été le cas avec le groupe de travail sur les pandémies qui réunissait des chercheurs et des responsables des politiques. L'IMII fournit un lieu de rencontre pour ces groupes. » Les répondants recommandent la tenue d'événements où les chercheurs et les décideurs se rencontrent et suggèrent d'établir des relations plus régulières, à divers niveaux au sein des organisations d'utilisateurs.
« Tous les chercheurs rêvent de faire une grande découverte qui sera mise en application au cours de leur vie, même si cela est fait par quelqu'un d'autre. »
Il y a des difficultés et des avantages inhérents à chacun de ces types d'interactions; il en est fait mention tout au long du présent document. L'IMII doit s'efforcer d'inclure davantage les utilisateurs finals au sein des équipes de recherche. Généralement, les chercheurs et les utilisateurs finals sont enthousiastes de ces expériences. Par exemple, il arrive que les chercheurs soient appelés non seulement à présenter leurs résultats de recherche à leurs collègues, mais aussi à formuler des recommandations politiques fondées sur les résultats de leurs travaux; un décideur au sein de l'équipe peut avoir l'expertise ou les contacts nécessaires pour s'acquitter de cette tâche. Par contre, « si cela était exigé pour toutes les subventions de fonctionnement, le gouvernement refuserait bientôt de participer, parce qu'il n'y a pas suffisamment de décideurs! » Faire participer les utilisateurs finals est un but louable qui risque cependant d'avoir l'effet inverse si les chercheurs essuient un refus de collaborer de la part de décideurs déjà surchargés. À l'avenir, au moment de la conception d'initiatives stratégiques, il sera essentiel de faire participer les utilisateurs finals dès le début afin de déterminer les degrés de participation appropriés et un cadre élargi pour les participants utilisateurs éventuels. De plus, une participation précoce pourrait aider les utilisateurs à définir plus clairement « ce qu’ils peuvent en retirer », du point de vue de l’utilisateur, alors le lien « de la recherche à la politique / de la politique à la recherche » devient clairement avantageux, et non pas une tâche pénible qui s’ajoute à leur horaire.
Il peut être nécessaire de discuter de la question des conflits d'intérêt avec les partenaires du gouvernement. Comme un responsable de politiques l'a fait remarquer : « Je distribue les fonds; par conséquent, il ne semble pas approprié que je fasse partie d'une équipe de recherche. J'ai dû refuser un bon nombre de demandes, où j'aurais pu apporter une contribution valable, en raison de la possibilité de conflit ».
Créer de nouveaux produits et services
Bien que l'Institut n'ait pas entrepris d'activités de commercialisation considérables, l'IMII a excellé dans la création d'équipes et de milieux propices à l'innovation, dont la création de nouveaux produits et services. On constate que 18 % des subventions accordées dans le cadre du Programme de démonstration des principes des IRSC sont affiliées à l'IMII32. L'industrie des sciences de la vie du Canada est représentée au sein du CCI de l'Institut et, en ce qui concerne le choix des investissements pour la recherche stratégique, le plan stratégique de l'IMII pour 2007‑2012 met l'accent sur le point suivant « La possibilité de recherche déterminée peut avoir un important impact quantifiable d'après les évaluations du potentiel social, économique ou commercial... ». C'est pourquoi, l'Institut choisit des sujets de recherche pouvant mener à la création de produits et de services utiles33. L'IMII a pris soin d'inviter des représentants de l'industrie à ses ateliers pour l'établissement de programmes, notamment la dernière rencontre canadienne sur la capacité d'intervention en cas de pandémie, qui eu lieu en novembre 2008.
Au cours des quatre dernières années, l'IMII a investi en moyenne 14 % de son budget stratégique dans des subventions dont le but ultime était de générer des produits et des services utiles, principalement les subventions d'équipe émergente accordées dans le cadre de l'Initiative de recherche sur de nouvelles solutions de rechange aux antibiotiques, qui a été lancée en partenariat avec plus de 20 organisations du secteur public et du secteur privé, dont six partenaires de l'industrie. Cela contraste avec l'ensemble des IRSC, alors que <4 % de l'investissement en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires est accordé de cette façon.
Il y eu des « cas de réussite » notables grâce au financement de l'Institut, notamment la mise au point d'un nouveau vaccin potentiel contre l'hépatite C34, et d'un nouveau vaccin contre le VIH actuellement à la phase I/II des essais, un résultat du programme de recherche sur le VIH/sida.
Rôle et effets dans le milieu des politiques et des pratiques
« Les IRSC produisent réellement des résultats qui peuvent être utilisés! Avant, on voyait le CRM comme un organisme travaillant sur une échelle à long terme et ne pouvant pas produire de résultats permettant aux décideurs de faire face aux problèmes actuels. Maintenant, on s'occupe des temps d'attente, du SRAS, de l'ISAE, du VIH/sida, et de pandémies. »
Les IRSC ont joué un rôle important dans le milieu de la politique fédérale; selon les cadres supérieurs de l'organisme, l'IMII a permis d'établir la réputation et la crédibilité des IRSC auprès des principaux organismes et d'établir des ponts entre le milieu universitaire et le gouvernement. L'IMII a montré qu'il pouvait aider les gouvernements à s'occuper de besoins immédiats et très particuliers tels que le syndrome oculo-respiratoire et l'évaluation du programme d'immunisation contre l'influenza en Ontario, ou l'évaluation du problème du C. difficile au Québec et la suggestion de mesures pour le régler.
Bien qu'il soit difficile d'obtenir un tableau complet, certains exemples illustrent les répercussions importantes des initiatives de l'IMII sur les pratiques et la politique, notamment l'ISAE. Un chercheur principal a décrit comment les gens qui avaient des approvisionnements en eau privés et qui participaient à l'étude ont été éduqués sur les risques de contamination à l'E. coli et sont maintenant conscients de la nécessité de faire analyser leur eau régulièrement. Cette prise de conscience s'étend maintenant à toutes les communautés. Un autre chercheur principal a mis au point un outil d'évaluation qui aide les fermiers à prendre des décisions sur les changements à apporter à la gestion de leurs troupeaux; avec l'aide d'un partenaire, la BC Cattlemen's Association, un dépliant a été distribué à tous les membres. Par la suite, les fermiers ont individuellement communiqué avec les chercheurs et sont maintenant partenaires à part entière du suivi des travaux de recherche.
Changements dans la connaissance qu'a le public de la recherche en santé et de ses avantages
L'impact, réel et potentiel, du financement accordé par l'Institut et les IRSC pour des projets de recherche particuliers sur les maladies infectieuses et immunitaires a été décrit à maintes occasions par l'Institut et les IRSC dans des communiqués, des rapports annuels, et des bulletins35. Au cours des cinq dernières années, 20 % des communiqués des IRSC portant sur de nouveaux partenariats de financement ou des résultats de recherche abordaient des sujets visés par le mandat de l'Institut.
L'Institut, et en particulier son directeur scientifique, ont joué un important rôle pour informer le public des risques et des répercussions des maladies infectieuses et immunitaires. Le Dr Singh a souvent été porte-parole auprès des médias, particulièrement au cours de l'éclosion du SRAS : il a alors accordé environ 100 entrevues, dont 22 la même journée36. On lui demande souvent de commenter des percées scientifiques, et certains des articles ont été diffusés à l'échelle mondiale par l'intermédiaire des sites Web des agences de presse, des services d'alerte et des groupes de défense des patients37.
Sommaire
Dans le domaine de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires, on constate une amélioration de la qualité, de la pertinence, de l'accessibilité, de la facilité d'utilisation et de la mise en application – il s'agit là de facteurs importants pour accroître l'utilisation de la recherche.
Le Canada se remet des coupures dans le budget de recherche des années 1990 et améliore la quantité et la qualité des travaux de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Compte tenu du budget limité de l'IMII, ces changements généraux sont probablement attribuables à l'augmentation du budget des IRSC, sans oublier la panoplie d'améliorations importantes dans le milieu de la recherche au Canada depuis les années 1990. Néanmoins, le nombre deux fois plus élevé de publications en virologie peut être lié à plusieurs priorités de l'IMII dans ce domaine.
Le milieu de recherche de l'Institut est davantage conscient de l'application des connaissances, et les chercheurs sont davantage disposés à participer à des activités d'AC, mais ils ont besoin d'être guidés et appuyés. De plus en plus, les chercheurs désirent orienter leurs programmes pour accroître l'application en temps opportun des résultats de leurs travaux, pendant que les organismes de santé provinciaux et fédéraux font confiance à l'IMII, et continueront de s'y fier pour obtenir des résultats de recherche qui orienteront leurs décisions stratégiques. Il pourrait être difficile pour les organismes qui utilisent les résultats de la recherche de satisfaire à la demande et de faire partie d'équipes de recherche, surtout dans le cadre d'initiatives stratégiques plus ciblées.
L'IMII a très bien réussi à créer des possibilités pour l'établissement de liens et les échanges entre les chercheurs et les utilisateurs de la recherche, notamment d'autres chercheurs, des professionnels de la santé, des responsables des politiques et des représentants de l'industrie. Un grand nombre de produits, de services, de politiques et de pratiques voient le jour grâce à des travaux réalisés dans le cadre des initiatives stratégiques de l'IMII.
Enfin, l'IMII a su convaincre le public de la nature des menaces pour la santé publique et de l'importance d'investir en recherche afin de les atténuer.
7. Quelle sera l'orientation de l'IMII?
L'IMII démontre avec brio les réalisations possibles dans le cadre du nouveau mandat des IRSC, et la valeur de tels changements pour les Canadiens. Au moment où l'IMII passe à la prochaine phase, il devra établir de nouvelles stratégies en s'appuyant sur les principaux acquis et les forces qui ont mené à son succès. Dans ce contexte, nous offrons des avis non sollicités à l'IMII et aux IRSC, en nous guidant sur les données recueillies pour la rédaction du présent rapport.
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Le respect des partenaires et du milieu est le principal acquis de l'IMII. L'IMII a investi beaucoup d'efforts pour établir des liens avec l'ensemble du milieu de la recherche et les intervenants. Cela lui permet d'établir des priorités tout en semblant juste et impartial. Les partenaires apprécient l'IMII pour sa capacité d'intervenir, sa souplesse, son écoute et sa volonté de faire le travail nécessaire et de répondre aux besoins de ses partenaires. Il sera nécessaire de maintenir et de consolider ces forces afin de préserver l'estime extraordinaire dont jouit l'IMII.
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L'IMII assume un rôle de rassembleur, un rôle très apprécié et très efficace. En effet, l'Institut rassemble des scientifiques et divers intervenants pour participer à l'établissement de programmes, à l'élaboration d'initiatives, à l'échange d'idées et d'expériences et à la planification continue de la recherche. De nombreux chercheurs ont admis avoir été sceptiques au début, mais ils ont découvert que la participation menait à une recherche plus adaptée pour résoudre des problèmes et leur permettait d'améliorer leur propre productivité. L'IMII doit continuer à solliciter la participation des intervenants dès les premières étapes de la planification de nouvelles initiatives de recherche, afin d'utiliser judicieusement le temps de ces derniers et de profiter de leurs idées au moment où ils peuvent apporter une contribution importante.
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L'IMII prouve que la recherche des IRSC peut réagir face aux menaces pour la santé publique. L'IMII cultive des relations durables avec ses partenaires, et cela lui procure les moyens d'action nécessaires lorsqu'il doit agir rapidement et efficacement pour faire face à des urgences en matière de santé publique. L'IMII devrait maintenir ou améliorer ses ressources et la souplesse de ses effectifs afin de demeurer aussi alerte. En collaboration avec ses partenaires, l'IMII pourrait devoir renforcer sa capacité de prévoir afin de découvrir plus rapidement de nouveaux agents pathogènes dans les aliments, chez les animaux et dans l'environnement et de réagir en conséquence.
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Les initiatives stratégiques donnent lieu à la recherche des plus novatrices et à l'application des connaissances. Grâce à l'IMII, la recherche stratégique n'est pas simplement une idée respectable, mais elle est aussi considérée comme une composante des plus novatrices des IRSC pour financer la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Les initiatives stratégiques de l'IMII permettent d'étudier des sujets « pratiques » sur lesquels il y a peu de recherche ainsi que des sujets « d'apparition soudaine », de renforcer la capacité et d'établir de nouvelles équipes tout en attirant des chercheurs de très haut calibre.
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L'IMII et les IRSC doivent maintenir la capacité de recherche établie dans le cadre d'initiatives stratégiques. Pour établir une capacité résiliente dans de nouveaux domaines de recherche, il faut que le soutien du personnel et le financement dépassent la période de 3 à 5 ans habituelle pour la plupart des initiatives stratégiques. Par conséquent, l'IMII devrait considérer avoir un nombre moindre d'initiatives stratégiques, mais des initiatives plus ciblées pour que le personnel puisse appuyer régulièrement les candidats et les titulaires de subvention dans de nouveaux domaines de recherche durant et après la phase d'élaboration initiale de l'initiative. L'IMII devrait aussi jouer un rôle plus important afin de maintenir des coalitions efficaces et de repérer des champions parmi les partenaires pour le réseautage continu, le financement de la recherche, et l'AC durant et après la période financement de l'IMII. Avec les IRSC, l'IMII doit faire en sorte que les équipes et les sujets qui voient le jour grâce à des initiatives limitées dans le temps aient des programmes appropriés et des comités d'examen par les pairs qui s'appliquent à long terme.
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Le soutien apporté aux stagiaires et aux jeunes chercheurs est limité, mais efficace. L'ISFRS permet d'accroître l'interdisciplinarité tant des stagiaires que des mentors. Les forums spécialisés, les projets pilotes et les subventions provisoires semblent être des mesures très rentables pour les jeunes chercheurs. Malgré les nombreuses inquiétudes qu'elles suscitent, les bourses de nouveau chercheur sont des subventions gagnantes. Cependant, les IRSC devraient investiguer davantage afin de savoir si les faibles taux de succès aux concours de subventions ouverts mènent à une perte inacceptable de nouveaux chercheurs de talent bien formés.
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L'IMII fournit un soutien essentiel pour la création de liens et les échanges entre les chercheurs et les utilisateurs des connaissances. Cependant, même si les chercheurs dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires reconnaissent de plus en plus l'importance de la mise en application rapide des résultats de leurs travaux, ils ne savent pas vraiment comment diffuser plus efficacement les résultats de leur recherche aux utilisateurs et aimeraient obtenir plus d'aide de la part de l'IMII et des IRSC. Les partenaires s'attendent aussi à ce que l'IMII leur fournisse des modèles et des pratiques exemplaires. L'IMII devrait faire le suivi des répercussions de l'AC dans le cadre de ses initiatives, et cela, bien après la fin de la période de financement.
- Les communications de l'IMII devraient être bien ciblées, économiques et mieux appuyées par les IRSC
- Les communications publiques à grande échelle nécessitent d'énormes budgets; l'IMII devrait plutôt maintenir sa stratégie, c'est-à-dire avoir un porte-parole du milieu de la recherche formé aux relations avec les médias pour répondre aux « questions de l'heure ». Les changements apportés au site Web des IRSC font perdre de vue les instituts et ont rendu leur page d'accueil peu intéressante. La page d'accueil de l'IMII devrait présenter les importants résultats de recherche découlant des initiatives de l'IMII, et des répercussions de ces derniers sur la santé de la population canadienne.
- Bien que l'IMII démontre la valeur du modèle des IRSC dans son propre domaine, l'incapacité des IRSC de recueillir de l'information systématique au sujet des résultats de son financement compromet toute tentative visant à prouver la valeur des investissements publics dans le domaine de la recherche en santé.
- Les IRSC doivent s'employer à régler les perceptions erronées, répandues et tenaces au sein du milieu de la recherche au sujet de leur financement et de leurs opérations, notamment la croyance selon laquelle la recherche stratégique et l'expansion des quatre thèmes causent les faibles taux de succès aux concours de subventions ouverts, alors qu'en réalité, plus de 90 % du financement consacré aux maladies infectieuses et immunitaires permet d'appuyer la recherche biomédicale fondamentale.
- La relation entre l'IMII et les IRSC doit passer à une nouvelle phase
- En établissant des partenariats, les IRSC devraient s'assurer qu'il y a équilibre entre les besoins « généraux » en matière d'uniformité et d'efficacité et les besoins « particuliers » des instituts en ce qui a trait à la souplesse et à la capacité de répondre aux partenaires. Il serait utile d'avoir plus de collaboration et de coordination entre les instituts.
- Si les IRSC ont l'intention de poursuivre le changement continu dans le programme des maladies infectieuses et immunitaires afin de renforcer la recherche translationnelle et l'application des connaissances, ils doivent investir beaucoup plus que 3,7 % de leur investissement total pour les maladies infectieuses et immunitaires dans l'IMII, qui a déjà démontré son efficacité.
- En raison de la transition à la direction de l'IMII, on craint de perdre le directeur scientifique, le personnel, l'expérience et des relations bien entretenues. Les IRSC devraient tenir compte du milieu de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires pour savoir quelles sont les qualités les plus recherchées chez un nouveau directeur scientifique et maximiser la continuité des opérations.
Notes en fin de chapitre
Introduction
1 Loi sur les IRSC, avril 2000
2 Rapport du Comité d'examen international, 2000-2005
3 Section II du Rapport ministériel sur le rendement des IRSC pour 2005-2006
4 Les chaires de recherche du Canada, le maintien des investissements de la Fondation canadienne pour l'innovation, les subventions de coûts indirects, les bourses détudes supérieures du Canada, Génome Canada, le financement accru des Réseaux de centres d'excellence, et le financement accru pour la recherche en santé dans de nombreuses provinces.
5 Dans le présent document « partenaire » fait référence à un organisme qui fournit des ressources, en argent ou en nature, pour appuyer les concours d'appel de demandes en partenariat avec l'IMII et d'autres organismes. Les « intervenants » sont les personnes concernées par le résultat d'un programme de recherche ou d'autres activités de l'IMII; les intervenants peuvent être des partenaires ainsi que des organismes ou des personnes qui nont fourni aucune ressource, sauf des conseils ou de linformation.
6 Les principales bases de données utilisées étaient les suivantes : base de données sur le financement établie par le personnel de l'IMII; la base de données des IRSC sur les subventions et bourses financées par l'organisme; Medicine's Pub Med de la bibliothèque nationale des É.-U. (anglais seulement); Google Scholar et SciImago (anglais seulement) qui est un portail donnant accès au public à certaines données privées de la base de données Scopus® (anglais seulement). Nous avons utilisé les données privées de la base de données scientifiques Thomson-Reuters (anglais seulement), dans une certaine mesure.
Chapitre 1 Changements au programme de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires
7 "SARS Outbreak Prompts Rapid Funding Response" (anglais seulement) Lesley McKarney, "SARS and the Academic Health Sector" Jean Gray, Clin Invest Med 2005; 28 (1): 30–32.
8 Stratégie canadienne de la biotechnologie (consulté en octobre 2008, ce fichier n'est plus accessible)
9 Par exemple, lors des dix derniers concours de subventions de fonctionnement, le taux de succès médian pour le VIH/sida se situait en moyenne à 38 % par comparaison à 26 % pour les concours de subventions ouverts. Dans certains concours personnels à plus petite échelle, les taux de succès pouvaient atteindre 100 %, parce que le financement était plus important que la demande.
10 La ligne rouge indique la croissance de toutes les publications canadiennes dans le domaine de la santé qui sont cataloguées dans Pub Med. Les chiffres au début et à la fin de la ligne verte correspondent au nombre réel de publications par des auteurs principaux au Canada, au cours de ces années. Ces données sont comparées à celles d'une analyse similaire effectuée avec Web of Science, avec des résultats similaires (Annexe A/Q).
11 Parfois, il s'agissait plus d'évaluations ponctuelles et non officielles que d'évaluations des répercussions à long terme. Par exemple, en 2002, l'IMII a effectué un sondage auprès des chercheurs travaillant dans le domaine du VIH/sida et en 2006, il déclarait de nombreux résultats de recherche importants découlant du programme sur le VIH/sida, ayant des répercussions sur la santé publique et le traitement. D'un autre côté, une évaluation officielle du Consortium canadien de recherche sur le SRAS (CCRS) a été menée par un consultant indépendant en 2005; ce dernier a formulé des recommandations valables sur la façon de se préparer à mener la recherche pour répondre rapidement et efficacement aux prochaines éclosions de maladies infectieuses. Une évaluation provisoire de l'Initiative sur la salubrité des aliments et de l'eau a été menée par le personnel de l'IMII, même avant la fin officielle de l'initiative, et a fait ressortir de nombreux exemples d'activités et de résultats de recherche importants. En décembre 2007, l'IMII a présenté un rapport sur l'Initiative de recherche stratégique sur la capacité d'intervention en cas de pandémie (IRSCIP); toutefois, ce rapport se limitait à l'établissement de programmes, aux partenariats et au financement de la recherche, parce que le financement des projets de recherche retenus venait tout juste de commencer.
12 Le plan stratégique de l'IMII en 2002 incluait les deux : « Le VIH/sida est un problème de santé mondial qui a de graves conséquences sociales et économiques. Une nouvelle stratégie de recherche est nécessaire pour améliorer la qualité et la durée de vie des personnes infectées... » Réaction face aux nouveaux défis « ...les problèmes de santé à l'échelle mondiale et la menace d'un terrorisme biologique nécessitent des efforts de recherche concertés et le soutien coordonné des autres instituts des IRSC, de même que des partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux ».
Chapitre 2 Changements dans la façon de faire de la recherche
13 IMII : Une équipe en voie de formation s'attaque à l'asthme
14 "Success within Canadian Institutes of Health Research (CIHR) Grant Competitions for Entry-level Researchers" [Succès des chercheurs débutants qui présentent une demande dans le cadre d'un concours des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), titre non officiel] Stephanie Rees et Jean-Francois Roy, Unité d'analyse et d'évaluation des IRSC, juillet 2008.
15 Pour les subventions accordées dans le cadre de l'ISAE, nous avons répertorié, à l'aide de Google Scholar, le nombre de publications (incluant les brevets et les rapports) rédigées par chaque co-chercheur en collaboration avec un ou plusieurs des autres membres de l'équipe pendant les quatre ans qui ont précédé la subvention de l'ISAE et les quatre années qui ont suivi.
16 Chaque cercle représente un membre dune équipe financée : certaines équipes comptaient six membres (A-F), alors que d'autres en avaient quatre (A-D) ou cinq (A-E). Chaque équipe est représentée par une couleur différente. Une ligne entre les membres de l'équipe représente une publication conjointe, les lignes épaisses indiquent les publications jugées pertinentes en ce qui a trait à l'objectif de la subvention ISAE. Les lignes fines représentent les publications qui n'ont aucun lien direct avec l'Initiative. Les publications rédigées par un seul membre d'une équipe (seul ou en collaboration avec des auteurs qui ne font pas partie de l'équipe) nont pas été incluses.
Chapitre 3 Changements : qui fait la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires?
17 "The number, scope and geographic distribution of clinical researchers in Canada" Raghavan, M. and Sandham, D. Clin Invest Med 2008; 31 (5): E222-E230.
18 Rapport du Forum des nouveaux chercheurs 2007 de l'IMII
19 Subventions aux nouveaux chercheurs pour des projets pilotes (Archivé) - Appel de demandes des IRSC
20 Le nombre d'articles extraits de PubMed à l'aide des mots clés « HIV OU AIDS OU SIDA » et dont l'auteur principal est un chercheur travaillant dans un établissement canadien a augmenté pour passer de 207 quil était en 2000 à 405 en 2007.
Chapitre 4 Changements dans les mécanismes de financement de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires au Canada
21 "The Economic Impact of SARS" Paul M. Darby, The Conference Board of Canada (2003)
22 "Potential Impact of Pandemic Influenza on the BC Economy, for the British Columbia Ministry of Economic Development, March 2006" (anglais seulement)
23 Le budget de base des IRSC (ligne verte de la figure 4-1), qui est géré par leur conseil d'administration (CA), représente le total des crédits du gouvernement fédéral, moins les coûts de fonctionnement des IRSC, moins les « fonds déjà alloués » comme les RCE, les chaires de recherche du Canada et d'autres fonds déjà affectés dans le budget fédéral et dont l'allocation n'est pas déterminée par le CA. Comme il a été mentionné dans le rapport annuel de 2007-2008, les dépenses totales sélevaient à 1 011 000 000 $ alors que le budget de base était de 747 000 000 $. La ligne brune de la figure 4-1 indique les investissements en recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires selon une base de données compilées par le personnel de l'IMII, incluant tous les postes concernant le secteur lié au mandat de l'Institut. Ce graphique montre que le financement dans le secteur lié au mandat de l'Institut a augmenté, au cours de la période 2000-2008 : ce financement qui représentait 25 % du budget de base des IRSC représente maintenant 34 % de ce budget.
24 "Le Premier ministre annonce une entente visant à dédommager les victimes de l'hépatite C infectées avant 1986 et après 1990" 25 juillet 2006
25 Transformer la recherche en action - Examen de l'Initiative de recherche sur l'hépatite C par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) par Lynne Leonard et Emily DeRubeis, 2008
26 "Science's New Social Contract with Society" M. Gibbons Nature 402, C81 (1999)
27 Rapport ministériel sur le rendement des IRSC, 2005-2006
Chapitre 5 Changements dans les partenariats
28 IRSC-IMII - Rapport sur le Forum du partenariat
29 "Inter-government Coordination and partnership for best practice grant management" (anglais seulement) Dre Judith Bray, Federated Press Government Grants and Funding Course, Ottawa, janvier 2006.
30 Par exemple
- Lors de la réunion nationale des groupes souhaitant améliorer l'accès aux soins, aux traitements et au soutien des personnes vivant le VIH et l'hépatite C, qui a eu lieu en janvier 2004, il a été recommandé de « ...réclamer l'accroissement du financement de la recherche sur divers aspects de la co-infection, y compris son histoire naturelle et la pathogenèse ».
- L'une des responsabilités du comité scientifique interministériel sur la résistance aux antimicrobiens consiste à explorer les possibilités de financement par l'entremise de l'IMII.
- L'IMII a été invité à la conférence consensuelle sur les maladies rhumatismales auto-immunes systémiques de Lupus Canada, en décembre2005.
- L'Association médicale canadienne, dans sa présentation au Comité consultatif national sur le SRAS et la Santé publique, en 2003, recommandait une augmentation du financement de la recherche en santé publique et l'intervention de l'IMII et de l'ISPP.
Chapitre 6 Changements dans la façon dont la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires est utilisée
31 Dans la figure 6-2, l'axe des y représente le nombre moyen de citations reçues pour les documents d'origine canadienne publiés au cours des deux périodes, dans chaque domaine. L'axe des x représente l'index h, un indicateur de l'impact total de toute collection particulière de publications, qu'il s'agisse de scientifiques, de pays, de domaines ou de la combinaison de ces éléments (voir Hirsch, J. E. (2005). "An index to quantify an individual's scientific research output". PNAS 102: 16569–16572). La taille des cercles est proportionnelle au nombre de publications dans chaque domaine. La prééminence des sciences de la vie et de la médicine dans les trois paramètres est frappante. Nous avons marqué seulement un petit nombre de tous les champs représentés.
32 Données fournies par Michelle Peel, directrice adjointe, Direction des initiatives ciblées, IRSC, données à jour en juin 2008.
33 IMII : Plan stratégique 2007-2012
34 "New Vaccine Candidate Against Hepatitis C" (anglais seulement)
35 Par exemple, le plus récent bulletin, Microcosme-IMII Hiver 2008, souligne les réussites de la recherche sur l'asthme et les allergies, la lutte contre l'infection à C difficile, les pratiques sur la salubrité de l'eau, et la mise au point d'un test de d'épistage du papillomavirus humain (HPV).
36 "News And Newsmakers" Clin Invest Med, Vol 26, no 3, juin 2003
37 Par exemple
"Montreal researchers identify defects of immune cells" 2006 (anglais seulement)
"Study reveals body's defense mechanism worsens asthma symptoms" 2005 (anglais seulement)
"Team Discovers Key Step In Flu Virus Replication" (anglais seulement)
"The Trials of Keeping Track" (anglais seulement)
"Key found to kill cystic fibrosis superbug" (anglais seulement)
"New alert on superbugs" (anglais seulement)
"Le Bulletin des biotechnologies - Février 2002 n. 192"
"Defeitos em células imunes determinam suscetibilidade à candidíase" (espagnol seulement)