Lauréat du prix « Cerveau en tête » de 2008 - Ben Bowles

Cerveau en tête

Ben BowlesLauréat

Ben Bowles - Données biographiques
Neurosciences
Université Western Ontario

Article

Impaired familiarity with preserved recollection after anterior temporal-lobe resection that spares the hippocampus. Bowles B, Crupi C, Mirsattari SM, Pigott SE, Parrent AG, Pruessner JC, Yonelinas AP, Köhler, S. Proc Natl Acad Sci U S A. 2007 October 9; 104(41): 16382–16387.

Importance de l'article

Notre aptitude à reconnaître les différents stimuli qui émanent de notre environnement et les gens que nous connaissons déjà est d'une importance capitale dans la vie quotidienne. Du point de vue clinique, cette faculté est importante, car elle peut être altérée chez les gens souffrant de troubles neurologiques tels que la maladie d'Alzheimer ou le syndrome de Capra. Ceux-ci peuvent en effet perdre leur capacité de reconnaître les membres de leur famille, même les plus intimes. Il est généralement admis que cette mémoire de reconnaissance comprend deux composantes : une impression de familiarité avec la personne ou l'objet que l'on reconnaît et la remémoration de détails contextuels spécifiques concernant le lieu et le moment des rencontres antérieures. Notre recherche est la première à démontrer que la composante « familiarité » de la mémoire de reconnaissance peut être affectée de manière sélective par une lésion cérébrale en foyer au lobe temporal. Cette découverte met en évidence l'implication d'un substrat neuronal particulier dans le processus de familiarité, différent de celui impliqué dans le processus de remémoration.

Nos conclusions se basent sur les résultats d'examens neuropsychologiques effectués chez un patient ayant subi une chirurgie, rarement pratiquée, au lobe anterieur temporal gauche, visant à traiter une épilepsie réfractaire. Cette opération avait ceci de particulier : le neurochirurgien s'est efforcé de laisser la structure de l'hippocampe intacte. En fait, on n'a pas réséqué l'hippocampe afin de préserver l'excellente mémoire du patient et également parce qu'il avait été établi, avant l'opération, que l'origine de l'épilepsie était localisée à l'extérieur de cette structure. Fait important, cette technique chirurgicale, plus sélective que les autres, est parvenue à éliminer complètement les symptômes de l'épilepsie chez ce patient. De plus, malgré qu'elle ait affecté la perception de familiarité chez le sujet, cette opération n'a pas entraîné les déficits mnésiques incapacitants habituellement observés chez les patients ayant subi une résection de l'hippocampe. L'étude de ce cas met donc en évidence l'efficacité de cette technique chirurgicale, rarement pratiquée, dans le traitement de l'épilepsie. Cette étude a bénéficié du soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), par le biais d'une subvention accordée au Dr Stefan Köhler.