Lauréate du prix « Cerveau en tête » de 2008 - Hania Kebir
Lauréate
Hania Kebir - Données biographiques
Ph.D.
Université de Montréal
Article
Human TH17 lymphocytes promote blood-brain barrier disruption and central nervous system inflammation. Hania Kebir, Katharina Kreymborg, Igal Ifergan, Aurore Dodelet-Devillers, Romain Cayrol, Monique Bernard, Fabrizio Giuliani, Nathalie Arbour, Burkhard Becher & Alexandre Prat. Nature Medicine. 2007 Oct, 13(10): 1173-5
Importance de l'article
La barrière hémato-encéphalique (BHE) joue un rôle essentiel dans la protection du système nerveux central (SNC), en limitant l'entrée des cellules et des molécules dans le cerveau. Chez une personne atteinte de sclérose en plaques, l'effondrement de la BHE permet à des leucocytes activés d'infiltrer le parenchyme cérébral, ce qui mène à la formation des lésions démyélénisées caractéristiques. Il est connu que le développement de la sclérose en plaques dépend de la présence dans le SNC d'une population de cellules T auxiliaires autoréactives à la myéline qui expriment l'IL‑17, nommées par conséquent TH17. Bien que l'on sache que les lymphocytes TH17 sont essentiels à la pathologie de la maladie, leur fonction chez les humains n'a pas encore été déterminée.
Dans la présente étude, nous montrons que par leur interaction avec des cellules endothéliales de la BHE, les lymphocytes TH17 favorisent l'inflammation et l'infiltration de cellules immunitaires dans le cerveau. Nous avons découvert que non seulement les lymphocytes TH17 traversent de façon efficace la BHE, mais qu'ils produisent l'IL-17 et l'IL-22, des cytokines qui augmentent la perméabilité de la BHE en détruisant les jonctions moléculaires étanches entre les cellules endothéliales. De plus, les cellules TH17 humaines favorisent le recrutement lymphocytaire à travers la BHE et induisent des lésions neuronales. Par conséquent, notre étude s'attarde à préciser davantage le phénotype des lymphocytes TH17 humains et met en lumière l'importance de l'infiltration de lymphocytes TH17 dans le SNC et leur implication conséquente dans la formation des lésions de la sclérose en plaques.
Nos résultats ont amélioré notre compréhension actuelle du déclenchement des réactions immunitaires dans le SNC et ont grandement contribué à l'avancement de la recherche sur la sclérose en plaques au Canada. De plus, ils pourraient ouvrir de nouvelles avenues pour le développement de stratégies thérapeutiques de la sclérose en plaques dont, nous l'espérons bien, les 50 000 Canadiens qui souffrent de cette maladie débilitante pourraient bénéficier.