Lauréate du prix « Cerveau en tête » de 2008 - Saima Malik
Lauréate
Saima Malik - Données biographiques
Ph.D.
Neurologie et de neurochirurgie
Université McGill
Article
Ghrelin Modulates Brain Activity in Areas that Control Appetitive Behavior. Malik S, McGlone F, Bedrossian D and Dagher A. Cell Metabolism 7(5): 400-9, 2008.
Importance de l'article
L'obésité est en passe de devenir bientôt la principale cause de surmortalité. Par conséquent, il est particulièrement intéressant de comprendre comment le système nerveux central régule l'appétit et la consommation d'aliments. La ghréline, une hormone métabolique produite par l'intestin, est le plus puissant stimulant de l'appétit que l'on connaisse. Elle signale la faim au cerveau. La recherche chez des animaux a établi que ce peptide active les voies orexigènes NPY/AGRP au niveau de l'hypothalamus. Cependant, la liaison de la ghréline dans des zones du cerveau associées à la récompense et à la motivation, comme l'aire tegmentale ventrale et l'hippocampe, donne à penser qu'en plus de son rôle de signal homéostatique, la ghréline peut également moduler les aspects hédoniques et gratifiants du comportement d'ingestion d'aliments. Chez les humains, très peu d'études se sont penchées sur les effets de la ghréline exogène sur la prise d'éléments nutritifs et le bilan énergétique, et aucun travail publié n'a offert de pistes en ce qui a trait aux substrats du SNC qui réagissent à cette hormone pour contrôler le comportement d'alimentation. C'est à cette fin que nous avons réalisé une IRMf chez des hommes adultes minces en bonne santé, afin de mesurer l'effet de la ghréline sur la réponse neurale à des images d'aliments et de paysages. Nous signalons que la ghréline administrée par intraveineuse durant l'IRMf a modulé l'activation cérébrale aux images d'aliments dans des structures ayant un rôle dans le processus de récompense, de motivation, de mémoire et d'attention, soit l'amygdale, l'insula, le cortex orbitofrontal, le néostriatum, l'hippocampe et le pulvinar. Cela indique que des signaux d'alimentation homéostatiques comme la ghréline peuvent promouvoir la consommation d'aliments en augmentant la réaction d'appétence à des signaux associés aux aliments. Ces résultats ont des incidences cliniques. Notamment, le blocage pharmacologique des signaux de la ghréline peut s'avérer un moyen de traiter l'obésité sévère.