Rapport de la réunion : Réunion canadienne sur l'intervention en cas de pandémie : des découvertes aux premières lignes

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Du 6 au 8 novembre 2008
Winnipeg, Manitoba

Table des matières

Sommaire
Aperçu de la rencontre
Résumé de la séance d'information préliminaire
Sommaire de la rencontre principale
Mot de bienvenue et d'ouverture
Séance 1 : Biologie et diagnostic de l’infection attribuable au virus influenza
Séance 2 : Planification en cas de pandémie, y compris les questions éthiques et juridiques
Séance 3 : Transmission, antiviraux et lutte contre l’infection
Séance 4 : Vaccins et immunomodulation
Mot de la fin
Évaluation de la réunion par les participants
Annexes



Comité organisateur

Carol Richardson, présidente Instituts de recherche en santé du Canada
Earl Brown Université d'Ottawa
Dominique Charron Centre de recherches pour le développement international
Michelle Gagnon Instituts de recherche en santé du Canada
Michelle Hume Instituts de recherche en santé du Canada
Mark Loeb McMaster University
Anne Malo Agence de la santé publique du Canada
Olivier Robledo Instituts de recherche en santé du Canada
Manjeet Sethi Agence canadienne d'inspection des aliments
Bhagirath Singh Instituts de recherche en santé du Canada

Sous-comité de programme

Earl Brown, président Université d'Ottawa
Guy Boivin Centre hospitalier universitaire de Québec
Todd Hatchette Queen Elizabeth II Health Science Center
Michelle Hume Instituts de recherche en santé du Canada
Bryce Larke Consultant – santé publique
Allison McGeer Mount Sinai Hospital
Christine Power Agence canadienne d'inspection des aliments
Carol Richardson Instituts de recherche en santé du Canada
Ross Upshur University of Toronto
Veronica von Messling INRS-Institut Armand-Frappier
Tania Watts University of Toronto
Tom Wong Agence de la santé publique du Canada

Sous-comité de la logistique

Tim Booth Agence de la santé publique du Canada
Diane Christin Instituts de recherche en santé du Canada
Melissa Gagnon Agence de la santé publique du Canada
Michelle Hume Instituts de recherche en santé du Canada
Susan Lalumière Instituts de recherche en santé du Canada
Lucie Lavergne Agence canadienne d'inspection des aliments
Anne Malo Agence de la santé publique du Canada
Carol Richardson Instituts de recherche en santé du Canada
Jill Shields Instituts de recherche en santé du Canada

Sommaire

Plus de 150 chercheurs et experts s'intéressant à la grippe et à la pandémie ont assisté à la Rencontre canadienne sur la capacité d'intervention en cas de pandémie : des découvertes aux premières lignes, qui s'est tenue à Winnipeg (Manitoba), du 6 au 8 novembre 2008. La rencontre a été organisée et financée par l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC-IMII), l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Elle avait pour but de présenter les résultats de recherches récentes et d'en discuter, de favoriser la collaboration, de créer des liens entre les chercheurs et les personnes qui utiliseront les connaissances générées et de relever les besoins et les lacunes en matière de recherche. Le présent rapport résume la rencontre ainsi que chacune des présentations orales offertes, en plus de décrire les recherches ou les intérêts de chacun des participants.

Les participants ont été conviés à une séance d'information préliminaire qui s'est déroulée au Centre scientifique canadien de santé humaine et animale (CSCSHA). Le Centre est un laboratoire de pointe, le seul au Canada à disposer d'installations de niveau de confinement 4. Il abrite à la fois le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l'ASPC et le Centre national des maladies animales exotiques (CNMAE) de l'ACIA. Le LNM se consacre à la recherche sur les maladies infectieuses, à la lutte contre ces maladies, de même qu'à leur identification et à leur prévention. Le CNMAE offre des services scientifiques et de laboratoire permettant l'identification rapide et exacte et le signalement des maladies animales exotiques. La séance a permis aux participants d'en apprendre davantage sur le CSCSHA et sur les recherches qui y sont menées relativement à la pandémie de grippe, grâce aux présentations offertes par les chercheurs qui y travaillent.

Le discours d'ouverture de la rencontre principale a été livré par le Dr Andreas Reis de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il a abordé les enjeux éthiques de la préparation en cas de pandémie et a parlé d'un document d'orientation publié sur le sujet par l'OMS en 2007. Quatre grands secteurs de préoccupation éthique ont été abordés : la justice distributive et l'accès équitable; les mesures de santé publique; les obligations des travailleurs de la santé et les obligations des autorités et des employeurs à leur égard; et la collaboration internationale et la recherche. Le Dr Reis a fourni plus d'information sur ces questions et a décrit les recommandations de l'OMS sur le sujet.

Le Dr Bhagirath Singh, directeur scientifique de l'IMII des IRSC, a ensuite fait un survol de l'Initiative de recherche stratégique sur la capacité d'intervention en cas de pandémie (IRSCIP). L'IRSCIP a été créée par l'IMII des IRSC, grâce à des fonds provenant du gouvernement du Canada et de partenaires, afin de soutenir et de promouvoir la recherche et de renforcer la capacité d'intervention en cas de pandémie de grippe. Au cours de la première phase de l'IRSCIP, on a défini des secteurs de recherche stratégique et créé des subventions pour chacun. Au cours de la deuxième phase, on a offert les subventions à des chercheurs pour former des équipes et élaborer des plans qui seraient déployés en cas de pandémie. La troisième phase, qui est essentielle, consistera à diffuser les connaissances générées. La rencontre de Winnipeg s'inscrit dans cette troisième phase. Le Dr Singh a affirmé que le nombre de chercheurs sur la grippe et la pandémie qui ont assisté à la rencontre, les liens formés et les connaissances échangées démontrent que les efforts déployés par l'IMII des IRSC et ses partenaires portent des fruits : les capacités de recherche du Canada dans ce secteur sont supérieures à ce qu'elles étaient lorsque l'Initiative a vu le jour en 2006.

Le reste de la rencontre s'est composé de présentations, de tables rondes et de deux séances de présentation par affiches. Les présentations orales tournaient autour de quatre thèmes : biologie et diagnostic de l'infection attribuable au virus influenza; planification en cas de pandémie, y compris les questions éthiques et juridiques; transmission, antiviraux et lutte contre l'infection; vaccins et immunomodulation. Chaque séance a commencé par un exposé principal, suivi de quatre exposés secondaires. À la fin de chaque séance, on lançait une table ronde dans laquelle on demandait aux participants de relever des besoins et des lacunes dans le secteur de recherche visé. Deux séances de présentation par affiches ont aussi été offertes pour permettre à d'autres chercheurs de présenter leurs résultats et d'en discuter avec les participants.

Le Dr Adolfo García-Sastre de la Mount Sinai School of Medicine a livré l'exposé principal marquant le commencement de la séance sur la biologie et le diagnostic de l'infection par le virus grippal. Le Dr García-Sastre et ses collègues ont reconstruit le virus grippal hautement pathogène de 1918. Leur objectif global est de comprendre les éléments du virus de 1918 qui sont responsables de sa virulence et de sa transmissibilité, car la prochaine souche pandémique pourrait partager certaines caractéristiques avec ce virus. Les connaissances acquises seront utilisées pour prévoir les risques que posent les souches animales existantes du virus pour les humains et pour dégager les cibles des stratégies de prévention et de traitement. Au cours des brèves discussions qui ont suivi, les participants en ont appris davantage sur un mécanisme utilisé par le virus de la grippe pour inhiber des processus cellulaires afin de se reproduire dans les cellules hôtes, sur des approches génétiques permettant d'identifier les gènes hôtes qui confèrent la susceptibilité ou la résistance à l'infection grippale et sur un nouveau système permettant aux chercheurs de mener en toute sécurité des études sur des virus grippaux hautement pathogènes.

La séance sur la planification en cas de pandémie, y compris les questions éthiques et juridiques, a commencé par un exposé principal du Dr Ross Upshur du Joint Centre for Bioethics de l'University of Toronto. Le Dr Upshur a présenté un aperçu des enjeux éthiques soulevés par les urgences en santé publique telles que les épidémies de grippe. Il a décrit le nouveau programme CanPREP qu'il a mis en oeuvre avec son équipe. Le programme est fondé sur un rapport intitulé « Stand on Guard for Thee », qui comprend un cadre éthique en matière de planification et de préparation en cas de pandémie. Les résultats du programme CanPREP faciliteront la planification future en cas d'urgence et de pandémie au Canada et à l'étranger. Au cours des exposés plus brefs qui ont suivi, les participants ont pris connaissance d'un projet pilote dans lequel on utilise des groupes de discussion pour cerner les opinions sur les politiques de santé publique, d'un nouveau cadre éthique en santé publique et d'études préliminaires visant à évaluer dans quelle mesure la recherche en éthique est transposée dans les politiques.

Le Dr Mark Loeb de McMaster University a livré l'exposé principal de la séance sur la transmission, les antiviraux et la lutte contre l'infection. Il a fait un survol sur la transmission de la grippe et a décrit les recherches qu'il a entreprises avec ses collègues pour comprendre la transmission naturelle du virus de la grippe dans la communauté et déterminer si la vaccination aura pour effet de la réduire. L'équipe a étudié plusieurs communautés huttérites Dariusleut de l'Alberta. Au cours de la première année, les chercheurs ont découvert que les participants symptomatiques et asymptomatiques présentaient des taux élevés d'excrétion virale, et que la durée de l'excrétion était très variable. De nouveaux traitements contre la grippe, comme l'oxyde nitrique et les modulateurs des médiateurs lipidiques de l'inflammation, ont été décrits dans les courts exposés, ainsi que la recherche sur différents types de vaccins antigrippaux et leur capacité à prévenir la transmission.

La séance portant sur les vaccins et l'immunomodulation a commencé par un exposé principal offert par le Dr David Woodland du Trudeau Institute. Le Dr Woodland a décrit les recherches qu'il mène avec ses collègues en vue de comprendre le maintien des lymphocytes T mémoire à la suite de l'infection par le virus grippal et de l'immunisation, et le recrutement des lymphocytes T mémoire dans les poumons après une infection par le virus. Il est essentiel de comprendre ces processus, car l'amélioration des vaccins antigrippaux ne pourra sans doute pas se faire sans la génération de réponses fortes de la part des lymphocytes T. Le Dr Woodland a découvert que le récepteur chimiokine CCR5 est nécessaire pour le recrutement précoce des lymphocytes T mémoire dans les poumons à la suite de l'infection. Dans les exposés secondaires qui ont suivi, les participants en ont appris davantage sur les résultats d'un essai clinique pour évaluer l'innocuité et l'efficacité de différents vaccins prépandémiques contre la souche H5N1, sur les nouvelles approches d'immunisation pour favoriser les réponses cytotoxiques des lymphocytes T, et sur les résultats d'une recherche portant sur l'efficacité du programme de vaccination universelle de l'Ontario.

Des besoins et des lacunes en matière recherche ont été relevés lors de la table ronde qui a suivi chaque séance. Plusieurs participants ont signalé qu'un répertoire des ressources sur la grippe (p. ex. souches virales, souches recombinantes, réactifs normalisés, lieux où des études sur l'animal peuvent être effectuées, etc.) devait être créé. Il faudrait aussi approfondir les liens entre tous les chercheurs s'intéressant à l'épidémie et à la grippe, quel que soit leur domaine. Idéalement, il faudrait créer un centre d'excellence en matière de recherche sur la grippe. Les participants ont relevé plusieurs besoins en matière de recherche sur la grippe et sur la capacité d'intervention en cas de pandémie, notamment sur les sujets suivants :

  • Les effets du vieillissement et des maladies chroniques sur la transmission du virus et la maladie.
  • Les facteurs immunologiques qui permettent aux individus de survivre à une pandémie de grippe.
  • Les méthodes pour veiller à ce que les travailleurs de la santé soient disposés à se rendre au travail pendant une pandémie.
  • Les façons d'améliorer la communication entre les responsables de la santé publique et les médias.
  • La transmission du virus grippal et les moyens de la prévenir.
  • Le recours à la polythérapie pour améliorer le traitement et empêcher l'apparition d'une résistance virale.
  • De nouveaux antiviraux et des méthodes pour associer les antiviraux existants à des immunomodulateurs.
  • Les façons de créer de meilleurs vaccins antigrippaux, y compris des vaccins qui offrent une protection croisée, stimulent les réponses des lymphocytes T et/ou génèrent une immunité mucosale.
  • L'impact d'une infection naturelle sur le système immunitaire.

Le Dr Singh a clos la rencontre en offrant un aperçu de certaines initiatives nouvelles liées à la recherche sur la grippe et sur la capacité d'intervention en cas de pandémie, y compris l'International Microbiome Consortium et le Partenariat d'innovation stratégique entre le Canada et la Californie. Il a remercié les membres du comité organisateur, du sous-comité de programme et du sous-comité de la logistique de leurs efforts, de même que les participants pour leur précieuse contribution. Le Dr Singh a rappelé aux participants que la menace d'une pandémie de grippe constitue un problème constant et mondial et qu'il est essentiel de maintenir la capacité acquise et de poursuivre les efforts entrepris en matière de recherche.

Tant les participants que les organisateurs ont convenu que la rencontre était une immense réussite. Les participants ont apprécié l'étendue des sujets et le fait qu'on leur offre la possibilité d'exprimer leurs opinions pendant les tables rondes. Une vaste majorité des participants étaient d'avis que la rencontre était une excellente occasion d'établir des contacts et de faire la connaissance de chercheurs de différents domaines.

Aperçu de la rencontre

Plus de 150 chercheurs et experts canadiens et internationaux s'intéressant à la grippe et à la pandémie ont assisté à la Rencontre canadienne sur la capacité d'intervention en cas de pandémie : des découvertes aux premières lignes, qui s'est tenue à Winnipeg (Manitoba), du 6 au 8 novembre 2008. Son but général était de permettre aux participants de présenter les résultats de recherches récentes, de discuter de recherches en cours et d'établir des partenariats et des liens qui aideront le Canada et le reste du monde à se préparer à la prochaine pandémie de grippe. Les objectifs précis étaient les suivants :

  • résumer l'état actuel des recherches des participants sur la grippe et la capacité d'intervention en cas de pandémie;
  • rehausser les liens et les interactions entre les chercheurs et les utilisateurs finaux des résultats de recherche;
  • favoriser le réseautage et la collaboration entre les chercheurs qui s'intéressent à la grippe et à la capacité d'intervention en cas de pandémie.

La rencontre a été organisée et financée par l'IMII des IRSC, l'ASPC et l'ACIA. Elle comprenait également une séance d'information préliminaire tenue au CSCSHA. Consulter l'annexe 1 pour connaître l'ordre du jour de cette séance, l'annexe 2 pour connaître l'ordre du jour de la rencontre et l'annexe 3 pour obtenir la liste des participants.

La rencontre a commencé par un exposé principal du Dr Andreas Reis de l'OMS portant sur les enjeux éthiques en matière de préparation en cas de pandémie. Les présentations orales étaient regroupées en quatre séances : biologie et diagnostic de l'infection attribuable au virus influenza; planification en cas de pandémie, y compris les questions éthiques et juridiques; transmission, antiviraux et lutte contre l'infection; vaccins et immunomodulation. Chaque séance commençait par un exposé principal, suivi de trois à quatre exposés plus succincts. Consulter l'annexe 5 pour plus d'information sur les conférenciers principaux et leurs recherches, et consulter l'annexe 6 pour plus d'information sur les conférenciers secondaires. Les chercheurs ont aussi eu l'occasion de voir des affiches présentées lors de deux séances (annexe 7). Des renseignements additionnels sur les intérêts des différents participants dans le domaine de la grippe et de la pandémie sont offerts à l'annexe 8.

Résumé de la séance d'information préliminaire

Le CSCSHA est exploité conjointement par l'ASPC et l'ACIA. Les participants ont été accueillis par le Dr Tim Booth, directeur de la Division des maladies virales du Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l'ASPC, et le Dr Søren Alexandersen, directeur du Centre national des maladies animales exotiques (CNMAE) de l'ACIA. Une série de présentations ont ensuite été offertes au sujet des installations et des recherches sur la grippe pandémique menées par les chercheurs du Centre. Consulter l'annexe 4 pour plus d'information sur les conférenciers de la séance préliminaire et leurs recherches.

Visite virtuelle du CSCSHA
Mme Joy Stadnichuk, LNM, ASPC
Le CSCSHA abrite deux organismes du gouvernement du Canada : le LNM de l'ASPC et le CNMAE de l'ACIA. Ces organismes ont une vaste expertise sur les maladies infectieuses humaines et animales et travaillent côte à côte sur les diagnostics et les recherches afin de protéger la santé des Canadiens et leur économie. Le regroupement des deux organismes dans un même bâtiment favorise la collaboration et la coopération, ce qui rehausse la qualité des travaux scientifiques et des politiques. Le mandat du LNM est d'identifier les maladies infectieuses, de lutter contre ces dernières, de les prévenir et de mener des enquêtes. Le CNMAE offre des services scientifiques et de laboratoire pour l'identification rapide et exacte des maladies animales exotiques et leur signalement. Le Centre a ouvert ses portes en 1999 et compte 500 employés. Il abrite les seuls laboratoires de niveau de confinement 4 au Canada, lesquels sont utilisés pour étudier des agents dangereux qui provoquent habituellement chez les humains des maladies très graves et impossibles à traiter. Plusieurs précautions sont prises pour contenir ces agents, y compris la ventilation à pression négative, la conception spéciale des laboratoires et la stérilisation de tout l'air et de tous les déchets évacués. La majeure partie de l'espace de laboratoire a un niveau de confinement 2 ou 3. Le Centre comprend un comité de liaison avec la communauté formé de représentants de regroupements de quartier, d'associations communautaires, d'organisations professionnelles et du CSCSHA. Ce comité a été créé pour rehausser la confiance du public, fournir de l'information et recevoir les commentaires du public.

Survol des recherches sur la pandémie menées au Laboratoire national de microbiologie de l'ASPC
Dr Tim Booth, LNM, ASPC

Le Dr Booth a décrit plusieurs activités de recherche clés menées par le LNM relativement à la grippe saisonnière et à la grippe pandémique. Le LNM fait partie du système de surveillance de la grippe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et assume le rôle de centre national de lutte contre la grippe au Canada. La surveillance des souches de virus grippal est nécessaire pour veiller à ce qu'il y ait une correspondance antigénique étroite entre les virus en circulation et les vaccins contre la grippe saisonnière, et pour détecter rapidement une pandémie. Une surveillance rigoureuse permet aussi de prendre de bonnes décisions relativement aux stratégies et aux campagnes nationales de lutte contre la grippe. Les données recueillies sont versées dans Surveillance de l'influenza, un site Web qui offre aux professionnels et au public de l'information ponctuelle et à jour sur l'activité grippale au Canada et à l'étranger. Le LNM offre également des réactifs spécialisés, de la formation et du soutien technique pour le sous-typage et le génotypage du virus grippal et les épreuves de sensibilité aux médicaments. En plus de ses activités de surveillance, le LNM mène des recherches pour aider le Canada à se préparer à une pandémie de grippe. Ces recherches visent notamment à comprendre la pathogenèse des souches pandémiques de grippe, à mettre au point des technologies nouvelles pour améliorer les vaccins antigrippaux et à améliorer le diagnostic des souches émergentes du virus grippal et des autres virus respiratoires. Les réactifs, l'expertise, la capacité de recherche et les liens qui ont été établis par le LNM seront essentiels au cours de la prochaine pandémie de grippe.

Le Système national de surveillance de la grippe du Canada
Dre Nathalie Bastien, LNM, ASPC

Le virus grippal de type A évolue constamment, entraînant année après année des épidémies responsables d'une morbidité et d'une mortalité substantielles. Les experts conviennent qu'une pandémie de grippe future est inévitable, bien qu'on ne puisse prévoir le moment où elle se déclenchera. La surveillance étroite des virus grippaux en circulation est essentielle pour détecter l'apparition de nouvelles variantes ou de nouvelles souches pandémiques. La Dre Bastien a décrit le travail de la Section des virus respiratoires et grippaux (SVRG) du LNM, qui est le Centre national de lutte contre la grippe désigné par l'OMS au Canada. La SVRG collabore avec l'OMS, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), les laboratoires provinciaux de santé publique et les hôpitaux pour mener une surveillance nationale des virus de la grippe humaine. La SVRG surveille l'activité grippale, décrit les changements antigéniques du virus et détermine la sensibilité aux médicaments des souches du virus grippal en circulation au Canada. Elle a récemment pris part au programme d'évaluation de la qualité externe de l'OMS pour la détection du virus grippal de type A par PCR) et a identifié tous les échantillons correctement. L'activité de surveillance permet aussi d'évaluer l'efficacité des vaccins. Les activités et l'information générées sont essentielles à la mise au point des stratégies de prévention et de traitement qui sont utilisées lors des épidémies de grippe annuelles, et qui serviront aussi lors de la prochaine pandémie.

Rétro-ingénierie appliquée au virus grippal : études sur la pathogénicité du virus de 1918
Dr Darwyn Kobasa, LNM, ASPC

La pandémie de grippe de 1918 est la pandémie de maladie infectieuse la plus dévastatrice de toute l'histoire de l'humanité. On estime que 40 à 50 millions de personnes sont mortes à l'échelle de la planète. Le Dr Kobasa et ses collaborateurs ont caractérisé la maladie et les réponses de l'hôte chez des primates non humains infectés par le virus de 1918. L'équipe de recherche a utilisé la génétique inverse pour recréer le virus de 1918, puis ont infecté des macaques dans des installations de niveau 4 de biosécurité. L'équipe a démontré que le virus de 1918 cause une maladie grave chez les primates non humains. L'issue fatale de l'infection est liée à une réponse aberrante du système immunitaire de l'hôte, qui comprend la suppression de l'expression des interférons de type 1 et des gènes stimulés par ceux-ci. Les résultats de ces recherches ont permis de comprendre pourquoi la pandémie de 1918 a atteint une telle gravité et contribuent à expliquer les mécanismes utilisés par les virus grippaux hautement pathogènes pour causer la maladie.

Évaluation de nouveaux vaccins antigrippaux et fondement de la protection immunitaire
Dr Gary Kobinger, LNM, ASPC

L'incidence de la transmission de la souche H5N1 du virus grippal de la volaille à l'homme a augmenté depuis 2003. De plus, la possibilité d'une transmission interhumaine de la souche H5N1 a encouragé les efforts en vue d'élaborer des stratégies de prévention. La vaccination est actuellement la mesure préventive la plus efficace contre les infections grippales, mais de nouveaux vaccins plus efficaces et pouvant procurer une protection contre plusieurs souches à la fois sont nécessaires. Le Dr Kobinger et son équipe mettent au point de nouveaux vaccins antigrippaux, les mettent à l'essai avec des modèles animaux et étudient les réponses immunitaires afin de sélectionner le meilleur vaccin et de comprendre le fondement de la protection. Plusieurs types de vaccins contre la souche H5N1 ont été mis à l'essai, dont des vaccins à base de protéine purifiée, d'ADN, d'adénovirus ou de virus inactivé. Les animaux vaccinés sont exposés à la souche virale utilisée dans le vaccin ou à une souche différente, afin d'étudier les niveaux de protection. Les recherches du Dr Kobinger et de son équipe portent à croire qu'il serait possible d'obtenir une protection croisée contre des souches divergentes du virus de la grippe aviaire (H5N1) avec des vaccins à base d'ADN renfermant des combinaisons optimales de codes d'ADN pour différents antigènes viraux. Les résultats de ces recherches faciliteront la mise au point de la prochaine génération de vaccins antigrippaux.

Aperçu des recherches sur la pandémie menées au Centre national des maladies animales exotiques de l'ACIA
Dr John Pasick, CNMAE, ACIA

Le Dr Pasick a résumé certaines des recherches sur le virus grippal de type A qui sont menées au CNMAE et dans d'autres laboratoires de l'ACIA. Il y a quatre grands thèmes de recherche : élaboration de tests de diagnostic; pathogenèse; écologie et épidémiologie; vaccins et immunologie. Dans le domaine des tests de diagnostic, les chercheurs génèrent des anticorps monoclonaux contre plusieurs protéines recombinantes du virus grippal. Les anticorps ont été utilisés dans plusieurs applications, y compris pour mettre au point une épreuve ELISA de compétition conçue spécialement pour la souche H5. Des lignées cellulaires d'oiseaux aquatiques et non aquatiques ont aussi été mises au point; on les utilise pour isoler et caractériser des virus aviaires, y compris le virus de la grippe aviaire. Dans un autre projet, on a mis au point une épreuve immunologique par microbilles afin de déceler la présence d'anticorps contre le virus grippal dans des échantillons biologiques. Dans le domaine de la pathogenèse, le Dr Pasick et ses collaborateurs ont étudié en laboratoire l'effet de la souche H5NI hautement pathogène du virus de la grippe aviaire sur la bernache du Canada. Le but est de déterminer l'effet qu'aurait la souche H5N1 sur la sauvagine si elle devait faire son apparition au Canada. Les bernaches adultes infectées n'ont pas présenté de signes cliniques, mais les sujets juvéniles naïfs étaient manifestement susceptibles, et l'infection a été décelée dans plusieurs tissus. Par conséquent, l'utilisation de sujets juvéniles naïfs est appropriée dans le cadre des efforts de surveillance. Dans le domaine de l'écologie et de l'épidémiologie, un programme de surveillance nationale de la grippe A chez les oiseaux sauvages a été mis sur pied. L'information acquise et les activités de recherche établies par ce programme sont utiles pour plusieurs raisons, notamment pour ce qui est de la capacité de mener une analyse rétrospective en réponse à des épidémies. Le Dr Pasick a conclu en décrivant le Système canadien de surveillance de l'influenza aviaire à déclaration obligatoire qui est élaboré par l'ACIA en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux et des représentants de l'industrie de la volaille. Le système est conçu pour satisfaire aux lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et aux nouveaux accords commerciaux de l'Union européenne qui entrent en vigueur en janvier 2009.

Stratégies de vaccination contre la grippe aviaire
Dr Shawn Babiuk, CNMAE, ACIA

La plupart des sous-types de grippe aviaire causent des infections légères ou asymptomatiques chez le poulet. Les souches aviaires H5 or H7 faiblement pathogènes peuvent toutefois évoluer à l'intérieur des poulets hôtes pour devenir hautement pathogènes. Les souches hautement pathogènes de grippe aviaire causent le décès rapide des poulets, et certaines souches peuvent infecter et tuer l'humain. Les méthodes employées pour éradiquer les souches hautement pathogènes de grippe aviaires chez les oiseaux, comme l'élimination des bandes infectées, ont échoué dans certaines régions. La vaccination serait une autre approche que l'on pourrait utiliser pour limiter l'impact de la grippe aviaire. Les vaccins antigrippaux inactivés actuels sont efficaces pour prévenir le décès des poulets atteints de la grippe aviaire, mais pas pour prévenir l'excrétion virale, et ils n'offrent pas une protection croisée. Plusieurs vaccins expérimentaux sont mis au point par divers groupes indépendants, y compris l'équipe du Dr Babiuk. Le vaccin idéal devrait être facile à administrer (p. ex. par l'eau potable), peu coûteux et sûr, protéger à la fois contre les souches pathogènes H5 et H7 et prévenir l'excrétion virale, et il devrait permettre de distinguer les animaux vaccinés de ceux qui présentent des infections naturelles. La mise au point d'un tel vaccin permettrait d'améliorer la santé des oiseaux et peut-être également de prévenir une pandémie de grippe.

Survol des études expérimentales chez l'animal sur le virus grippal responsable de la pandémie de 1918 menées au Centre national des maladies animales exotiques
Dre Hana Weingartl, CNMAE, ACIA

La sauvagine est le réservoir naturel des virus grippaux de type A. Les virus grippaux acquièrent à l'occasion la capacité de se transmettre à d'autres espèces et d'ainsi infecter les porcs ou les humains. Par exemple, il semble que le changement d'un seul acide aminé dans l'hémagglutinine de la souche grippale responsable de la pandémie de 1918 a permis à cette dernière d'infecter l'humain. Une pandémie peut s'ensuivre si le virus est hautement pathogène et acquiert la capacité de se transmettre entre les humains. La Dre Weingartl et ses collaborateurs ont mené une série d'expériences afin d'étudier la capacité du virus de 1918 d'infecter et de causer la maladie chez les porcs et les oiseaux. L'équipe a découvert que le virus de 1918 virus pouvait infecter et causer la maladie chez les porcs, mais que les symptômes cliniques étaient moins sévères que ceux décrits dans les rapports de 1918 sur la grippe porcine. Ces résultats appuient l'hypothèse voulant que le virus pandémique de 1918 soit un ancêtre à la fois des virus humains H1N1 et des virus porcins H1N1 classiques. Dans d'autres expériences, tous les oiseaux auxquels on a inoculé le virus de la grippe pandémique de 1918 ont survécu et n'ont pas montré de signes cliniques de la maladie, quoique les canards infectés excrétaient le virus. Selon l'hypothèse posée par la Dre Weingartl, le virus grippal de 1918 serait apparu chez les oiseaux, se serait propagé chez les humains par un moyen encore inconnu, puis se serait propagé chez les porcs, lesquels auraient joué un rôle dans le maintien et la propagation de la souche pandémique humaine. La compréhension accrue de la biologie du virus de 1918 que l'on a acquise grâce à ces expériences nous permettra de reconnaître le risque que les virus animaux en circulation puissent initier une pandémie et d'identifier de nouvelles cibles dans le cadre des interventions thérapeutiques et prophylactiques.

Sommaire de la rencontre principale

Mot de bienvenue et d'ouverture

Président : Dr Earl Brown, Université d'Ottawa
À titre de président de la rencontre de Winnipeg, le Dr Brown a souhaité la bienvenue aux participants et a présenté un survol du programme.

Dr Bhagirath Singh, Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC
Le Dr Singh a souhaité la bienvenue à tous les participants au nom des organisateurs de la rencontre : les IRSC, l'ASPC et l'ACIA. Il a fait valoir que le nombre de participants et les résultats des recherches qui seront présentés lors de la rencontre montrent que les efforts coordonnés en vue de renforcer la capacité de recherche dans le domaine de la grippe et de la préparation en cas de pandémie portent des fruits.

Les efforts pour soutenir et promouvoir la recherche pour améliorer la capacité d'intervention en cas de pandémie de grippe ont commencé avec l'Atelier sur les priorités de la recherche sur l'influenza tenu à Ottawa en 2005 et organisé conjointement par l'ASPC et l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII) des IRSC. À partir des recommandations découlant de l'atelier, et grâce à des fonds provenant du gouvernement du Canada et de partenaires, l'IMII des IRSC a créé l'Initiative de recherche stratégique sur la capacité d'intervention en cas de pandémie (IRSCIP). La rencontre de Winnipeg s'inscrit dans cette initiative et offre une occasion idéale de s'informer entre collègues, de réunir des groupes disparates et d'établir des collaborations. Le Dr Singh a transmis les meilleurs souhaits du Dr Alain Beaudet, président des IRSC, et de la Dre Arlene King, directrice générale du Centre de l'immunisation et des maladies respiratoires infectieuses de l'ASPC, en vue d'une rencontre productive.

Le Dr Singh a conclu en rappelant que la saison grippale approchait, et que les efforts des participants seraient importants pour prévenir et traiter la grippe saisonnière, assurer la planification en cas de pandémie et se préparer aux infections respiratoires en général.

Enjeux éthiques liés à la capacité d'intervention en cas de pandémie : orientation mondiale et planification nationale
Dr Andreas Reis, Organisation mondiale de la santé
Le Dr Reis a offert un aperçu des travaux effectués par l'OMS pour aborder les enjeux éthiques liés à la préparation et à l'intervention en cas de pandémie. En 2007, l'OMS a publié le rapport « Ethical considerations in developing a public health response to pandemic influenza » (anglais seulement). Ce rapport est axé sur quatre grands secteurs de préoccupation éthique : la justice distributive et l'accès équitable; les mesures de santé publique; les obligations des travailleurs de la santé et les obligations des autorités et des employeurs à leur égard; et la collaboration internationale et la recherche.

La justice distributive et l'accès équitable consistent à essayer de trouver un équilibre entre le fait d'affecter les ressources rares comme les vaccins, les antiviraux et les soins de santé de façon à apporter le plus de bienfaits possibles à la société et le fait d'accorder la priorité aux personnes qui risquent le plus de mourir. Par exemple, devrait-on sauver le plus de vies possible, sauver le plus grand nombre d'années de vie en traitant les enfants d'abord ou accorder la priorité aux travailleurs de la santé et aux gens qui ont entre 13 et 40 ans? Les priorités doivent respecter les droits humains et être assorties de stratégies de communication appropriées, et il faut les établir en mettant à contribution les intervenants et le public.

Le deuxième secteur, soit la santé publique, touche aux questions d'isolement, de quarantaine et de distanciation sociale pour lesquelles il existe une tension entre les intérêts de la société et la liberté des individus. En santé publique, les décisions doivent se prendre de façon ouverte, juste et légitime et avec la participation de la communauté pour rehausser la confiance. Les gouvernements devraient définir explicitement qui détient le pouvoir et comment les décisions seront prises. Les mesures devraient être volontaires (si possible), les renseignements personnels devraient être tenus confidentiels, les sanctions en cas de non-respect devraient être proportionnelles et les personnes placées en quarantaine devraient être soignées.

Le troisième secteur, soit les obligations des travailleurs de la santé et les obligations des autorités et des employeurs à leur égard, concerne des questions telles que les suivantes : Les travailleurs de la santé ont-ils l'obligation de prodiguer des soins pendant une pandémie? Devraient-ils être traités ou vaccinés en priorité? Comment et par qui ces obligations devraient-elles être formulées et appliquées? Pour aborder ces questions, l'OMS est d'avis que les gouvernements devraient veiller à ce que les risques pour les travailleurs de la santé soient réduits au minimum, à ce que ces derniers reçoivent la formation et l'information qui conviennent et à ce qu'un système d'avantages soit mis au point. Ces mesures favoriseront le respect des obligations de la part des travailleurs de la santé. Des politiques devraient être élaborées conjointement avant qu'une pandémie ne survienne.

Le dernier secteur abordé par le Dr Reis a été la collaboration internationale et la recherche. Les gouvernements doivent déterminer comment mettre en balance leurs devoirs à l'égard de leur propre population et leurs devoirs à l'égard des populations des autres pays. Les enjeux éthiques de la recherche pendant une épidémie doivent aussi être pris en considération.

Le Dr Reis a souligné plusieurs initiatives récentes et planifiées par l'OMS qui mettent en cause l'éthique et la planification en cas de pandémie, notamment un forum des intervenants canadiens organisé par le Joint Centre for Bioethics de l'University of Toronto en janvier 2009. Le Dr Reis a conclu son allocution en rappelant aux participants que de nouvelles maladies infectieuses continueront de faire leur apparition. Il est essentiel de renforcer la capacité nationale et mondiale à les détecter et à y réagir efficacement, d'une manière qui respecte les normes en matière d'éthique et de droits humains.

Programme de recherche canadien pour la capacité d'intervention en cas de pandémie
Le Dr Singh a présenté un aperçu de l'IRSCIP. En mai 2006, l'IMII des IRSC a créé cette initiative grâce à des fonds 21,5 millions de dollars sur cinq ans offerts par le gouvernement du Canada. L'IMII a ensuite rapidement établi des partenariats avec l'ASPC, l'ACIA et autres afin de coordonner les stratégies nationales et de porter le financement à 41 millions de dollars.

La première phase de l'IRSCIP consistait tant à renforcer la capacité de recherche qu'à stimuler la recherche dans les secteurs stratégiques prioritaires identifiés par le groupe de travail de l'IRSCIP en consultation avec les intervenants. Ces secteurs stratégiques sont les suivants : vaccins et programmes d'immunisation, biologie du virus, prévention et traitement, et contrat éthique, juridique et social. L'IRSCIP a offert des subventions dans tous ces secteurs. Au cours de la deuxième phase, des préparatifs sont lancés pour la recherche sur les épidémies par l'entremise de subventions du programme Catalyseur. L'application des connaissances est un volet important, sur lequel on se concentre dans le cadre de la troisième phase au moyen de fonds de recherche ciblés et de rencontres. Il est essentiel de communiquer les nouveaux résultats de recherche aux professionnels de la santé et aux décideurs, de même qu'au grand public par les médias.

Le Dr Singh a terminé son allocution en exprimant son impatience de participer à la rencontre et d'en apprendre davantage sur les progrès réalisés en recherche sur la grippe et la pandémie. Il a invité les participants à poursuivre sur la même lancée et à se servir de cette rencontre pour bâtir des ponts et établir des liens.

Séance 1 : Biologie et diagnostic de l'infection attribuable au virus influenza

Coprésidents : Dr Earl Brown, Université d'Ottawa
Dr Todd Hatchette, Queen Elizabeth II Health Science Center

Exposé principal : Virulence et transmission du virus de la grippe de 1918
Dr Adolfo García-Sastre, Mount Sinai School of Medicine
La pandémie de grippe espagnole de 1918 a causé le décès de 40 millions de personnes dans le monde. Le Dr García-Sastre et ses collaborateurs ont reconstruit le virus de la grippe de 1918 à l'aide de la séquence du matériel génétique obtenu de cadavres de personnes décédées en 1918 et d'échantillons pathologiques qui ont été conservés. Par ces travaux, le Dr García-Sastre vise globalement à comprendre les déterminants génétiques du virus de 1918 responsables de sa virulence et de sa transmission en 1918, car des chercheurs émettent l'hypothèse que la future souche pandémique d'influenza pourrait partager les mêmes caractéristiques. Ces connaissances pourraient être utilisées pour prédire les risques que les souches animales de virus existantes posent aux humains et pour établir des stratégies de prévention et de traitement.

Dr García-Sastre et ses collaborateurs ont découvert que le virus de 1918 se réplique davantage dans les animaux et dans les cellules humaines en culture et qu'un élément constitutif du virus, l'hémagglutinine (HA), joue un rôle crucial dans sa virulence. En outre, la modification d'un seul acide aminé de l'HA a une incidence sur la sélectivité du récepteur et est déterminant pour la transmission chez le furet. Le virus de 1918 induit des réponses immunitaires (cytokines) exagérées chez l'hôte, ce qui laisse croire que la pathogénèse pourrait partiellement être le résultat d'une réponse exagérée chez l'hôte. Les antiviraux qui existent actuellement, comme les inhibiteurs M2 et les inhibiteurs de neuraminidase empêchent les animaux infectés par le virus de 1918 de mourir, s'ils sont administrés 24 heures après l'infection. En outre, l'immunisation contre H1N1 protège contre la souche de 1918.

L'infection par le virus influenza de type A active la voie de signalisation du phosphatidylinositol 3-kinase (PI3K)/Akt
Dre Yan Zhou, Vaccine and Infectious Disease Organization (VIDO)
Les virus ont mis au point des mécanismes inhibant les processus cellulaires, lesquels, en temps normal, favorisent la résorption de l'infection. Dre Zhou a découvert que la protéine NS1 du virus influenza active la voie de la PI3K/AKT en se liant directement à la sous-unité p85 de la PI3-kinase. Un des rôles de cette voie de signalisation est d'empêcher la mort de la cellule ou apoptose. Dre Zhou émet l'hypothèse que c'est l'absence de mortalité des cellules de l'hôte qui permet au virus de se répliquer. Dre Zhou a découvert la région de la protéine NS1 qui interagit avec la p85 et a déterminé que les virus présentant des mutations dans cette région ont plus de difficulté à se répliquer. L'interaction entre la protéine NS1 et la sous-unité p85 est une cible possible que l'on pourrait exploiter pour mettre au point des nouveaux médicaments contre la grippe.

Un nouveau modèle d'infection causée par un virus influenza hautement pathogène
Dre Silvia Vidal, Université McGill
Pendant les éclosions de maladies infectieuses, certaines personnes meurent de l'infection alors que d'autres survivent. Cette différence est en partie causée par une variation des réponses immunitaires innées de l'hôte, attribuables à des différences génétiques. La souris est un excellent modèle animal permettant l'étude des gènes variants conférant une protection ou une susceptibilité à l'infection, car, d'une part, plusieurs souches de souris hétérogènes sur le plan génétique existent et d'autre part, le génome de la souris a été bien caractérisé. Pour examiner les déterminants génétiques de la susceptibilité de l'hôte, Dre Vidal a infecté plusieurs souches pures de souris avec des virus influenza adaptés à la souris renfermant des mutations pathogènes de sous-types de virus H5N1 extrêmement virulents. La souche murine A/J avait des symptômes plus graves et était plus encline à mourir. Dre Vidal a établi que les gènes responsables de cette susceptibilité figurent dans une région constituant 12 % du génome de la souris. Dans des travaux ultérieurs, elle tentera de repérer précisément les gènes de cette région qui jouent un rôle dans la susceptibilité de l'hôte. Ultimement, ces travaux faciliteront la découverte des variations génétiques qui expliquent pourquoi certaines personnes meurent et d'autres survivent pendant une pandémie de grippe, et mèneront peut-être à des traitements ou à des régimes de traitement personnalisés.

Mise au point et caractérisation d'un système d'entrée sécuritaire et efficace du virus aviaire influenza H5N1 destiné aux études sur les virus et les antiviraux
Dr Xiaojian Yao, University of Manitoba
Le virus aviaire H5N1, un sous-type de virus influenza, a déjà causé la mort de plus de 300 personnes, et il est possible qu'il acquière la capacité de se transmettre de personne à personne, provoquant ainsi la prochaine pandémie de grippe. Par conséquent, il est essentiel de mettre au point de nouveaux antiviraux contre le H5N1 et de comprendre la biologie de ce sous-type de virus. Cependant, la nécessité de recourir à des installations de bioconfinement de niveau élevé a restreint le nombre d'études sur le sujet. Le Dr Yao a conçu une nouvelle méthode sûre pour étudier le mécanisme d'entrée du virus H5N1 dans les cellules dans un laboratoire standard. Son système d'entrée fait intervenir l'expression de gènes du H5N1 (hémagglutinine [HA], neuraminidase [NA] et canal ionique M2) à l'aide un vecteur lentiviral. Il a modifié le gène de l'hémagglutinine, de sorte que l'utilisation de la trypsine est nécessaire pour cliver l'HA et permettre l'entrée du virus dans les cellules. Grâce à ce vecteur, il a mis au point une méthode sûre et à haut rendement permettant de présélectionner des médicaments contre la grippe. Aussi, ce modèle permettra aux chercheurs d'examiner l'efficacité avec laquelle des protéines de l'enveloppe dérivées de virus isolés cliniquement ciblent les cellules des voies respiratoires chez l'humain.

Table ronde — Séance 1
On a demandé aux participants de cerner les besoins et les lacunes en matière de recherche dans la discussion qui a succédé à la séance. Les points suivants ont été soulevés :

  • Un participant a mentionné que la recherche sur les outils diagnostiques, notamment les essais au point de service, ne semble pas faire partie des priorités de financement des IRSC; cependant, un autre participant a noté que des chercheurs de McMaster University ont reçu une subvention de l'IRSCIP pour mettre au point des outils diagnostiques pour la grippe.
  • Le LNM et le BC Centre for Disease Control (BCCDC) effectuent maintenant le séquençage rapide, mais l'infrastructure doit être améliorée.
  • Il se peut qu'il y ait d'autres pandémies que celle de la grippe; par conséquent, nous devons financer la recherche sur les virus respiratoires en général, notamment les déterminants de la transmission et les voies empruntées dans l'appareil respiratoire de l'hôte.
  • Une interaction virus-hôte a lieu pendant l'infection; afin de combattre l'infection, il sera important d'examiner les processus cellulaires qui pourraient être ciblés chez l'humain.
  • Une collaboration doit avoir lieu entre virologistes et bactériologistes afin d'élargir nos connaissances sur la grippe pandémique. Par exemple, on a avancé l'hypothèse que de bon nombre des décès associés à la pandémie de grippe de 1918 étaient en fait causés par des infections bactériennes.
  • Un participant a suggéré la création d'un lieu où les ressources sur la grippe sont centralisées (souches de virus, souches recombinantes, lieu de conduite d'études animales, etc.).
  • Idéalement, un centre d'excellence pour la recherche sur la grippe devrait être établi. Les données sur les modèles animaux et les réactifs pourraient être ainsi mises en commun. En outre, un plan coordonné destiné à la recherche sur les pandémies pourrait être élaboré avant la prochaine pandémie.
  • Notre population vieillit, et nous ne disposons pas de bons modèles animaux. Nous avons besoin de comprendre les conséquences de la grippe sur les maladies non transmissibles comme l'accident vasculaire cérébral et l'infarctus du myocarde. Aussi, les vaccins contre la grippe offerts actuellement ne sont pas très efficaces chez les personnes âgées — Nous avons besoin de mettre au point de meilleurs vaccins pour cette population.
  • Il faudrait comprendre les moyens de défense du système immunitaire qui permettent à beaucoup de personnes de survivre à une pandémie de grippe — en d'autres termes, qu'est-ce qui distingue ceux qui survivent de ceux qui en meurent?

Séance 2 : Planification en cas de pandémie, y compris les questions éthiques et juridiques

Président : Dr Ross Upshur, University of Toronto Joint Centre for Bioethics

Exposé principal : Problèmes éthiques soulevés par la préparation en vue d'une pandémie (projet CanPREP)
Dr Ross Upshur, University of Toronto
Jusqu'à récemment, les questions éthiques liées aux maladies infectieuses avaient été passablement négligées. Cet état de fait était notamment causé par la complexité des maladies infectieuses, laquelle nécessite des connaissances dans une vaste gamme de disciplines. En outre, étant donné la nature des maladies infectieuses, les questions éthiques doivent être envisagées sur plusieurs plans, de la santé des personnes à la santé mondiale. Le Dr Upshur et son équipe se sont penchés sur les questions éthiques découlant des situations d'urgence en santé publique, par exemple une éclosion de grippe. Ils ont entamé leurs travaux avec une étude des problèmes éthiques soulevés par la crise du SRAS en 2003. Plus récemment, ils ont diffusé un rapport intitulé « Stand on Guard for Thee », qui énonce le cadre éthique de la planification et la préparation en vue d'une pandémie. Le programme CanPREP s'inspirera de ce rapport. Dans l'une des phases du programme, on demandera le point de vue de la population canadienne sur quatre problèmes éthiques soulevés pendant une pandémie : le devoir de diligence des travailleurs de la santé, les mesures restrictives pour protéger le bien public, l'établissement de priorités et la répartition de ressources rares, et la gouvernance mondiale. Ces points de vue, de même que d'autres données recueillies, serviront à élaborer et parfaire le cadre éthique de « Stand on Guard for Thee ». Des méthodes innovatrices, entre autres le réseautage social, seront utilisées pour recueillir les renseignements. Les connaissances nouvelles obtenues faciliteront la planification des interventions en cas de situation d'urgence et de pandémie au Canada et à l'étranger.

Le Canada devrait-il créer une réserve nationale d'antivirus pour la prophylaxie en cas d'une éventuelle pandémie de grippe? – Le système des critères en tant qu'outil d'analyse délibérative
Dre Caroline Alfieri, Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine et département de microbiologie et immunologie, Université de Montréal
Dans le cadre de la stratégie de préparation en vue d'une pandémie de grippe au Canada, on a constitué une réserve nationale d'antiviraux comprenant 55 millions de doses d'inhibiteurs de neuraminidase destinées au traitement de la grippe. Toutefois, à l'heure actuelle, il n'existe pas de réserve constituée pour prévenir la grippe. Le Dre Alfieri et ses collègues ont mis sur pied un projet pilote pour déterminer l'utilité de groupes de consultation permettant d'établir la pertinence de ce type de réserve d'antiviraux, et dans l'affirmative, pour déterminer les personnes qui devraient les recevoir en priorité. On a demandé aux travailleurs de la santé de participer à la consultation, car ils subiront directement les effets des décisions touchant l'utilisation des antiviraux. Des travailleurs de la santé à Montréal et à Toronto ont été consultés. Dans l'ensemble, les résultats indiquent que la plupart des participants étaient en faveur de la constitution d'une réserve d'antiviraux dans un but de prévention, mais leur enthousiasme était tempéré par les préoccupations ayant trait à l'innocuité et à l'efficacité, et par la culpabilité qu'ils éprouveraient s'ils recevaient des antiviraux, mais pas les membres de leur famille. L'étude a aussi mis en évidence l'efficacité du recours aux groupes de consultation lorsque l'on désire obtenir l'opinion de groupes ciblés sur des politiques. Les résultats attestent de l'importance des modes de communication et des séances spéciales interactives ou des séances de formation avant que les décideurs adoptent une politique sur la création d'une réserve distincte d'antiviraux destinée à la prévention.

Des réflexions fondamentales à une éthique de la santé publique
Dre Nuala Kenny, Dalhousie University
Les soins de santé, et l'accent mis sur leur utilité pour le patient, ont été au centre des préoccupations au cours des cinquante dernières années, tandis que la santé publique et l'éthique en santé publique ont été négligés. Pourtant, une pandémie, comme celle de grippe, aurait des conséquences sur presque tous les secteurs de la société. Au-delà des difficultés stratégiques relatives à la science et à la santé, figurent des questions éthiques importantes portant sur la justice, la prise en charge et la protection de la population. La peur, l'incertitude et les risques importants inhérents aux pandémies soulèvent des problèmes éthiques graves, non seulement pour les individus, mais aussi pour la société. Le Dre Kenny a affirmé que dans les travaux de planification en cas de pandémie portant sur ces problèmes, on a tenu compte des concepts de bioéthique des individus, mais on n'a pas accordé suffisamment d'attention aux valeurs de la communauté. Pour remédier à la situation, le Dre Kenny et ses collègues élaborent un document bien étayé, cohérent et utile sur l'éthique en santé publique au Canada, qui servira en cas de catastrophe. Le document prendra appui sur des valeurs et des principes pertinents, comme l'autonomie relationnelle, la justice sociale et le bien de la population. Jusqu'à maintenant, l'équipe a relevé que les approches établies étaient inadéquates et a trouvé et élaboré de nouvelles bases relationnelles importantes en éthique de la santé publique. L'équipe a aussi analysé les conséquences juridiques d'un cadre de prises de décisions éthiques en contexte de planification en cas de pandémie ainsi que les méthodes qui permettent le mieux d'intégrer le grand public dans divers aspects de la prise de décisions éthiques.

Éthique de la préparation à la pandémie : des découvertes aux premières lignes
Dr Jaro Kotalik, Lakehead University
Dr Kotalik a présenté des résultats préliminaires provenant d'une étude qu'il a menée pour déterminer si les résultats et les recommandations tirés de la recherche en éthique sont véritablement mis en application. Autrement dit, si les résultats de la recherche menée en éthique passent le cap de la découverte et se traduisent par une intervention de première ligne. À titre d'exemple, il a utilisé le rapport intitulé « Stand on Guard for Thee », publié par le Groupe de travail sur la pandémie de grippe du University of Toronto Joint Centre for Bioethics, qui comprend un guide d'éthique en 15 points destiné à la planification en cas de pandémie. De fait, on a tenu compte de ces principes directeurs dans l'Ontario Health Plan for an Influenza Pandemic. Par contre, dans le bulletin mensuel intitulé « The Pandemic Planner », publié par le ministère de la santé et des soins de longue durée de l'Ontario, on n'aborde pas les questions éthiques entre septembre 2007 et septembre 2008, excepté le renvoi aux principes de précaution, lequel n'est pas mentionné dans « Stand on Guard for Thee ». Le Dr Kotalik a aussi remarqué que le cadre éthique du plan de l'Ontario nécessite que le processus de prise de décision soit inclusif. Cependant, le plan lui-même ne permet pas aux intervenants de participer à la prise de décision, et, par conséquent, l'intégration fait défaut. Le Dr Kotalik a conclu qu'il est parfois difficile de mettre des valeurs éthiques complexes en application, mais il a suggéré plusieurs moyens d'améliorer la mise en application des connaissances. Ces moyens comprennent : la création de rencontres où les éthiciens peuvent discuter avec ceux qui interviennent dans la planification en cas de pandémie, l'ajout de programmes en éthique dans tous les programmes de formation en cas de pandémie et le suivi et l'évaluation continue de la planification en cas de pandémie du point de vue des questions d'éthique. Grâce à ces activités, les résultats tirés de la recherche en éthique pourraient ainsi être intégrés à la planification en cas de pandémie.

Table ronde — Séance 2
Les besoins et les lacunes en matière de recherche suivants ont été cernés dans la discussion qui a suivi la séance :

  • L'un des problèmes les plus difficiles lors d'une pandémie est celui de l'autonomie individuelle, car elle touche les travailleurs de la santé. Nous avons besoin de concevoir des moyens de s'assurer que les travailleurs de la santé se rendent au travail. L'une des façons de résoudre ce problème est d'explorer le rôle du triage dans les établissements de soins de courte durée. En outre, les questions éthiques comme celles qui ont été présentées devraient faire partie de la formation et du recrutement des travailleurs de la santé.
  • Il est possible qu'il y ait un manque de communication entre les responsables de la santé publique et les médias. Une partie du problème réside dans la nature des histoires racontées par les médias, qui mettent l'accent sur la crise ou la détresse des « petites gens ». Nous avons besoin de discuter seul à seul avec les médias et les Canadiens, et de réfléchir sérieusement à ces questions.
  • L'éthique en santé publique qui fait appel à une approche utilitariste dans laquelle les politiques sont mises en place dans le but de faire le plus grand bien à la plupart des personnes ne donnera pas de bons résultats dans l'éventualité d'une pandémie. L'éthique en matière de soins de santé devra aussi être examinée.
  • En bioéthique, il existe deux types de recherche : la recherche sur ce qui arrive et celle sur ce qui devrait arriver. Cette dernière permet le consensus, ce qui est important avant la pandémie.
  • Outre les séances de formation et d'information destinées aux travailleurs de la santé, le public a aussi besoin de renseignements pour bien se préparer à une pandémie.
  • Nous avons besoin d'aborder l'interface entre le public et les médecins de façon tout à fait nouvelle.

Séance 3 : Transmission, antiviraux et lutte contre l'infection

Co-présidents : Dr Bryce Larke, expert-conseil en santé publique
Dr Guy Boivin, Centre hospitalier universitaire de Québec

Exposé principal : Transmission de la grippe : un point de vue épidémiologique
Dr Mark Loeb, McMaster University
Le Dr Loeb a présenté les grandes lignes de l'épidémiologie de la transmission de la grippe et a examiné les études antérieures, qui étaient incomplètes, et qui portaient sur l'évolution naturelle de la grippe chez l'humain. On signale que les symptômes de la grippe durent environ huit jours, et qu'une certaine proportion de personnes excrètent le virus pendant plusieurs jours avant l'apparition des symptômes. Pour mieux comprendre l'histoire naturelle de l'excrétion virale et la transmission interhumaine, le Dr Loeb et ses collègues étudient plusieurs communautés huttérites Dariusleut de la région sanitaire David Thompson en Alberta. Au total, 397 participants ont été recrutés pendant la saison de grippe 2007/2008. Les chercheurs ont découvert que les participants symptomatiques et asymptomatiques présentaient des taux élevés d'excrétion virale et que la durée de l'excrétion était très variable. Depuis que les huttérites élèvent des porcs, il est possible d'étudier les porcs en tant que réservoirs du virus de la grippe et la transmission du virus du porc à l'humain. L'an dernier, on a réalisé des tests sur le terrain afin d'évaluer le soutien logistique nécessaire à l'expédition des échantillons à analyser.

En septembre 2008, les chercheurs ont amorcé un ambitieux programme permettant de déterminer si l'immunisation contre la grippe protège les autres membres de la communauté, particulièrement les personnes âgées. On a réparti aléatoirement le vaccin dans soixante communautés de régions sanitaires différentes dans le cadre de l'essai. On surveillera les facteurs primaires, comme la grippe confirmée en laboratoire, et les paramètres secondaires, comme les affections pseudo-grippales, pendant 2,5 années. Les résultats de ces études permettront de mieux comprendre la transmission interhumaine de même que la transmission humain-animal, et le rôle de l'immunisation dans la prévention de la transmission.

Le Dr Loeb a aussi décrit des études de faisabilité permettant d'évaluer si l'incidence de la grippe varie selon que les infirmières portent un masque chirurgical ou un masque N95 dont l'ajustement a été vérifié, lorsqu'elles traitent des patients atteints de maladies respiratoires fébriles. Les études sont en cours; toutefois, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur l'utilisation du masque et la prévention de la transmission de la grippe.

L'administration de monoxyde d'azote gazeux par inhalation réduit l'infectivité du virus influenza de type A et du virus influenza aviaire hautement pathogène
Dr Chris Miller, University of British Columbia
Dr Miller a présenté des indices permettant d'établir que le monoxyde d'azote est un agent antimicrobien à large spectre qui peut être utilisé pour empêcher la transmission des maladies ou améliorer les résultats cliniques lors d'une pandémie. Le monoxyde d'azote est produit par l'organisme et agit comme une molécule de signalisation dans de nombreux processus biologiques. Il possède des propriétés antimicrobiennes, ne semble pas endommager les cellules de l'hôte et présente une demi-vie courte. Actuellement, on l'utilise comme vasodilatateur chez les nouveaux-nés et dans les premiers essais traitant les patients atteints de fibrose cystique. Le Dr Miller a montré qu'en présence de monoxyde d'azote, le virus influenza infecte moins les cellules en culture. Le monoxyde d'azote semble aussi permettre le retour à la normale des températures et des symptômes cliniques dans une étude menée chez les bovins sur les maladies respiratoires d'origine virale. Le mode d'action expliquant les propriétés antivirales du monoxyde d'azote n'est pas bien connu, mais il se peut que la substance prévienne l'entrée des virus dans les cellules ou réduise la réplication virale. On n'a pas encore mené d'études chez l'humain sur les effets du monoxyde d'azote sur l'infection à influenza et le traitement de la grippe. Cependant, les résultats préliminaires que le Dr Miller a présentés indiquent que le monoxyde d'azote pourrait jouer un rôle antiviral important pendant une pandémie.

Rôle des médiateurs lipidiques de l'inflammation dans un modèle murin d'infection causée par le virus influenza
Dr Louis Flamand, Université Laval (pour le Dr Pierre Borgeat, Université Laval)
Pour lutter contre l'infection à influenza, l'organisme libère plusieurs composés qui stimulent le système immunitaire. Ces composés sont généralement bénéfiques, mais, parfois, ils entraînent une réponse exagérée qui contribue à la maladie observée pendant l'infection. Les Dr Borgeat et Flamand examinent un sous-groupe de ces composés, soit les « médiateurs lipidiques de l'inflammation ». Dans des expériences préliminaires, l'équipe a découvert que la concentration de trois différentes classes de médiateurs lipidiques est élevée dans les poumons de souris infectées par influenza. Parmi les médiateurs lipidiques mesurés, le LTB4 était associé à la plus forte augmentation (plus de 10 fois). Dans le futur, l'équipe prévoit évaluer si les agonistes ou les antagonistes des médiateurs réduiront l'inflammation, la morbidité et la mortalité dans des cas d'infection grave à influenza. L'avantage de cette approche réside dans le fait que les agonistes et les antagonistes sont déjà utilisés comme médicaments ou font l'objet d'essais cliniques de phase II et de phase III. Grâce à ces études, on obtiendra des données importantes qui pourront rapidement mener à des traitements de la grippe améliorés à l'aide de médicaments déjà offerts sur le marché.

Efficacité des vaccins à bloquer la transmission du virus influenza entre les hôtes
Dre Anice Lowen, Mount Sinai School of Medicine
Les interventions visant à prévenir la transmission du virus, mais pas à réduire sélectivement la morbidité, peuvent faciliter la lutte anti-grippale dans tous les groupes d'âge, ce qui réduit le fardeau de la maladie. Le Dre Lowen a examiné l'efficacité de la vaccination en bloquant la transmission interanimale du virus influenza humain de sous-type H3N2 chez le cobaye. Selon ses résultats, une précédente infection naturelle empêche la transmission du virus influenza à des animaux infectés et empêche ces derniers de transmettre l'infection. À l'opposé, la vaccination à l'aide d'un vaccin constitué de virus influenza entiers inactivés n'a pas empêché l'infection des cobayes lors de l'épreuve virale, mais a réduit le nombre de cas de transmission secondaire, soit des animaux vaccinés aux compagnons de cage naïfs. La vaccination à l'aide d'un vaccin constitué de virus influenza NS1 vivants, modifiés et atténués a créé une immunité stérilisante lors d'une épreuve virale par inoculation intranasale ou par contact. Globalement, les résultats indiquent que l'efficacité de la transmission est un indice précieux lorsque l'on évalue l'efficacité d'un vaccin et que les vaccins vivants atténués peuvent être utiles dans la prévention de la transmission du virus influenza.

Table ronde — Séance 3
Les besoins et les lacunes en matière de recherche suivants ont été cernés dans la discussion qui a suivi la séance :

  • Il est nécessaire de mettre sur pied un lieu central où les chercheurs pourront avoir accès à des réactifs normalisés et des virus.
  • Il faut réaliser davantage de travaux sur la transmission de personne à personne, la prévention de la transmission, la corrélation entre la transmission ainsi que l'excrétion virale et le rôle de l'immunité pré-existante.
  • La plupart des interventions présentées à la réunion ne comprennent qu'une seule modalité. Les traitements combinés sont nécessaires si l'on veut améliorer les traitements et éviter le développement d'une résistance aux virus. Davantage d'antiviraux sont nécessaires, de même que des études examinant les traitements en association avec des antiviraux existants et des immunomodulateurs.
  • Dans l'étude sur les huttérites, il est important de prendre en compte les contacts dans la communauté — besoin d'une cohorte randomisée avec suffisamment de participants.
  • Le taux de vaccination contre la grippe augmente dans beaucoup de communautés, mais on observe des cas de mortalité et des complications graves causées par la grippe dans une certaine proportion de personnes âgées vaccinées.
  • Les estimations sur l'efficacité du modèle des vaccinés sains ont été exagérées. Nous avons besoin de meilleurs vaccins pour ceux qui courent un risque élevé.
  • Tous les membres de la communauté huttérite prennent leurs repas dans une salle communale. Cette habitude permet une proximité différente de celle que l'on a dans la plupart des foyers canadiens (une à quatre occasions de contact). Par conséquent, si on n'observe aucun effet de la vaccination dans l'étude sur les huttérites, il est possible que la vaccination soit tout de même utile dans un milieu où les contacts de proximité sont moins nombreux.
  • Le Consortium international sur les thérapies antivirales pourrait nous aider à choisir les meilleurs modèles permettant d'approfondir les travaux sur le NO, et la coopération permettrait une comparaison avec d'autres antiviraux.

Séance 4 : Vaccins et immunomodulation

Co-présidents : Dre Veronika von Messling, INRS-Institut Armand-Frappier
Dre Allison McGeer, Mount Sinai Hospital

Exposé principal : Régulation de la réponse immunitaire des lymphocytes T dans les poumons
Dr David Woodland, Trudeau Institute
Il est essentiel de concevoir de meilleurs vaccins contre la grippe, car les vaccins actuels ne sont pas parfaits : ils induisent une immunité relativement faible et doivent être reformulés chaque année. Le Dr Woodland affirme que les vaccins améliorés doivent être constitués d'éléments qui stimuleront une forte réponse des lymphocytes T. Pour concevoir ces vaccins, il est nécessaire de comprendre en détail la réponse des lymphocytes T à l'égard du virus influenza, y compris les lymphocytes T mémoire. Le Dr Woodland a présenté des résultats obtenus à l'aide d'une série d'expériences dans lesquelles il a examiné le recrutement des lymphocytes T CD8 mémoire dans le poumon après une infection par le virus influenza. Le recrutement se divise en une phase précoce et une phase tardive. Dans la phase précoce (2 à 7 jours), des lymphocytes T CD8 mémoire effecteurs, non en division et non dirigés contre un antigène précis, sont recrutés. Dans la phase tardive (4 à 14 jours), ce sont les lymphocytes T CD8 mémoire centrale, en prolifération et propres à un antigène qui sont recrutés. Le Dr Woodland a utilisé des souris knockout pour examiner le rôle des chimiokines dans la phase précoce. Le recrutement précoce de lymphocytes T CD8 mémoire a fait défaut chez les souris présentant un déficit en CCR5 contrairement aux souris ayant un déficit en CXCR3. Par conséquent, le CCR5 joue un rôle important dans le recrutement des lymphocytes T CD8 mémoire. Le recrutement rapide de lymphocytes T CD8 mémoire était corrélé avec une baisse importante du titre viral dans les voies aériennes.

Ces résultats et d'autres données présentées entraînent plusieurs conséquences. Les lymphocytes T qui réagissent de manière croisée peuvent contribuer à combattre efficacement les infections secondaires causées par le virus influenza. Une immunité cellulaire efficace dépend d'une réponse rapide de la part des lymphocytes T mémoire effecteurs des muqueuses. Contrairement au dogme actuel, on devrait mettre au point des vaccins contre la grippe qui induisent une réponse des lymphocytes T mémoire effecteurs dans les muqueuses ou qui favorisent leur recrutement sur une longue période.

Innocuité et immunogénicité croisée de deux candidats vaccins prépandémiques adjuvantés avec AS03 contre le virus grippal H5N1 A/Indonesia/5/2005 (clade 2.1). Un essai clinique de phase I/II.
Dre Joanne Langley, Canadian Centre for Vaccinology
Des vaccins prépandémiques contre H5N1 sont actuellement mis au point et testés cliniquement en vue d'une utilisation en cas d'alerte pandémique. Les vaccins devraient être conçus de façon à économiser l'antigène, être associés à un profil d'innocuité acceptable et offrir une immunité croisée contre les souches n'ayant pas servi à produire le vaccin. Dans la plupart des études cliniques, on a étudié les souches du clade 1 qui ont infecté l'humain en 2004-2005, alors que les souches du clade 2 infectent l'humain depuis 2005. Le Dre Langley et ses collaborateurs ont évalué l'efficacité de deux candidats vaccins contre H5N1, produits à l'aide de la souche du clade 2.1. Les candidats vaccins, produits par GSK dans deux installations (Dresden [D], Quebec [Q]) au moyen de deux procédés distincts, ont été fabriqués à l'aide d'antigènes de la souche A/Indonesia/05/2005 (clade 2.1). Les adultes ont été vaccinés deux fois, à 21 jours d'intervalle, avec l'hémagglutinine (HA) et un adjuvant constitué d'une émulsion huile-eau (AS03) ou l'antigène seul. La douleur au point d'injection était plus fréquente dans les groupes ayant reçu le vaccin couplé avec l'adjuvant AS03; une rougeur et une enflure sont apparues chez moins de 5 % des sujets. Fait important, l'observance du régime à deux doses était élevée dans tous les groupes, ce qui indique que le vaccin était très bien accepté. Les vaccins contre le virus A/Indonesia/05/2005 adjuvanté avec AS03 étaient considérablement plus immunogènes contre la souche du vaccin et une souche du clade 1 comparativement au vaccin non adjuvanté, et on a relevé aucun problème d'innocuité. Une analyse plus approfondie est prévue, mais les résultats obtenus jusqu'à maintenant indiquent que les vaccins adjuvantés sont sûrs et immunogènes.

Augmenter la réponse immunitaire des lymphocytes T CD8 à l'égard du virus influenza
Dr Theo Moraes, University of Toronto
Le Dr Moraes a décrit les travaux de recherche qu'il a mené dans le laboratoire du Dre Tania Watts. L'objectif global des travaux était d'étudier les réponses des lymphocytes T et d'établir les caractéristiques des lymphocytes T CD8 conférant une immunité anti-grippale. Ultimement, ces travaux aboutiront à la production de vaccins induisant une réponse forte des lymphocytes T CD8, agissant sur une longue durée et offrant une protection croisée. Pour atteindre ce but, les chercheurs ont créé un vaccin constitué d'un vecteur d'adénovirus à base d'ADN codant la nucléoprotéine du virus influenza de même que la molécule de costimulation 4-1BBL des lymphocytes T CD8. Lorsqu'il a été administré par voie intranasale à des souris, le vaccin a augmenté le recrutement de lymphocytes T CD8 spécifiques à la NP dans le poumon, la rate et les ganglions, une hausse observée jusqu'à six mois après l'immunisation. Cependant, lorsque de fortes doses de vaccin sont utilisées, la réponse n'était pas très différente de celle d'un vaccin constitué d'un vecteur d'adénovirus à base d'ADN codant uniquement la NP. Aux faibles doses de vaccin, l'immunisation avec NP et 4-1BBL a offert une meilleure protection. Par conséquent, l'ajout d'ADN codant la molécule de costimulation permet d'économiser l'antigène dans les doses, ce qui est important à la fois pour maximiser le nombre de doses qui peuvent être administrées à une population et aussi pour réduire au minimum les effets toxiques éventuels. En outre, l'induction de réponses immunitaires chez les lymphocytes CD8 permet possiblement de conférer une immunité croisée protégeant contre plusieurs souches de virus influenza; cette protection est pertinente autant dans le cas des virus pandémiques qu'épidémiques.

Une évaluation du programme universel d'immunisation contre la grippe de l'Ontario
Dr Jeff Kwong, Institute for Clinical Evaluative Sciences
En 2000, en Ontario, on a mis en oeuvre le premier programme universel d'immunisation à grande échelle contre la grippe au monde; ce programme visait à offrir gratuitement des vaccins contre la grippe à toute la population âgée d'au moins 6 mois. Le Dr Kwong et son équipe ont comparé ce programme à des programmes ciblés d'autres provinces du Canada. Bien que le taux de vaccination ait augmenté au Canada entre1996 et 2005, cette hausse était plus importante chez les personnes de moins de 65 ans en Ontario. Avec la mise en oeuvre du programme en Ontario, on a assisté à une plus grande baisse de la mortalité associée à la grippe et de l'utilisation des services de santé (hospitalisation, service d'urgence d'hôpital et visite chez un médecin en cabinet) dans toute la population par rapport aux autres provinces. Cet effet était attribuable aux groupes d'âge plus jeunes. On n'a observé aucune différence dans les résultats touchant les services de santé chez les personnes âgées, en dépit d'une plus grande hausse du taux de vaccination dans les autres provinces. Ces résultats, qui montrent un effet positif du programme, aideront les décideurs à prendre des décision éclairées en matière de stratégies de vaccination anti-grippale.

Table ronde — Séance 4
Les besoins et les lacunes en matière de recherche suivants ont été cernés dans la discussion qui a suivi la séance :

  • Il faudrait davantage déployer des efforts pour mettre au point des vaccins contre la grippe qui stimulent les lymphocytes T.
  • Plusieurs groupes travaillent sur des vaccins qui stimulent des réponses innées, mais celles-ci ne semblent pas être particulièrement utiles contre la grippe. Les cellules tueuses naturelles, cependant, peuvent moduler les réponses des lymphocytes T.
  • Pour combattre le virus influenza, on doit recruter les lymphocytes T dans les muqueuses. On ignore ce qui empêche le recrutement des lymphocytes T mémoire centrale dans ces tissus.
  • Il serait utile pour les chercheurs oeuvrant dans ce domaine que toutes les connaissances soient compilées, pour faciliter la planification des étapes ultérieures.
  • De nouvelles méthodes sont nécessaires pour induire une immunité dans les muqueuses. Il n'est pas facile de recruter les lymphocytes mémoire dans les poumons au moyen d'une vaccination systémique.
  • Il semble que les personnes âgées présentent une certaine immunité contre H5N1, car, jusqu'ici, cette souche a malheureusement infecté davantage les enfants. Des expériences sont nécessaires pour le prouver.
  • Il faut mener des études pour évaluer les effets de l'infection naturelle sur le système immunitaire. Il se peut qu'il soit plus bénéfique pour les enfants de contracter la grippe naturellement lorsqu'ils sont jeunes plutôt que d'induire de faibles réponses immunitaires par la vaccination à un jeune âge. De cette façon, ils seront protégés en avançant en âge.
  • Il serait utile de mettre au point un vaccin universel qui ne nécessite pas une reformulation chaque année; malheureusement, la réponse des lymphocytes T mémoire ne semble pas se prolonger dans le temps. Par conséquent, un rappel avec le même vaccin pourrait être nécessaire chaque année.

Présentation par affiches
Plus de soixante affiches ont été présentées au cours de deux séances, bien animées, qui ont eu lieu pendant l'après-midi du premier jour de la réunion. Les affiches ont été regroupées en quatre grands thèmes : biologie et diagnostic de l'infection attribuable au virus influenza; planification en cas de pandémie, y compris les questions éthiques et juridiques; transmission, antiviraux et lutte contre l'infection, et vaccins et immunomodulation. On peut consulter une liste des présentateurs et du titre des affiches à l'annexe 7.

Mot de la fin

Dr Bhagirath Singh, Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC
Le Dr Singh a remercié les participants de leur présence à la réunion et de leur apport au cours des séances. Il a déclaré qu'il était impressionné par le nombre de participants et l'étendue de leur expertise.

Les agents pathogènes émergents représentent l'une des priorités des Instituts, et il est crucial de maintenir la capacité dans ce domaine afin de servir le pays. Les IRSC prennent part à plusieurs nouvelles initiatives sur la recherche sur la grippe. L'une d'entre elles est l'International Human Microbiome Consortium, établi en octobre 2008. Une autre est le Canada-California Strategic Innovation Partnership, qui porte notamment sur les maladies infectieuses. En ce qui concerne les banques biologiques destinées à la conservation des échantillons, la capacité du LNM est suffisante, et celui-ci a entreposé des échantillons provenant d'autres éclosions de grippe.

Par suite, le Dr Singh a remercié également mesdames Carol Richardson et Michelle Hume pour les efforts déployés dans l'organisation de la réunion à Winnipeg. Il a remercié le Dr Mark Loeb de son travail en tant président du groupe de travail sur l'Initiative de recherche stratégique sur la capacité d'intervention en cas de pandémie (IRSCIP). Il a aussi remercié le Dr Earl Brown pour avoir présidé le comité de programme de la réunion et Mme Jill Shields pour avoir travaillé dans le comité de logistique de la réunion. Il a aussi reconnu l'apport financier de l'ASPC et de l'ACIA, partenaires des IRSC.

Le Dr Singh a terminé son allocution en rappelant aux participants que la menace d'une pandémie de grippe est un problème mondial permanent. Le Canada est actuellement mieux préparé pour lutter contre une pandémie de grippe qu'il y a trois ou quatre ans. Cette capacité accrue est attribuable en grande partie aux efforts des participants de la réunion et aux activités de l'IRSCIP. Il est essentiel de maintenir la capacité établie et de poursuivre les efforts de recherche.

Évaluation de la réunion par les participants

Les participants et le comité organisateur sont d'accord pour affirmer que la réunion est un succès. Les participants ont apprécié l'étendue des sujets abordés et le dynamisme des discussions en table ronde. Selon leurs commentaires, la réunion leur a permis de dresser un bon tableau des travaux de recherche variés entrepris au Canada, et ils ont aussi apprécié les présentations données par les participants étrangers. Une très grande majorité de participants ont affirmé qu'ils étaient heureux d'avoir eu l'occasion de réseauter et de connaître les chercheurs travaillant dans différents domaines. La plupart d'entre eux ont déclaré qu'ils recommanderaient la réunion à des collègues si une autre réunion du même type devait se tenir dans le futur. Beaucoup ont aussi trouvé que la séance précédant la réunion et la visite du CSCSHA étaient pertinentes. Les sujets que les participants souhaitent voir approfondir ou ajoutés à une prochaine réunion sont les suivants : santé publique et planification en cas de pandémie, diagnostic, nouvelles technologies de vaccination, épidémiologie des espèces réservoir (porc/oiseau) et modélisation mathématique. Pour consulter un résumé des réponses au questionnaire sur la rétroaction des participants à propos de la réunion, voir l'annexe 9.

Annexes

Annexe 1 : Programme de la séance préalable [ HTML | PDF (77 Ko) | Aide ]
Annexe 2 : Programme de la réunion [ HTML | PDF (90 Ko) | Aide ]
Annexe 3 : Liste des participants [ HTML | PDF (108 Ko) | Aide ]
Annexe 4 : Résumé des exposés de la séance préliminaire [ HTML | PDF (89 Ko) | Aide ]
Annexe 5 : Biographie et résumé scientifique des principaux présentateurs
[ HTML | PDF (110 Ko) | Aide ]
Annexe 6 : Résumé des exposés secondaires [ HTML | PDF (150 Ko) | Aide ]
Annexe 7 : Index des affiches par thème [ HTML | PDF (148 Ko) | Aide ]
Annexe 8 : Travaux liés à la pandémie menés par les participants [ HTML | PDF (664 Ko) | Aide ]
Annexe 9 : Sommaire de l’évaluation de la rencontre par les participants
[ HTML | PDF (103 Ko) | Aide ]