ARCHIVÉE - Sujet de recherche : le vieillissement

AvertissementCette page a été archivée.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez obtenir cette information dans un autre format en communiquant avec nous.

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé de la population, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 13 000 chercheurs et stagiaires en santé dans tout le Canada. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi environ 120,4 millions de dollars en 2008-2009 dans la recherche liée au vieillissement.


Les faits

  • La proportion de personnes âgées devrait augmenter considérablement, pour atteindre 23 % à 25 % en 2031 et 25 % à 30 % en 2056. En 2005, elle était de 13 %. Il y aura plus de personnes âgées que d'enfants vers 2015, une première dans l'histoire du Canada.
  • En 2031, 9 millions de Canadiens auront 65 ans ou plus – cela veut dire qu'à ce moment, tous les baby‑boomers seront devenus des personnes âgées.
  • Les aînés canadiens d'aujourd'hui ont des opinions variées au sujet de leur état de santé. En tout, 57 % disent que leur santé laisse à désirer, comparativement à 24 % qui se disent en bonne santé et à 15 % qui se disent en très bonne ou en excellente santé.
  • Une personne âgée a plus ou moins de chances de vivre seule si elle est une femme ou un homme. Les femmes vivent le plus souvent seules (43 %), alors qu'il s'agit du mode de vie le moins fréquent chez les hommes (16 %).
  • En 2007, environ 2,7 millions de Canadiens âgés de 45 ans ou plus, ou environ 20 % des personnes de ce groupe d'âge, ont fourni une forme quelconque de soins non rémunérés à des personnes de 65 ans ou plus présentant des problèmes de santé chroniques. Entre 2002 et 2007, le nombre de personnes qui prenaient soin de personnes âgées a augmenté de plus de 670 000.

Sources : Statistique Canada

Trouver des solutions

Guider les gens atteints de démence dans les tâches quotidiennes

Avec le temps, la démence fait perdre à la personne atteinte la capacité d'exécuter des tâches simples du quotidien comme utiliser les toilettes et se laver les mains. Ce besoin de supervision constante peut être source de tension, restreindre la vie privée et diminuer la dignité. En réponse à ce problème grandissant, le Dr Alex Mihailidis, de l'Université de Toronto, a mis au point plusieurs prototypes qui utilisent la robotique, le génie mécanique, l'intelligence artificielle, la reconnaissance vocale et la programmation informatique pour guider les personnes atteintes de démence dans leurs activités de tous les jours. Sa « salle de bains parlante » utilise une caméra placée au plafond pour suivre les mouvements de la personne lorsqu'elle se trouve devant le lavabo pour se laver les mains. Lorsque la personne hésite, la caméra envoie un message à un ordinateur, qui offre une invite verbale comme « ouvre le robinet » . De même, un système personnel d'intervention d'urgence utilise une caméra fixée au plafond pour suivre les mouvements d'une personne dans une pièce. Si la personne tombe, le système déclenche un ensemble de réactions informatisées – comme un message demandant à la personne si elle a besoin d'aide. Le Dr Mihailidis, financé par les IRSC, adapte le prototype afin qu'il puisse être utilisé à la maison.

L'exercice stimule le cerveau à mesure que nous vieillissons

Votre cerveau perd-il la forme? Selon le Dr Marc Poulin, de l'Université de Calgary, il existe une forte corrélation entre un corps en bonne forme physique et un esprit alerte. Dans une étude publiée dans Neurobiology of Aging, l'équipe de recherche du Dr Poulin a suivi 42 femmes âgées de 50 à 90 ans et a comparé celles qui participaient à une activité d'aérobie régulière à un groupe sédentaire. Les femmes qui faisaient de l'exercice régulièrement avaient une meilleure tension artérielle et une meilleure irrigation sanguine du cerveau. Elles ont aussi mieux réussi à des tests de cognition et de perception. Le Dr Poulin mène maintenant une étude de cinq ans financée par les IRSC sur les effets de l'exercice régulier sur la prévention du déclin cognitif avec l'âge.

Cerveaux vieillissants et risques de chute

Près d'un tiers des personnes de plus de 65 ans tombent au moins une fois par année – ce qui peut entrainer des fractures, l'hospitalisation et une réduction de la qualité de vie. La recherche donne à penser que des difficultés à se concentrer, à planifier et à décider d'une stratégie sont en corrélation avec un risque accru de chute. Les Drs Todd Handy et Teresa Liu-Ambrose, de l'Université de Colombie-Britannique, ont montré que les personnes âgées qui ont tendance à tomber présentent des structures nerveuses différentes lorsqu'elles accomplissent des tâches qui nécessitent des « fonctions décisionnelles » comme commencer ou arrêter une action, changer de comportement au besoin, et planifier un comportement futur. Dans le cadre d'une étude en cours financée par les IRSC, les deux chercheurs essaient de déterminer les déficits cognitifs en cause dans les chutes répétées pour concevoir de meilleures stratégies de prévention des chutes.

Une étude canadienne révolutionnaire cherche à lever le voile sur les mystères du vieillissement

L'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ELCV), l'une des études du genre les plus complètes jamais entreprises, pourrait permettre de percer quelques-uns des plus grands mystères entourant le processus et la raison du vieillissement. Grâce à une subvention fédérale de 30 millions de dollars, l'ELCV suivra 50 000 Canadiennes et Canadiens âgés de 45 à 85 ans sur une période de 20 ans. En plus de suivre les participants dès la quarantaine, l'ELCV est la première étude en son genre à examiner les facteurs sociaux et économiques liés à la retraite ainsi que des indicateurs cliniques et biologiques. « Certaines personnes vieillissent sainement malgré de nombreux problèmes de santé physique, tandis que certaines autres en bonne santé physique vieillissent de façon moins optimale. Quelle est l'explication de ce phénomène? L'Étude offrira aux décideurs des réponses qui leur permettront d'améliorer la santé des Canadiens », déclare le Dr Parminder Raina, chercheur principal responsable de l'étude à l'Université McMaster.

Les chercheurs

Dr Kenneth Rockwood – À l'écoute des patients

Dr Kenneth Rockwood

Le Dr Kenneth Rockwood a entendu des termes péjoratifs de toutes sortes, comme « bed-blockers », épaves et même « gomers » (get out of my emergency room) pour désigner les personnes qui encombrent les salles d'urgence.

Certains employés d'hôpitaux frustrés dénigrent leurs patients âgés, fragiles et souvent atteints de démence, mais, selon le Dr Rockwood, ce ne sont pas les paroles qui réduisent la frustration et améliorent le traitement, mais plutôt l'écoute.

« Je mène des essais cliniques sur la maladie d'Alzheimer depuis environ 20 ans, affirme le Dr Rockwood, directeur de l'Unité de recherche en médecine gériatrique à l'Université Dalhousie. Je suis persuadé que nous n'en savons pas autant que nous le pensons sur la maladie d'Alzheimer parce que nous n'avons pas écouté assez attentivement les patients et les soignants. »

Écouter les patients constitue le point de départ d'un certain nombre d'initiatives subventionnées par les IRSC auxquelles participe le Dr Rockwood, initiatives qui ont toutes pour objectif d'améliorer l'échange des connaissances entre les chercheurs, les cliniciens, les soignants et les patients dans le domaine de la médecine gériatrique.

L'écoute des patients peut-elle réellement favoriser les découvertes scientifiques? Le Dr Rockwood fait un historique de notre compréhension de l'Alzheimer. Au début des années 1990, les neurologues découvraient la première preuve physique de la maladie dans l'hippocampe, la partie du cerveau régissant la mémoire épisodique.

Les médicaments candidats pour le traitement de l'Alzheimer étaient par conséquent évalués en fonction de leur effet sur la mémoire épisodique. Toutefois, des membres de la famille des patients signalaient fréquemment que ceux-ci « allaient mieux », même si leur mémoire ne s'améliorait pas nécessairement. Ce que les chercheurs ont découvert, plus d'une dizaine d'années plus tard, c'est que certains de ces médicaments amélioraient la fonction du lobe frontal, une région cruciale en ce qui concerne le jugement. L'amélioration de la fonction du lobe frontal compensait certains aspects de la perte de mémoire.

« Nous aurions pu faire cette découverte en 1991, si nous avions écouté plus attentivement ce que les soignants nous disaient », affirme le Dr Rockwood, dont le livre intitulé Joy of Geriatrics paraîtra prochainement. « Nous voulons mettre au point une méthode rigoureuse et systématisée pour écouter ce que les gens ont à dire. Nous transformerons ensuite ces faits en hypothèses plausibles sur le plan scientifique, que nous pourrons vérifier. »

Cette méthode de recherche est fondée sur la réussite de sa technique d'évaluation de l'atteinte des objectifs. Selon cette approche, l'efficacité clinique dépend de la rétroaction donnée par les patients avant et pendant le traitement. Les travaux de recherche s'inscrivent dans le cadre du nouveau réseau canadien d'application des connaissances sur la démence subventionné par les IRSC, dirigé en collaboration avec le Dr Rockwood et réunissant une centaine de cliniciens et de chercheurs canadiens.

Le réseau bouclera le cercle d'écoute en intégrant les leçons apprises et en communiquant à grande échelle ces nouvelles données de recherche.

« Ce que nous essayons de faire, c'est de promouvoir une culture d'application des connaissances, affirme le Dr Rockwood. Nous voulons inciter les nouveaux chercheurs dans le domaine de l'Alzheimer à apprendre de quelle façon traiter les données qu'ils obtiennent, plutôt que de se contenter de publier un article, et à découvrir des moyens de transmettre l'information utile aux personnes atteintes de démence et à leurs soignants. »

Pour de plus amples renseignements

L'Institut du vieillissement (IV) des IRSC a dégagé cinq thèmes comme priorités de recherche urgentes pour le Canada : la déficience cognitive dans le vieillissement, la mobilité et l'autonomie fonctionnelle, le vieillissement en santé, les services de santé pour une population vieillissante, et le processus biologique du vieillissement lui-même. Comme les courts articles ci-dessus le démontrent, l'impact des investissements initiaux et du développement stratégique de ces domaines de recherche est maintenant évident. Pour en apprendre plus au sujet de ces priorités et des autres activités de l'IV des IRSC, veuillez visiter le site Web de l'Institut.

Pour plus de détails, consultez ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte.