Lauréats du prix « Cerveau en tête » de 2008 - Edor Kabashi et Paul Valdmanis
Lauréats
Edor Kabashi - Données biographiques
Boursier de recherches postdoctorales
Université de Montréal
et
Paul Valdmanis - Données biographiques
Ph.D. Génétique humaine
Université McGill
Article
Kabashi E, Valdmanis PN, Dion P, Spiegelman D, McConkey BJ, Vande Velde C, Bouchard JP, Lacomblez L, Pochigaeva K, Salachas F, Pradat PF, Camu W, Meininger V, Dupre N, Rouleau GA.TARDBP mutations in individuals with sporadic and familial amyotrophic lateral sclerosis.Nat Genet. 2008 May;40(5):572-4. Epub 2008 Mar 30.
Importance de l'article
La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est un trouble neurodégénératif qui affecte les neurones moteurs supérieurs et inférieurs, et entraîne une paralysie puis le décès après une période variant de un à cinq ans, son risque à vie étant de 1:1000. Les mutations du gène SOD1 entraînent l'apparition de la SLA chez 1 % à 2 % des patients, mais la cause génétique d'une grande proportion des cas de SLA demeure inconnue. On a récemment démontré que les anticorps anti‑TDP‑43 se liaient fortement aux corps d'inclusion présents dans la moelle épinière des patients atteints de SLA. Nous avons voulu savoir si les patients atteints de SLA étaient porteurs de mutations du gène TDP‑43. Nous avons pour cela étudié les 6 exons du gène TDP‑43 de 200 patients atteints de SLA, du Québec et de France, et ceux de 380 témoins appariés sur une base ethnique. Nous avons relevé huit mutations faux‑sens chez neuf patients. Sept de ces mutations étaient regroupées autour de la région C‑terminale de la protéine qui a été mise en cause dans la liaison de hnRNP. Les lignées cellulaires de lymphoblastes provenant des patients atteints de SLA et porteurs de mutations TDP‑43 comportaient une forme plus courte de la protéine TDP‑43, similaire à celle observée dans les protéines extraites des corps d'inclusion TDP‑43 positifs dans la SLA.
Ces résultats démontrent clairement que les mutations du gène TDP‑43 peuvent causer la SLA. Ils ont permis la mise au point actuelle des modèles in vitro et in vivo à l'aide des mutations TDP‑43, nous aidant ainsi à mieux comprendre les nouveaux mécanismes de la pathogenèse de la SLA et à proposer un traitement aux patients atteints de cette maladie. Le fait de comprendre de quelle manière ces gènes entraînent une dégénérescence neurologique motrice dans le cadre de la SLA nous permettra de préciser leur rôle dans le développement et le maintien des neurones moteurs.