ARCHIVÉE - Sujet de recherche : la santé des populations

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 13 000 chercheurs et stagiaires en santé d'un bout à l'autre du Canada. En 2008-2009, le gouvernement du Canada a investi environ 69,0 millions de dollars par l'entremise des IRSC dans la recherche sur la santé des populations.


Les faits

De nombreux facteurs influent sur la santé. Le revenu et le statut social, le niveau de scolarité et de littératie, l'emploi, les conditions de travail, les réseaux de soutien social, ainsi que le milieu social et physique sont tous d'importants déterminants de la santé des populations. Voici quelques exemples :

  • L'espérance de vie des hommes vivant dans les quartiers les plus riches du Canada est de 79 ans, soit cinq ans de plus que celle des hommes vivant dans les quartiers les plus pauvres.

  • Les hommes qui vivent en Ontario et en Colombie-Britannique ont une espérance de vie de 78 ans, comparativement à 67 ans pour ceux qui vivent au Nunavut.

  • La perception qu'ont les Canadiens de leur propre santé et de leur bien-être varie en fonction de leur niveau de scolarité. Seulement 50 % des personnes n'ayant pas poursuivi leurs études au-delà de la 8e année jugeaient leur santé physique excellente ou très bonne, comparativement à plus de 70 % chez les détenteurs d'un baccalauréat.

  • Les personnes ayant un bon revenu ont plus tendance à faire de l'activité physique durant leurs loisirs que celles dont le revenu est moindre, selon une analyse des données recueillies lors de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2005.

  • Le nombre de personnes ayant accès à l'eau potable sur la planète est passé de 4,1 milliards en 1990 à 5,7 milliards en 2006.

Sources : Statistique Canada, Rapport de l'administrateur en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada 2008; rapport final du Sous-comité du Sénat sur la santé des populations.

Trouver des solutions

Des programmes ciblés pour les jeunes de la rue d'origine autochtone

En 2006, dans le cadre d'une enquête sur la santé financée par les IRSC et menée auprès de jeunes marginalisés et de jeunes de la rue issus de différentes communautés de la Colombie-Britannique, plus de la moitié des participants se considéraient comme autochtones, un nombre beaucoup plus élevé que celui noté dans une enquête similaire réalisée en 2000. Une deuxième étude, menée par la Dre Elizabeth Saewyc de l'Université de la Colombie-Britannique, avait pour but d'analyser l'expérience de 410 jeunes autochtones, âgés de 12 à 18 ans, logés de façon inadéquate, vivant dans la rue et marginalisés. Les conclusions, publiées dans un rapport intitulé Moving Upstream, indiquent que les programmes de prévention, d'intervention et tout autre programme de soutien aux jeunes de la rue doivent adopter des méthodes adaptées aux communautés autochtones et aux jeunes issus de ces communautés. Ce rapport peut être consulté en ligne (anglais seulement).

Les répercussions du quartier sur l'état de santé mentale

Dans une étude publiée en mars dans la revue Health & Place, la Dre Patricia O'Campo de l'Université de Toronto et ses collègues ont sélectionné plus de 100 caractéristiques des quartiers pouvant avoir un effet positif ou négatif sur la santé mentale et le bien-être et leur ont accordé des degrés d'importance. Ces caractéristiques allaient des plus prévisibles (quartier violent, toxicomanie, vandalisme et discrimination) aux plus imprévisibles (transports en commun efficaces, présence d'enfants dans le quartier et communication entre voisins). Les conclusions fourniront des renseignements utiles aux décideurs qui cherchent à améliorer l'état de santé mentale des résidents de certains quartiers et à accroître leur bien-être psychologique.

Le réconfort du Kraft Dinner pas toujours à la portée des pauvres

Une étude financée par les IRSC montre que bien que le Kraft Dinner puisse être considéré comme un aliment-réconfort, les Canadiens à faible revenu n'ont pas toujours les moyens d'acheter les ingrédients de base comme le lait et le beurre nécessaires à sa préparation. Dirigée par la Dre Melanie Rock de la Faculté
de médecine de l'Université de Calgary
, l'étude laisse entendre qu'il faut surveiller le problème de l'insécurité alimentaire. Les résultats de cette étude seront publiés dans la revue internationale Agriculture and Human Values.

La situation financière expliquerait la conduite avec facultés affaiblies

Au Québec, comme dans les autres provinces, les conducteurs reconnus coupables de conduite avec facultés affaiblies doivent participer à des programmes d'intervention pour reprendre possession de leur permis de conduire. Toutefois, de nombreux contrevenants tardent à le faire. Ils sont donc plus susceptibles de conduire sans permis, de ne pas traiter leurs problèmes d'alcoolisme ou de récidiver. Une étude menée par le Dr Thomas G. Brown de l'Université McGill, chercheur principal d'une équipe multidisciplinaire des IRSC examinant les répercussions de la conduite avec facultés affaiblies, indique que certains conducteurs reconnus coupables d'une telle infraction reprennent le volant sans permis ou sans avoir traité leur alcoolisme pour des raisons financières. Les récidivistes appartiennent souvent à deux groupes, soit les démunis et les personnes atteintes d'une déficience cognitive, peut-être en raison de l'alcoolisme, qui réduit leur capacité d'effectuer des analyses coûts-avantages au moment de prendre des décisions importantes. Les conclusions de cette étude ont été publiées en juin 2008 dans la revue Traffic Injury Prevention.

Les chercheurs

Dre Carolyn Dewa – Les bénéfices nets de la santé mentale

Carolyn DewaTandis que la plupart des économistes ont les yeux rivés sur les indices boursiers, l'économiste de la santé Carolyn Dewa surveille un tout autre indice de santé financière : les hauts et les bas de la santé mentale des employés. Aux entreprises et aux gouvernements qui se demandent comment réduire leurs coûts pour traverser la récession actuelle, elle a un conseil économique simple à donner : dépensez un peu pour l'assurance maladie de vos employés maintenant, et réalisez d'importantes économies plus tard.

« Les entreprises hésitent souvent à donner leur plein appui aux initiatives en santé mentale en raison du doute qui existe quant au lien entre les problèmes de santé mentale et le travail », selon la Dre Dewa, une économiste de la santé financée par les IRSC au Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto.

« Mais les tentatives d'économiser, par exemple, sur l'assurance médicaments offerte aux employés se soldent habituellement par un échec, entraînant à long terme des coûts d'invalidité beaucoup plus élevés pour les entreprises et les gouvernements. »

La Dre Dewa affirme que le climat d'incertitude économique actuel amplifie le stress chronique lié à l'emploi que vivent déjà de nombreux travailleurs. Ce stress contribue à des problèmes de santé mentale comme la dépression et l'anxiété, qui sont des causes fréquentes d'invalidité pour les employés.

Les coûts de la maladie mentale pèsent lourdement sur l'économie canadienne. Dans une étude menée en 2008, la Dre Dewa et ses collègues ont découvert que les coûts de la maladie mentale s'élevaient au total à 51 milliards de dollars pour l'économie canadienne, en calculant la valeur du temps de travail perdu et des services de santé offerts.

La Dre Dewa est d'avis que les entreprises qui tentent de réduire leurs coûts en sabrant dans l'assurance maladie de leurs employés s'exposent à une hausse de leurs dépenses liées à la santé mentale. Dans une récente étude, elle a constaté que pour les employés en congé d'invalidité prolongée pour cause de maladie mentale, même une légère hausse de leur contribution à l'achat de médicaments pouvait les dissuader de se procurer ces médicaments, et ainsi prolonger leur absence du travail.

Cela met en lumière le dilemme auquel de nombreux employeurs font face : concilier le besoin de limiter les dépenses associées aux médicaments d'ordonnance avec le besoin de ne pas bloquer l'accès aux traitements.

Que peuvent donc faire les entreprises et les gouvernements pour s'occuper de la santé mentale de leurs employés tout en limitant les coûts connexes?

« Les entreprises doivent agir en consommateurs avertis dans l'achat de leurs polices d'assurance. Trop souvent, elles ignorent ce qui leur est offert ainsi que la couverture et les coûts réels », d'expliquer la Dre Dewa.

Par exemple, dans une récente étude pilote menée auprès d'une grande entreprise nationale de services financiers, elle a évalué les coûts et les avantages de l'accès rapide à des soins de santé mentale spécialisés. L'étude a permis de conclure qu'en agissant rapidement sur la santé mentale au travail, la moyenne des absences pouvait être réduite de 15 jours.

« L'entreprise a été très emballée par ces résultats », souligne la Dre Dewa. « Chaque travailleur en congé d'invalidité prolongée coûte à l'entreprise jusqu'à un million de dollars. Or, nous avons pu démontrer à l'entreprise comment améliorer la santé mentale de ses employés tout en augmentant ses bénéfices nets. »

Pour de plus amples renseignements

L'Institut de la santé publique et des populations (ISPP) des IRSC appuie la recherche axée sur la compréhension des relations complexes (entre les facteurs biologiques, sociaux, culturels et environnementaux) qui influent sur la santé des humains, des collectivités et des populations dans leur ensemble. L'ISPP cherche non seulement à comprendre les déterminants de la santé, mais également à appuyer la recherche en mettant les connaissances en pratique afin d'améliorer l'état de santé des populations et des personnes. Pour en apprendre davantage au sujet de ces priorités et des autres activités de l'ISPP, consultez le site Web de l'Institut.

Pour plus de détails, consultez ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte.