Évaluation du programme de recherche communautaire sure le VIH/SIDA

3.0 Résultats

Table des matières ]

Cette section présente les conclusions de la révision de documents, des entrevues avec les informateurs clés, de l'examen des dossiers, des études de cas et de la consultation des intervenants. Les conclusions sont organisées en fonction des problèmes mentionnés par les informateurs clés.

3.1 Pertinence

Grâce à des programmes communautaires de sensibilisation au VIH/sida, à l'octroi de financement pour des programmes des organismes communautaires et à la mise en oeuvre de programmes de recherche communautaire, l'IF met l'accent sur l'intervention communautaire afin de lutter contre l'épidémie de VIH/sida, qui demeure un important problème de santé publique. Le PRC sur le VIH/sida des IRSC fait partie des programmes de l'IF. Le PRC comprend deux volets et six outils de financement qui permettent d'appuyer l'établissement de partenariats, le renforcement des capacités de recherche, l'élaboration de propositions de projets de recherche, la réalisation de projets de recherche et la diffusion des résultats de recherche. Le gouvernement fédéral maintient son engagement à lutter contre l'épidémie du VIH/sida au Canada et, par l'entremise de l'IF, a augmenté le financement annuel lié au VIH/sida de 42,2 millions de dollars en 2003-2004 à 84,4 millions de dollars en 2008-2009.

Les informateurs clés considèrent le PRC sur le VIH/sida comme un programme « vedette » intégrant l'orientation politique de l'IF. Ce programme favorise les partenariats entre les communautés, le milieu universitaire et les décideurs, fait participer les personnes vivant avec le VIH et leur communauté aux interventions de réponse à l'épidémie, renforce la capacité de recherche des communautés, et fournit à celles-ci les données scientifiques dont elles ont besoin pour s'attaquer à leurs problèmes. Les informateurs clés et les intervenants consultés ont indiqué que le Programme permet d'appuyer la participation des communautés à toutes les étapes de la recherche, ce qui comprend la définition de la question de recherche, l'élaboration de la méthodologie, la collecte et l'analyse des données et la diffusion des résultats. De plus, ils ont expliqué que, une fois la recherche terminée, les communautés peuvent utiliser les résultats pour combler leurs besoins, améliorer la prestation de leurs services, demander des changements aux politiques et la création de programmes, et exercer des pressions pour que le financement consacré au traitement et à la prévention du VIH/sida soit augmenté. Certains participants du volet autochtone ont également indiqué que la recherche permettait aussi de renouveler la spiritualité de la communauté et apportait un mieux-être aux membres de celle-ci. Bien que les informateurs clés et les intervenants consultés appuient le Programme, plusieurs d'entre eux ont mentionné que des ressources de financement supplémentaires sont nécessaires afin d'établir les ponts et les partenariats requis pour influencer des changements aux politiques gouvernementales.

Les projets présentés dans les demandes n'ont pas à répondre à des critères particuliers en ce qui concerne les sujets de recherche; il faut simplement que le projet de recherche proposé porte sur des enjeux liés au VIH/sida et qu'il démontre clairement sa pertinence pour les communautés ainsi que ses répercussions prévues sur celles-ci. Étant donné la flexibilité dans le choix des sujets de recherche admissibles et la participation des communautés à la définition et à la réalisation de la recherche, les informateurs clés croient qu'en principe, le Programme est pertinent pour les besoins des communautés. Cependant, ils ont mentionné que certaines exigences du Programme (décrites aux sections 3.4 et 3.5) peuvent accroître la difficulté pour les communautés d'accéder au Programme ou de se l'approprier.

3.2 Connaissance et promotion du Programme

Les informateurs clés et les intervenants consultés croient que les établissements universitaires et les grands OSLS connaissent bien le PRC sur le VIH/sida des IRSC, mais que la notoriété du Programme est limitée. En effet, les petits organismes, ceux qui oeuvrent en milieu rural, ainsi que ceux dont le mandat principal ne concerne pas le VIH/sida, mais touche certains aspects qui y sont liés (p. ex. la co-infection et les déterminants de la santé) et les départements universitaires dont les travaux combinent plusieurs disciplines ne connaissent pas suffisamment le Programme. En outre, selon les participants du volet autochtone consultés, des organismes communautaires plus diversifiés pourraient présenter des demandes dans le cadre du Programme si les IRSC réduisaient les coûts du processus de demande et fournissaient une aide technique aux candidats (voir section 3.5.1).

Actuellement, les efforts de promotion des IRSC visent surtout à mieux faire connaître le Programme dans le milieu de la recherche communautaire sur le VIH/sida. Par exemple, les IRSC affichent des renseignements sur le Programme et les appels de demandes dans leur site Web, envoient des communiqués et des appels de demandes par courriel à des anciens candidats, à des candidats potentiels, à des OSLS et à des universitaires, et ils participent à des colloques sur le VIH/sida dans le cadre desquels ils présentent des exposés. En outre, les IRSC financent les FRC, qui font la promotion de la recherche communautaire (par le bouche à oreille, l'envoi de courriels, la diffusion de bulletins d'information, l'organisation d'ateliers, etc.) et aident les organismes à présenter des demandes de financement aux IRSC et à d'autres bailleurs de fonds.

Les informateurs clés et les intervenants consultés appuient les activités promotionnelles actuelles des IRSC et souhaitent qu'elles se poursuivent. Cependant, ils ont aussi proposé plusieurs autres activités promotionnelles :

  • Créer une base de données sur les intervenants liés au VIH/sida à partir de listes de contacts existantes, comme celles du Wellesley Institute, des chercheurs universitaires, de l'ASPC, de la SCS, du CATIE et des organismes offrant des services liés à des sujets connexes (p. ex. l'hébergement et la pauvreté).
  • Analyser la conjoncture afin de repérer les organismes capables d'effectuer de la recherche communautaire et les encourager à présenter une demande de financement.
  • Se faire connaître auprès d'organismes qui ne se considèrent peut-être pas comme des organismes de recherche sur le VIH (p. ex. les organismes qui viennent en aide aux sans-abri, ceux qui offrent des services aux toxicomanes ou des services conseils, les réseaux de santé et les centres de recherche en santé, les conseils de bande, les organisations autochtones nationales, les Centres d'amitié) et donner de la formation en recherche aux membres de la communauté.
  • Accroître la visibilité, enrichir le contenu et augmenter la convivialité du site Web du PRC sur le VIH/sida. En effet, les participants ont signalé qu'il est difficile de naviguer dans le site Web actuel et qu'on n'y trouve pas un résumé clair des outils de financement disponibles2. Certains ont aussi suggéré d'y ajouter des liens vers les autres sources de financement de la recherche sur le VIH/sida.
  • Fournir aux communautés de l'information rédigée en langage simple (non universitaire) sur les principes de recherche communautaire, le PRC sur le VIH/sida et le processus de demande de financement. Ces renseignements devraient décrire, en termes simples, en quoi consiste le Programme et de quelle façon les communautés en profitent. On devrait aussi fournir des instructions détaillées sur la présentation d'une demande ainsi que les coordonnées des FRC pouvant aider les communautés à franchir les étapes de ce processus. Les informateurs clés ont souligné que pour présenter une demande dans le cadre du Programme, les communautés doivent d'abord savoir qu'il leur est destiné (c'est-à-dire qu'il n'est pas destiné uniquement aux universitaires); elles doivent aussi comprendre le processus de demande et le trouver relativement simple (et non fastidieux). On pourrait aussi leur donner des exemples de projets terminés afin de mieux expliquer le processus de recherche.
  • Faire connaître les critères d'admissibilité au Programme aux organismes communautaires, notamment en informant les candidats potentiels que le Programme ne s'adresse pas uniquement aux grandes organisations ou aux universitaires et en donnant des exemples des types de projets pouvant être financés. Par exemple, les participants voulaient savoir si le financement pouvait être utilisé pour mener des projets de recherche sur des sujets connexes au VIH/sida (p. ex. sur les programmes d'échange de seringues).
  • Donner aux organismes communautaires et aux universitaires de l'information sur les FRC afin qu'ils sachent que ces derniers peuvent les aider à franchir les étapes du processus de demande, à trouver des partenaires, à préciser leurs questions de recherche, etc. De plus, les IRSC doivent fournir les coordonnées des FRC aux candidats intéressés et leur expliquer comment communiquer avec eux3.
  • Créer un babillard électronique que les candidats potentiels pourraient consulter afin de chercher des partenaires communautaires ou universitaires ou des étudiants des cycles supérieurs.
  • Participer aux rencontres communautaires et aux petits colloques sur le VIH/sida dans le cadre desquels on ne parle peut-être pas de recherche communautaire, et afficher des renseignements sur le Programme dans les sites Web des communautés.
  • Organiser des ateliers sur la rédaction de propositions et la mise en oeuvre de la recherche4.
  • Communiquer avec les universitaires n'ayant jamais effectué de recherche communautaire et renforcer leurs capacités.
  • Promouvoir le Programme auprès des étudiants à la maîtrise et au doctorat.
  • Continuer à envoyer des courriels d'information sur les appels de demandes à venir.

Sans égard pour les méthodes utilisées aux fins de promotion du Programme, les informateurs clés ont insisté sur la nécessité d'une promotion continue à l'aide de différents médias, étant donné le taux de roulement du personnel élevé au sein des organismes communautaires.

En outre, certains des informateurs clés et des participants du volet général consultés ont exprimé une mise en garde quant à la promotion excessive du Programme. En effet, une notoriété accrue du Programme pourrait faire augmenter le volume de demandes et, conséquemment, faire baisser le taux d'acceptation de celles-ci. Selon les participants du volet général, avant d'intensifier leurs activités promotionnelles, les IRSC devraient sonder l'opinion des organismes communautaires pour connaître leur intérêt à participer à la recherche; les IRSC pourraient ensuite utiliser les résultats pour élaborer leurs activités de promotion.

Bien que la promotion puisse faire augmenter le volume de demandes présentées dans le cadre du Programme, les participants du volet autochtone consultés ont fait observer que, même si les organismes connaissent le Programme et souhaitent participer à la recherche, il est possible qu'ils ne le fassent pas par manque de ressources. Les participants ont également affirmé qu'il est nécessaire de renforcer les capacités de recherche tant en milieu communautaire qu'universitaire, étant donné que les organismes communautaires ne disposent que de peu de temps pour entreprendre des activités de recherche, leur priorité étant d'offrir des services, et qu'il n'y a pas suffisamment d'universitaires pour répondre aux besoins de la communauté en matière de recherche.

Par ailleurs, les informateurs clés ont soulevé un autre problème lié à la portée du Programme. Actuellement, on a l'impression que la majeure partie du financement va toujours aux mêmes organisations, et qu'un nombre relativement petit d'organismes participent au Programme. Selon certains, cela dissuade peut-être d'autres organisations de présenter des demandes5, car elles ont l'impression que l'organisme financé est le principal acteur de la recherche dans leur communauté. Les informateurs clés soutiennent que cette réalité nuit à la compétition entre les candidats potentiels.

3.3 Outils de financement

Dans cette section, on examine l'efficacité des six outils de financement : les FRC, les ateliers de renforcement des capacités, les bourses de maîtrise, les bourses de doctorat, les subventions Catalyseur et les subventions de fonctionnement. Cette série d'outils de financement appuie une progression naturelle du financement qui va du renforcement des capacités et de l'établissement de partenariats aux projets de recherche complets en passant par l'élaboration de propositions; cependant, selon les données disponibles, la majorité des candidats n'explorent pas toute la gamme des sources de financement. Certains candidats ont des compétences assez poussées pour demander une subvention de fonctionnement même s'il s'agit de leur première demande de financement. D'autres candidats n'en sont qu'à leurs débuts en recherche, et ont peut-être besoin de plus de temps pour continuer à renforcer leurs capacités de recherche avant de pouvoir mener un projet qui serait admissible à un financement des IRSC. Toutefois, pendant qu'ils renforcent leurs capacités de recherche, ils travaillent peut-être sur des projets internes de petite envergure qui ne nécessitent pas de financement externe; ainsi, il se peut qu'ils n'aient pas eu suffisamment de temps pour explorer la série d'outils de financement.

3.3.1 Subvention Catalyseur et subvention de fonctionnement

Les subventions Catalyseur et les subventions de fonctionnement sont des outils de financement traditionnels bien connus, surtout dans le milieu universitaire.
Dans l'ensemble, les informateurs clés n'ont fait part d'aucune préoccupation concernant ces outils de financement; certains ont seulement fait remarquer que ces outils semblent être destinés surtout au milieu universitaire. Cette impression est peut-être due à une perception erronée, car, en fait, pour recevoir le financement associé à ces outils, les projets doivent comprendre des partenariats entre les communautés et le milieu universitaire. Néanmoins, les participants du volet autochtone consultés pensent que les plafonds de financement des subventions de fonctionnement devraient être relevés afin de tenir compte des traditions culturelles et du protocole. Ces ressources pourraient être utilisées pour payer les frais de déplacement dans les communautés, organiser des célébrations et valoriser l'importance et le temps accordés à la recherche par les membres de la communauté. Les participants ont également indiqué qu'il serait utile d'embaucher une personne pour effectuer la recherche ou d'obtenir une allocation pour libérer un membre actuel du personnel à cette fin.6

Comme nous l'avons mentionné aux sections 3.5.1 et 3.5.2, certains informateurs clés trouvent les processus de demande de financement et d'examen du mérite liés aux subventions Catalyseur trop complexes.

3.3.2 Ateliers de renforcement des capacités

Les chercheurs en milieu communautaire et universitaire peuvent demander du financement pour tenir des ateliers sur le renforcement des capacités afin d'approfondir leurs connaissances de base sur les principes et les pratiques adoptés pour la recherche communautaire. Bien que les informateurs clés n'aient fait part d'aucune préoccupation concernant la conception de cet outil de financement, certains ont observé qu'il n'est pas très utilisé. Les informateurs clés et les intervenants consultés n'ont toutefois pas été en mesure de cerner les facteurs pouvant expliquer cette faible utilisation, bien que certains pensent qu'elle pourrait s'expliquer par les exigences élevées des processus de demande et d'examen du mérite. Certains sont d'avis que les organismes communautaires n'utilisent pas l'outil parce qu'ils possèdent déjà de l'expérience en recherche. D'autres s'interrogent sur la portée du mandat de cet outil et pensent qu'il devrait aussi permettre de payer les frais de participation à des colloques. Les informateurs clés et les intervenants consultés s'entendent pour dire que l'utilité de cet outil doit être examinée de plus près.

3.3.3 Bourses de maîtrise et de doctorat

Les bourses de maîtrise et de doctorat visent à renforcer les capacités en recherche communautaire dans les établissements universitaires, ce qui augmentera les occasions de partenariat entre des universitaires et des organismes communautaires dans le cadre de projets de recherche. Cependant, certains informateurs clés ne reconnaissent pas cet effet comme un avantage prévu de cet outil de financement; quelques-uns l'ont décrit comme un programme de bourses d'études qui n'apporte aucun avantage à la communauté et qui n'est soumis à aucune reddition de comptes.

Selon les intervenants consultés, les bourses de doctorat sont attribuées pour une période trop courte. En effet, le financement est octroyé pour trois ans, alors que la plupart des étudiants ont besoin de cinq ou six ans pour obtenir leur diplôme. De plus, certains participants pensent que le PRC sur le VIH/sida offre aux étudiants au doctorat un financement moins élevé que les autres programmes des IRSC7.

Une minorité seulement d'informateurs clés ont se sont montrés intéressés à ce que l'on crée des bourses semblables à l'intention des stagiaires d'été, des étudiants de premier cycle, des étudiants des programmes spécialisés ou des chercheurs communautaires.

3.3.4 Facilitateurs de la recherche communautaires

Objectif

Les facilitateurs de la recherche communautaire (FRC), auparavant appelés assistants techniques de recherche (ATR), offrent des services aux communautés et aux universitaires intéressés à participer à des projets de recherche communautaire et à en mener. Selon les FRC et d'autres informateurs clés, le rôle premier des FRC n'est pas de promouvoir le PRC sur le VIH/sida, mais plutôt d'encourager la recherche communautaire en général et d'aider les candidats à préparer leurs demandes à l'intention des IRSC et d'autres bailleurs de fonds. Ils aident aussi les groupes à comprendre le rôle qu'ils peuvent jouer dans la recherche en trouvant des occasions de recherche, en établissant les partenariats, en renforçant les capacités nécessaires pour mener des projets de recherche, en épaulant les groupes dans l'élaboration de leurs propositions et de leurs projets et en contribuant à la diffusion et à l'application des résultats. Essentiellement, les FRC fournissent aux intervenants l'assistance dont ils ont besoin pour entreprendre une recherche communautaire sur le VIH/sida.

Structure de fonctionnement

Les FRC reçoivent du financement par l'entremise d'un programme de subventions selon lequel les IRSC fournissent des fonds de fonctionnement à divers organismes communautaires pour l'embauche d'un FRC, qui est alors attitré à une région particulière. Cependant, cette façon de faire n'est pas très connue des intervenants, ou encore elle est mal comprise. De plus, selon les intervenants consultés, le rôle des FRC devrait être plus clair, et on devrait améliorer la communication entre les IRSC, l'organisation qui reçoit le financement et le FRC.

Lors des entrevues, les FRC ont signalé que le système dont ils font partie rend l'accomplissement de leur travail plus difficile. Comme c'est un chercheur principal de l'organisme récipiendaire qui détient la subvention, les FRC ne se sentent pas autonomes. Par conséquent, ils éprouvent parfois des difficultés à définir des priorités et à élaborer des plans de travail pertinents pour les communautés qu'ils desservent, surtout si le chercheur principal qui les supervise ne comprend pas leur projet de recherche. De plus, selon eux, les conflits entre le mandat des IRSC et celui de l'organisme récipiendaire peuvent avoir une incidence sur l'éventail des activités qu'ils pourraient réaliser et modifier le type de projets qu'ils sont en mesure d'appuyer. Dans certains cas, les FRC ont l'impression que l'organisme récipiendaire contrôle leur horaire et leurs ressources. Les intervenants consultés ont fait écho à ces préoccupations et ont proposé de faire signer un PE aux IRSC et à l'organisme récipiendaire lors de l'octroi de financement à un FRC. Ce PE expliquerait la relation entre les IRSC et l'organisme et définirait les rôles et les responsabilités du FRC.

Il peut être difficile pour les IRSC de surveiller le rendement des FRC, étant donné que ceux-ci travaillent dans les locaux des organismes communautaires et sont supervisés par ces derniers. Actuellement, les FRC fournissent aux IRSC un plan de travail et des rapports annuels. Certains informateurs clés ont proposé d'évaluer le rendement des FRC au moyen de rétroactions tous azimuts, auxquelles participerait la communauté.

Interaction avec les IRSC et les autres FRC

Étant donné la nature du processus d'octroi de subventions, les interactions entre les FRC et les IRSC sont plutôt limitées. Les FRC ne reçoivent aucune formation des IRSC avant de commencer à exercer leurs fonctions; cependant, aucun informateur clé n'a soulevé ce point dans ses préoccupations. Outre la présentation des rapports requis aux IRSC, les FRC participent à une rencontre annuelle à Ottawa. Les informateurs clés ont mentionné que ce sont les IRSC qui déterminent l'ordre du jour de cette rencontre, qui sert principalement à informer les IRSC des activités des FRC. Bien que cet événement donne l'occasion aux FRC de livrer leurs commentaires au sujet du Programme, ceux-ci souhaiteraient avoir une plus grande influence sur sa conception.

En outre, les FRC ont exprimé le souhait que plus de sujets soient traités pendant cette rencontre annuelle. Ils aimeraient, avant la rencontre, se réunir en personne avec d'autres FRC afin d'examiner des sujets qu'ils aimeraient aborder avec les IRSC, de rendre compte du travail qu'ils effectuent dans leurs communautés respectives et de partager leurs pratiques exemplaires et les leçons qu'ils ont apprises. Certains participants ont également suggéré des rencontres semestrielles et, peut-être, la tenue d'une de ces rencontres ailleurs qu'à Ottawa afin que les IRSC puissent constater de visu le travail accompli dans la communauté.

Les FRC affirment s'entraider. Ils tiennent des conférences téléphoniques bimestrielles et communiquent régulièrement par courriel. De plus, certains ont déjà collaboré à l'occasion de présentations dans le cadre de colloques et d'autres projets.

Activités

Les FRC ont affirmé que, comme les IRSC ne leur donnent pas de directives en ce qui concerne le temps à consacrer aux différentes activités, ils ont suffisamment de liberté et de flexibilité pour adapter leurs services aux besoins des communautés. Les FRC accomplissent des activités très variées; entre autres, ils :

  • sensibilisent les intervenants à la recherche communautaire;
  • enseignent des parties de cours universitaires ou donnent des conférences sur la recherche communautaire;
  • tiennent des ateliers de renforcement des capacités;
  • facilitent l'établissement de partenariats entre les communautés et les universitaires et s'assurent que ces partenariats sont équitables et efficaces;
  • aident les organismes à rédiger des propositions et à remplir des formulaires de demande de financement;
  • aident les organismes à mettre en oeuvre de petits projets de recherche qui ne nécessitent pas de financement externe;
  • encouragent la diffusion des résultats de recherche et aident les communautés à comprendre et à interpréter ces résultats;
  • aident les communautés à se servir des résultats de recherche pour influencer l'élaboration des politiques et des programmes (planification stratégique);
  • octroient de petites subventions aux organismes communautaires pour leur permettre d'effectuer de la recherche interne (p. ex. pour l'évaluation du programme).

Les FRC ont affirmé utiliser diverses méthodes et différents médias pour réaliser ces activités. Par exemple, ils font des présentations à l'intention des communautés, créent des sites Web de projet ou publient des messages dans les sites Web des organismes, rédigent des articles pour des bulletins d'information ou des journaux, ou encore animent des émissions baladodiffusées ou des cafés interactifs. Les FRC adaptent leurs services à la communauté desservie; certaines ont besoin d'aide pour évaluer leurs besoins de base, et d'autres ont besoin de soutien pour réaliser des projets complexes de grande envergure auxquels participent de nombreux partenaires.

Les FRC utilisent différents moyens pour communiquer avec les communautés qu'ils desservent. Certains FRC prennent l'initiative de communiquer avec les organismes, alors que d'autres attendent que ces derniers communiquent avec eux. De plus, certains FRC ont indiqué travailler avec tous les organismes qui le souhaitent dans leur communauté, alors que d'autres ne travaillent qu'avec les organismes qui font partie du réseau de partenaires de l'organisation récipiendaire (bien qu'ils travaillent aussi avec des organismes externes qui collaborent avec les organisations membres). Certains FRC travaillent principalement avec les communautés, alors que d'autres travaillent avec les communautés, mais aussi avec les universitaires. Par exemple, l'étude de cas concernant le FRC du Québec a révélé que 60 % des ressources étaient utilisées pour la création de partenariats avec des chercheurs universitaires, et 40 % pour la collaboration avec les membres de l'organisation récipiendaire.

Les intervenants consultés ont insisté sur le fait qu'il est impossible de confier aux FRC de plus grands rôles et plus de responsabilités sans augmenter leur nombre au pays.

Efficacité de l’outil des FRC

Les informateurs clés et les intervenants consultés ont l'impression que les communautés et les universitaires connaissent peu les FRC. De plus, certains informateurs clés ont proposé la mise en place par les IRSC d'un programme de mentorat afin d'aider les communautés à participer à la recherche communautaire, ce qui est précisément l'objectif de l'outil des FRC. Toutefois, plusieurs candidats du Programme ont affirmé avoir travaillé avec un FRC pour préparer leur demande ou pour renforcer leur capacité de recherche. En outre, les intervenants consultés ont proposé d'ajouter à tous les appels de demande une présentation des FRC ainsi qu'une description de leur rôle et leurs coordonnées.

Beaucoup d'informateurs clés et de participants à l'étude de cas sur les FRC ont affirmé que l'efficacité des FRC est directement liée à leurs compétences individuelles. Selon eux, les FRC efficaces sont ceux qui entretiennent des liens solides avec les communautés et les universitaires et sont respectés par eux. Certains informateurs clés pensent que les FRC doivent travailler plus fort pour établir des partenariats et agir à titre d'agents de liaison entre les communautés, les universitaires et les IRSC. Ils ont également affirmé que les FRC doivent aider davantage les organismes à rédiger des propositions, à comprendre les besoins de leur communauté, à définir des questions de recherche et à améliorer leurs pratiques en se fondant sur les résultats de recherche.

Les informateurs clés reconnaissent que la capacité et l'efficacité des FRC sont aussi liées aux caractéristiques de la province et/ou de la région qu'ils desservent. En effet, certaines communautés rurales ou éloignées sont difficiles d'accès, et le bassin de chercheurs avec lesquels elles peuvent nouer des partenariats est petit. Les FRC ont signalé qu'ils ont parfois de la difficulté à desservir toute la province à laquelle ils sont attitrés, car beaucoup de leurs clients préfèrent les rencontrer en personne; cela est particulièrement vrai pour les communautés autochtones, qui accordent de l'importance au respect des traditions orales.

L'ampleur de l'appui apporté par les FRC aux organismes lors de l'élaboration de propositions à l'intention des IRSC est imprécise. Cela s'explique en partie par le fait que les candidats ne sont pas tenus de dire aux IRSC s'ils ont travaillé avec un FRC ou non, et que ce renseignement n'est pas demandé explicitement dans les formulaires de demande. Le lien de causalité entre les activités de renforcement des capacités menées par les FRC et la réalisation de projets de recherche communautaire est également flou, car les FRC ne recueillent ni ne transmettent systématiquement de l'information au sujet des activités de recherche auxquelles participent les communautés, que cette recherche soit interne ou financée par les IRSC ou un autre programme.

Actuellement, il existe du financement pour cinq FRC dans le volet général et deux FRC dans le volet autochtone. Les participants du volet autochtone consultés croient fermement que, pour desservir adéquatement la communauté autochtone, il faut prévoir au moins quatre FRC pour le volet autochtone. De plus, les groupes consultés affirment qu'il faut faire plus de promotion des FRC afin de faire connaître leurs services à plus d'organismes communautaires.

Défis

Les informateurs clés ont affirmé qu'il existe un taux de roulement du personnel élevé chez les FRC, ce qui réduit l'efficacité de l'outil de financement; en effet, chaque fois qu'un nouveau FRC entre en fonction, il doit gagner la confiance de la communauté et renouer les liens avec ses partenaires de recherche potentiels.

Selon les FRC, le roulement de personnel résulterait de problèmes structurels de l'outil de financement. Un des problèmes qu'ils ont mentionnés concerne l'impossibilité pour les FRC de s'inscrire comme co-chercheurs dans les demandes présentées aux IRSC et, par conséquent, de voir leur travail officiellement reconnu. Les FRC ont expliqué que cela peut nuire à leur développement professionnel. Un autre problème relevé vise la période de financement, qui se limite à deux ans. En effet, les FRC affirment qu'il faut quelques mois pour cerner les besoins de la communauté, élaborer une stratégie d'intervention et tisser des liens. Ils disposent ensuite d'environ un an pour travailler avec la communauté. Puis, ils doivent présenter une nouvelle demande de financement auprès des IRSC et/ou se chercher un nouvel emploi. Les FRC croient qu'une période de financement de cinq ans serait appropriée et que, si cette modification était apportée, ils seraient prêts à préparer des plans de travail et des rapports d'activité plus détaillés.

Les autres défis mentionnés par les FRC comprennent l'impossibilité d'accéder aux bases de données et aux bibliothèques de recherche et le fait que, à l'approche des dates limites des programmes, ils ne sont en mesure d'aider qu'un nombre limité d'organisations à présenter des demandes de financement.

Certains des informateurs clés et des participants du volet général consultés ont proposé les changements suivants dans le financement des FRC en vue de réduire le taux de roulement du personnel :

  • Accroître la notoriété des FRC;
  • Augmenter le financement disponible;
  • Allonger la période de financement;
  • Permettre d'inscrire les FRC comme co-chercheurs dans les demandes de financement.

3.3.5 Commentaires généraux

Selon certains intervenants consultés, afin d'aider les communautés à relever les défis auxquels elles sont confrontées, les IRSC doivent faire connaître les outils de financement davantage. Bien qu'ils soient d'avis que les outils actuels sont adéquats, la sous‑utilisation de plusieurs de ces outils les préoccupe. Par exemple, les participants ont indiqué que les ateliers de renforcement des capacités constituent l'outil le moins intimidant; on devrait donc encourager les organismes communautaires ayant peu d'expérience en recherche à présenter une demande pour cet outil en premier.

En outre, les participants ont souligné qu'avant de modifier et/ou d'enrichir la série d'outils de financement, on devrait mieux faire connaître les outils existants et en évaluer l'utilité. De plus, ils ont insisté sur le fait que toute modification apportée aux outils de financement ne doit pas rendre le Programme plus complexe.

Voici certains des autres éléments qu'il serait utile de financer selon les participants :

  • L'application et la diffusion des connaissances (voir section 3.6).
  • Évaluation. Les participants ont fait remarquer qu'un financement destiné à l'évaluation des résultats pourrait être utilisé pour déterminer les répercussions du Programme sur les communautés. Ils affirment que les chercheurs ne peuvent entreprendre des activités d'évaluation sans financement supplémentaire.
  • Participation à des conférences. Les participants ont proposé que les IRSC fournissent un financement aux membres des communautés et aux services de santé publique pour leur permettre de participer à des conférences. Ils affirment que les budgets des universitaires prévoient déjà du financement à cette fin, mais que les organismes communautaires, eux, ne disposent pas des ressources nécessaires.

Les participants du volet autochtone consultés ont, eux aussi, exprimé des préoccupations quant à la fin de la période de financement. De plus, on a aussi atteint l'échéance d'une partie du financement pour le volet général; en raison de l'urgence du problème du VIH/sida et des besoins des communautés, les participants affirment que les IRSC doivent impérativement trouver des moyens d'éviter la péremption des fonds.

3.4 Partenariats entre les communautés et les universitaires

Les projets financés dans le cadre du PRC sur le VIH/sida doivent avoir un impact sur la communauté et être rigoureux sur le plan scientifique. Dans le but de répondre équitablement à ces deux critères, les équipes de recherche communautaire bénéficiaires d'un financement dans le cadre du PRC sur le VIH/sida établissent des partenariats entre les communautés et le milieu universitaire. Pour qu'un partenariat soit efficace, chaque partie doit tirer avantage de la relation et y apporter sa contribution. Selon les informateurs clés, les communautés tirent profit des partenariats avec les chercheurs universitaires, car ces derniers leur prodiguent des conseils sur la conception et la méthodologie de la recherche, et leur permettent d'avoir accès aux CER. De leur côté, les chercheurs universitaires bénéficient également du partenariat, car ils peuvent avoir un aperçu de l'opinion des communautés en ce qui concerne les problèmes auxquels elles sont confrontées, les questions devant être posées et les façons de joindre les personnes qui seront touchées par les résultats de recherche.

Les principes de la recherche communautaire prônent la participation égale de la communauté et du milieu universitaire tout au long du projet de recherche. Bien que les informateurs clés croient qu'il est effectivement souhaitable d'établir des partenariats à participation égale, ils sont d'avis que des partenariats équitables sont plus adéquats étant donné que chaque partenaire possède des forces, des connaissances et une expérience différentes. Dans un partenariat équitable, chacun donne ce qu'il peut et prend ce dont il a besoin.

Selon les informateurs clés, il est important, avant de commencer un projet, de déterminer le degré de participation de chaque partenaire. Ils ont indiqué que les communautés ne désirent pas toujours participer à toutes les étapes du processus si cela constitue un fardeau pour elles. Par conséquent, la participation de chaque partenaire peut varier d'un projet à l'autre : pour certains projets, les partenaires offrent leur entière collaboration, alors que pour d'autres, la communauté définit la question de recherche, le partenaire universitaire effectue la recherche et les deux parties contribuent ensuite à la diffusion des résultats. Les informateurs clés ont mentionné qu'au début d'un projet, il peut être utile d'établir un PE précisant les rôles et les responsabilités de chaque partenaire.

Selon les informateurs clés, il peut être ardu pour les communautés et le milieu universitaire d'établir des partenariats efficaces. Cette difficulté s'explique en partie par les différences possibles entre les priorités de chaque partie. Ils ont expliqué que les communautés veulent souvent recueillir de l'information à l'échelle communautaire et ont tendance à souhaiter des projets de recherche de petite envergure, car leur priorité vise la prestation de services; elles sont donc intéressées par les projets de recherche qui leur serviront dans le cadre de la prestation de leurs services. À l'inverse, les universitaires désirent en général publier les résultats de leur recherche et, par conséquent, sont souvent plus intéressés par des projets de grande envergure. Une autre raison pour laquelle les partenariats entre les communautés et les universitaires peuvent être difficile est que les calendriers des communautés diffèrent souvent de ceux de leurs partenaires universitaires en raison des pressions concurrentes exercées sur leur temps et leurs ressources; cette situation peut engendrer des tensions avec les partenaires universitaires et miner l'intérêt de la communauté pour le projet.

Par ailleurs, les informateurs clés ont fait remarquer que les communautés sont parfois contrariées par le fait d'avoir à travailler en partenariat avec un chercheur universitaire. Elles s'y sentent forcées parce qu'elles ont besoin d'un chercheur principal qui répond aux critères des IRSC, d'un établissement universitaire qui administrera le financement reçu des IRSC (parce que les communautés trouvent complexe le processus des IRSC pour devenir un établissement admissible) et/ou qu'elles doivent avoir accès au comité d'éthique de la recherche (CER) de l'établissement. Pour ces raisons, la communauté peut sentir qu'elle n'est pas un partenaire à part égale du projet de recherche. Selon les informateurs clés, la communauté peut alors avoir l'impression de perdre le contrôle de la recherche; de plus, cela peut soulever des questions quant à la propriété intellectuelle du projet.

La contribution et la participation des partenaires universitaires et communautaires tout au long du processus de recherche permettent de garantir l'intégration des connaissances traditionnelles et des connaissances du milieu communautaire aux projets financés. Les participants du volet autochtone reconnaissent la valeur de ces connaissances et ont souligné la nécessité de renforcer l'énoncé concernant les partenariats dans les appels de demandes. Ils ont aussi suggéré d'y ajouter l'exigence de fournir un plan de mobilisation de la communauté dans lequel serait expliquée la façon dont les candidats mobiliseront la communauté dans le cadre du projet.

3.4.1 Obstacles à la participation de la communauté à la recherche communautaire

Les informateurs clés ont relevé plusieurs obstacles à la participation de la communauté à la recherche communautaire et au PRC sur le VIH/sida des IRSC. Les IRSC peuvent contribuer à éliminer certains de ces obstacles grâce à des activités promotionnelles.

  • Préjugés. Les informateurs clés ont affirmé qu'il existe d'importants préjugés à l'égard du VIH/sida, surtout dans les communautés autochtones. Ces préjugés peuvent décourager les chercheurs universitaires autochtones et les jeunes de ces communautés à participer à la recherche sur le VIH/sida.
  • Peur de la recherche. Les informateurs clés ont indiqué que certaines communautés ont peur de la recherche, une peur qui semble due en partie à un manque de compréhension des processus de recherche et des avantages que la communauté peut tirer de cette recherche, et à une crainte quant à l'utilisation ultérieure des résultats de recherche. En outre, les communautés autochtones ont été les sujets d'un nombre démesuré de projets de recherche, et elles n'avaient pas accès aux résultats de ces projets. Cependant, l'établissement et l'application des principes PCAP (propriété, contrôle, accès et possession des données issues de la recherche) en ce qui concerne la recherche effectuée dans les communautés autochtones aide à contrer cette peur. Selon les informateurs clés, pour inciter les communautés à participer à la recherche, il faut leur garantir que les résultats seront compréhensibles et accessibles et qu'ils pourront être utilisés pour répondre aux besoins de la communauté.
  • Capacités. Bien que certaines communautés s'intéressent à la recherche, selon les informateurs clés, elles ne possèdent pas toujours les capacités requises pour demander du financement. Ces capacités limitées peuvent être liées à la disponibilité du personnel (temps), à son expertise et/ou à son expérience en recherche, ainsi qu'aux ressources financières. Selon les informateurs clés :
    • Ce n'est pas que les communautés ne souhaitent pas demander du financement, mais plutôt qu'elles doivent consacrer leur temps à d'autres tâches. Par exemple, un organisme communautaire a raconté qu'une année, il voulait présenter une demande de financement mais ne l'avait pas fait parce qu'il était occupé à se préparer pour le Congrès international sur le sida qui se tenait à Toronto. De plus, les communautés doivent faire face à de nombreux enjeux sanitaires autres que le VIH/sida et, par conséquent, peuvent avoir été approchées par plusieurs organisations souhaitant travailler avec elles sur diverses questions.
    • Il existe des organismes très petits – certains ne comptent qu'entre un et quatre employés – et manquent tout simplement de ressources pour préparer des propositions et mener des projets de recherche. Ces organismes peuvent regorger de bonnes idées en matière de recherche communautaire, mais n'ont ni le temps, ni l'expertise nécessaire pour mettre ces idées sur papier afin de les présenter dans le format exigé par les IRSC. Malheureusement, ces idées sont souvent laissées de côté.
    • Le mandat principal des organismes consiste à fournir des services et non à effectuer de la recherche. Souvent, le montant du financement de soutien reçu dépend du nombre de clients desservis. Ainsi, en prenant du temps pour préparer une proposition de recherche, ces organismes ont moins de temps à consacrer à la prestation de services, ce qui réduit le nombre de clients et, par conséquent, le montant de financement de soutien auquel ils sont admissibles. Parfois, les organismes commencent à préparer une proposition mais sont incapables de la terminer avant la date limite de présentation des demandes.
    • Les organismes n'ont pas toujours la capacité ou l'expérience technique nécessaire pour préparer de bonnes propositions de recherche. Ils ont besoin d'aide pour traduire leur idée de recherche en une proposition de recherche solide qui respecte les critères des IRSC.
  • Peur du refus. Les informateurs clés ont expliqué que certaines communautés ne présentent pas de demande de financement parce qu'elles ont peur d'essuyer un refus. En effet, la présentation d'une demande exige une somme de travail considérable et, si les communautés pensent que leur demande sera refusée, elles n'en présenteront pas. En outre, certains informateurs clés ont l'impression que le taux d'acceptation des demandes présentées au PRC sur le VIH/sida des IRSC n'est que de 20 % ou 25 % (voir le taux d'acceptation par outil et par volet de financement à la section 2.6).

Bien qu'ils ne l'aient pas fait avant l'évaluation, les IRSC appliquent depuis leur politique sur les demandes complètes, qui prévoit le refus des demandes incomplètes. Les informateurs clés qui connaissaient l'existence de cette politique ont affirmé que si elle est appliquée, les organismes dont la demande a été refusée pour des raisons telles qu'une signature manquante risquent d'hésiter à présenter leur demande de nouveau au cycle de financement suivant.

3.5 Processus administratifs

Cette section présente les résultats de l'évaluation des processus administratifs liés au Programme, y compris le processus de demande, l'examen du mérite, l'évaluation de l'éthique et l'administration du financement accordé par les IRSC.

3.5.1 Présentation d’une demande

La présentation d'une demande de financement dans le cadre du PRC sur le VIH/sida s'effectue en deux étapes. Les candidats doivent d'abord s'inscrire auprès des IRSC, puis présenter une demande de financement8. Les informateurs clés ne comprennent pas pourquoi ces deux étapes sont nécessaires et, de plus, trouvent le processus trop long; ils affirment que la préparation d'une demande peut prendre de trois à quatre mois.

En général, les candidats et les autres informateurs clés considèrent le processus de demande comme difficile et onéreux, en particulier pour les communautés. Ils affirment que les formulaires de demande sont difficiles à remplir et qu'il est compliqué de naviguer dans les formulaires Web, car cela nécessite des connaissances approfondies en informatique. De plus, ils ont indiqué que les formulaires Web comportent beaucoup d'étapes, demandent les mêmes renseignements à plusieurs endroits et ne donnent pas d'instructions claires en ce qui concerne les documents à joindre au formulaire. Bien qu'ils reconnaissent l'existence d'une liste en format PDF de tous les documents à joindre, les participants affirment qu'elle est difficile à trouver. Les informateurs clés ont aussi mentionné qu'il est compliqué sur le plan logistique de recueillir les signatures exigées et que les communautés ne comprennent pas toujours quelles personnes doivent signer. L'examen des dossiers a révélé que sur les 20 candidats financés, 4 avaient présenté des demandes dans lesquelles il manquait des signatures ou celles-ci étaient incorrectes9. Certains informateurs clés ont signalé qu'ils avaient dû communiquer avec les IRSC pour obtenir diverses explications au sujet de la présentation de leur demande. Ils ont affirmé que les IRSC les avaient aidés; cependant, le fait qu'ils aient dû communiquer avec les IRSC illustre bien la difficulté du processus.

Outre l'aide demandée aux IRSC en ce qui concerne le processus de demande, certains candidats consultent les FRC. Par exemple, Pauktuutit Inuit Women of Canada a fait appel à un FRC pour préparer sa demande de subvention Catalyseur. Plus précisément, le FRC agissait comme agent de liaison entre l'organisme communautaire et l'établissement universitaire, et a aidé l'organisme à rédiger sa demande.

Les intervenants consultés ont recommandé les améliorations suivantes en vue de simplifier et de rationaliser le processus de présentation d'une demande :

  • Utiliser un langage simple dans les formulaires de demande – Les participants ont suggéré que les IRSC suivent les modèles de l'ASPC pour élaborer leurs formulaires de demande.
  • Organiser des séminaires sur la rédaction de demandes de subvention à l'intention des organismes communautaires – Ce type de séminaires est déjà offert aux universitaires, mais pas aux organismes communautaires.
  • Augmenter la souplesse du processus de demande en facilitant l'interaction entre les IRSC, le Comité d'examen du mérite et les candidats – Les participants ont suggéré que les IRSC suivent les modèles de Santé Canada et de l'ASPC pour élaborer leurs processus.
  • Allouer plus de financement pour l'établissement de partenariats et la mobilisation de la communauté dans la recherche – Les participants ont fait remarquer qu'il faut beaucoup de temps et de ressources pour bâtir les partenariats nécessaires à la préparation d'un projet de recherche. Les participants du volet autochtone, notamment, ont expliqué que la présentation d'une demande exige énormément de travail préalable, car habituellement, les communautés récitent des prières, accomplissent des cérémonies et se rendent dans plusieurs communautés rurales et éloignées afin de recueillir des données nécessaires à leur demande. Les organismes communautaires autochtones utilisent une quantité considérable de ressources pour remplir une demande qui peut être refusée au bout du compte; dans ce cas, tous ces efforts auront été inutiles. Même lorsque leur demande est acceptée, le budget alloué ne permet pas toujours aux organismes communautaires de recouvrer ces frais.

La critique la plus fréquente exprimée par les informateurs clés au sujet du processus de demande a trait aux CV. Des 20 candidats financés dont nous avons examiné les dossiers, 7 avaient présenté des demandes dans lesquelles il manquait des CV ou les CV fournis ne respectaient pas le format exigé. Les informateurs clés reconnaissent que les IRSC ont créé un CV pour les dirigeants communautaires afin d'accroître la pertinence et la simplicité du format pour les communautés, mais ils pensent que des modifications supplémentaires sont requises. Ils affirment que ces CV visent trop les candidats du milieu universitaire et exigent des éléments que les communautés ne possèdent pas (diplômes, publications, étudiants supervisés)9 10. Par conséquent, plusieurs parties dans les CV pour les dirigeants communautaires ne sont pas remplies, ce qui, aux dires des informateurs clés, donne l'impression aux communautés qu'elles ne possèdent pas les compétences suffisantes pour présenter une demande dans le cadre du Programme et que les IRSC n'accordent pas de valeur à leurs connaissances et à leur expérience.

Les intervenants consultés ont suggéré plusieurs changements qui pourraient être apportés au CV commun ou au CV pour les dirigeants communautaires afin d'aider les candidats à faire état de toute leur expérience, de démontrer du respect envers l'expérience communautaire et de garantir un équilibre entre les connaissances des communautés et celles du milieu universitaire.

  • Certains participants sont d'avis que les compétences que doit posséder l'équipe devraient être plus claires. On devrait établir un ensemble de critères expliquant les compétences que doit posséder le chef d'équipe, ce qui est considéré comme de l'expérience en milieu communautaire, ainsi que l'expérience que l'équipe doit avoir acquise en lien avec le sujet de recherche proposé.
  • Les candidats universitaires principaux devraient avoir à démontrer qu'ils ont déjà travaillé en collaboration avec les communautés. Il pourrait s'agir d'une expérience de recherche ou d'un autre type d'expérience en milieu communautaire. Par exemple, ils devraient avoir à démontrer qu'ils possèdent une expérience en matière d'application des connaissances hors du milieu universitaire et qu'ils ont publié des articles dans des revues scientifiques
  • Certains participants ont suggéré de permettre aux membres de la communauté de fournir des lettres de recommandation ou de référence au lieu d'un CV.
  • Les Anciens ne devraient pas avoir à fournir un CV. Cette exigence est inappropriée à la culture autochtone, car elle suppose que les Anciens devraient consigner leur expérience orale et leur vécu. De plus, pour les Autochtones, remettre en question les connaissances et l'expérience d'un Ancien constitue un manque de respect.
  • Les expériences pertinentes qui pourraient être décrites dans un CV comprennent, par exemple, la participation au mouvement communautaire de lutte contre le VIH/sida, les postes supérieurs déjà occupés par les candidats au sein d'organismes communautaires, ainsi que leur participation à des conseils consultatifs, à des comités, à des conférences, à des forums communautaires et à des ateliers.

Les informateurs clés ont suggéré de simplement demander une biographie des candidats dans le CV pour les dirigeants communautaires, ce qui permettrait aux candidats de décrire leur expérience dans la communauté. Ils ont également proposé de demander aux communautés d'expliquer les démarches qu'elles ont entreprises en vue de se préparer pour la recherche, par exemple les travaux de conception et la préparation de la communauté à l'intervention.

Les informateurs clés pensent que les communautés sont désavantagées par rapport aux universitaires lorsqu'elles présentent une demande dans le cadre du Programme. Ils affirment que les universitaires possèdent plus d'expérience en recherche et peuvent rédiger de meilleures propositions que les communautés. De plus, selon eux, on utilise dans les formulaires de demande un langage que les communautés ne comprennent pas et, souvent, celles-ci ne possèdent pas le vocabulaire requis pour élaborer une méthodologie robuste. Pour toutes ces raisons, certains informateurs clés sont d'avis que les projets réalisés en collaboration avec un chercheur principal universitaire ont plus de chances d'être financés que ceux dont le chercheur principal est issu de la communauté. D'après l'examen des dossiers, pour 11 des 20 projets financés et 6 des 10 projets non financés, le chercheur principal provenait du milieu universitaire. Il semble que les chercheurs principaux universitaires aient plus de chances d'obtenir des subventions Catalyseur, des subventions de fonctionnement et des bourses d'études, alors que les chercheurs principaux de la communauté sont plus susceptibles de mettre en oeuvre des ateliers de renforcement des capacités et de demander les services des FRC.

Il est fréquent que la première demande des candidats soit refusée. Les informateurs clés ont signalé que les candidats aimeraient avoir la possibilité de discuter avec les IRSC en cas de renseignement manquant dans leur demande. Ils ont indiqué qu'ainsi, les communautés trouveraient le processus de demande moins décourageant, et peut-être qu'un plus grand nombre de candidats présenteraient de nouveau une demande après un premier refus. De plus, les participants du volet autochtone consultés ont suggéré que les IRSC mettent en place un processus de mentorat qui permettrait aux candidats d'obtenir de l'aide pour préparer leur demande et effectuent un examen interne des demandes grâce auquel les candidats recevraient des commentaires sur leur demande et pourraient y apporter des changements avant qu'elle soit remise au Comité d'examen du mérite.

Une minorité d'informateurs clés était d'avis qu'il ne faut pas modifier le processus de demande, mais qu'il doit plutôt être mieux expliqué aux communautés. Ils ont suggéré que les IRSC fournissent un ensemble de lignes directrices claires aux candidats et aux titulaires de subventions; ces lignes directrices devraient décrire toutes les étapes du processus et donner, à titre indicatif, des dates butoirs pour la réalisation de ces étapes. Certains ont également suggéré d'afficher un exemple de demande complète dans le site Web des IRSC. Quelques candidats communautaires et intervenants consultés ont affirmé qu'ils aimeraient pouvoir présenter leur demande oralement aux IRSC, ce qui leur permettrait d'expliquer les réalités communautaires et/ou autochtones dont traiterait le projet proposé.

Les participants du volet général consultés ont aussi indiqué qu'en incluant les renseignements suivants dans tous les appels de demandes, il serait plus facile de comprendre quels types de projets de recherche sont admissibles à du financement et la façon dont les résultats de recherche pourront être utilisés :

  • Une définition de la recherche communautaire. Les participants ont affirmé qu'une définition claire de la recherche communautaire devrait être fournie dans tous les appels de demandes. Ils ont insisté sur le fait que la définition devrait expliquer que la recherche communautaire constitue un processus et non une méthode de collecte des données. De plus, selon les participants, les appels de demandes devraient mettre l'accent sur l'engagement à l'égard d'un changement social comme valeur fondamentale de la recherche communautaire. Ils ont suggéré d'élaborer la définition en se fondant sur le modèle utilisé par le Wellesley Institute et du Réseau ontarien de traitement du VIH, et les principes de propriété, de contrôle, d'accès et de possession des données issues de la recherche (PCAP).
  • De l'information sur la propriété intellectuelle et le droit de propriété des données. Les participants ont indiqué qu'il serait utile de fournir aux candidats des renseignements supplémentaires sur la propriété intellectuelle et le droit de propriété des données; ces renseignements pourraient leur être utiles et aider à réduire le nombre de malentendus entre les universitaires, les étudiants diplômés et les organismes communautaires.

Les informateurs clés s'entendent pour dire que le processus de présentation d'une demande est long, peu importe l'outil de financement visé. Certains critiquent le fait que même le processus de demande pour les subventions Catalyseurs est compliqué, alors que le montant de financement octroyé pour l'élaboration d'une proposition de recherche est, somme toute, peu élevé. Les informateurs clés ont suggéré de changer le format du formulaire de demande pour les subventions Catalyseur afin qu'il tienne sur une seule page et qu'il permette au candidat de décrire la communauté ciblée, d'expliquer la question de recherche abordée et de présenter l'équipe de recherche.

Par ailleurs, certains informateurs clés ont souligné que les échéanciers du Programme empêchent parfois les communautés de présenter une demande. Ils ont émis les commentaires suivants :

  • Le fait que les communautés puissent demander du financement seulement une fois par année constitue un obstacle. Lorsque les communautés décident d'entreprendre des activités de recherche, c'est parce qu'elles ont besoin de résultats immédiats et non de résultats éventuels. Ce problème est exacerbé en cas de refus de la demande, car la communauté doit alors attendre une année complète avant de présenter de nouveau une demande.
  • Il faut trop de temps aux IRSC pour prendre leurs décisions en matière de financement. Certains informateurs clés ont mentionné que parfois les candidats doivent attendre jusqu'à six mois pour savoir si leur demande est acceptée ou non. Pendant ce temps, il peut y avoir des changements de personnel au sein des organismes, et les liens avec leurs partenaires peuvent se détériorer.
  • Il s'écoule beaucoup de temps entre la présentation de la demande et le moment où la communauté reçoit le financement, surtout si l'organisme communautaire souhaite administrer les fonds reçus des IRSC. En effet, les informateurs clés ont rapporté que dans certains cas il a fallu jusqu'à 18 mois aux organismes pour démontrer qu'ils répondaient aux exigences des IRSC en ce qui concerne l'administration de fonds. Ils ont également indiqué qu'il est plus facile pour les organismes de chercher d'autres sources de financement pour lesquelles le processus est plus court et le taux d'acceptation plus élevé. Cependant, les informateurs clés reconnaissent qu'il existe peu d'autres sources de financement pour la recherche communautaire sur le VIH/sida.

3.5.2 Examen du mérite

Les informateurs clés apprécient le fait que chaque volet de financement dispose de son propre comité d'examen du mérite. Ils ont aussi applaudi l'initiative des IRSC d'inclure des membres des communautés et du milieu universitaire dans la composition des comités. Bien que les comités d'examen du mérite comptent un nombre égal de membres de la communauté et d'universitaires, certains participants du volet général ont dit craindre que la communauté ne soit pas suffisamment représentée.

Dans l'ensemble, les membres des comités d'examen du mérite et d'autres informateurs clés pensent que la communauté peut très bien se faire entendre lors de l'examen des demandes. Cependant, les participants du volet général ont noté que lors des réunions du comité, les membres utilisent souvent un langage scientifique qui peut intimider certains représentants de la communauté et diminuer la force de leurs interventions. Ces participants ont suggéré d'offrir plus de formation sur les processus d'examen du mérite, surtout aux membres de la communauté, afin de s'assurer que celle-ci continue d'être représentée.

Les participants du volet autochtone et certains informateurs clés ont proposé d'inclure des membres des Premières nations, des Métis, des Inuits ainsi que des Anciens au Comité d'examen du mérite du volet autochtone. Ils ont précisé que les Anciens devraient être considérés comme des membres supplémentaires du Comité et ne devraient pas remplacer d'autres membres de la communauté. La participation des Anciens au processus d'examen du mérite est essentielle, mais les intervenants sont d'avis que ce sont les Anciens eux-mêmes qui devraient déterminer le degré et la nature de leur participation, qui pourrait consister à effectuer un examen complet, à procéder à des cérémonies ou à prodiguer des conseils. Certains participants pensent que les Anciens devraient bien connaître la communauté et qu'on devrait demander aux candidats autochtones s'ils souhaitent qu'un Ancien participe aux délibérations. En outre, selon les traditions autochtones, on devrait offrir du tabac, des tissus et des honoraires aux Anciens en échange de leur contribution.

Par ailleurs, les participants du volet autochtone consultés ont affirmé que la capacité du Comité d'examen du mérite à comprendre la communauté autochtone est limitée. Ils insistent sur le fait que, même si les Anciens peuvent organiser des cérémonies culturelles et expliquer le contexte historique et culturel, le Comité ne devrait pas confier cette responsabilité exclusivement à l'Ancien. Ils pensent plutôt que le Comité devrait effectuer des activités de renforcement de ses capacités, par exemple en tenant, avant chaque réunion, une séance de discussions sur l'histoire et la culture autochtones.

Les participants du volet général connaissaient peu la façon dont les membres du Comité d'examen du mérite évaluent les expériences de travail, de bénévolat et de vie que les membres de la communauté apportent au sein des équipes de recherche communautaire. Les participants ont dit souhaiter que les IRSC fournissent au Comité des directives et de la formation supplémentaires sur la façon d'évaluer les composantes de l'expérience des candidats. Les participants pensent qu'actuellement, on n'accorde pas autant d'importance au bénévolat et au vécu des candidats qu'à l'expérience professionnelle.

Les intervenants consultés pensent que le Comité d'examen du mérite devrait évaluer l'équipe de recherche communautaire comme un tout, en tenant compte des forces de l'organisme communautaire, des membres de la communauté et des universitaires qui font partie de l'équipe.

  • Selon les participants, pour évaluer les compétences de l'organisme communautaire, le Comité d'examen du mérite devrait prendre en considération sa solidité et sa santé en examinant son plan stratégique, ses objectifs de recherche, ses processus de gestion ainsi que ses rapports de vérification et ses rapports financiers. Ils ont aussi affirmé que le Comité devrait évaluer la solidité des partenariats entre l'organisme et la communauté en examinant des lettres d'appui décrivant l'historique et la nature de la relation ainsi que le rôle des partenaires participant au projet.
  • Les participants considèrent qu'il est important de tenir compte de l'expérience des candidats universitaires en matière de recherche communautaire ainsi que la solidité de leur partenariat avec la communauté.
  • Il est important d'évaluer l'équilibre et la solidité du partenariat entre la communauté et les universitaires ainsi que les rôles de chacun dans le cadre du projet. Afin d'effectuer une évaluation efficace, les membres du Comité d'examen du mérite doivent bien comprendre la raison pour laquelle il est nécessaire que l'on assure un équilibre au sein des équipes et que ces dernières se dotent d'un plan de mobilisation de la communauté.

Les informateurs clés ont également relevé les problèmes suivants en ce qui a trait au processus d'examen du mérite.

  • Bien que les membres de la communauté et du milieu universitaire évaluent à la fois le mérite scientifique et l'impact potentiel du projet sur la communauté, il peut être difficile pour certains examinateurs de séparer ces deux aspects. En effet, certains croient qu'un projet de recherche dont le mérite scientifique est faible ne peut pas avoir d'impact sur la communauté.
  • Les membres de la communauté peuvent avoir de la difficulté à évaluer certaines demandes, lorsque celles-ci concernent des sujets pour lesquels ils ne possèdent pas d'expérience (p. ex. lorsqu'il est question de bourses de doctorat).
  • Certains membres des comités ont affirmé que les IRSC n'ont pas établi de directives claires sur la façon d'évaluer certains renseignements fournis dans les demandes (p. ex. le nombre de publications d'un membre de l'équipe proposé).
  • Il peut être difficile d'évaluer le mérite scientifique des ateliers et des FRC.

Les informateurs clés ont fait remarquer qu'il peut être difficile parfois de recruter des membres pour les comités. Ils ont mentionné que ce recrutement se fait dans un petit bassin de chercheurs et qu'il peut être particulièrement difficile de trouver des chercheurs d'origine autochtone qui parlent français. Ils ont également souligné la difficulté à trouver des membres de la communauté qui possèdent de l'expérience en recherche communautaire. Les informateurs clés ont suggéré la création d'un programme de mentorat et de formation afin de résoudre ces problèmes. Ils ont indiqué que ce programme pourrait permettre aux membres de progresser dans les différents stades du processus d'examen. Par exemple, ils pourraient suivre la progression suivante : formation de base, observateur, examinateur, lecteur commentateur, commentateur à part entière et examinateur à part entière.

La plupart des informateurs clés pensent que le Comité d'examen du mérite donne une rétroaction utile aux candidats. Après avoir examiné les dossiers de demandes non acceptées, les examinateurs ont émis des commentaires sur la pertinence de la recherche proposée et ses liens avec la communauté, les méthodes de recrutement de participants proposées, la qualité des partenariats, la quantité d'activités de renforcement des capacités prévues dans le cadre du projet, l'approche proposée pour l'analyse de données et les plans de diffusion des résultats de recherche. Les informateurs clés ont cerné des cas de faible rétroaction, par exemple des critiques qui n'ont pas aidé les candidats à comprendre la décision du Comité, et des commentaires relatifs à des facteurs sur lesquels les chercheurs n'avaient aucun contrôle. Un informateur clé a signalé que les comités ne fournissent pas de rétroaction aux candidats qui obtiennent une note inférieure à 3, ce qui peut dissuader les candidats de présenter de nouveau une demande12.

Les intervenants consultés ont insisté sur l'importance de la constance au sein des comités d'examen du mérite. Ils ont mentionné que le roulement du personnel des comités peut constituer un problème, surtout lorsqu'il ne s'agit pas de la première demande présentée par les candidats. Comme les nouveaux membres du Comité ne sont pas au courant des demandes antérieures, ils ne connaissent pas les raisons du refus ni les améliorations suggérées par les anciens membres du Comité. C'est pourquoi les participants souhaitent que les membres des comités se voient confier des mandats de trois ans.

3.5.3 Satisfaire aux exigences relatives au déblocage du financement

Les candidats dont les demandes sont acceptées doivent répondre à certaines exigences avant que le financement ne leur soit remis; ils doivent notamment obtenir une attestation de conformité à l'éthique et prouver qu'ils sont admissibles au financement des IRSC.

Attestation de conformité à l’éthique

Pour la majorité des projets, l'attestation de conformité à l'éthique est délivrée par un CER universitaire. Dans la plupart des cas, les communautés doivent faire équipe avec une université pour avoir accès à ces CER. Les informateurs clés ont fait état de plusieurs préoccupations concernant l'évaluation de projets de recherche communautaire par des CER universitaires.

  • Certains CER n'acceptent pas les demandes de subventions si ce n'est pas l'université qui gère l'argent.
  • Les CER universitaires ne comprennent pas la recherche communautaire. Les formulaires d'examen de l'éthique ne sont pas adaptés aux projets de recherche communautaire, les comités posent des questions qui ne sont pas pertinentes pour la recherche communautaire, et ils ne comprennent pas les réponses des candidats à leurs questions (ou encore ils pensent que les candidats n'ont pas répondu à la question). Par exemple, les CER ne comprennent pas que le partenaire communautaire travaille avec les sujets de la recherche tous les jours et que, souvent, le conseil et l'équipe de recherche sont formés de membres de la communauté. Cette situation diffère grandement d'un contexte universitaire, où l'équipe de recherche n'a habituellement pas d'affiliation préalable ou d'autre lien avec la communauté. De plus, les CER ne comprennent pas qu'en recherche communautaire, le versement d'honoraires aux sujets de recherche est pratique courante.
  • Les CER universitaires mettent l'accent sur l'individu alors que la recherche communautaire met l'accent sur la communauté; par conséquent, les candidats doivent démontrer que non seulement leur recherche ne causera pas de préjudice aux personnes, mais qu'elle n'en causera pas non plus à la communauté.
  • Les CER ne comprennent pas les approches utilisées en recherche autochtone.

Les informateurs clés ont noté que peu d'organismes autres que les universités produisent des attestations de conformité à l'éthique, et que ceux qui en décernent ne le font que pour une clientèle restreinte. De plus, certains de ces CER n'évaluent que les demandes présentées dans le cadre d'une source particulière de financement ou provenant de candidats affiliés à des organisations de la même province. Par ailleurs, bien que certains CER offrent leurs services à tous, certains autres mentionnés lors des entrevues fonctionnent grâce à des bénévoles et, par conséquent, ne peuvent évaluer un grand nombre de demandes.

Les informateurs clés aimeraient qu'un CER communautaire soit créé pour évaluer les projets de recherche communautaire, et ont suggéré que les IRSC mettent en place leur propre CER. De plus, ils ont souligné que les IRSC mènent actuellement des consultations sur les principes de base de l'examen de l'éthique et tentent d'élaborer des critères et des formulaires plus uniformes.

Détenir les fonds reçus des IRSC

Les IRSC encouragent les organismes communautaires qui désirent être responsables des fonds à communiquer avec eux avant de présenter une demande afin de savoir s'ils sont admissibles. Les informateurs clés ont observé qu'il est difficile pour les communautés de respecter les critères d'admissibilité pour détenir les fonds reçus des IRSC. Les organismes communautaires qui désirent détenir les fonds doivent démontrer aux IRSC qu'ils disposent des structures nécessaires pour gérer ce financement et qu'ils ont un mandat de recherche. Les informateurs clés ont signalé que les organismes communautaires qui franchissent toutes les étapes du processus avec succès passent plus d'un an à prouver qu'ils répondent à tous les critères. Selon eux, le fait qu'il soit difficile pour les organismes communautaires de détenir les fonds est contraire aux principes de la recherche communautaire.

En outre, les informateurs clés affirment que certains organismes qui ont très souvent détenu des fonds reçus du fédéral ont toujours de la difficulté à obtenir l'autorisation de détenir les fonds accordés par les IRSC. Selon les informateurs clés, les organismes ont parfois détenu des fonds beaucoup plus importants du gouvernement fédéral que le montant qu'ils demandent aux IRSC. Ils ont suggéré qu'au lieu de devoir présenter aux IRSC une demande pour détenir les fonds accordés, les organismes pourraient fournir des références démontrant leur capacité à gérer des fonds.

3.5.4 Reddition de comptes

Les candidats doivent présenter un rapport final au plus tard six mois après la fin de leur projet. Les IRSC n'exigent pas de format particulier pour ces rapports. Les rapports présentés comptent entre 3 et 150 pages. L'examen des dossiers a montré qu'en raison des différences entre les rapports, il peut être difficile de déterminer si les objectifs des projets ont été atteints et quels résultats ont été obtenus. En effet, souvent, cette information n'est pas énoncée de façon explicite; elle est plutôt cachée dans les descriptions des activités du projet. De plus, il se peut que les objectifs à plus long terme des projets n'aient pas encore été atteints au moment où les rapports doivent être présentés.

Les IRSC n'ont pas déterminé l'usage qu'ils feront de l'information contenue dans les rapports finaux. Les informateurs clés ont suggéré que le Comité directeur contribue à l'élaboration d'une stratégie d'évaluation du rendement afin de déterminer la meilleure façon pour les IRSC d'utiliser l'information qu'ils reçoivent.

Les informateurs clés n'ont fait part d'aucune préoccupation en ce qui concerne les exigences de reddition de comptes.

3.6 Succès

Le PRC sur le VIH/sida des IRSC vise à renforcer les capacités des communautés et du milieu universitaire en matière de recherche communautaire, à établir des partenariats efficaces et à long terme entre les communautés et les universitaires, et à produire des résultats de recherche pouvant être utilisés par les communautés afin de résoudre leurs problèmes. Par exemple, la subvention Catalyseur qui a été attribuée à Pauktuutit Inuit Women of Canada a permis d'établir un solide réseau de membres de la communauté, d'organismes inuits, de groupes et d'universitaires. Elle a aussi permis de sensibiliser les communautés inuites au VIH et a encouragé les membres de la communauté à prendre conscience des liens entre la lutte contre le VIH et le travail qu'ils effectuent dans des domaines tels que l'éducation, l'hébergement et la santé.

Les informateurs clés ont affirmé que les communautés s'approprient le Programme et se croient en mesure d'apporter une contribution significative à la recherche communautaire sur le VIH/sida. Ils ont souligné que le Programme fait connaître davantage la recherche communautaire, crée des occasions de projets de recherche communautaire et encourage l'établissement des liens nécessaires pour effectuer ce type de recherche.

Les informateurs clés ont signalé que le Programme a permis à la communauté d'approfondir ses connaissances en matière de conception, de méthodologies et d'analyse de la recherche, et a incité un plus grand nombre de communautés à mener des projets de recherche, que ce soit à l'interne ou grâce à du financement des IRSC ou d'autres sources. De plus, les informateurs clés ont indiqué que, grâce à ce programme, les communautés se sentent de plus en plus à l'aise de travailler en collaboration avec des chercheurs et, par conséquent, tissent des liens solides avec le milieu universitaire. Certains informateurs clés ont affirmé que tous les partenariats qu'ils connaissent ont été maintenus après la période de financement de la recherche communautaire. D'autres informateurs clés ont déclaré que le Programme a fait naître des partenariats entre des intervenants qui étaient en désaccord auparavant et les a aidés à bâtir une relation de travail productive; ces partenaires s'adressent désormais mutuellement des clients. En outre, l'examen des dossiers a révélé que les partenariats établis par certains candidats avaient mené à des projets de recherche subséquents. Plusieurs informateurs clés se sont montrés intéressés à assister à des conférences sur les meilleures pratiques en matière de renforcement des capacités et d'établissement de partenariats.

Pour pouvoir utiliser les résultats de recherche en vue de trouver des solutions à l'épidémie du VIH à l'échelle locale, les communautés doivent d'abord connaître ces résultats. C'est pourquoi la diffusion des connaissances constitue un aspect important du PRC sur le VIH/sida des IRSC. Les informateurs clés ont signalé que les activités de diffusion des connaissances sont effectuées tant par les communautés que les universitaires. Les candidats financés utilisent notamment les méthodes de diffusion suivantes : préparation de deux versions de leurs rapports de recherche (une pour les universitaires et une pour les communautés); présentation d'exposés à l'occasion de congrès (y compris à des congrès internationaux); publication de leurs résultats dans Internet; publication d'articles dans des revues; préparation de fiches d'information et publication d'articles dans des bulletins; rédaction de résumés de leurs résultats de recherche; organisation d'événements, de tables rondes et de forums dans la communauté. Dans les dossiers des projets, on citait également d'autres activités de diffusion telles que la réalisation d'entrevues radiophoniques et le partage des résultats avec des ministères étrangers. Ces activités comprennent également, comme il se doit, une analyse de la façon dont les résultats de recherche peuvent être appliqués dans la communauté. Une grande partie de cette diffusion des connaissances est axée sur les intervenants du domaine du VIH/sida. Selon les informateurs clés, il est important d'augmenter la portée des activités de diffusion des connaissances afin de joindre des intervenants d'autres secteurs (p. ex. hébergement, toxicomanie, santé mentale).

Cependant, bien que les données indiquent que des activités de diffusion des connaissances ont bien lieu, certains informateurs clés doutent de leur efficacité. Ils remarquent que de nombreux organismes ne sont pas au courant des projets de recherche et/ou des résultats et croient que les activités de diffusion doivent s'adresser à un public plus large que les groupes participant au projet de recherche.

Les participants du volet autochtone consultés ont mentionné que pour les Autochtones, il est important que les résultats soient d'abord communiqués aux communautés. Cependant, selon les participants, le processus de partage des résultats avec les communautés peut être long et ardu. Souvent, des rencontres individuelles ont lieu avec des membres de la communauté participant à la recherche, puis on tient une réunion générale avec toutes les communautés. De plus, des rencontres ont lieu avec divers groupes de la communauté, par exemple les chefs, les centres communautaires et les écoles. Les participants ont indiqué que ces activités devaient se faire de façon à reconnaître la communauté ou à démontrer du respect à son égard; par exemple, les rencontres peuvent se dérouler dans le contexte de célébrations traditionnelles. Les participants ont insisté sur l'importance de donner aux communautés l'autonomie dont elles ont besoin pour utiliser les résultats afin de résoudre leurs problèmes.

Les participants du volet autochtone consultés ont également parlé de la nécessité de trouver des façons créatives de partager les résultats de recherche avec les communautés. Bien que certaines activités de transfert et de diffusion des connaissances s'effectuent par écrit (rapports, publications, articles de bulletins d'information, articles dans Internet), ces connaissances doivent aussi être partagées oralement et visuellement, par exemple au moyen de pièces de théâtre, de projets artistiques et de vidéos13.

Bien que les participants du volet autochtone reconnaissent que les IRSC appuient les activités d'application des connaissances (AC) grâce aux subventions qu'ils accordent aux FRC et aux subventions pour réunions, planification et dissémination qu'ils attribuent trois fois par année, ils affirment que ces outils sont méconnus et que les IRSC devraient les promouvoir davantage. Ces participants ont aussi mentionné que les organismes communautaires ne disposent pas des ressources nécessaires pour élaborer encore une autre proposition en vue d'obtenir du financement pour l'AC et, par conséquent, pensent que ce financement devrait toujours faire partie de la subvention de recherche initiale attribuée par les bailleurs de fonds, dont les IRSC.

Les participants du volet général ont mentionné que les activités d'AC sont fondamentales pour réussir à produire un effet sur la communauté, mais qu'elles coûtent cher. Ils ont expliqué que, bien que les candidats retenus doivent mener des activités d'AC, ils ne reçoivent pas assez de financement pour être en mesure de réaliser à la fois la recherche et les activités de diffusion. Ils ont également signalé qu'à l'exception des articles qu'ils publient dans des revues, le travail d'AC des universitaires n'est pas reconnu.

Certains informateurs clés et intervenants consultés pensent qu'il serait nécessaire de créer un outil de financement pour les activités de diffusion des connaissances. Cet outil pourrait être utilisé pour publier des articles de revues, placer de l'information dans Internet, publier des articles dans des journaux locaux, mener des projets pilotes, organiser des réunions communautaires, offrir des ateliers permettant aux intervenants de connaître les résultats de recherche et d'examiner la façon de les utiliser dans la communauté, ou former des pairs sur la communication des résultats de recherche aux communautés locales. Certains intervenants consultés ont suggéré d'inclure dans cet outil une allocation permettant de libérer un membre du personnel afin qu'il mène des activités de diffusion des connaissances, ainsi que du financement réservé à la traduction des documents vers différentes langues.

Outre l'outil de diffusion et d'application des connaissances, les intervenants consultés et les informateurs clés ont fait les suggestions suivantes en ce qui concerne les formes d'aide pouvant être apportées par les IRSC :

  • Organiser un forum annuel tel que l'ancien symposium sur l'acquisition de compétences de la SCS afin de diffuser les résultats de la recherche communautaire.
  • Créer et gérer une base de données contenant de la littérature grise et de la documentation sur la recherche communautaire, comme le réseau de recherche communautaire créé par le FRC de la Colombie-Britannique.
  • Placer dans le site Web des IRSC des fiches de renseignements d'une page concernant les projets financés et les résultats obtenus.
  • Réduire les exigences concernant les rapports finaux liés aux projets financés afin que les équipes puissent se concentrer sur l'AC.

Le PRC sur le VIH/sida des IRSC aide les communautés à trouver des solutions à leurs problèmes. Selon les informateurs clés, les projets financés grâce à ce programme permettent de sensibiliser la communauté à la problématique du VIH/sida, aident à combattre les préjugés concernant la maladie et favorisent le dialogue sur la question du VIH/sida. Les informateurs clés ont également affirmé qu'en participant à ces projets de recherche, les communautés prennent de plus en plus conscience des problèmes particuliers auxquels elles sont confrontées, reconnaissent qu'elles possèdent les capacités requises pour les résoudre et mettent en place des mesures en ce sens. L'étude de cas concernant un FRC a révélé que l'un des rôles des FRC consiste à aider les organismes à analyser les résultats de différentes études et à déterminer la façon de les utiliser pour résoudre leurs problèmes.

Les communautés utilisent les résultats de recherche pour élaborer leurs propositions afin de recevoir du financement pour leurs programmes ainsi que pour modifier leurs programmes et services et appuyer leurs demandes de changements de politiques. Les candidats ont mentionné qu'ils utilisaient les résultats de recherche pour élaborer des programmes d'intervention et d'autres programmes destinés aux petits groupes, concevoir de nouveaux outils de collecte de données, définir des méthodologies de recherche fiables pour des projets de recherche supplémentaires et créer des bases données de personnes-ressources et de partenaires potentiels. Cependant, malgré cette preuve empirique, il est difficile de savoir dans quelle mesure les résultats de recherche sont appliqués dans la communauté, étant donné les lacunes des exigences du Programme en matière de présentation de rapports.

Les participants du volet autochtone consultés ont mentionné que la recherche communautaire devrait entraîner des changements dans les politiques; toutefois, ils ne pensent pas que les projets réalisés dans le cadre du PRC sur le VIH/sida aient produit cet effet jusqu'à maintenant. De plus, ils ont fait remarquer que le Programme pourrait donner l'occasion de mener une recherche participative ou interventionnelle dans les cas où les universitaires jouent un rôle dans la mise en oeuvre de changements ou de nouvelles politiques résultant des résultats de recherche.

Les participants du volet autochtone ont insisté sur la nécessité d'adopter une approche concertée en matière d'AC et de mobiliser la communauté afin d'influencer les politiques. Ils affirment que la collecte et l'intégration des résultats de la recherche communautaire sur le VIH/sida permettraient aux instigateurs et aux utilisateurs de la recherche de justifier leurs demandes de changements au système. Ces participants ne pensent pas que les organismes communautaires puissent assumer séparément cette responsabilité; selon eux, on doit charger un organisme centralisé de recueillir l'information et de la rendre accessible aux universitaires, aux communautés et aux autres intervenants. En outre, ils ont indiqué que les IRSC pourraient assister les organismes dans leurs efforts pour défendre l'apport de changements aux politiques en leur facilitant l'accès aux résultats et aux renseignements de la recherche communautaire. Par exemple, les IRSC pourraient créer un portail Web qui servirait de bibliothèque et comporterait des liens vers les résultats et les rapports liés à la recherche communautaire; ainsi, les IRSC joueraient un rôle clé dans la collecte des résultats de la recherche communautaire sur le VIH/sida.

3.7 Demande pour le Programme

Les informateurs clés considèrent le PRC sur le VIH/sida comme un programme unique et essentiel pour le milieu du VIH/sida. Les organismes communautaires jouent depuis longtemps un rôle dans la lutte contre l'épidémie. En effet, ce sont eux qui sont les mieux placés pour déterminer les questions de recherche, définir les approches appropriées pour mobiliser les intervenants et utiliser les résultats de recherche pour induire des changements. Les informateurs clés soutiennent que le PRC sur le VIH/sida fait connaître la recherche communautaire et en confirme le bien-fondé, ce qui est particulièrement important pour inciter les universitaires à participer au processus de recherche. Le Programme renforce également les capacités de la communauté à mener des recherches; il s'agit d'un besoin toujours présent étant donné le grand nombre d'organismes communautaires au Canada et leur taux de roulement élevé.

De plus, les informateurs clés ont souligné que la recherche effectuée dans le cadre du PRC sur le VIH/sida des IRSC est précieuse pour les communautés, et serait tout simplement impossible sans l'existence de ce programme, en partie parce que les communautés et le milieu universitaire ont accès à peu d'autres sources de financement pour la recherche communautaire sur le VIH/sida. Les informateurs ont recensé une poignée d'autres programmes de financement pour la recherche communautaire sur VIH/sida, mais souvent ces programmes s'adressent uniquement à des groupes de candidats précis. Parmi ces autres sources de financement, il y a notamment les IRSC (programme général), le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), le Réseau ontarien de traitement du VIH, le Wellesley Institute, la Vancouver Foundation, le Programme d'action communautaire sur le sida et l'Atlantic Interdisciplinary Research Network. Certaines sources de financement ne sont peut-être pas accessibles aux universités et aux hôpitaux.

Enfin, les informateurs clés croient que le PRC sur le VIH/sida encourage les communautés à poursuivre leurs activités de recherche communautaire. Selon eux, sans le Programme, les communautés auraient plus de difficulté à participer à la recherche, les projets de recherche communautaire auraient une envergure et une portée limitées, et les communautés ne pourraient pas établir de partenariats solides avec le milieu universitaire comme c'est le cas actuellement. En outre, ils ont indiqué que les communautés dépendraient davantage sur le milieu universitaire pour mener des recherches sur le VIH/sida.

Bien que l'un des objectifs du Programme consiste à aider les communautés à résoudre les problèmes auxquelles elles sont confrontées en matière de VIH/sida, les participants du volet autochtone consultés ont signalé que ce ne sont pas tous les organismes communautaires qui peuvent ou souhaitent jouer un rôle important dans les projets de recherche communautaire. En effet, ils expliquent que le mandat des organismes de services autochtones consiste à fournir des services, et que ces organismes ont déjà de la difficulté à assumer pleinement cette responsabilité. Toutefois, ils reconnaissent la valeur essentielle de la recherche dans le contexte des communautés autochtones, où des gens meurent du sida. En raison du manque de ressources, les participants ont suggéré que, dans le cadre du Programme, un chercheur soit attitré à la communauté pour mener des projets de recherche communautaire, plutôt que de demander aux communautés de renforcer leurs propres capacités.

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2. Ce commentaire concerne l’ancien site Web des IRSC. L’architecture du site a été renouvelée en décembre 2008, mais le contenu lié à la recherche communautaire n’a pas changé.

3. Dans chaque appel de demande, on trouve un lien vers la liste actuelle des FRC et leurs coordonnées. Cependant, de nombreux intervenants ne semblaient pas savoir qu’ils avaient accès à ces renseignements.

4. Les IRSC ont déjà organisé ce type d’ateliers, et les participants les ont trouvés utiles. En théorie, les FRC offrent aussi ces ateliers aux communautés, mais les membres de ces communautés ne connaissent pas toujours l’existence des FRC, et il n’y pas de FRC dans toutes les régions (parce que le poste n’a pas été pourvu ou parce qu’aucune demande n’a été présentée ou approuvée pour une région précise). De plus, certains FRC organisent des ateliers uniquement lorsque la communauté le leur demande, mais la communauté ne sait pas toujours qu’elle peut demander ce type d’aide.

5. La section 3.5.1 contient des observations supplémentaires au sujet des facteurs qui nuisent à la présentation de demandes par les organismes.

6. Le PRC sur le VIH/sida prévoit l’octroi d’allocations afin de libérer des membres du personnel qui ne font pas de recherche dans le cadre de leurs fonctions habituelles; cependant, ces allocations ne peuvent pas être utilisées pour embaucher une personne supplémentaire afin d’accomplir des activités de recherche.

7. Le montant et la période de financement des bourses de doctorat attribuées dans le cadre du PRC sur le VIH/sida et de celles octroyées dans le cadre du programme général des IRSC sont les mêmes. Cependant, des bourses plus généreuses sont également disponibles et sont attribuées en fonction de l’excellence des candidats dans le cadre du programme de Bourses d’études supérieures du Canada et du Programme de bourses d’études supérieures Vanier du Canada.

8. Cette étape permet aux IRSC de déterminer le nombre et le type de demandes qu’ils devraient recevoir dans le cadre d’un concours et, ainsi, de mettre en branle le processus d’examen du mérite.

9. Les IRSC avaient effectué un suivi auprès de ces candidats pour obtenir les signatures manquantes.

10. Certains membres de la communauté ont demandé à leur partenaire universitaire de rédiger leur CV pour eux.

11. Les étudiants à la maîtrise présentant une demande de bourse ont exprimé des commentaires similaires.

12. Afin de rationaliser le processus d’examen, les demandes qui reçoivent pour le mérite scientifique ou l’impact potentiel une cote initiale de 2,9 ou moins (sur l’échelle d’examen du mérite des IRSC, pour laquelle la cote maximale est 4,9) ne font pas l’objet d’un examen plus approfondi par le Comité. Toutefois, tous les candidats, peu importe leur cote, reçoivent des commentaires des examinateurs sur les points forts et les points à améliorer de leur demande.

13. Ces moyens de diffusion se prêtent autant à un usage dans le volet général que dans le volet autochtone.