ARCHIVÉE - Sujet de recherche : le genre et la santé
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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 13 000 chercheurs et stagiaires en santé d'un bout à l'autre du Canada. En 2008‑2009, le gouvernement du Canada a investi environ 47,6 millions de dollars par l'entremise des IRSC dans la recherche sur le genre et la santé.
Les faits
- Une personne âgée a plus ou moins de chances de vivre seule selon qu'elle est une femme ou un homme. Les femmes vivent le plus souvent seules (43 %), alors qu'il s'agit du mode de vie le moins fréquent chez les hommes (16 %).
- Les 10 premières causes de décès en 2004 étaient les mêmes pour les hommes et les femmes, mais dans un ordre différent. Chez les deux sexes, les trois principales causes de décès étaient le cancer, les maladies du coeur et les accidents vasculaires cérébraux. Des différences entre les sexes ont été observées pour les blessures non intentionnelles et le suicide. Les blessures non intentionnelles étaient la quatrième cause de décès chez les hommes, mais la septième chez les femmes. Le suicide venait au septième rang chez les hommes, mais au dixième chez les femmes*.
- Sans égard à l'âge, les femmes sont plus susceptibles de souffrir de douleurs chroniques que les hommes. Le plus grand écart a été observé chez les personnes âgées vivant à la maison où 31 % des femmes disent souffrir de douleur chronique, comparativement à 21 % des hommes**.
- Environ 16 % des femmes au Canada feront une dépression grave au cours de leur vie. Chez les hommes, la prévalence de la dépression est de 11 %***.
Sources : * Statistique Canada, Les principales causes de décès – 2000 à 2004;
** Statistique Canada, Étude : Douleur chronique chez les personnes âgées au Canada;
*** Santé Canada, Votre santé et vous - Santé mentale - La dépression.
Trouver des solutions
Comment les hommes font-ils face à la surveillance – et non au traitement – de leur cancer
Les hommes qui sont aux prises avec un cancer de la prostate à un stade non avancé et avec peu de risque et qui ne présentent aucun symptôme peuvent opter pour une « surveillance active » de leur maladie au lieu de subir immédiatement des traitements. Mais quels sont les effets de vivre avec un cancer non traité? Le Dr John Oliffe, de l'Université de la Colombie-Britannique, nouveau chercheur subventionné par les IRSC, dit que l'incertitude touche certains hommes. « Lorsqu'ils cessent la surveillance active, ce n'est pas parce que leur antigène prostatique spécifique ou leur biopsie change, c'est parce qu'ils n'arrivent plus à supporter l'incertitude de la surveillance », a‑t‑il dit récemment à Canwest News Service. Une étude dont il est le coauteur, publiée dans Qualitative Health Research en avril, révèle deux stratégies que les hommes adoptent. Se dire stoïquement que leur cancer est bénin était commun chez les hommes voulant « vivre une vie normale », tout comme s'engager à « faire quelque chose de plus », comme manger plus sainement.
Les adolescents veulent qu'on accorde plus d'importance aux relations
Un sondage effectué auprès de plus de 1 200 adolescents de la région de Toronto a montré que nombre d'entre eux souhaiteraient mieux comprendre les relations sexuelles. La plupart des jeunes interrogés ne savaient pas que « le sexe était censé faire du bien », a déclaré la Dre Sarah Flicker, de l'Université York, à Canwest News Service en juin, lorsque les résultats du sondage ont été publiés. La Dre Flicker, chercheuse financée par les IRSC, a expliqué que si la majorité des répondants était au courant du VIH, des infections transmises sexuellement, de la grossesse et des méthodes contraceptives, seulement 42 % ont dit savoir que les relations sexuelles devaient procurer du plaisir. « Il y a quelque chose qui ne va pas », a-t-elle dit.
Droguer les victimes d'agression sexuelles est fréquent, selon un rapport
L'utilisation de drogues pour faciliter les agressions sexuelles est un problème fréquent, et les services aux victimes d'agression sexuelle devraient être adaptés pour répondre aux besoins de celles-ci (la plupart du temps des femmes) selon une chercheuse financée par les IRSC. La Dre Janice Du Mont, de l'Université de Toronto, est coauteure d'un rapport publié dans le numéro de mars du Journal de l'Association médicale canadienne, détaillant la recherche que ses collègues et elle ont menée pendant presque deux ans dans sept centres en milieu hospitalier pour les victimes d'agression sexuelle. Au total, 882 victimes étaient admissibles à l'étude et 184 d'entre elles répondaient au critère selon lequel on soupçonnait une agression facilitée par l'utilisation de drogues. L'étude comble un manque important : bien qu'il existe de nombreux rapports sur l'utilisation de drogues pour faciliter une agression, peu d'enquêtes systémiques ont porté sur le problème.
L'excision des organes génitaux des femmes a des effets sur le cerveau
La plupart des recherches scientifiques sur la tradition ancienne – mais toujours pratiquée – de l'excision des organes génitaux des femmes ont porté d'abord sur ses conséquences pour la capacité reproductive des femmes, mais, selon la Dre Gillian Einstein, chercheuse de l'Université de Toronto financée par les IRSC, les effets sur le cerveau sont aussi importants. Comme la vulve est une zone fortement innervée, le cerveau et la moelle épinière réagissent à l'excision des organes génitaux de la même façon qu'à la perte de n'importe quel signal neural, c'est‑à-dire en modifiant les réseaux neuraux du corps. Cela peut influer sur les signaux neuraux et modifier la perception sensorielle. Son analyse a été publiée dans l'édition de l'hiver 2008 de Perspectives in Biology and Medicine.
Les chercheurs
Dre Olga Kovalchuk – Sexe et radiations
C'était le 1er mai 1986 à Ivano-Frankivsk, en Ukraine, et le père d'Olga Kovalchuk ne voulait pas que son adolescente assiste au défilé local du 1er mai. Quelque chose de très grave se passait, a-t-il dit. La pluie était radioactive.
L'accident nucléaire le plus grave de l'histoire – la fusion du réacteur nucléaire de Tchernobyl – venait de se produire à 600 kilomètres de là.
Aujourd'hui chercheuse à l'Université de Lethbridge, la Dre Olga Kovalchuk, avec l'appui financier des IRSC, jette un nouvel éclairage sur les effets des radiations sur la santé, et ouvre la voie vers de nouveaux outils de diagnostic et de traitement.
Bien que Tchernobyl lui ait fait prendre conscience des risques globaux posés par les radiations, c'est une découverte fortuite chez des souris qui a révélé de surprenantes différences liées au sexe.
« Auparavant, en radiobiologie, personne n'étudiait les femmes. On pensait que c'était trop compliqué de tenir compte de leurs changements hormonaux », dit la Dre Kovalchuk. « Les chercheurs pensaient que le sexe n'avait pas vraiment d'importance pour ce qui est des effets des radiations sur la santé. »
Toutefois, en 2004, le laboratoire de la Dre Kovalchuk a montré qu'il n'en était pas ainsi : il existe d'importantes différences dans la façon dont les tissus de l'organisme masculin et féminin réagissent aux rayonnements ionisants.
« Nos découvertes pourraient avoir une profonde influence sur l'établissement de régimes diagnostiques et thérapeutiques en fonction du sexe pour l'irradiation », dit-elle.
Sa recherche en cours pour caractériser ces différences moléculaires fondées sur le sexe changent aujourd'hui la façon de chercher les radiolésions dans l'organisme. Les chercheurs en radiobiologie se sont traditionnellement concentrés sur les mutations de l'ADN pour mesurer ces radiolésions.
Toutefois, le groupe du laboratoire de la Dre Kovalchuk a récemment découvert que certaines molécules qui régulent l'expression génétique – les voies épigénétiques – sont également touchées par les radiations, et jouent un rôle crucial dans la formation de tumeurs.
Ces molécules épigénétiques, comme les microARN, pourraient également être responsables d'un des principaux mystères de la médecine des radiations : comment les effets des radiations s'étendent sur plusieurs générations.
« Notre laboratoire a été le premier à apporter des preuves solides à l'appui du modèle épigénétique de la mutation transgénérationnelle et de l'induction du cancer dans la progéniture des parents exposés », dit-elle.
La Dre Kovalchuk espère que sa recherche permettra de mettre en évidence des marqueurs moléculaires révélant l'irradiation. Ce travail la ramène à sa première recherche d'importance, publiée en 1998, sur les bioindicateurs de la pollution nucléaire causée par l'accident de Tchernobyl, recherche qu'elle avait effectuée avec son mari, le Dr Igor Kovalchuk, aujourd'hui à l'Université de Lethbridge.
« Si l'on sait que l'on a été exposé à quelque chose, on peut modifier son mode de vie pour protéger sa santé », dit la Dre Kovalchuk. « Néanmoins, tout commence par la prise de conscience et la compréhension. »
Pour de plus amples renseignements
L'Institut de la santé des femmes et des hommes (ISFH) des IRSC a désigné six orientations de recherche stratégiques : amélioration des méthodes et des mesures; création de partenariats; compréhension des effets et des conséquences de la violence; amélioration de la prise de décisions en santé sexuelle et génésique; amélioration de l'efficacité des interventions cliniques; mise en pratique des résultats de la recherche dans le travail et la santé. Pour en apprendre plus au sujet de ces priorités et des autres activités de l'ISFH des IRSC, veuillez consulter le site Web de l'Institut.
Pour plus de détails, consultez ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte.