ARCHIVÉE - Sujet de recherche : les systèmes de santé
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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Les IRSC, qui comprennent 13 instituts, offrent leadership et soutien à plus de 13 000 chercheurs et stagiaires en santé dans l'ensemble du pays. En 2008-2009, le gouvernement du Canada a investi environ 70,3 millions de dollars par l'entremise des IRSC dans la recherche sur les systèmes de santé.
Les faits
- En 2008, les dépenses de santé du Canada ont été estimées à 171,9 milliards de dollars – ou 5170 $ par personne. Cela représente une augmentation de plus de 10 milliards de dollars – ou 270 $ par personne – par rapport à 2007.*
- En 2007, environ 4,1 millions de Canadiens âgés de 12 ans et plus n'avaient pas de médecin régulier. Parmi eux, 3,3 millions se sont adressés aux cliniques avec/sans rendez-vous, aux urgences et cliniques externes des hôpitaux, aux cabinets de médecin et aux lignes d'information téléphonique sur la santé pour obtenir des soins.**
- En 2008, les dépenses totales en médicaments au Canada ont été estimées à 29,8 milliards de dollars – ou 897 $ par Canadien. Les médicaments d'ordonnance ont compté pour 84 % du total.***
- Depuis plus de deux décennies, les secteurs public et privé se partagent les dépenses totales du Canada en santé dans une proportion stable d'environ 70 % et 30 % respectivement*
Sources :
* Institut canadien d'information sur la santé, Tendances des dépenses nationales de santé, 1975 à 2008
** Statistique Canada, Le quotidien, 18 juin 2008, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes
*** Institut canadien d'information sur la santé, Les dépenses en médicaments estimées à 30 milliards de dollars en 2008
Trouver des solutions
Une étude recommande une action coordonnée en réponse au roulement du personnel infirmier
Avec l'aide financière des IRSC, l'Unité de recherche sur les services de santé du personnel infirmier – une collaboration entre la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Toronto et l'École des sciences infirmières de l'Université McMaster – a effectué une vaste étude sur le roulement du personnel infirmier au Canada. Des organismes de santé répartis dans 18 sites – et représentant plus de 41 hôpitaux et 181 unités de soins infirmiers – ont participé à l'étude sous la direction des Dres Linda O'Brien-Pallas, Gail Tomblin Murphy et Judith Shamian. Le taux de roulement annuel moyen a été estimé à près de 20 %. Selon le rapport, les infirmières partent pour les raisons suivantes : baisse de la satisfaction professionnelle, absence de soutien du milieu de travail, mauvaises relations avec leurs gestionnaires et d'autres membres de l'équipe et manque de clarté du rôle. Pour agir sur les causes et les coûts du roulement élevé, le rapport recommande des stratégies d'intervention coordonnées entre les ministères de la Santé, les bailleurs de fonds, les organismes de réglementation, les décideurs des établissements, les gestionnaires des soins infirmiers, les éducateurs cliniques et les fournisseurs de soins de santé de première ligne.
Les hôpitaux tardent à implanter le système de dossiers de santé électroniques
L'introduction du dossier de santé électronique (DSE) a été saluée comme une innovation permettant aux patients de prendre une part plus active aux soins qu'ils reçoivent. Cependant, les hôpitaux canadiens ont des obstacles à surmonter avant de pouvoir offrir ce service à la clientèle. Selon une enquête nationale financée en partie par les IRSC, un peu plus de la moitié (54,2 %) des hôpitaux ont en place une forme de système de DSE, mais dans presque tous les hôpitaux (97,6 %), cela n'est pas l'unique moyen de consigner l'information sur les patients. Les répondants de l'enquête ont désigné les ressources financières comme le plus grand obstacle à l'accessibilité des DSE aux patients. L'étude, dont les résultats ont été publiés en ligne par BMC Medical Informatics and Decision Making, a été réalisée par des chercheurs à l'hôpital Princess Margaret, au Réseau de santé universitaire, à l'Université de Toronto, à l'hôpital Grand River de Kitchener-Waterloo, au Centre des sciences de la santé Sunnybrook, à l'Université de la Colombie-Britannique, à l'Université de Victoria et à la BC Cancer Agency.
Les personnes très âgées ont moins de chances de recevoir des soins palliatifs
L'âge est un critère d'admission aux programmes de soins palliatifs pour les patients atteints de cancer en phase terminale, selon une étude financée par les IRSC. En examinant les inégalités sur le plan de l'accès aux soins de fin de vie, le Dr Frederick Burge de l'Université Dalhousie a étudié les dossiers de plus de 7500 Néo-écossais décédés du cancer, et a constaté que les personnes de 85 ans et plus avaient beaucoup moins de chances d'être admises dans un centre de soins palliatifs communautaire que les personnes de moins de 65 ans. L'admission dépendait aussi fortement de la distance du centre anticancéreux le plus proche. Les résultats, publiés dans Medical Care en décembre 2008, fournissent de l'information importante pour concevoir des politiques et des programmes fondés sur les besoins et les désirs des patients qui approchent de la mort.
Des unités de soins spécialisées en AVC pourraient faire économiser 240 millions de dollars
Le traitement de toutes les victimes d'accident vasculaire cérébral (AVC) dans des unités de soins organisées pourrait faire économiser près d'un quart de milliard de dollars chaque année en coûts d'hospitalisation, d'après une étude sous la direction du Dr Michael Hill de l'Université de Calgary. L'étude, dont les résultats ont été publiés dans Stroke, démontre que la durée d'hospitalisation des victimes d'AVC passait en moyenne de 19 jours, dans un service d'hospitalisation général, à 15 jours dans une unité de soins spécialisée en AVC, où les patients sont traités par du personnel expérimenté et spécialement formé. Compte tenu des 50 000 AVC recensés au Canada chaque année, la réduction de la durée d'hospitalisation pourrait se traduire par des économies annuelles de 240 millions de dollars. La recherche du Dr Hill est financée par les IRSC et la Fondation des maladies du coeur.
Les chercheurs
Dr Martin Fortin – Voir l'ensemble de la personne, pas une seule maladie
À Chicoutimi (Québec), le Dr Martin Fortin utilise les technologies de communication dernier cri pour échanger avec ses collègues et des étudiants des cycles supérieurs partout dans le monde. Toutefois, si la téléconférence lui permet d'atteindre son but, ce médecin de famille, chercheur et enseignant en médecine dit préférer de loin la vidéoconférence.
« La vidéoconférence vous permet de voir le langage corporel des gens, et cela vous en dit parfois plus que leurs paroles » , dit le Dr Fortin, directeur de la recherche à la Faculté de médecine familiale de l'Université de Sherbrooke.
C'est une approche qui est caractéristique de la façon dont le Dr Fortin interagit avec les patients : plutôt que de se concentrer sur une seule plainte médicale, il pense à la personne dans son intégralité. Et selon lui, lorsque les médecins de famille au Canada font de même, ils voient un patient avec non pas un seul problème de santé, mais plusieurs.
« La plupart des patients qui se présentent chez leur médecin de famille n'ont pas un seul problème de santé, dit‑il, mais deux, trois ou même quatre maladies chroniques en même temps. »
Néanmoins, indique le Dr Fortin, les preuves à partir desquelles la science médicale évolue proviennent surtout à l'heure actuelle de l'étude de maladies uniques prises isolément, plutôt que de la multimorbidité, c'est‑à‑dire de la coexistence de plusieurs maladies. Grâce à sa recherche financée par les IRSC, il est à l'avant‑scène des efforts internationaux pour changer les choses.
La recherche du Dr Fortin a révélé que la multimorbidité parmi les patients vus au niveau des soins primaires était en fait le double de ce qui avait été précédemment signalé pour l'ensemble de la population. Chez les patients de plus de 65 ans, 98 % se présentent au cabinet de leur médecin avec des troubles multiples.
Le Dr Fortin dirige un programme de recherche à trois volets, d'une durée de cinq ans, pour obtenir d'autres données de base qui aideront encore les médecins de premier recours à évaluer et à traiter les patients suivant une approche de multimorbidité.
« Une des premières choses que nous faisons, c'est de trouver des façons d'harmoniser le langage que les médecins utilisent pour parler de multimorbidité », dit le Dr Fortin, selon qui la terminologie est confuse parce qu'il s'agit d'un nouveau domaine.
Il est aussi engagé dans deux grandes études longitudinales au Québec, qui visent en partie à déterminer comment les patients qui présentent de multiples affections chroniques composent avec le système de soins de santé.
« À l'heure actuelle, nous n'avons que des instantanés de l'expérience de ces patients. Nous devons les surveiller au fil du temps pour voir quelles approches sont vraiment efficaces », dit‑il.
Enfin, le groupe de recherche du Dr Fortin est en train de créer le premier programme consacré aux patients qui présentent une morbidité multiple, programme qui mise sur une pratique collaborative de la part des infirmières et des médecins de premier recours. Une subvention de recherche entreprise à l'initiative du chercheur consentie par la société pharmaceutique Pfizer a permis d'entreprendre ce programme.
« La réforme des soins de santé primaires partout au Canada veut que les infirmières et les médecins de famille travaillent ensemble sous un même toit. Cependant, la "pratique collaborative", c'est plus que cela », dit le Dr Fortin. « Nous devons maintenant apprendre à travailler ensemble afin que les patients aux prises avec des maladies chroniques multiples bénéficient des meilleurs soins. Cela demande de prendre en compte toute la personne plutôt qu'une seule maladie. »
Pour plus de renseignements
L'Institut des services et des politiques de la santé des IRSC (ISPS des IRSC) a désigné l'Accès à des services appropriés dans le continuum des soins de santé comme une priorité de recherche en santé pour le Canada. Pour en savoir plus sur cette priorité et d'autres activités de l'ISPS des IRSC, prière de consulter le site Web de l'Institut.
Pour plus de détails, consultez ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte.