ARCHIVÉE - Sujet de recherche – la maladie d'Alzheimer

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 13 000 chercheurs et stagiaires en santé dans tout le Canada. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi environ 22,1 millions de dollars en 2008-2009 dans la recherche sur la maladie d'Alzheimer.


Les faits

  • En 1906, le médecin allemand Alois Alzheimer a été le premier à décrire la maladie d'Alzheimer, la forme de démence la plus répandue, après avoir traité une femme qui perdait la mémoire et qui avait du mal à parler et à comprendre ce qu'on lui disait.*
  • Environ 500 000 Canadiens sont actuellement atteints de la maladie d'Alzheimer ou d'une forme de démence connexe, dont 71 000 ont moins de 65 ans.**
  • Les femmes comptent pour 72 % des cas d'Alzheimer et pour 62 % de l'ensemble des cas de démence.**
  • Aux États-Unis, la maladie d'Alzheimer est la cinquième cause de décès chez les personnes de 65 ans et plus. Entre 2000 et 2006, le nombre de décès liés à l'Alzheimer a augmenté de 47 %.***
  • Une récente enquête a révélé que plus du tiers des soignants de personnes souffrant d'Alzheimer avaient observé de l'agressivité chez elles, et que près du quart (23 %) s'étaient sentis apeurés ou menacés par ce comportement.****
  • Aux États-Unis, durant l'année 2008, les soignants non rémunérés ont consacré 8,5 milliards d'heures de leur temps à s'occuper de personnes atteintes d'Alzheimer ou d'autres formes de démence, un service évalué à 94 milliards de dollars.***

Sources :

* The Alzheimer's Association, What is Alzheimer's?

** Société Alzheimer du Canada, conclusions principales du rapport Raz-de-marée : Impact de la maladie d'Alzheimer et des affections connexes au Canada

*** 2009 Alzheimer's disease facts and figures, Alzheimer's Association.

**** Alzheimer's Foundation of Canada, communiqué de janvier 2009 : Caregivers often feel threatened by behaviours of person with Alzheimer's disease.

Trouver des solutions

Une molécule synthétique pourrait stimuler les neurones
Des chercheurs financés par les IRSC ont cerné l'origine des déficits associés à l'Alzheimer sur les plans de l'apprentissage et de la mémoire : il s'agit d'une protéine appelée bêta amyloïde, dont l'accumulation endommage les neurones réceptifs au neurotransmetteur nommé acétylcholine. Ce neurotransmetteur est essentiel à la capacité cognitive. La Dre Isabelle Aubert du Centre des sciences de la santé Sunnybrook à l'Université de Toronto conçoit une stratégie pour bloquer l'effet toxique de la bêta amyloïde et améliorer le fonctionnement de ces neurones particuliers, appelés neurones cholinergiques. Avec ses collègues, la Dre Aubert a démontré qu'une molécule synthétique nommée C3d pouvait stimuler la synthèse de l'acétylcholine, une découverte publiée récemment dans le Journal of Neuroscience Research. Cette recherche pourrait mener à de nouvelles stratégies pour stimuler la fonction cholinergique et améliorer les capacités cognitives des victimes de l'Alzheimer.

Réduction des plaques dans le cerveau de rongeurs sous l'effet d'un médicament courant
Une étude financée par les IRSC a révélé qu'un médicament d'usage courant pour traiter l'épilepsie et le trouble bipolaire améliorait la mémoire des souris atteintes d'Alzheimer par la réduction des plaques dans leur cerveau. Selon le Dr Weihong Song de l'Université de la Colombie-Britannique, on a observé une réduction des plaques chez les souris traitées à l'acide valproïque, composé chimique utilisé comme stabilisateur de l'humeur ou anticonvulsivant, ce qui s'est traduit par un ralentissement de la mort des cellules cérébrales et par de meilleurs résultats à des tests de mémoire. Les résultats de l'étude ont été publiés dans le Journal of Experimental Medicine.

La copie manquante d'un gène chez des souris sème le désordre dans leur cerveau
Selon des chercheurs canadiens, la copie manquante d'un gène pourrait augmenter les risques d'Alzheimer. Le Dr David Kaplan, chercheur financé par les IRSC et titulaire d'une chaire de recherche du Canada sur le cancer et les neurosciences à l'Université de Toronto, a examiné des souris pourvues d'une seule copie du gène p73 au lieu des deux copies habituelles. Leurs cerveaux contenaient des enchevêtrements soupçonnés de perturber les connexions entre les cellules cérébrales, un signe caractéristique de neurodégénérescence. Environ 10 % de la population ne possède qu'une copie du gène p73. Ces conclusions ont été publiées dans Neuron.

Vaquer à ses occupations quotidiennes avec l'aide du COACH
Le Dr Alex Mihailidis, chercheur de l'Université de Toronto financé par les IRSC, dirige l'équipe conceptrice d'un système d'orientation appelé COACH (Cognitive Orthosis for Assisting aCtivities in the Home) qui accompagne les personnes âgées dans leurs occupations quotidiennes et les guide par des messages vocaux ou visuels. Par exemple, un prototype de « salle de bain parlante » comportant une caméra suspendue permet de surveiller les mouvements d'une personne devant le lavabo pour se laver les mains. Lorsque la personne hésite, la caméra envoie un signal à un ordinateur qui transmet en retour un message vocal comme « ouvrez le robinet » . Le système COACH est conçu pour aider les personnes atteintes de démence à exécuter des tâches courantes et pour donner un peu de répit aux soignants. Dans une étude dont les résultats ont été publiés dans BMC Geriatrics, l'utilisation du système COACH a permis de réduire de 60 % les interventions des soignants lors du lavage des mains.

Le fardeau de la démence pourrait doubler, selon un rapport
Le nombre de Canadiens atteints de la maladie d'Alzheimer pourrait doubler d'ici 25 ans, selon une nouvelle étude financée en partie par les IRSC. Le rapport de la Société Alzheimer du Canada, Raz-de-marée : Impact de la maladie d'Alzheimer et des affections connexes au Canada, estime à 500 000 le nombre de Canadiens souffrant actuellement d'Alzheimer ou d'une autre forme de démence et prévoit que ce nombre pourrait dépasser le million d'ici environ 2035. Cette estimation se fonde sur les taux de démence annuels au Canada, sur les statistiques relatives à l'incidence actuelle, sur les taux de démence dans d'autres pays et sur l'Étude sur la santé et le vieillissement au Canada, 1991-2001.

Les chercheurs

Dre Cheryl Grady – Qu'est-ce qui rend l'esprit vagabond avec l'âge?

Dre Cheryl GradyRené Descartes, un des pères de la science moderne, a écrit Je pense, donc je suis. La Dre Cheryl Grady, une neuroscientifique canadienne, a créé sa propre version de cette phrase célèbre : votre façon de penser détermine qui vous êtes et – surtout – change avec l'âge.

Dans ses recherches financées par les IRSC, la Dre Grady démontre comment le fonctionnement du cerveau évolue avec l'âge et laisse entrevoir des moyens d'améliorer la mémoire et la concentration durant le vieillissement et, peut-être, de traiter des troubles cognitifs comme l'Alzheimer.

« Les êtres humains sont toujours en mesure d'apprendre. Il n'y a pas d'âge à partir duquel nous devenons incapables d'absorber de nouvelles informations » , explique la Dre Grady, titulaire d'une chaire de recherche du Canada sur le vieillissement neurocognitif au Rotman Research Institute à l'Université de Toronto et à Baycrest. « Ce qui change avec l'âge, c'est le fonctionnement de notre cerveau, et cela modifie notre façon de percevoir notre environnement et de penser. »

Pour observer ces changements, la Dre Grady se sert de la technique d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), qui permet de surveiller le flux sanguin dans le cerveau comme indicateur de l'activité cérébrale.

Grâce à ses expériences avec l'IRMf, la Dre Grady a découvert qu'entre 40 et 60 ans (âge mûr), les personnes vivent un repli sur soi sur le plan de l'activité cérébrale, ce qui se manifeste souvent par de la distraction ou un manque de concentration.

Cette découverte découle de la comparaison des fonctions de deux réseaux cérébraux, qu'elle appelle le réseau « centré sur la tâche » et le réseau « mode par défaut » . Le réseau « centré sur la tâche » est actif lorsque nous effectuons un travail mental, comme apprendre une liste de mots. Le « mode par défaut » constitue le bourdonnement interne des pensées qui occupent souvent notre esprit : souvenirs, choses à faire, réflexions personnelles.

« Chez tous les êtres humains, il y a alternance de l'activité entre ces deux réseaux cérébraux » , explique la Dre Grady. « Mais nous avons constaté que le mode par défaut était plus persistant chez les personnes âgées que chez les plus jeunes. Le processus de réflexion interne est plus difficile à stopper. »

Selon elle, ce résultat explique pourquoi les personnes âgées ont plus de mal à se concentrer, et pourquoi la réduction des distractions externes peut améliorer la concentration.

Cette alternance entre les réseaux cérébraux pourrait aussi aider à comprendre comment le cerveau réagit aux changements initiaux entraînés par l'Alzheimer. La Dre Grady a découvert qu'au stade précoce de l'Alzheimer, la mémoire des patients s'améliorait en présence d'une activité compensatoire dans des réseaux cérébraux habituellement non reliés à la mémoire.

Elle tente maintenant de comprendre ce qui fait errer nos pensées.

« Qu'est-ce qui provoque cette alternance entre les réseaux « centré sur la tâche » et « mode par défaut » ?, se demande la Dre Grady. « À la base, nous devons comprendre le mécanisme d'alternance de l'activité cérébrale d'un réseau à l'autre, pour ensuite déterminer ce qui change avec l'âge. »

Pour de plus amples renseignements

L'Institut du vieillissement des IRSC (IV des IRSC) a désigné cinq priorités de recherche urgentes pour le Canada : troubles cognitifs liés au vieillissement; mobilité et autonomie fonctionnelle; vieillissement en santé; services de santé pour une population vieillissante; et mécanismes biologiques du vieillissement. Comme en témoignent les articles ci-dessus, l'impact des investissements initiaux et du développement stratégique dans ces domaines de recherche est maintenant évident. Pour en savoir plus sur ces priorités et d'autres activités de l'IV des IRSC, prière de consulter le site Web de l'Institut.

Pour plus de détails, consultez ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte.