ARCHIVÉE - Sujet de recherche : la santé des enfants et des adolescents

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de financement de la recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de produire de nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 13 000 chercheurs et stagiaires en santé partout au Canada. Par l'intermédiaire des IRSC, le gouvernement du Canada a investi, en 2008-2009, environ 92,3 millions de dollars dans le domaine de la santé des enfants et des adolescents.


Les faits

  • Il n'y a pas de différence importante entre les premiers-nés des mères âgées de 35 ans et plus et les enfants nés de mères plus jeunes en matière de santé, de comportement et de développement cognitif jusqu'à l'âge de cinq ans*.
  • En 1994-1995, environ 11 % des enfants canadiens âgés de 0 à 11 ans ont reçu un diagnostic d'asthme. En 2000-2001, ce taux était passé à plus de 13 %. La prévalence des crises d'asthme a toutefois diminué; en effet, seulement 39 % des enfants asthmatiques ont déclaré avoir eu une crise l'année précédente, comparativement à plus de 50 % en 1994-1995**.
  • La proportion d'adolescents qui sont devenus sexuellement actifs à un âge précoce a également diminué. En 2005, 8 % ont déclaré avoir eu des relations sexuelles avant l'âge de 15 ans, une baisse par rapport au taux de 12 % observé en 1996-1997. La proportion a diminué chez les filles, mais n'a pas varié de manière significative chez les garçons***.
  • En 2005, 51 % des enfants de 5 à 14 ans participaient régulièrement à des sports organisés, une baisse par rapport à la proportion de 57 % enregistrée en 1992****.

Sources :

* Statistique Canada, Le Quotidien, « Étude : Santé et développement des enfants des femmes plus âgées qui sont mères pour la première fois » , 24 septembre 2008.

** Statistique Canada, Le Quotidien, « Étude : Changements dans la prévalence de l'asthme chez les enfants au Canada » , 16 avril 2008.

*** Statistique Canada, Le Quotidien, « Étude : Comportement sexuel et utilisation du condom à l'adolescence » , 20 août 2008.

**** Statistique Canada, Le Quotidien, « Étude : La participation aux sports organisés chez les enfants » , 3 juin 2008.

Trouver des solutions

À la recherche de l'origine de l'asthme chez les enfants
L'asthme n'a cessé de se répandre chez les enfants dans le monde industrialisé au cours des dernières décennies, et les chercheurs tentent de déterminer pourquoi. Mais voilà que la Dre Anita Kozyrskyj, chercheuse financée par les IRSC à l'Université de l'Alberta, a trouvé un nouveau morceau du casse-tête. La Dre Kozyrskyj et son équipe ont constaté que les enfants qui avaient reçu au moins quatre prescriptions d'antibiotiques au cours de leur première année de vie couraient un plus grand risque de souffrir d'asthme. D'autres études sont nécessaires pour expliquer cette observation, mais l'utilisation à outrance des antibiotiques peut entraîner l'élimination de microbes protecteurs qui vivent dans les intestins des enfants en bas âge.

Les multivitamines favorisent un poids santé à la naissance
Selon une nouvelle étude, les femmes qui prennent des multivitamines pendant leur grossesse ont plus de chance que leur bébé ait un poids santé à la naissance que celles qui prennent uniquement des suppléments de fer et d'acide folique. Dans le cadre de cette étude financée par les IRSC – une analyse de 13 essais cliniques visant à mesurer l'effet de la supplémentation multivitaminique durant la grossesse –, le poids de naissance des bébés était plus élevé dans le groupe des femmes qui prenaient des multivitamines que dans celui des femmes qui prenaient uniquement des suppléments de fer et d'acide folique. L'Organisation mondiale de la Santé recommande aux femmes enceintes de prendre des suppléments de fer et d'acide folique. Le Dr Prakesh Shah de l'Hôpital Mount Sinai de Toronto a dirigé l'étude, qui a été publiée en juin dans le Journal de l'Association médicale canadienne.

L'association de médicaments peut soigner les infections pulmonaires et réduire le nombre de séjours à l'hôpital
Une étude financée par les IRSC et réalisée auprès de 800 nourrissons dans huit hôpitaux pour enfants du pays a permis de trouver un moyen de réduire de plus du tiers le nombre d'admissions pour cause de bronchiolite. Cette étude, publiée dans le New England Journal of Medicine en mai, montre que les bébés traités pour une infection pulmonaire courante à l'aide d'une association d'épinéphrine et d'un stéroïde appelé dexaméthasone se rétablissaient plus rapidement, ce qui permettrait une diminution de 35 % des admissions à l'hôpital. Les deux thérapies avaient été mises à l'essai séparément, sans succès. « Il s'agit d'une découverte importante pour le système de soins de santé de même que pour les familles ayant de jeunes enfants du monde entier » , a affirmé la Dre Amy Plint, auteure principale de l'étude et médecin d'urgence au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, dans une entrevue publiée dans l'Ottawa Citizen.

Projet tempête de verglas : Les effets du stress maternel prénatal sur l'enfant
Le stress lié à une catastrophe naturelle est difficile pour toutes les personnes touchées. À la suite de la tempête de verglas qui s'est abattue sur le Québec en janvier 1998, plus de 1,4 million de ménages ont été privés d'électricité pour une période allant de quelques heures à plus de six semaines dans certains cas, et ce, durant le mois le plus froid de l'année. Le Bureau d'assurance du Canada a qualifié ce sinistre de plus coûteux de l'histoire du Canada. Des chercheurs financés par les IRSC – les Drs David P. Laplante, Alain Brunet, Norbert Schmitz, Antonio Ciampi et Suzanne King – ont recruté des Québécoises qui étaient enceintes durant la crise du verglas et ils ont étudié le développement de leur enfant à l'âge de 5 ans et demi pour mesurer les effets du stress maternel prénatal (SMP). Les chercheurs ont découvert que les enfants qui étaient dans l'utérus de leur mère pendant la tempête de verglas avaient des capacités cognitives et langagières moins développées que ceux dont la mère n'avait pas vécu la tempête enceinte. La recherche a été publiée dans le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry.

Les chercheurs

Dre Kellie Murphy – Les bébés et les stéroïdes

Dre Kellie MurphyLorsqu'il s'agit de médicaments, quand abuse‑t‑on d'une bonne chose? Pour la Dre Kellie Murphy, obstétricienne et chercheuse en santé materno‑infantile à l'Hôpital Mount Sinai de Toronto, voilà une question qui, elle le sait, pourrait avoir d'importantes conséquences pour les bébés prématurés.

Sa recherche entreprise il y a dix ans avec l'aide financière des IRSC pour trouver une réponse est en train de transformer les soins prénatals et d'améliorer la santé des nouveau‑nés partout dans le monde.

Les obstétriciens savent depuis les années 1970 qu'administrer une dose de corticostéroïdes aux femmes enceintes susceptibles d'accoucher prématurément améliore le résultat néonatal. Les corticostéroïdes sont des médicaments couramment utilisés pour réduire l'inflammation dans des maladies comme l'asthme.

Chez les femmes enceintes, les corticostéroïdes réduisent l'incidence des décès néonatals et du syndrome de détresse respiratoire – les complications qui résultent d'un développement incomplet des poumons chez les bébés prématurés.

Toutefois, parce que les obstétriciens voulaient améliorer encore le résultat des naissances prématurées, ce qui avait commencé comme une seule série de doses de stéroïdes est devenu plusieurs séries de doses à la fin des années 1990. Cette évolution a suscité l'inquiétude de cliniciennes‑chercheuses comme la Dre Murphy et son mentor, la Dre Mary Hannah, ex‑directrice de l'Unité de recherche materno‑infantile à l'Hôpital Mount Sinai.

Ces séries de doses de stéroïdes étaient‑elles utiles, ou pouvaient‑elles en réalité avoir un effet indésirable sur le développement des enfants?

En 1999, deux jours avant la naissance de sa première fille, la Dre Murphy a présenté une demande de subvention pour un programme de recherche dont le but était de répondre à cette question.

L'essai contrôlé randomisé international qu'ont financé les IRSC, le plus vaste du genre, a été réalisé auprès de 1 858 femmes et leurs enfants dans 80 hôpitaux et 20 pays de l'Europe à l'Amérique du Sud. En 2007, les 150 médecins collaborateurs réunis à Toronto ont appris ses résultats préliminaires doux‑amers.

« De multiples séries de doses de corticostéroïdes n'apportent absolument aucun bienfait. Elles ne font pas diminuer davantage le taux de mortalité infantile ou de problèmes respiratoires chez les nouveau‑nés » , dit la Dre Murphy, également professeure adjointe à l'Université de Toronto.

« Nombre de mes collaborateurs ont d'abord été très déçus de ces résultats. Ils avaient espéré que donner plus de stéroïdes aurait été utile. Ces médicaments sont bon marché et faciles à administrer, alors que les soins néonatals coûtent cher et sont difficiles, en particulier dans les pays moins développés économiquement. Toutefois, il est d'une extrême importance de savoir que la pratique ne présente aucun avantage et doit prendre fin. »

L'étude de la Dre Murphy a initialement révélé que les mères dans l'étude qui avaient reçu de multiples doses de corticostéroïdes mettaient au monde des enfants de poids et de taille inférieurs et avec de plus petites têtes.

La grande question maintenant est de savoir si l'administration de plusieurs séries de doses de corticostéroïdes aux femmes enceintes a des effets à plus long terme sur la santé des enfants.

« Nous étudions maintenant ces effets à plus long terme » , dit la Dre Murphy. « Par exemple, les différences dans le poids corporel et la circonférence de la tête à la naissance sont‑elles en corrélation avec des différences plus tard dans la vie? » , se demande la Dre Murphy.

Elle espère le savoir dans deux ans lorsque les enfants dans l'étude en cours auront cinq ans.

Pour de plus amples renseignements

L'Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents des IRSC (IDSEA des IRSC) a ciblé 11 priorités de recherche stratégiques qui contribueront à offrir à tous les enfants un départ sain dans la vie et à favoriser la croissance et le développement de tous les Canadiens. Pour en savoir plus sur ces priorités et les autres activités de l'IDSEA des IRSC, prière de visiter le site Web de l'institut.

Pour plus de détails, consultez ARCHIVÉE - La recherche en santé, ça rapporte.