Votre quartier est-il en train de faire de votre enfant un téléphage?

Dr John C. Spence
Un chercheur de l'Université de l'Alberta explore le lien entre l'endroit où l'on vit et la somme d'exercice que l'on fait
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Lorsque les Jeux olympiques d'hiver débuteront à Vancouver, nombre de gens dans le monde penseront à ce qu'il faut pour être un athlète d'élite. Toutefois, alors que les taux de maladies chroniques comme l'obésité et le diabète continuent d'augmenter chez les jeunes Canadiens, la question la plus pressante est peut-être de savoir ce qu'il faut faire pour qu'une personne soit active et en santé. Selon le Dr John C. Spence, de l'Université de l'Alberta, le milieu où l'on vit pourrait jouer un important rôle.
« Lorsque j'ai entrepris ma recherche, la plupart des études existantes sur l'activité physique portaient sur la responsabilité individuelle, c'est‑à‑dire les choix et les comportements des gens », dit le Dr Spence. « Ce que je veux savoir, c'est dans quelle mesure notre environnement joue un rôle en influençant ces choix et ces comportements. »
Les choix que nous faisons chaque jour – manger des aliments sains ou non pour le déjeuner, monter l'escalier ou prendre l'ascenseur – sont certainement d'une grande importance. Toutefois, selon de plus en plus de recherche, ces choix sont souvent fortement influencés par des facteurs indépendants de notre volonté. Par exemple, si les gens ne se sentent pas en sécurité lorsqu'ils marchent dans leur quartier, ou s'ils n'ont pas d'espaces verts là où ils vivent, l'exercice qu'ils font chaque jour peut s'en trouver réduit.
En comprenant les façons subtiles dont les environnements influencent les habitudes d'exercice des gens, le Dr Spence espère aider les responsables des politiques à concevoir des programmes plus efficaces pour promouvoir l'activité physique. Il s'intéresse en particulier aux nombreuses façons dont le milieu de vie influence le comportement des enfants.
« Les enfants sont plus dépendants de leur environnement que les adultes, dit le Dr Spence. « Il peut être ainsi plus facile de reconnaître et d'éliminer les obstacles à l'activité physique pour les enfants que pour les adultes. »
Avec l'aide financière des Instituts de recherche en santé du Canada et de la Fondation des maladies du coeur du Canada, le Dr Spence et son équipe ont recruté 2 000 enfants de la région d'Edmonton pour participer à une étude. Les chercheurs utilisent des pédomètres et des questionnaires pour recueillir des données sur les niveaux d'activité et la santé globale des enfants. Ils analyseront aussi en profondeur les quartiers des enfants, examinant entre autres des facteurs comme les taux de criminalité et les types d'aliments offerts dans les magasins et les restaurants locaux.
« Nous avons déjà commencé à analyser les données d'une étude pilote, et nous avons fait certaines constatations préliminaires intéressantes selon le sexe », dit le Dr Spence. « Il semble que les filles soient plus sensibles que les garçons aux différences dans la « marchabilité » de leur quartier. Les craintes quant à la sécurité peuvent avoir un effet plus marqué sur le temps que les filles passent à jouer dehors. »