Annexe B : Données supplémentaires et analyse
[ Table des matières ](A) Sources de financement de la recherche canadienne sur les SPSFV
Nous n'avons pas pu mener une enquête exhaustive sur les sources de financement potentielles, mais avons obtenu certains renseignements au moyen d'une analyse des mentions de source de financement dans de récentes publications sur les SPSFV (tableau 1). Il est intéressant de noter que la moitié des documents ne mentionnaient pas de source de financement, quoique des personnes et des organisations aient été remerciées pour leur aide. La plupart de ces publications étaient des examens, des lignes directrices et des exposés de cas, ponctuels ou rédactionnels de par leur nature, n'exigeant raisonnablement pas de fonds de recherche, mais on y trouvait également des études de recherche clinique originales et un ECR qui semble avoir été mené sans financement externe. (Il est également possible que certains auteurs aient omis de mentionner les sources de financement, mais une telle omission est peu probable, car elle est aujourd'hui considérée comme inacceptable par les bailleurs de fonds).
| Tableau 1 Sources de financement de la recherche canadienne sur les SPSFV : Échantillon de 75 publications de 2005 à 2009 dont les versions intégrales ont pu être analysées. | ||
|---|---|---|
| Publications sans mention de source de financement: | 34 | |
| Avec mentions de source de financement : | 41 | |
| Gouvernement fédéral | 26 | 36 % |
| IRSC | 20 | |
| Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé | 3 | |
| Santé Canada/ASPC | 2 | |
| CRSNG | 1 | |
| Gouvernement provincial | 10 | 14 % |
| Médecin hygiéniste provincial ou l'équivalent | 7 | |
| Organisme de recherche en santé d'un gouvernement provincial | 3 | |
| Institutionnel | 14 | 19 % |
| Autorité sanitaire locale/hôpital/agence de lutte contre le cancer | 9 | |
| Université | 4 | |
| Collège d'enseignement professionnel | 1 | |
| Organisme de bienfaisance en santé | 18 | 25 % |
| Fondation/organisme de lutte contre le cancer à l'échelle locale | 7 | |
| Société canadienne du cancer/INCC | 5 | |
| Autres organismes de bienfaisance en santé | 6 | |
| Étranger | 4 | 5 % |
| National Institutes of Health (É.-U.) | 3 | |
| Veteran's Admin. (É.-U.) | 1 | |
| Secteur privé | 1 | 1 % |
| Sociétés pharmaceutiques multinationales | 1 | |
| Mentions totales dans 40 documents | 73 | |
Parmi les études qui mentionnaient un bailleur de fonds, les IRSC étaient le bailleur de fonds individuel le plus fréquemment cité, tant pour le fonctionnement que pour le soutien du personnel. Les organismes ayant des responsabilités en matière de services et de politiques de soins de santé représentaient collectivement environ 25 % des mentions de source, révélant un fort intérêt des utilisateurs de la recherche en santé. Le soutien assuré par le secteur de la bienfaisance était lié principalement à la palliation du cancer. Le soutien en provenance de l'industrie était notablement absent.
Pour obtenir une approximation du financement total de la recherche sur les SPSFV au Canada, nous pouvons procéder à quelques extrapolations plus ou moins solides à partir de cet échantillon limité. Sachant ce que les IRSC dépensent en recherche sur les SPSFV et le nombre de mentions de source en découlant, nous pouvons calculer le financement pour l'ensemble des mentions de source en posant l'hypothèse hardie qu'à chaque mention de source correspond un même montant de financement. Nous obtenons ainsi un financement total pour la recherche sur les SPSFV au Canada de 13 M$/année au cours de la période 2005-2008.
Aucun répondant n'a constaté que des sources additionnelles de financement s'étaient ouvertes à la suite de la sensibilisation ou de l'activité accrues générées par l'initiative des IRSC. Les répondants ont cependant noté qu'à la suite de l'initiative, un financement substantiel était maintenant disponible en vue de la recherche et que de surplus, plus la qualité générale de la recherche canadienne sur les SPSFV s'améliorait, plus grand était le nombre de chercheurs ayant accès à des sources de financement existantes (non spécifiques aux SPSFV).
Une EVF qui avait mis sur pied une équipe pluridisciplinaire solide incorporant des chercheurs cliniciens en SPSFV avec un nouveau volet sciences humaines a réussi à obtenir une importante subvention du CRSH à laquelle les chercheurs en SPSFV seuls n'auraient pas été admissibles. (Cette porte est maintenant fermée, cependant, car le CRSH n'accepte plus les demandes liées à un domaine de recherche en santé.)
(B) Productivité des CP d'EVF
Avant de recevoir des fonds pour EVF, en 2001-2003, les CP des ÉFV futures ont produit, en tant que groupe, 29 % des publications canadiennes sur les SPSFV parues au cours de cette période. En 2006-2008, après avoir reçu des fonds pour EVF, les mêmes chercheurs ont augmenté leur productivité de 85 à 187 publications au cours de cette période de trois ans, produisant 37 % des publications canadiennes.
| Tableau 2 : Productivité des CP d'ÉFV | |||
|---|---|---|---|
| 2001-2003 | Publications | Auteurs | Auteurs/publications |
| CP d'EVF futures | 85 | 351 | 4,1 |
| Reste des CP canadiens | 209 | 848 | 4,1 |
| % produit par de futurs CP d'EVF | 29 % | ||
| 2006-2008 | Publications | Auteurs | Auteurs/publications |
| CP d'ÉFV | 187 | 1 053 | 5,6 |
| Reste des CP canadiens | 320 | 1 173 | 3,7 |
| % produit par les CP d'EVF | 37 % | ||
(C) Citations de publications canadiennes sur les SPSFV
| Tableau 3 : Citations de publications canadiennes sur les SPSFV par rapport au niveau mondial | |||
|---|---|---|---|
| Citations/publications moyennes | Canada | Monde | Canada/Monde |
| 1997-1999 | 25,5 | 14,2 | 1,79 |
| 2001-2003 | 13,0 | 8,8 | 1,48 |
| 2006-2008 | 2,35 | 2,06 | 1,14 |
L'analyse des citations de publications sert couramment à évaluer l'incidence des contributions d'un individu ou d'un pays à un domaine scientifique pour la raison que les publications qui sont le plus souvent citées par d'autres chercheurs sont celles qui ont la plus grande incidence sur le développement conceptuel ou technologique d'un domaine. Il s'agit là d'une approche très limitée de la question de l'incidence, car elle peut aussi bien compter au nombre des publications influentes une publication qui est citée en raison de lacunes notoires ou ignorer une publication qui a eu une incidence réelle énorme en servant de fondement à de nouvelles lignes directrices cliniques mais où ces lignes directrices peuvent avoir été diffusées sous une forme non reconnue par les services d'indexage. Comme il s'agit toutefois d'une des rares mesures d'évaluation de l'incidence de la recherche, nous l'utiliserons. Le tableau 3 montre des variations annuelles considérables du nombre de citations reçues par publication, les données étant encore une fois regroupées par périodes de trois ans en raison du petit nombre de publications canadiennes. Le nombre de citations par publication diminue au cours des périodes récentes tant pour le Canada que pour les autres pays, non pas en raison d'une baisse de qualité de la recherche, mais parce que les publications plus récentes n'ont pas eu autant d'occasions d'être citées par d'autres auteurs. En particulier, les publications canadiennes dans le domaine des « soins palliatifs » sont citées en moyenne plus souvent que les publications des autres pays, ce qui suggère une incidence relativement élevée des travaux canadiens dans ce domaine. Le ratio Canada/monde décroissant suggère que d'autres pays publient également des articles à incidence élevée.
Il est tentant, mais risqué, d'essayer de comparer les citations de publications dans le domaine des SPSFV aux citations de publications dans d'autres disciplines de la recherche en santé dans le but de répondre à la question « où se situent les SPSFV par rapport à d'autres disciplines de la recherche en santé? » Le problème est que différentes disciplines ont différentes cultures de publication. Par exemple, les biochimistes publient beaucoup d'articles, et il y a beaucoup de biochimistes, de sorte que le nombre de citations par article est élevé en biochimie. Les spécialistes des sciences sociales, d'autre part, publient surtout des livres, de sorte qu'ils publient peu souvent. Les citations par publication pour la biochimie sont donc beaucoup plus élevées pour la biochimie que pour la sociologie, mais cela ne veut pas dire que la biochimie au Canada est « meilleure » que la sociologie. En tenant compte de cette réserve importante, nous avons comparé dans le tableau 4 les publications sur les SPSFV aux publications de disciplines cliniques relativement comparables. Ces données sont commodément calculées et présentées dans la synthèse SCImago1 de la base de données Scopus, mais ne sont pas encore disponibles pour 2008. Nous avons donc simplement comparé deux périodes, soit 1997-1999 et 2005-2007.
| Tableau 4 : Publications sur les SPSFV et dans d'autres disciplines de la santé | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Type | Soins palliatifs | Sciences infirmières | Professions de la santé* | Psychologie | Médicine |
| 1997-1999 | |||||
| Publications | 258 | 575 | 250 | 1 859 | 27 567 |
| Citations | 6 580 | 10 361 | 4 833 | 30 207 | 683 579 |
| Citations/pub. | 25,50 | 18,02 | 19,33 | 16,25 | 24,80 |
| % auteurs internationaux | 19,0 | 30,0 | 25,6 | 29,9 | 29,5 |
| % part monde | 6,1 | 3,9 | 4,1 | 5,6 | 2,8 |
| 2005-2007 | |||||
| Publications | 314 | 1 237 | 342 | 2 588 | 46 486 |
| Citations | 1 153 | 3 338 | 749 | 4 763 | 155 251 |
| Citations/pub. | 3,67 | 2,70 | 2,19 | 1,84 | 3,34 |
| % international | 37,0 | 38,3 | 48,9 | 55,3 | 41,9 |
| % part monde | 6,0 | 4,7 | 3,9 | 6,0 | 3,3 |
(D) Auteurs canadiens sur les SPSFV les plus productifs
Le renouvellement des auteurs les plus productifs, et leur productivité accrue, est une caractéristique remarquable de la collectivité des chercheurs canadiens sur les SPSFV qui publient. La figure B1 montre l'historique de publication des dix auteurs canadiens les plus productifs en 1996-1998 du point de vue de leur classement. Par exemple, le troisième plus productif auteur (triangles dans la figure B1) en 1996-1998 se classait au huitième rang en 2001-2003, et au vingt-deuxième rang en 2006-2008. Seulement un des dix premiers auteurs initiaux est demeuré dans les dix premiers tout au long de la période d'analyse (ligne rouge aux figures B1 et B2). Il convient de noter que pour être inclus dans les dix premiers aujourd'hui, un auteur doit être considérablement plus productif : en 1996-1998, cinq publications sur trois ans permettaient de se classer dans les dix premiers auteurs alors que dix ans plus tard, cette productivité placerait un auteur en trente-troisième position, et huit publications sur trois ans sont maintenant nécessaires pour qu'un auteur se classe dans les dix premiers.
La perte de position des auteurs les plus productifs en 1996-1998 n'est pas simplement attribuable au fait qu'ils ont maintenu leur productivité alors que de nouveaux auteurs les ont dépassés : collectivement, les dix premiers auteurs en 1996-1998 comptaient 109 publications, mais seulement 47 en 2006-2008. Deux ne publiaient plus du tout en 2006-2008.
Si nous examinons l'historique de publication des dix premiers auteurs de 2006-2008 (figure B2), nous constatons le contraire : c'est-à-dire que neuf ne figuraient pas parmi les dix premiers en 1996-1998 (on notera la différence d'échelle verticale entre les figures B1 et B2), et seulement trois figuraient parmi les dix premiers en 2001-2003. Cinq des dix ne figuraient pas parmi les auteurs de 2001-2003. Autrement dit, les auteurs qui sont actuellement les plus productifs sont arrivés récemment et ont remplacé les leaders initiaux qui ont pris leur retraite de la recherche active.
1996-8 = 1996-1998
2001-3 = 2001-2003
2006-8 = 2006-2008
(E) Collaboration internationale
Il a été plus facile d'obtenir du Web of Science2 (WoS) de Thomson-Reuter les données sur la collaboration internationale dans le domaine des SPSFV lorsque ces données étaient disponibles sous la forme d'un rapport standard. Depuis, comme il a été mentionné précédemment, des variations ont été observées dans les données du WoS. Parce que le nombre de publications au cours de chaque année est assez restreint dans cette analyse et d'autres, nous avons comparé trois périodes de trois ans : 1996-1998 (CRM, période antérieure aux IRSC), 2001-2003 (début des IRSC, période antérieure à l'Initiative) et 2006-2008 (période de l'Initiative). La figure B3 montre que la collaboration internationale dans ce domaine a été très faible comparativement à d'autres disciplines de recherche clinique au Canada (tableau 4) au cours de la période antérieure aux IRSC et a seulement augmenté légèrement en 2001-2003, mais a crû de façon accentuée au cours de la période la plus récente de sorte que presque 40 % des publications comptent au moins un co-auteur international, un niveau comparable à celui de l'ensemble des disciplines de recherche clinique au Canada (tableau 4). La collectivité des chercheurs en SPSFV est donc passée d'une collectivité très peu tournée vers la collaboration internationale à une collectivité où la collaboration est marquée. La figure B3 montre la nationalité des principaux co-auteurs en pourcentage du nombre d'articles canadiens comptant un co-auteur de ce pays, avec un seuil de 1 %. La collaboration a principalement augmenté avec les É.-U. au cours des premières années des IRSC, et plus récemment avec l'Angleterre et l'Australie. La collaboration avec la France (et d'autres pays européens) a diminué en valeur relative, mais pas en valeur absolue.
Fig. B3 Collaboration internationale en recherche sur les SPSFV
(F) Spécialités de recherche canadiennes
Fig. B4 Indice de spécialité, disciplines de la santé
La part canadienne actuelle de 8 % des publications mondiales en SPSFV est beaucoup plus élevée que la part canadienne globale des publications en recherche sur la santé (4 à 5 %), ce qui montre que le Canada se spécialise en recherche sur les SPSFV. La figure 4 montre le degré relatif de spécialisation en SPSFV et dans d'autres domaines choisis de la recherche en santé pour la période 1996-2007 : un indice de spécialisation égal à 1 signifie que la part canadienne des publications mondiales dans le domaine des SPSFV est la même que la moyenne de tous les domaines. Avec les domaines connexes de la gériatrie et de la gérontologie, les SPSFV est un des domaines de recherche en santé dans lequel le Canada est le plus spécialisé.