27e réunion du conseil consultatif
Institut des maladies infectieuses et immunitaires
27e réunion du conseil consultatif
20 et 21 mai 2009
Hôtel Delta Edmonton Centre Suite
Edmonton, Alberta
Procès-verbal
| Présent : | L. Barreto, P. Ernst, M. Grant, J. Guimond, R. Hogg, S. Jones, M. Loeb (téléconférence), V. Loo (téléconférence), J. Madrenas, M. Ouellette, C. Power (président), B. Singh, D. Speert, J. Stankova, G. Wu |
| Personnel : | J. Bray, D. Dempsey, D. Hartell (téléconférence), M. Hume, N. Mason MacLellan, A. Matejcic, B. Moor, C. Richardson |
| Invités : | L. Babiuk, M. King |
| Absents : | R. Clarke, J. Lavery |
Ordre du jour et procès-verbal
L'ordre du jour a été approuvé, avec l'ajout de l'élément « Mise à jour sur le projet de loi C11 » dans Autres questions. L'approbation du procès-verbal de la réunion des 20 et 21 janvier a été repoussée.
Recherche des IRSC en réaction à l'éclosion de grippe
Le gouvernement fédéral a commencé en 2005 à planifier le développement de la capacité d'intervention du Canada en cas de pandémie. C'est en septembre de cette année-là que l'Institut a pris une part active dans ce processus en tant qu'organisateur, conjointement avec l'ASPC, de l'Atelier sur les priorités de la recherche sur l'influenza. Cet atelier et les nombreuses réunions qui ont suivi ont débouché sur l'annonce, en mai 2006, du financement de la capacité d'intervention en cas de pandémie par le gouvernement fédéral. Ainsi, 21,5 millions de dollars ont été attribués aux IRSC aux fins de recherche. L'éclosion de grippe H1N1 que l'on connaît actuellement mettra à l'épreuve la capacité du Canada à intervenir et démontrera l'utilité de trois ans et demi de planification en amont.
Le virus H1N1 est une nouvelle souche qui contient des éléments de la grippe porcine et de la grippe aviaire. Deux segments d'ADN diffèrent notamment des souches grippales habituelles. On a dénombré 9830 cas de grippe, dont 79 décès avérés. L'éclosion est classée à la phase 5 de l'échelle de l'OMS pour une alerte à la pandémie (transmission confirmée d'humain à humain d'un virus réassorti animal ou humain-animal capable de déclencher des épidémies à l'échelle des collectivités). Il est probable que l'éclosion atteindra à court terme la phase 6 à l'échelle de l'OMS. Il y a aussi une inquiétude sur la possibilité de réapparition de la souche durant l'automne, sous une forme plus virulente.
Le groupe de travail des IRSC sur l'IRSCIP, présidé par M. Loeb, s'est réuni le 27 avril 2009 pour aborder les priorités de la recherche dans la perspective d'une pandémie de grippe imminente. Le groupe de travail a défini plusieurs objectifs en la matière :
- collecter des données à partir d'expériences naturelles;
- faciliter la collaboration entre les groupes de recherche ainsi que les liaisons entre les chercheurs et les organismes participant à l'intervention en cas de pandémie;
- faciliter l'échange des échantillons et des spécimens;
- inciter le milieu de la recherche à communiquer aux médias des messages précis et cohérents.
Le groupe de travail n'a pas manqué de rappeler un certain nombre de priorités en matière de recherche relatives au rôle de la recherche en cas d'éclosion de grippe. L'Institut travaille assidûment à élaborer des stratégies de communication et de financement pour réaliser ces objectifs.
La majeure partie du financement de l'IRSCIP a été allouée au cours des trois dernières années, portant ainsi le nombre de chercheurs principaux canadiens s'intéressant à la grippe de 3 à 5 en 2001 à plus de 70 en 2009. L'élément le plus important de l'IRSCIP, le Réseau de recherche sur l'influenza (chercheur principal : S. Halperin), a réussi l'examen par les pairs et a obtenu un financement de 10,8 millions de dollars sur trois ans. Ce réseau, qui compte plus de 200 membres, axera ses travaux sur l'évaluation du vaccin. Il communiquera ses commentaires directement à l'ASPC sur les programmes de vaccination, l'innocuité du vaccin, son efficacité et son étendue. Il est unique en son genre dans le monde entier. On a raccourci la période prévue pour examiner les demandes relatives à la phase 2 de la possibilité de financement « chef d'équipe d'intervention en cas d'éclosion pandémique », lancée en 2007, dans le but de financer rapidement la mise sur pied des programmes de recherche des deux chefs d'équipe cités précédemment. On travaille aussi à la mobilisation de fonds pour financer l'initiative des chefs d'équipe, financer un nouveau cycle de subventions Catalyseur destinées aux domaines prioritaires en cas d'éclosion, et pour accélérer l'utilisation des résultats de la recherche dès leur parution. Une demande de fonds de recherche supplémentaires a été faite auprès du gouvernement par l'entremise de l'ASPC.
Un des obstacles qui se dressent devant les chercheurs qui veulent étudier l'éclosion de grippe est le manque de matériel de laboratoire pour tester les échantillons cliniques prélevés aux fins de la recherche. Les laboratoires d'essais cliniques sont débordés, tandis que le LNM et les laboratoires de santé provinciaux sont tiraillés entre des essais aux priorités conflictuelles. Les données de consignation de la réaction immunitaire postinfection sont particulièrement concernées. On a suggéré la possibilité que les IRSC collaborent avec les provinces pour que la capacité de réaliser des épreuves diagnostiques soit suffisante afin de satisfaire, en cas d'éclosion de grippe, aussi bien aux besoins cliniques qu'aux besoins en matière de recherche. Les membres du conseil ont également déterminé qu'en cas d'épidémie, il y aurait des lacunes dans certains domaines, comme la communication en temps réel des résultats de la recherche, la conservation et l'échange des échantillons cliniques, et la cohérence de la communication aux médias. Ils ont toutefois noté que des progrès ont été réalisés dans ces domaines depuis l'épidémie du SRAS.
Affaires des instituts
Départs/renouvellements au CCI
Le Comité de mise en candidature et de gouvernance des IRSC a passé en revue la composition du conseil consultatif de l'Institut et a émis les recommandations suivantes :
- Renouvellement de mandat – J. Stankova (2 ans); G. Wu (3 ans)
- Départs – R. Clarke; M. Loeb; J. Madrenas; M. Ouellette; D. Speert
- Démission – J. Lavery
Le processus de sélection des nouveaux membres est mené par le conseil d'administration des IRSC. Les choix seront annoncés en juillet 2009. On a rendu hommage aux membres sortants pour leurs réalisations, et C. Power a déclaré que ces derniers laisseront un vide après leur départ.
Examen externe des IRSC après dix ans
La Loi sur les IRSC exige que le mandat et le rendement de chaque institut soient examinés afin de « déterminer s'il y a lieu de modifier le mandat ou les politiques sur le rôle et le fonctionnement de l'institut, de le fusionner avec un autre institut ou de le supprimer ». On a commencé à planifier l'examen des instituts entre septembre et décembre 2010, et un examen exhaustif des IRSC aura lieu en février 2011. Le mandat du Comité d'examen international (CEI) a été approuvé par le CA, et le président de ce comité été nommé (Elias Zerhouni des NIH). Chaque institut sera examiné par une équipe d'examen composée de trois personnes, dont un membre du CEI. Celle-ci présentera ensuite un rapport au CEI, ce dernier étant responsable de l'examen général des IRSC. Les données qui serviront à l'examen des instituts proviendront des sondages auprès des intervenants et des chercheurs, des analyses bibliométriques, du système administratif et du système de rapport sur la recherche.
On a précisé aux membres du conseil les critères de sélection des examinateurs et on a leur a demandé de communiquer à B. Singh les noms et les coordonnées des choix potentiels avant le 31 mai.
Compte rendu du Forum des nouveaux chercheurs
Le 3e Forum pour les nouveaux chercheurs a eu lieu du 17 au 19 avril 2009 au Kingbridge Center, au nord de Toronto. Le Forum a été bien accueilli par les quelque 50 participants. La rétroaction s'est révélée très positive, la plupart des volets du programme ayant reçu une note de quatre ou plus sur une échelle de cinq. La simulation de l'atelier d'examen par les pairs a recueilli toutes les faveurs (4,7). Les participants, organisés en groupe d'experts, ont examiné des situations réelles sous les conseils des présidents des comités d'examen par les pairs (CEP) des IRSC (selon l'IMII). Les présidents des CEP, les observateurs des IRSC et les participants eux-mêmes étaient d'avis que des ateliers similaires devraient être organisés pour tous les nouveaux chercheurs.
Le conseil a soutenu l'idée d'organiser un autre forum dans deux ans, éventuellement en collaboration avec un autre institut, malgré la popularité décroissante du Forum au fil des ans (100 participants, 70 et enfin 50).
Budget
La subvention d'appui à l'Institut (SAI), qui finance la plus grande partie des frais de fonctionnement de l'Institut, affichait un solde d'ouverture de 1,39 million de dollars en avril 2008 et un solde de clôture d'environ 0,499 million de dollars. Les dépenses totales s'élevaient à 0,891 million de dollars. En raison de la modification des règlements du Conseil du Trésor, on a engagé beaucoup moins de fonds de la SAI dans les ateliers et les conférences en 2008-2009 que lors des années précédentes, et plus de fonds dans les services professionnels liés aux réunions et aux rapports de l'Institut. En raison de la transition de l'Institut planifiée pour décembre, la SAI sera cette année de 0,75 million de dollars, pour un budget total de 1,25 million de dollars. L'excédent qui pourrait rester à la fin du mois de décembre ne sera pas reversé dans la version renouvelée de l'Institut, en partie parce que les bénéficiaires de la subvention seront à l'avenir les établissements hôtes, et non les directeurs scientifiques.
Les engagements dans le cadre des Initiatives stratégiques de l'Institut (ISI) sont les suivants :
- Annonce de priorités – Financement de transition, septembre 2008 :
- 1 988 508 $ (23 nouvelles subventions, budget 2008-2009)
- 278 000 $ (3 renouvellements de subventions, budget 2009-2010)
- Subventions Catalyseur – ISAE : 198 841 $ (2 subventions)
- Subventions Catalyseur – Biologie des systèmes : 496 295 $ (5 subventions)
- Subventions Catalyseur – Microbiome : 630 756 $ (10 financées par l'IMII, 2 par des partenaires)
- Subventions ISFRS : 1,5 M$ par an pendant six ans (7 financées par l'IMII, 4 par les IRSC ou d'autres sources de financement)
Les dépenses imputées sur le budget 2008-2009 des ISI se sont élevées à 11,1 millions de dollars, laissant un excédent d'à peine 82 584 $. Les engagements, passés ou prévus, pour le budget 2009-2010 s'élèvent à 9,44 millions de dollars. Le déficit devrait atteindre 0,34 million de dollars. Tous les fonds des ISI sont consacrés à la recherche sur les infections et l'immunité. Pourtant, les membres du conseil ont estimé que le nombre croissant de subventions annuelles, en particulier le financement de transition, sont moins stratégiques qu'on le souhaiterait. Ils ont donc insisté sur la nécessité de créer de façon proactive plus de possibilités de financer des initiatives stratégiques.
Plan stratégique II des IRSC
L'ébauche du plan stratégique 2009-2014 des IRSC a été renommée « L'innovation au service de la santé ». Elle est publiée sur le site Web des IRSC pour recueillir les commentaires. Ceux-ci seront acceptés jusqu'au 12 juin. Ils seront ensuite intégrés à l'ébauche tout au long de l'été. Le plan sera officiellement dévoilé en septembre.
Le plan présente quatre volets stratégiques :
- Investir dans l'excellence mondiale
- S'attaquer aux priorités de la recherche sur la santé et les systèmes de santé
- Profiter plus rapidement des avantages de la recherche en santé pour la santé et l'économie
- Favoriser l'excellence organisationnelle, promouvoir l'éthique et démontrer l'impact
Chaque volet stratégique est assorti d'un certain nombre de mesures qui seront prises dans le cadre de la mise en oeuvre du plan. En outre, on a fait en sorte d'harmoniser les volets et les mesures avec les principes de la Stratégie des sciences et de la technologie du gouvernement fédéral.
Les membres du conseil ont salué les importantes augmentations successives de financement dont ont bénéficié les IRSC depuis leur création (de 310 M$ en 1999-2000 à 974 M$ en 2007-2008). Cependant, ils ont exprimé leurs préoccupations sur le peu, voire l'absence, d'augmentation qui pourrait caractériser les trois prochaines années et celles qui suivent. On a suggéré de mettre l'accent dans le plan de recherche en santé les gains que génère le financement de la recherche aux IRSC, notamment la formation d'un personnel de haute qualité à un coût très raisonnable. En outre, les universités et les hôpitaux fortement engagés dans la recherche sont d'importants employeurs dans un grand nombre de collectivités, tout comme ils gèrent le tiers du budget canadien de la recherche et développement. Sans oublier de mentionner les sociétés de recherche créées grâce aux fonds du CRM et des IRSC, et qui connaissent un excellent parcours (p. ex., Infectio Diagnostic Inc. au Québec). Le plan stratégique devrait insister sur le rôle capital que jouent les IRSC dans l'épanouissement de l'innovation scientifique et dans la croissance économique, d'autant plus que la création de sociétés canadiennes est freinée par bien des facteurs (p. ex., le manque de capital-risque).
Priorités et initiatives stratégiques
Initiative de recherche stratégique sur la capacité d'intervention en cas de pandémie (IRSCIP)
Depuis son lancement, en 2006, l'IRSCIP a défini cinq priorités dans le domaine de la recherche, négocié quatre ententes de partenariat officiel qui ont débouché sur l'obtention de fonds supplémentaires de 20 millions de dollars, mis sur pied trente possibilités de financement et financé 71 des 149 demandes de financement qu'elle a reçues. Un programme à trois phases a été mis en oeuvre dans le cadre de l'Initiative : renforcement de la capacité d'intervention en phase prépandémique, soutien à la recherche sur l'éclosion de grippe et appui aux activités d'application des connaissances. Les IRSC ont engagé 34,8 millions de dollars sur les 36,6 millions de dollars de l'IRSCIP dont ils ont la charge. Le concours de subventions porte actuellement sur les subventions Catalyseur : capacité d'intervention en cas de pandémie (décision attendue en juillet 2009), suppléments à l'application des connaissances et subventions pour réunions, planification et dissémination.
Une deuxième réunion sur la capacité d'intervention en cas de pandémie au Canada est prévue pour l'hiver 2010, où les derniers résultats de la recherche seront présentés et discutés. On tâchera au cours de cette réunion de faciliter le réseautage et de déterminer les besoins et les lacunes en recherche. Une séance d'information pourrait être organisée avant la réunion. Elle s'adresserait aux professionnels de la santé et au public concerné par la santé et évoluerait autour des leçons apprises de l'épidémie du SRAS et de l'éclosion actuelle du H1N1.
La collecte de données pour l'évaluation de mi-mandat de l'IRSCIP est actuellement terminée. Le rapport est en cours de préparation. L'évaluation a porté sur la conception générale et la mise en oeuvre de l'Initiative. Elle a aussi permis de déterminer les points forts de l'Initiative et les points faibles qui nécessitent un plus grand soutien, voire un changement de stratégie. L'établissement de partenariats, la détermination des priorités de la recherche, la mise sur pied de possibilités de financement adéquates et l'importante mise à profit des ressources ont été salués comme des réussites. Par ailleurs, la création d'un ordre du jour international harmonisé, le renforcement de certains domaines et un engagement plus appuyé dans l'application des connaissances nécessitent l'apport d'un plus grand soutien ou la modification des stratégies en place.
Initiative canadienne sur le microbiome (ICM)
La première possibilité de financement de cette initiative s'est concrétisée en mars et en avril 2009, et 12 des 25 demandes de subvention Catalyseur présentées à ce concours ont été retenues. Les projets approuvés touchaient à toute une palette de sujets d'intérêt chez les humains : système pulmonaire, tractus gastro-intestinal, vagin. Un des projets traitait en particulier des lignes directrices sur l'éthique et les règlements en matière de recherche sur le microbiome humain. Les partenaires des IRSC ayant contribué aux subventions Catalyseur sont l'ISFH, l'INMD, l'ISCR et le Bureau de l'éthique.
La possibilité de financement pour la subvention d'équipe de recherche sur le microbiome sera offerte en juin 2009. Y participeront Genome Prairie, Genome British Columbia, la Fondation canadienne de la fibrose kystique, l'Institut Rosell Lallemand, la Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l'intestin, le Bureau de l'éthique des IRSC, l'Institut du cancer, l'IALA et l'INMD. L'Initiative comptera également sur la collaboration de trois cohortes canadiennes : la Canadian Healthy Infant Longitudinal Development Study, l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement et le Projet de partenariat canadien Espoir pour demain. Le budget alloué aux subventions d'équipe devrait dépasser les 13,3 millions de dollars sur cinq ans.
Le Consortium international sur le microbiome humain a été créé, et les IRSC ont été désignés pour représenter le Canada dans cet organisme de recherche. B. Singh est actuellement le représentant des IRSC aux réunions de l'organisme de recherche, dont une se tiendra en juin. Au cours de cette réunion, on examinera les différents aspects de l'échange des données en vue de faciliter la collaboration entre les chercheurs sur le microbiome. On a par ailleurs noté que l'organisme en est à ses débuts et que les techniques sont au stade d'élaboration. En outre, l'échange de données est un processus complexe, où un grand nombre de variables doit être maîtrisé (p. ex., régime alimentaire, antibiotiques, états des pathologies) et plusieurs parties du corps étudiées. Les scientifiques canadiens sont à la fine pointe dans certains domaines, notamment les maladies intestinales inflammatoires, mais les IRSC ne sont souhaitent pas financer seulement le séquençage génomique.
Initiative R.-U.–Canada sur la résistance microbienne
L'initiative conjointe du R.-U. et du Canada sur la résistance microbienne va de pair avec le développement de l'Institut dans le domaine de la résistance aux antibiotiques. Elle est le résultat d'un atelier de travail tenu à la Maison du Canada à Londres les 6 et 7 février 2008 et parrainé par l'Institut et le Medical Research Council du R.-U. (MRC du R.-U.). Les participants, des chercheurs du R.-U. et du Canada, ont exprimé leur enthousiasme pour l'établissement de partenariats dans des domaines de synergie, et ont suggéré que l'avancement de la recherche dans ces domaines pourrait être accéléré par la création d'équipes de recherche binationales. Par la suite, le directeur général du MRC du R.-U., Sir Leszek Borysiewicz, a rencontré le président des IRSC, le Dr Alain Beaudet. Les deux sont arrivés à un accord de principe pour financer deux subventions canado-britanniques du consortium à hauteur de 8 millions de dollars sur quatre ans. Les consortiums seront calqués sur le modèle de l'Initiative en recherche translationnelle sur les infections de juillet 2007 de la Clinical Research Collaboration du R.-U..
Afin de préparer les chercheurs canadiens et britanniques, l'Institut et le MRC ont proposé, en décembre 2008, une possibilité de financement pour des subventions Catalyseur qui permettront aux équipes d'élaborer des stratégies de mise sur pied de consortiums. Trois demandes ont été reçues, dont deux seront financées en juillet 2009 à hauteur de 120 000 $ environ sur neuf mois.
Le MRC du R.-U. a approuvé sa part du financement pour les subventions du consortium. L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires a prélevé de son budget de l'initiative stratégique 2 millions de dollars pour l'allouer sur quatre ans à sa part du financement. Il a par ailleurs demandé au conseil scientifique des IRSC, par l'intermédiaire du sous-comité sur la planification et les partenariats, le feu vert pour prélever dans les fonds centraux des IRSC les 2 millions de dollars restants. La présence de priorités conflictuelles rend incertaine l'approbation de cette demande lors de la réunion du CCI. Les membres du conseil, tout en soutenant complètement l'allocation de fonds centraux des IRSC aux efforts de collaboration internationale de ce type, sont tombés d'accord sur la possibilité d'engager des fonds stratégiques de l'Institut pour assurer le démarrage du partenariat.
VIH/sida
Les résultats du concours de 22,5 millions de dollars pour les subventions allouées annuellement dans le cadre de l'Initiative de recherche sur le VIH/sida ont été examinés. On a souligné la faiblesse chronique du nombre de demandes dans les domaines des services de santé et de la santé des populations, la part toujours modeste des demandes acceptées, mais aussi les efforts déployés par le Comité consultatif de la recherche sur le VIH/sida des IRSC (CCRVSI) pour renverser cette tendance. À la suite de délibérations d'un groupe de travail, une possibilité de financement a été annoncée, en décembre 2007, portant sur la création de « centres de développement de la recherche sur la santé des populations et les services de santé en matière de VIH/sida ». Les deux demandes acceptées bénéficieront d'un financement annuel de 0,5 million de dollars sur cinq ans destiné à mobiliser les talents en recherche et à décupler la productivité ainsi que l'effet de la recherche par la mise à disponibilité de financement pour l'infrastructure de base des équipes multidisciplinaires. On a également noté que deux des 52 subventions des ISFRS accordées lors du dernier concours de subventions étaient axées sur les VIH, et que l'une d'elles contribuerait à terme aux capacités d'intervention des domaines 3 et 4.
La séance de planification tenue par le CCRVSI en janvier 2009 a débouché sur de nouvelles possibilités de financement dans les domaines de la comorbidité et de la toxicité des médicaments, qui devraient être proposées en 2009-2010. L'annonce de priorités, les subventions Catalyseur et le Programme de recherche communautaire (RC) seront également lancées de nouveau.
Le Programme de recherche communautaire a fait l'objet d'une évaluation officielle, dont 14 recommandations sont sorties, consignées dans le rapport. Ces recommandations abordent les questions de sensibilisation et de promotion, le processus de soumission, l'examen de la viabilité, les conditions d'approbation du financement et l'administration. Le CCRVSI étudiera ces recommandations au cours de sa réunion en juin. Il élaborera en 2009 un plan de mise en oeuvre sur trois ans.
Dans le cadre de l'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH, 139 millions de dollars devraient être alloués sur cinq ans, dont 22 millions pour la « découverte et la recherche sociale », gérés par les IRSC. Cinq subventions Catalyseur et deux subventions de fonctionnement ont été accordées à ce jour dans le cadre de cette initiative, mais la majeure partie des fonds de recherche serviront aux subventions pour les équipes émergentes, lancées le 7 mai 2009, et aux subventions pour les grandes équipes, lancées à l'été 2009. Quatre demandes pour une « installation pilote de fabrication à petite échelle de vaccins contre le VIH aux fins d'essais cliniques » sont en cours d'examen. Les résultats sont attendus fin 2009 ou début 2010. L'installation choisie bénéficiera d'un montant pouvant aller à 89 millions de dollars, dont 28 millions proviendront de la Fondation Gates.
Vaccins pour le 21e siècle
Le rapport sur la réunion des bailleurs de fonds potentiels pour l'initiative sur le vaccin, organisée par l'Institut le 16 janvier 2009 à Ottawa, a été envoyé aux participants. Trois domaines prioritaires ont été déterminés, et certains organismes représentés ont fait part de leur souhait de participer, aux côtés de l'Institut, à une initiative qui serait dirigée par ce dernier, mais les promesses de fonds ont manqué. Une possibilité de financement d'une subvention Catalyseur dans ce domaine est en cours d'examen. La décision devrait être rendue en septembre 2009. Le lancement d'une initiative d'envergure sur le vaccin pourrait prendre plus de temps, car elle nécessite la création d'outils adaptés. Il est donc peu probable que le lancement se fasse avant juin 2010. On a également proposé de bâtir cette initiative autour du thème de l'immunologie humaine, en adoptant éventuellement des démarches fondées sur la biologie des systèmes.
Conférencier invité – Lorne Babiuk : Vice-président, Université de l'Alberta
Conférencier invité – Malcolm King : Directeur scientifique – Institut de la santé des Autochtones
Investissement stratégique : lacunes et possibilités
Immunologie humaine, immunothérapie clinique et vaccins pour le 21e siècle
Tout en notant que des lacunes importantes subsistent dans la compréhension du système immunitaire humain, le conseil a abordé les stratégies pouvant accélérer la recherche et faire avancer le domaine de l'immunologie humaine. Les obstacles ne manquent pas. La collecte d'échantillons est complexe et prend du temps, les cohortes sont difficiles à former et à conserver, les examinateurs sont critiques quant à ce qui est perçu comme de la recherche axée sur les découvertes, par opposition à la recherche fondée sur une hypothèse, les chercheurs individuels ne disposent pas des moyens nécessaires pour appliquer une démarche systémique en profondeur, et les mentors ne se bousculent pas pour aider les débutants dans le domaine. Il est vrai que des programmes à grande échelle dotés de plusieurs millions de dollars permettraient de fusionner les études sur l'animal et l'homme, et de créer les biobanques et les microréseaux de tissus qui s'imposent, mais la collecte des échantillons sur le plan régional et les comités d'éthique de la recherche rendent la mise en oeuvre de ces programmes particulièrement difficile. Dans le milieu des IRSC, on a suggéré que la création d'une structure calquée sur le modèle d'un RCE pourrait être la solution la plus viable, surtout si celle-ci assimilait les cohortes existantes et s'orientait vers de nouveaux outils d'évaluation de l'immunité. Dans un tel réseau, chaque centre pourrait se spécialiser dans une ou deux pathologies, et les aborder selon les quatre thèmes à la fois. Néanmoins, les technologies de la plateforme et les protocoles d'échantillons devront alors être standardisés. On a d'ailleurs cité la sclérose en plaques et les maladies intestinales inflammatoires comme deux exemples de pathologies où le Canada est à la fine pointe de la recherche, et où les groupes témoins et les cohortes sont déjà formés. Aborder l'occurrence de maladies rares comme l'inactivation des gènes chez l'homme pourrait aussi produire des données utiles. Une meilleure compréhension des paramètres de la réaction immunitaire chez l'homme pourrait déboucher sur des vaccins thérapeutiques et prophylactiques plus efficaces.
Inflammation chronique, infections et système immunitaire
En ce qui concerne l'immunothérapie et les vaccins, la réaction immunitaire chez l'homme lors des infections et de l'inflammation chronique est mal caractérisée. Plusieurs instituts des IRSC témoignent d'un certain intérêt pour l'adoption de l'inflammation comme thème commun dans divers états pathologiques. On propose la tenue en septembre d'un atelier sur les débouchés potentiels de la recherche. L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires est particulièrement intéressé par l'exploration des mécanismes immunitaires en cause dans l'inflammation chronique afin de découvrir de nouveaux biomarqueurs, des cibles thérapeutiques et des stratégies de prévention. Les autres instituts intéressés sont l'IC, l'ISCR, l'IALA, l'INSMT et l'INMD.
Autres questions
Projet de loi C11
M. Ouellette a rapporté les faits des réunions du comité parlementaire sur le projet de loi C11 auxquelles il a participé. Ce projet de loi aborde la réglementation des pathogènes et toxines microbiens. L'ancien projet de loi C54 avait fait l'objet de légers amendements lors de l'introduction du nouveau projet de loi, mais il est demeuré pratiquement le même. En fin de compte, les pathogènes de niveau 2 ont été retirés du projet de loi à la suite de présentations faites par des chercheurs. D'autres propositions ont également été rejetées. Les chercheurs ont reçu l'assurance que l'ASPC mènera d'autres consultations au moment de la rédaction des règlements. Le projet de loi a été approuvé par la Chambre. Il sera maintenant soumis au vote du Sénat.
Levée de la séance
La séance est levée à 11 h 40.