Profils de recherche - Le bien-vivre

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Les Autochtones vivant en milieu urbain veulent de la recherche en santé qui leur permettra de retrouver le sentiment d'équilibre nécessaire à la bonne santé.

Dr Malcolm King
Directeur scientifique, Institut de la santé des Autochtones des IRSC

Pour les Autochtones, être en bonne santé signifie beaucoup plus que de ne pas avoir de maladie. Cela signifie vivre une vie équilibrée.

La nation Anishinabek (Ojibway) a un terme qui englobe l'essence même de cette notion. Elle parle de mno bmaaadis, ou du « bien-vivre ».

Pour bien vivre, une personne doit être en équilibre avec les quatre volets de la vie : physique, affectif, mental et spirituel. Mais, cet équilibre va au-delà de l'individu et exige que chaque personne vive en harmonie avec sa famille, sa communauté, la nature et le monde spirituel.

Quand l'équilibre est perdu, la bonne santé l'est aussi.

Pour les membres des Premières nations, les Métis et les Inuits du Canada, cet équilibre a été mis à rude épreuve par la colonisation, la mondialisation, la migration et la perte sur les plans territorial, linguistique et culturel. Les résultats sont maintenant évidents : les Autochtones ont une moins grande longévité, des taux plus élevés de mortalité infantile et une plus grande vulnérabilité aux maladies comme la tuberculose, le diabète et l'obésité.

Ce déséquilibre au niveau de la santé est tout aussi évident pour les Autochtones des milieux urbains du Canada qui, bien qu'ils vivent dans des centres dotés d'excellents établissements de santé, font aussi face aux stress additionnels qui se rattachent au maintien de leur identité culturelle loin de leurs communautés natales. Par exemple, la Dre  Janet Smylie, chercheuse financée par les IRSC, souligne que le taux élevé de mortalité infantile chez les Autochtones – qui est de 1,7 à 4 fois plus élevé que chez les autres Canadiens – ne s'améliore pas en milieu urbain. « De toute évidence, on ne règlera pas tous les problèmes uniquement au moyen des services de soins de santé », explique-t-elle.

Dans les profils de recherche de ce mois-ci, nous examinons le travail de plusieurs chercheurs, comme la Dre Smylie, qui aident les Autochtones en milieu urbain à retrouver ce sentiment d'équilibre et à vivre une vie plus saine. Les Drs Smylie, Peter Menzies, Neil Andersson, Patricia Spittal et le chef Wayne Christian sont déterminés à mener des recherches auxquelles participent les universitaires, les spécialistes en sciences sociales et les cliniciens dans un partenariat égalitaire avec les membres des Premières nations, les Métis et les Inuits pour cerner les besoins les plus pressants et déterminer les solutions les plus pertinentes et réalisables.

Leurs efforts ne doivent pas être perçus comme des solutions miracles. Ils contribuent plutôt à créer des interventions cliniques qui se penchent sur les quatre volets de la vie. Il s'agit de recherches qui visent à découvrir des façons d'aider les gens à retrouver leur équilibre et à rétablir la communication avec leur famille et leur communauté.